
La Seine-Maritime subit une période de sécheresse hivernale. Lundi 23 janvier 2017, la préfète départementale, Nicole Klein, a dû signer un arrêté pour « activer des mesures de sensibilisation, de surveillance et de limitations des usages de l’eau ».
Tout le département n’est pas concerné. L’arrêté se limite à la pointe de Caux et à la vallée du Commerce (Notre-Dame-de-Gravenchon, Lillebonne, Bolbec).
Plusieurs rivières en alerte
Les rivières le Cailly, la Saâne et l’Austreberthe sont en vigilance. L’état de la rivière le Commerce est plus alarmant. Elle a été placée au niveau d’alerte. Son débit de base est même proche du « seuil d’alerte renforcé ».
« La rivière du Commerce est plus sensible que les autres », précise à Normandie-actu Marie-Laure Giannetti, chargée de projet de projet à la délégation interservices de l’eau.
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Un mois de décembre 2016, très sec
Mais pourquoi ces inquiétudes ? Le mois de décembre 2016 a été très sec, avec une absence notable de la pluviométrie. La préfecture rappelle qu’« il s’agit de la valeur de pluviométrie la plus faible pour un mois de décembre jamais enregistrée sur le pluviomètre de Dieppe et de la troisième valeur sur le pluviomètre du Havre depuis 1950 (début des enregistrements) ».
On ne peut pas parler de sécheresse comme c’est le cas en été, même si les débits sont faibles dans les cours d’eau et que le niveau des nappes phréatiques est bas. On ne pompe pas comme en été les rivières pour le jardinage, le maraîchage ou pour laver les voitures, complète Marie-Laure Giannetti.
Pour cette dernière, « Ce qui est à craindre avec ces débits faibles, c’est la pollution parce que la dilution d’un polluant sera dans ce contexte moins importante ».
Pas de rivière à sec
En plus de ce risque de pollution, cette faible pluviométrie hivernale met en péril les réserves d’eau pour affronter l’été, même si « aujourd’hui nous n’avons pas de données qui nous permettent de nous projeter dans cette direction », nuance la spécialiste.
Des seuils de vigilance et d’alerte sont déclenchés pour certains cours d’eau, mais « il n’y aura pas de rivières à sec » cet hiver, selon le la délégation interservices de l’eau.
Des mesures de restriction
L’arrêté préfectoral implique des mesures concrètes pour tous (particuliers, entreprises, agriculteurs, services publics et collectivités), compte tenu de l’atteinte du seuil d’alerte sur les cours d’eau de la région d’Étretat, Yport, Pointe de Caux, Caux de Seine, Commerce et de l’embouchure de la Seine :
• Toutes les consommations d’eau non indispensables à la santé et au maintien de la salubrité publique sont interdites dans la journée (lavage des voitures sauf dans les stations professionnelles, fontaine publique en circuit ouvert…). Les mesures de restrictions ne sont pas applicables si l’eau provient de réserves d’eaux pluviales ou d’un recyclage.
• Les entreprises doivent réduire leur consommation d’eau de 10 % par rapport à la consommation moyenne journalière.
• Les exploitants des forages destinés à l’alimentation humaine doivent assurer un suivi régulier du niveau des eaux.
• Les travaux et rejets en rivière, les vidanges de plans d’eau, les manœuvres des ouvrages hydrauliques doivent faire l’objet d’une autorisation préalable auprès de l’administration.