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VIDÉO. Un engin explosif de 230 kilos désamorcé à Rouen : d’où vient cette bombe ?

Dimanche 12 août 2018, une bombe de 230 kilos sera désamorcée sur la rive gauche de Rouen (Seine-Maritime). En Normandie, ces munitions ne sont pas rares, héritées de 1944.

Entre avril et août 1944, Rouen (Seine-Maritime) a été pilonné par les avions américains et anglais. Des munitions non explosées subsistent.

Entre avril et août 1944, Rouen (Seine-Maritime) a été pilonné par les avions américains et anglais. Des munitions non explosées subsistent. (©Mémorial de Caen)

Une importante opération de déminage aura lieu, dimanche 12 août 2018, à Rouen (Seine-Maritime). Dans la matinée, une bombe de 230 kilos sera désamorcée sur le chantier de l’écoquartier Flaubert. Ces munitions sont fréquentes en Normandie, larguées par les aviations alliées dès le printemps 1944. 

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En 1944, les Alliés « s’en sont donnés à cœur joie »

L’engin trouvé mardi 31 juillet date « de la Seconde Guerre mondiale », a communiqué la préfecture. Entre 1940 et 1944, Rouen a été plusieurs fois bombardé. D’abord en juin 1940 par les Allemands, à l’orée de la conquête éclair du pays. Mais surtout à partir d’avril 1944 et jusqu’à la libération de Rouen, le 30 août.

« Anglais et Américains s’en sont donnés à cœur joie », rappelle Thierry Chion, auteur de Pompier sous les bombardements. Journaliste pour Côté Rouen mais aussi fin spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, il évoque « les bombardements quasi-quotidiens » menés par l’aviation alliée. Le 19 avril et entre le 30 mai et le 5 juin – la Semaine rouge, 345 bombes ont été larguées sur Rouen, touchant la cathédrale et faisant environ 1 500 morts.

Une bombe anglaise ?

S’il est impossible de savoir précisément quand est tombée l’ogive qui sera désamorcée le 12 août, Thierry Chion donne une piste : « Lors du repli allemand fin août, la Royal air force (RAF) a ciblé la masse accumulée sur les quais. » Or, la bombe de l’écoquartier Flaubert est située non loin du point de repli. « Peut-être les Alliés ont-ils visé les installations portuaires. Pour eux, une bombe tombant dans un rayon de 500 mètres autour de l’objectif était un coup au but. » Quant à sa nationalité, elle serait anglaise : « Les leurs faisaient 500 livres », soit 226kg.

VIDÉO. « La destruction de Rouen », un reportage diffusé en juin 1994, condense les images des dégâts :