Aucun poids lourd n’est passé à travers les mailles du filet, à l’occasion d’un contrôle vendredi 7 septembre 2018, pour faire respecter l’arrêté d’interdiction de circulation sur le quai Jacques Anquetil, sur la rive gauche de Rouen. (©Isabelle Villy)
Aucun camion n’a pu passer à travers les mailles du filet. Vendredi 7 septembre 2018, quai Jacques Anquetil, sur la rive gauche de Rouen (Seine-Maritime), les forces de l’ordre (Police nationale et police municipale) étaient à pied d’œuvre pour empêcher les poids lourds de traverser la ville via cet itinéraire. Un arrêté de la Ville de Rouen interdit, en effet, depuis 2014 d’emprunter cet itinéraire : la trémie est en effet fragilisée et doit d’ailleurs être détruite dans les mois qui viennent, pour laisser place à un nouvel axe routier qui va totalement redessiner cette partie de la ville.
Circulation interdite aux poids lourds depuis 2014
Nous ne sommes plus dans la sensibilisation. Tous les poids lourds sont interdits dans les deux sens, depuis deux ans, et des itinéraires de substitution sont prévus pour leur permettre de rejoindre leur destination, souligne le commandant Casorla, de la Police nationale, qui se trouvait à la tête du dispositif.
Des contrôles ont d’ailleurs lieu régulièrement sur cet axe, à raison d’une ou deux fois par semaine. Mais force est de constater que ceux qui tentent tout de même leur chance et bravent l’interdit, restent plutôt nombreux. En quelques minutes, une longue file de camions s’étirait déjà le long du quai, après avoir été contraints de faire demi-tour.
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Un ouvrage très fragile
« Cela peut être le GPS qui les oriente vers cet itinéraire, mais souvent ce sont aussi des chauffeurs qui tentent leur chance pour gagner du temps », estime le policier. Parmi les contrevenants, de nombreux routiers étrangers et pour eux, c’est le régime de la consignation qui s’impose, à savoir l’obligation de régler l’amende sur place.
Le montant de la contravention est de 90 € car il y a ici une notion de péril, en raison de la fragilité de l’ouvrage emprunté. En temps normal, le non-respect d’un arrêté d’interdiction de circulation s’élève à 22 €, précise encore le commandant Casorla.
L’adjoint au maire de la Ville de Rouen Jean-Loup Gervaise, présent sur le point de contrôle, confirme pour sa part que la structure est effectivement très fragilisée. Depuis plusieurs mois, plus aucun véhicule n’est d’ailleurs autorisé à stationner sur les trottoirs et l’élu fait valoir que « des morceaux de béton tombent régulièrement. Les trains qui circulent ne le font qu’à 5 km/h sur cette artère vitale pour eux, qui mène au port ».
Ne pas risquer un drame comme à Gênes
Le danger d’effondrement semble donc bien réel et justifie aux yeux des autorités de procéder régulièrement à des contrôles. Tout le monde a toujours en tête l’effroyable effondrement d’un pont à Gênes, cet été en Italie, qui a fait plus de 40 morts et personne ne souhaite effectivement que pareil drame ne survienne.
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Interdiction totale de circulation aux poids lourds donc, sauf dérogation spéciale et bientôt, la configuration de cette partie de la ville va d’ailleurs connaître une profonde mutation.
« Cette trémie va disparaître et une nouvelle route va être dessinée. Ce sera un gros changement et tous ces travaux sont d’ores et déjà actés », rappelle Jean-Loup Gervaise.
Montant de l’enveloppe, 50 millions d’euros, à laquelle participent le Département de Seine-Maritime, la Métropole, la SNCF, la Région Normandie, l’Europe et l’État. Les premiers coups de pioche devraient d’ailleurs intervenir très prochainement.