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VIDÉOS. Évacuation du bâtiment occupé par Surgissement à Rouen, des affrontements

Ils venaient d’entrer dans ce bâtiment du boulevard des Belges, à Rouen (Seine-Maritime). Les militants de « Surgissement » en ont été évacués par les forces de police. Détails.

Les policiers ont fait usage de grenades lacrymogènes pour faire partir un groupe de militants qui leur avaient envoyé des canettes, samedi 19 mai 2018, pendant l’évacuation du bâtiment occupé par « Surgissement ». (©SL / 76actu)

À peine avaient-ils investi leur nouveau lieu d’occupation que les militants de « Surgissement » en ont été délogés par la police, samedi 19 mai 2018 à Rouen (Seine-Maritime). La porte du bâtiment du boulevard des Belges a été brisée au bélier tandis que de courts mais intenses affrontements avaient lieu à l’extérieur, entre un groupe de militants n’ayant pu entrer et des forces de l’ordre. 

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« Je suis désolé, je suis arrivé trop tard »

La situation stagnait, samedi 19 mai 2018 après 20h, l’heure à laquelle une trentaine de militants du collectif « Surgissement » ont fait irruption dans un bâtiment désaffecté. Pris de courts, les policiers ont pu empêcher l’accès à une quinzaine de personnes. « Je suis désolé, je suis arrivé trop tard », a glissé un policier dans sa radio. 

Pendant ce temps, ceux qui avaient pu entrer ont déployé trois banderoles, dont celle du collectif. Une autre s’est fendue d’une petite provocation aux autorités, étant peinte telle un score de match : « Surgissement 2, préfecture 1. » Le résultat de la rencontre s’est joué peu avant 22h. Les policiers ont mis leur casque et sorti le bélier. 

Encore à l’intérieur du bâtiment, les membres de « Surgissement » ont déployé trois banderoles sur sa façade. (©SL / 76actu)

Évacuation calme et affrontements à l’extérieur

Ils s’en sont servi pour défoncer de plusieurs coups la lourde porte de bois et investir les lieux. Les policiers ont agi « sur réquisition du procureur de la République », a indiqué à 76actu une source judiciaire. « Il ne s’agit pas d’une procédure judiciaire, mais administrative. » Cela signifie que l’élection de domicile du collectif, justifiée d’un acte d’huissier, n’était pas légale et que les policiers ne violaient aucun domicile en enfonçant la porte. 

VIDÉO. Les policiers ont défoncé la porte du bâtiment occupé à coups de bélier : 

Quand la vingtaine de policiers casqués a pénétré dans l’immeuble, les esprits se sont échauffés à l’extérieur. Le groupe n’ayant pu entrer a échangé de vifs mots avec des forces de l’ordre chargées de les tenir à l’écart. Des insultes ont fusé et les policiers ont fait usage de leur bombe lacrymogène à main pour repousser le groupe. Un autre policier, isolé, a dû brandir son arme pour faire reculer un manifestant. Lequel avait déjà sorti sa matraque quelques instants plus tôt, la levant envers le même homme, qui filmait la scène.

Les incidents ont dégénéré après un premier jet de canette, arrivée au pied des policiers. Une grenade a été envoyée par les forces de l’ordre, générant un important nuage de lacrymogène. Plusieurs jets de canettes en verre s’en sont suivis, incitant les policiers à envoyer une seconde grenade. 

VIDÉO. Pour faire reculer des manifestants, les policiers ont lancé deux grenades lacrymogènes : 

Aucune interpellation selon la police

Revenue au calme, la situation a permis l’exfiltration des militants du bâtiment. « Personne n’a été interpellé », affirme une source judiciaire. Une information contredite par un membre du collectif, mais non confirmée, samedi soir, lequel indique qu’une interpellation aurait eu lieu après la dispersion des militants dans les ruelles du quartier Pasteur. Des patrouilles de la brigade anti-criminalité ont été diligentés pour inspecter les environs. 

Un hall d’immeuble a été investi par une vingtaine de policiers à la recherche de militants. Ils n’ont trouvé personne et sont donc retourné à la surveillance du bâtiment évacué, qui devrait rester entouré d’un important dispositif pour le restant de la nuit. Soit plus longtemps que les militants de « Surgissement » dans ce lieu « mystère ».