La fête de la victoire de l’équipe de France a tourné à l’affrontement, mardi 10 juillet 2018 à Rouen (Seine-Maritime). Toute la soirée, des groupes de manifestants ont harcelé les forces de l’ordre en plein coeur de la ville. (SL / 76actu)
La soirée du match France-Belgique, en demi-finale de la Coupe du monde mardi 10 juillet 2018, a été coupée en deux à Rouen (Seine-Maritime). D’abord, place du Général de Gaulle, les supporters des Bleus ont laissé libre expression à leur joie. Jusqu’à ce que des projectiles fusent en direction des forces de l’ordre, chargés par des groupes de supporters.
Ensuite, la soirée a viré à la bataille rangée au cœur de la ville, jusqu’à minuit. Au total, huit personnes ont été interpellées et deux policiers blessés. Le bilan côté « manifestants » est incertain.
Les policiers chargés par des « manifestants »
La première fumée qui a envahi le parvis de l’hôtel de ville, dès le coup de sifflet final, a été celle des fumigènes craqués par des centaines de supporters en liesse. Rarement Rouen n’a connu pareille joie ces dernières années.
VIDÉOS. Scènes de liesse, place du Général de Gaulle, après la victoire de la France :
EXPLOSION DE JOIE À #ROUEN LA FRANCE EST EN FINAAALE 🇫🇷🇫🇷🇫🇷 #FRABEL pic.twitter.com/m4Upy6spo1
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Mais regardez-moi ça ! C’est de la pure folie furieuse ! RT si la #France va gagner la coupe du monde avec un peuple aussi beau 🇫🇷🇫🇷🇫🇷 #Rouen #FRABEL pic.twitter.com/p7tnj4aQpB
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Puis, moins de trente minutes plus tard, la deuxième fumée a été celle des grenades lacrymogènes tirées par les policiers. Ils ont répondu à des groupes de manifestants, plus d’une centaine au départ, qui les ont ciblées avec des bouteilles en verre et autres projectiles. Un policier raconte à 76actu la scène « hallucinante » :
On n’a pas compris. Ils étaient entre 100 et 200, ils nous ont chargé avec les barrières de la mairie. Si on n’envoyait pas la lacrymogène, on se les prenait. Je n’ai jamais vu ça.
Dans l’heure et demie qui a suivi la rencontre, les débordements ont été cantonnés à la place du Général de Gaulle et à la rue de la République. Les policiers sont restés statiques « pour que les manifestants casseurs le restent aussi », a expliqué à 76actu une source judiciaire. À côté du triple cordon de policiers casqués étiré au niveau de la statue de Napoléon, des supporters se sont réfugiés et ont harangué les casseurs de cesser, en vain.
VIDÉOS. Début des affrontements entre policiers et « manifestants » qui les ont chargés :
Ça part en vrille de l’autre côté de la place, des supporters chargent, la police répond à coups de lacrymo #FRABEL #Rouen pic.twitter.com/7xafGMHTRq
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Nouvelles charges et provocations envers la police, nombreux jets de bouteilles en verre, une pluie de lacrymo s’abat sur la place. #FRABEL #Rouen pic.twitter.com/VpbSuX9YtM
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Deux policiers blessés, pas de bilan côté « manifestants »
Les affrontements se sont poursuivis et sont montés d’un cran rue de la République. Après une charge des forces de l’ordre, les « manifestants casseurs », ainsi appelés par les autorités, ont été sommés de se disperser, en vain. Insultes et jets de projectiles ont continué à fuser.
Un véhicule de circulation de la police a été attaqué par un groupe de manifestants. Deux fonctionnaires de police ont été légèrement blessés par des projectiles : l’un à la tête et au mollet, l’autre au coude. Du côté des « manifestants », plusieurs blessés légers sont à déplorer, selon des témoignages que nous avons pu recouper. « Des rixes ont éclaté », ont confirmé les autorités, surtout autour de la rue de la République.
À plusieurs reprises, les policiers ont chargé « pour nettoyer les rues », expliquaient-ils. Ils ont progressé rue de la République, depuis l’hôtel de ville, jusqu’à la rue Saint-Romain. Sept personnes ont été interpellées à ce moment des échauffourées, une huitième le sera plus tard. Ciblés par de nombreux jets de bouteilles, les forces de l’ordre ont répondu en chargeant avec leurs gazeuses à main, visant certaines personnes à bout portant.
VIDÉOS. Charges de la police pour disperser les « manifestants » de la rue de la République :
Les policiers continuent d’avancer dans #Rouen : « On nettoie les rues, restez pas là ! » Plusieurs personnes sont interpellées, difficile de dire combien. Provocations et insultes vont de rue en rue, style chat et souris. #FRABEL pic.twitter.com/BartCRlayp
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Nouvelle charge de la police et nouvelles interpellations, plusieurs coups échangés, des bousculades. Plusieurs personnes ciblées à la gazeuse à main. La tension reste forte. Au moins sept interpellations, de ce que j’ai vu. #Rouen #FRABEL pic.twitter.com/uYi1LkERVV
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Bataille rangée rue Jeanne d’Arc et feux de poubelles
La plupart des personnes chassées de la rue de la République se sont alors détournées sur la rue Jeanne-d’Arc. Entre les deux, « très peu d’interventions », selon les forces de l’ordre. Après des chants et des klaxons aux abords du Palais de justice, la situation a de nouveau dégénéré. Au croisement avec la rue du Gros-Horloge, plusieurs poubelles ont été incendiées. Plus d’une centaine de personnes ont continué à tenir tête aux forces de l’ordre.
VIDÉO. Charge des policiers rue Jeanne-d’Arc, à travers les poubelles en feu :
Affrontements rue Jeanne d’Arc. Plusieurs feux de poubelles allumés, les policiers ont chargé après une dizaine de minutes. Lacrymogènes rue du Gros Horloge. #FRABEL #Rouen pic.twitter.com/AuowlDo5Xh
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
Une énième charge et des tirs de gaz lacrymogène ont contraint les « manifestants » à fuir en direction de la place du Vieux-Marché. C’est là que la soirée de violences et de scènes d’émeutes s’est achevée, après que les derniers groupes de récalcitrants aient été dispersés par les policiers. Le calme est revenu aux alentours vers 1h du matin, dans une ville jonchée de débris de bouteilles, de vitres brisées et de palets de lacrymogènes.
VIDÉO. Harcelés toute la soirée, les policiers ont chassé les derniers casseurs, parfois avoir des insultes :
Et les policiers courent encore dans les petites rues de #Rouen. Des petits groupes de « manifestants » s’enfuient en courant à chaque fois, de rue en rue. Certains effrayés par les cris des policiers. #FRABEL pic.twitter.com/4UmjJs3uIf
— simon louvet (@LouvetSimon) 10 juillet 2018
D’ors et déjà, les forces de l’ordre pensent à la finale qui se jouera dimanche 15 juillet contre l’Angleterre ou la Croatie. Elles espèrent que l’installation sur l’esplanade Saint-Gervais d’un écran géant, tant réclamé par les Rouennais, détournera une partie de la population du centre-ville. Une chose est sûre, « il y aura un dispositif conséquent », nous assure-t-on. Dans le reste de la métropole rouennaise, la soirée a été calme.