
Des agents d’astreinte, des stocks de sel, des véhicules prêts à affronter la neige et le verglas : pour rétablir de bonnes conditions de circulation sur les routes et autoroutes, même en cas d’intempérie, des services se mobilisent. En Seine-Maritime, le Département, la Dirno et la SAPN s’organisent dès novembre dans le cadre de leurs dispositifs de « viabilité hivernale ».
34 équipes sur le territoire départemental
Depuis le 17 novembre, le Département de Seine-Maritime a activé son plan hiver, qui sera en vigueur jusqu’en mars. Dans le cadre de ce dispositif, 90 agents sont mobilisés chaque semaine pour assurer une astreinte d’intervention sept jours sur sept. Et le Département dispose d’un stock de 10 000 tonnes de sel, mais aussi d’une « station de saumure ».
Des patrouilleurs effectuent une reconnaissance sur le réseau dès 2h du matin, et en fonction de leurs observations, des interventions peuvent être déclenchées à partir de 3h30. À travers tout le département, 34 équipages (deux agents et un camion équipé d’une saleuse et d’une lame) sont prêts à se lancer chaque jour, si nécessaire, chacun sur son circuit. Le traitement est également préventif : un épandage de sel peut être effectué en fin de journée, avant de renouveler l’action au petit matin.
Des itinéraires prioritaires
Le Département de Seine-Maritime a à sa charge 5800 kilomètres de routes départementales : c’est beaucoup, et en cas de neige ou de verglas, il n’est pas question d’intervenir sur tout le réseau en même temps. Le plan d’intervention s’appuie donc sur une répartition de ces routes en trois niveaux de priorité. Le niveau 1 concerne 1950 kilomètres de voirie, qui dessert les agglomérations et pôles économiques importants. Lorsque ce réseau est rendu praticable, les équipes s’attaquent au niveau 2, puis le niveau 3.
Enfin, les usagers peuvent s’informer sur l’état du réseau routier pendant la semaine auprès du CIGT (Centre d’information et de gestion du trafic), au 0800 876 876 ou sur le site Inforoute76.

Routes nationales et autoroutes
Mais le conseil départemental ne gère pas toute la voirie de Seine-Maritime : il faut également assurer la « viabilité hivernale » sur le réseau national et autoroutier.
C’est le district de Rouen de la Dirno (Direction interdépartmentale des routes nord-ouest) qui s’occupe notamment des routes nationales, mais aussi de certaines autoroutes, comme l’A28, soit un réseau de 334 kilomètres, essentiel pour la desserte du département.
Dans le cadre de son dispositif de viabilité hivernale, mis en œuvre du 13 novembre 2017 au 12 mars 2018, pour l’ensemble de son secteur, la Dirno peut mobiliser à tout moment (jour, nuit, week-end compris) 135 agents en astreinte, et 68 véhicules. Elle dispose d’un stock de sel de 13 150 tonnes.
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Reste le réseau autoroutier, pour lequel le gestionnaire a la responsabilité des conditions de circulation. Ainsi, le groupe Sanef, via sa filiale SAPN met également en place son propre dispositif de viabilité hivernale pour quatre mois. Rien qu’en Normandie, il dispose d’un stock de 21 tonnes de sel, et peut mobiliser à tout moment une cinquantaine de véhicules et 150 agents (soit un sur trois) pour intervenir afin de rendre les routes praticables.
Mais le maintien de la circulation dépend aussi de la préparation des conducteurs et de leur comportement au volant lorsque la météo se dégrade et qu’elle rend plus délicates les interventions des agents sur les voies.
Le groupe a également mis en place un dispositif d’information pour les usagers, utilisant la radio 107.7, le site sanef.com, mais aussi les réseaux sociaux, avec le hashtag #lhiverensemble
Rouen Métropole : priorité aux axes « structurants »
Le cas de la métropole rouennaise est un peu particulier. En règle générale, en hiver chaque commune s’occupe du salage et du déneigement de la voirie de son territoire, mais ce sont les services de la Métropole qui s’occupent de rétablir de bonnes conditions de circulation sur les « axes structurants » : cela représente 400 km de routes, les principales qui desservent l’agglomération. Autant dire que ces voies sont cruciales pour éviter un blocage de toute l’agglomération.
Les services de la Métropole Rouen Normandie adoptent de fin novembre à mi-mars un fonctionnement spécifique, avec des astreintes de la part de ses agents. Chaque jour, des patrouilleurs sortent vers 2h du matin vérifier l’état des routes. En fonction de ce qu’ils constatent, ils déclenchent l’intervention d’une ou plusieurs des six équipes (deux agents et un camion équipé de saleuse et d’une lame) qui interviennent, notamment pour le salage en cas de verglas, de givre, avant l’heure de pointe, pour ne pas entraver la circulation. Et s’il neige, elles continueront à intervenir autant qu’il le faudra pour « remettre la route au noir ».