Le spectacle Stars 80, 10 ans déjà reprend la route des salles de concerts. Rendez-vous le 23 février 2017 au Zénith de Rouen (Seine-Maritime) avec les stars qui ont marqué les années 80 (Jean-Pierre Mader, Sabrina, Emile et Images, François Feldman, Lio, Cookie Dingler, Laroche Valmont…). Patrick Coutin a quant à lui marqué l’année 1981 avec ce titre dont l’intro basse/batterie se veut simple et rudement efficace : J’aime regarder les filles. Rencontre.
Normandie-actu : Comment avez-vous rejoint la troupe de la tournée Stars 80 ?
Patrick Coutin : Un peu par hasard. Quand la tournée a commencé, j’avais autre chose à faire. À ce moment-là, j’étais réalisateur de Dick Rivers, des Wampas. Je n’avais pas le temps. J’ai été rappelé plusieurs fois ensuite, mais je n’avais toujours pas le temps. Le nouveau producteur m’a ensuite relancé, je lui ai dit que ça ne me branchait pas trop, que c’était un autre monde que le mien et je lui ai même dit : « J’écouterai ce que vous me dites s’il y a un orchestre live. » Il m’a rappelé et m’a dit qu’il y aurait cinq musiciens sur scène. Maintenant il y en a 11. Même si je fais de la scène, je suis un homme de studio, j’aime passer du temps avec mes guitares. Je suis timide. Et pourtant, quand je me dis qu’on reprend la route dans dix jours, je suis presque impatient de repartir.
Interdit de radio
Comment est né votre tube, J’aime regarder les filles ?
Frédéric Beigbeder a même dit que c’était un hymne à la frustration. Higelin devait être au studio à Hérouville, près de Pontoise. Nous, nous étions invités pour faire une maquette et nous sommes restés un mois. On était des branleurs, on avait 25 ans. C’était en juillet et août et on avait une envie terrible de rejoindre les copains et les copines qui étaient partis sur les plages du Sud. Cette chanson, elle est sortie comme ça. C’est la chanson d’un mec qui a envie d’aller à la plage et qui revendique son droit de regarder les filles. C’est une chanson mignonne par rapport à d’autres textes que j’ai pu écrire. Une fois enregistrée, les radios l’ont refusée à cause de quelques mots. L’album est sorti en mars 1981. Quelques mois plus tard naissaient les radios libres, notamment celle de Rouen qui passait le titre en boucle et la chanson a explosé.
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Ce titre n’a-t-il pas trop occulté le reste ?
En même temps ça a été une chance, celle de pouvoir faire le reste. Ça m’a permis de faire ce que j’ai voulu en musique et d’être encore là aujourd’hui. Si ça m’a énervé ? Il faut savoir que tous les enfants énervent un peu leurs parents.
Je n’ai jamais voulu devenir un chanteur de variété. Je voulais faire du rock car c’était la musique de ma génération. Après, une question se pose : tout le monde attend la suite de la chanson et moi je ne voulais pas faire une suite. Ça a beaucoup discuté avec la maison de disques. Les chansons, tu ne les fabriques pas, elles te viennent. Après, il y a de la technique, du savoir-faire. J’ai toujours suivi mes envies.
« Ma carte de visite »
La France n’est pas un pays très rock, je veux dire que ce n’est pas la musique dominante, bien qu’il y ait de bons morceaux et de bons groupes rock. Quand la crise du disque a débuté, ça a été plus difficile. J’ai revu mes façons de travailler, mais ce tube, c’était ma carte de visite.
Avant votre tube, vous écriviez dans la presse spécialisée.
Oui, j’ai passé quatre ou cinq ans à écrire dans Rock & Folk, le Monde de la musique… Je revenais des USA, je parlais anglais et j’avais travaillé dans un journal, à San-Franciso, ou je chroniquais des groupes. J’ai continué. J’avais des copains qui jouaient de la guitare, j’avais un groupe. Quand on s’est retrouvé aux studio d’Hérouville, j’ai dit à Rock & Folk que j’arrêtais d’écrire. Beaucoup de mes camarades de l’époque étaient aussi musiciens. Les gars de l’époque, Manœuvre en tête, étaient enthousiastes. J’ai vécu en essayant de faire ma passion.
« J’ai retrouvé des bouts de ma vie »
Qu’apporte la tournée Stars 80 ?
Le côté magique de Stars 80, c’est que tu peux faire des stades, des salles à 5 ou 7 000 places. Tous tes réseaux sociaux explosent. Tu retrouves aussi des gens que tu avais perdu de vue, comme mon ancien manager. Au bout de cinq minutes, c’était comme si on ne s’était jamais quitté. J’ai retrouvé des bouts de ma vie que j’avais oubliés.
La tournée se passe dans des salles que nous n’avions pas à l’époque. Éventuellement, on faisait des grands gymnases difficiles à sonoriser… Se retrouver 35 ans plus tard avec le public, c’est très agréable. On ne peut pas dire que nous sommes des grands-pères, nous sommes des symboles de la musique en France dans les années 80. C’est respectable.
Vous avez une relation particulière avec Rouen ?
J’ai beaucoup été diffusé à Rouen. J’y passais deux à trois jours par semaine. J’ai fait plein de clubs. J’ai eu une seconde vie à Rouen, j’avais des copains, des copines. À chaque fois que je viens à Rouen, je pose mes affaires dans ma chambre et je vais faire un tour dans la ville.
Infos pratiques :
Au Zénith, avenue des Canadiens, au Grand-Quevilly, à 20h.
Tarifs : de 29 à 59 euros.