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1er et 2 avril 2017: la Normandie célèbre les métiers d’art
La Normandie est évidente notamment en raison de son patrimoine et de sa civilisation: c’est ainsi qu’elle fut perçue dès la fin du XVIIIe siècle. Un patrimoine historique, institutionnel, culturel, architectural et artistique à admirer, à transmettre, à valoriser mais à défendre aussi.
L’armoire normande, symbolise cette Normandie, région française du patrimoine, par excellence qui a inventé dès le XIXe siècle, la notion de Monument Historique, la conservation du patrimoine, le tourisme culturel et qui est, aujourd’hui valorisé par le plus grand nombre de citations au patrimoine mondial de l’UNESCO pour une région française…
Ce week-end, dans toute la Normandie, artistes et artisans ouvrent ateliers et échopes à la curiosité du grand public à l’occasion des journées européennes des métiers d’art:
Politique -
ESBROUFE FESTIVE SUR L’AXE SEINE: LE COUP DE GUEULE DU MAIRE DE GONFREVILLE L’ORCHER
Jean-Paul LECOQ, maire PCF de Gonfreville l’Orcher et conseiller départemental de la Seine Maritime a tenu à faire la déclaration publique suivante à l’occasion de la réunion plénière du conseil départemental le 28 mars 2017. Nous publions l’intégralité de ce coup de gueule que nous partageons totalement ici sur l’Etoile de Normandie:
Cette prise de position du maire de Gonfreville l’Orcher qui se retrouve ordinairement un peu seul pour défendre un Axe Seine normand ayant un certain contenu (et pas seulement une esbroufe festive pour bobos parisiens en goguette en aval de Mantes la Jolie), venait dans la foulée des déclarations nettes et fermes dans le même sens de Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France Insoumise lors de son passage en Normandie les 28 et 29 mars 2017.
Lire l’entretien accordé par Jean- Luc Mélenchon au quotidien normand « Paris-Normandie » (édition du 29 mars 2017):
Pour résumer les propos du leader de la France Insoumise:
1) La remise à niveau du report modal du trafic du port du Havre vers le ferroviaire et le fleuve doit être faite AVANT l’ouverture du Canal Seine Nord.
2) Reconstruire la filière des énergies marines renouvelables après les erreurs stratégiques faites à Alstom et Aréva: les ports doivent devenir des bases d’opération et de maintenance des EMR
3) Renforcer le pavillon national français et étendre le périmètre de la flotte stratégique.
Politique -
11 MILLIARDS d’EUROS plus loin, le désastre industriel de l’EPR de FLAMANVILLE
Il nous faudrait 5 MILLIARDS pour faire la Ligne Nouvelle Paris Normandie.
Il nous faudrait près de 2 MILLIARDS pour faire le contournement routier Nord-Est de la métropole de Rouen.
Il nous faudrait encore 1 MILLIARD pour le désenclavement total du port du Havre par la voie ferrée et par le fleuve.
Quelques centaines de millions par- ci par- là pour assurer la couverture numérique totale en standard 4G de l’ensemble du territoire normand.
Ou encore quelques autres centaines de millions par-ci ou par- là pour construire les parcs d’éoliennes et d’hydroliennes marines au large des côtes normandes…
On rappelera enfin que dans un Contrat de Plan Interrégional Etat-Région qui doit, en principe, financer le développement de l’ENJEU NATIONAL de l’AXE SEINE, doté d’un peu plus de 950 millions, l’Etat n’en donne qu’à peine plus de 330 millions…
BREF ! QUE NE FERIONS NOUS PAS POUR L’AVENIR DE LA NORMANDIE AVEC… 11 MILLIARDS?
Mais il y a, si j’ose dire, plus grave:
La cupidité sans fin et sans fond du capitalisme financier à la française a littéralement détruit un savoir-faire industriel exceptionnel: une honte ! Un vrai scandale que nous révèle l’enquête menée par des journalistes de France Inter dans une émission qui sera diffusée à l’antenne de la radio nationale le samedi 1er avril 2017 (et ce n’est hélas pas une mauvaise blague !)
La forge du Creusot est dans le collimateur de l’industrie nucléaire pour avoir fabriqué des pièces douteuses. Des documents prouvent qu’EDF et Areva étaient alertées dès 2005.

Cuve de l’EPR de Flamanville © Maxppp / PQR Ouest France/Gilles Collas
Enquête Secrets d’Info de Sylvain Tronchet.
Jamais l’industrie nucléaire française n’avait connu un tel scandale. Et cette affaire qui remet en cause toute la chaîne de contrôle d’une filière déjà ébranlée par la catastrophe de Fukushima. La forge du Creusot a fourni des pièces non conformes à la réglementation à plusieurs centrales. Parmi elles, la cuve de l’EPR de Flamanville qui attend toujours d’être validée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pourtant, deux documents obtenus par France Inter, et plusieurs témoignages démontrent qu’EDF et Areva avaient été alertées dès 2005 des dysfonctionnements de cette usine. Malgré cela, les deux industriels ont continué à lui confier des fabrications sensibles.
La forge du Creusot est un morceau de l’histoire de la sidérurgie française. Installée depuis le XVIIIe siècle au cœur de la cité bourguignonne, elle a fabriqué des centaines de pièces qui ont équipé depuis les années 1960 les centrales nucléaires du monde entier. Mais elle a aussi connu une histoire récente mouvementée. Emportée dans la tourmente de la faillite de Creusot Loire en 1984, l’usine a failli disparaître plusieurs fois. En 2003, elle tombe dans l’escarcelle d’un homme d’affaires : Michel-Yves Bolloré. Le frère aîné de Vincent (qui a refusé de répondre à nos questions) n’est pas à proprement parler passionné par la sidérurgie, témoigne René Dumont, qui dirigeait la forge à l’époque :
L’objectif de Bolloré était financier, il n’était pas spécialement technique. Je n’ai pas pu lui faire parler de stratégie industrielle.
De nombreux cadres désertent alors la forge. Au Creusot, on voit arriver de nouveaux sous-traitants, qui ne connaissent pas toujours bien le métier. L’usine connaît alors de nombreux problèmes de fabrication : pièces rebutées, suivi de la qualité défaillant… Comme l’ont déjà révélé nos confrères de l’Obs (article abonnés), les bâtiments sont mal entretenus et la forge s’éloigne peu à peu des standards extrêmement élevés requis par le nucléaire. Or, Areva et EDF étaient informés de cette situation. En témoignent deux courriers de l’ASN à l’électricien, jamais publiés jusqu’à aujourd’hui. Le premier remonte au 16 décembre 2005, presqu’un an avant la fabrication des éléments de la cuve de l’EPR. Il pointe du doigt les problèmes de qualité que rencontre le site bourguignon.

Lettre de l’ASN à EDF © DR
Le 16 mai 2006, l’Autorité insiste auprès d’EDF : « En 2005, les fabrications (…) du forgeron Creusot Forge ont été émaillées de nombreux incidents: nombre de rebuts importants, écarts constatés au cours des inspections (…) ».
- Lettres de l’ASN avertissant EDF des problèmes de Creusot Forge en 2005 et 2006 :
L’alerte est claire. Et suffisamment sérieuse pour que le patron de l’ASN de l’époque, André-Claude Lacoste se rende en personne au Creusot. Il nous a confirmé être revenu « effondré » par ce qu’il avait constaté : l’usine n’est pas au niveau. De retour à Paris, il prévient Areva :
Votre fournisseur a de gros problèmes, changez-en ou rachetez-le !
Areva rachète donc l’usine et son atelier de mécanique à Michel-Yves Bolloré pour la somme astronomique de 170 millions d’euros. Les deux sites lui avaient coûté environ 800 000€ trois ans plus tôt. Au moment du rachat, la décision est déjà prise : le Creusot forgera le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville. Pourtant, « toutes les expertises qui sont intervenues après, concluent qu’à cet instant précis les usines du Creusot n’avaient pas la capacité nécessaire à la réalisation de ces pièces » s’étonne Jean-François Victor, un ancien proche de Bolloré dans cette affaire. EDF admet pourtant avoir identifié des problèmes de qualité sur le site creusotin à l’époque. Comme chez Areva, on affirme avoir pris en compte les avertissements de l’ASN. Pourtant, d’après nos informations, la vraie réforme des procédures qualité sur le site n’intervient qu’en 2012. Et il n’est pas sûr qu’elle ait changé la donne. Plusieurs témoins nous ont confirmé que la culture de la sûreté laissait à désirer à la forge, jusqu’à une période récente. Christian de Mezieres, technicien de maintenance, vieux de la vieille du nucléaire, y est arrivé il y a 5 ans : « Je n’ai pas retrouvé la culture que j’avais connue dans les autres entités Areva. Quand on faisait de la maintenance en milieu irradié, c’était clair et précis. Il y avait des contrôleurs pour chaque opération. Ici, non. »
Jean-Luc Mercier, délégué CGT de la forge, estime même qu’Areva a contribué à la dégradation de l’assurance-qualité sur le site : « il y a quelques années, s’il le fallait, on arrêtait une machine pendant un jour ou deux, on vérifiait si les pièces étaient bonnes et on demandait les autorisations avant de poursuivre. Aujourd’hui, on essaie de faire tourner les machines 8h/8 et on ne se pose pas la question de savoir si on peut mettre en danger la qualité de nos pièces. »
Les éléments de la cuve de l’EPR à peine sortis de la forge, l’ASN s’inquiète. Dès août 2006, elle écrit à Areva pour lui demander de démontrer que les deux pièces sont bien conformes à la réglementation. Pendant près de 7 ans, les échanges de courrier se succèdent, mais aucune analyse n’est pratiquée. Le 24 janvier 2014, la cuve, qui est arrivée sur le chantier de Flamanville, est posée dans le bâtiment réacteur. Neuf mois plus tard, le verdict tombe. Areva a enfin fait des tests. Ils sont négatifs : le fond et le couvercle présentent des anomalies. Dans le jargon des sidérurgistes, on appelle cela des « ségrégations carbone ». « L’acier de la cuve doit normalement contenir 0,2% de carbone, explique Yves Marignac, expert du secteur nucléaire. Là, c’est une concentration de plutôt 0,3%, ça suffit pour modifier les propriétés mécaniques de l’acier et en particulier pour influencer la température à laquelle il devient moins souple et plus cassant.« Ennuyeux, lorsque l’on sait que le scénario de rupture de la cuve n’existe pas dans le nucléaire. Il n’y a pas de plan B en cas d’accident de ce type. Thierry Charles de l’IRSN, qui a examiné le dossier confirme : « on a un matériau dont la composition n’est pas celle attendue, et dont on peut craindre la rupture lorsqu’il va être soumis aux conditions de pression et de température qu’il va subir dans le réacteur. »
Areva a refait ses calculs : la cuve est bonne pour le service malgré ses défauts, affirme l’industriel. L’ASN décidera, en septembre prochain probablement, si elle valide cette démonstration. Mais dès qu’elle a appris l’existence de défauts sur la cuve, elle a demandé un audit complet de l’usine du Creusot. Areva traîne des pieds, fournit un premier rapport, « totalement creux » d’après un proche du dossier. L’ASN se fâche, exige une revue complète de l’usine. Areva s’exécute. En mai 2016, les conclusions tombent, invraisemblables : des pièces non conformes ont été livrées à l’industrie nucléaire et, dans certains cas, les dossiers de fabrication ont été falsifiés de façon à le dissimuler au client. A l’ASN, le directeur général adjoint, Julien Collet, se souvient de sa stupeur quand il a réalisé ce qui se passait au Creusot : « ces pratiques sont dans un écart tel avec ce qu’on attend d’un fournisseur de ce niveau, qu’on a presque du mal à y croire. On ne s’attendait pas à observer de telles déviances. »
Parmi ces « déviances », la plus problématique concerne un générateur de vapeur, fabriqué en 2008, et installé sur le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim en 2012. Lors de sa fabrication, la pièce est sortie trop courte de la forge. Il était impossible d’en couper les extrémités pour éliminer les impuretés qui s’accumulent à chaque bout, une phase essentielle dans cette industrie. La pièce aurait dû être rebutée. Mais il a été décidé de la livrer quand même à EDF (voir document ci-dessous) sans prévenir l’électricien de ce « défaut » potentiellement grave sur un équipement aussi sensible. Une enquête préliminaire est ouverte et plusieurs associations ont porté plainte contre EDF et Areva, notamment pour usage de faux et mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

« Fiche Incident Qualité » de la centrale de Fessenheim © ASN
Comment le leader mondial du nucléaire a-t-il pu tolérer de telles méthodes sur l’un de ses sites ? Quand on lui pose la question, David Emond, directeur général d’Areva NP masque à peine son embarras : « Ces pratiques existaient depuis des décennies. Elles sont inacceptables d’un point de vue culture de la sûreté et de l’assurance de la qualité. Dans cette usine, on n’a pas eu cette culture sur toute la période. »
Areva aurait donc été victime de « traditions locales », remontant à bien avant son rachat du site. L’argument fait hurler l’ancien directeur de la forge, René Dumont : « accuser les gens qui ont fait vivre cette forge pendant des décennies, qui ont fourni des tas de pièces dans le monde, d’avoir mis en place un système basé sur la magouille et la falsification, c’est de la calomnie. C’est surtout, je pense, le désir de camoufler ses propres manquements. » De fait, lorsqu’on examine les falsifications les plus graves, celles qui auraient pu avoir un vrai impact du point de la sûreté nucléaire sont toutes relativement récentes et datent de l’époque Areva. Devant l’ampleur du désastre, l’entreprise est en train de reprendre tous les dossiers de fabrication de la forge depuis les débuts de l’industrie nucléaire. Un travail de titan : quatre millions de pages à examiner. Un audit mené sous la responsabilité… d’Areva. Cyrille Cormier, spécialiste du nucléaire chez Greenpeace s’étrangle : « comment avoir confiance en Areva là-dessus ? On peut craindre que de cet audit ne ressorte finalement que peu de choses par rapport à la réalité des défauts de production de l’usine. »
On peut effectivement en douter. En décembre dernier, une équipe d’inspecteurs internationaux a débarqué au Creusot. Nous nous sommes procuré le rapport de l’ONR, l’autorité de sûreté britannique (document ci-dessous). Il est dévastateur pour l’industriel français. L’expert nucléaire anglais Paul Dorfman avoue qu’il a « rarement vu l’ONR aussi sévère dans un rapport ». On y apprend notamment que les visiteurs étrangers ont repéré que les techniciens d’Areva continuaient à corriger leurs rapports avec du fluide correcteur blanc. Une pratique bannie dans le nucléaire, où l’on doit toujours avoir l’historique des modifications, que ni les auditeurs d’Areva, ni ceux d’EDF qui étaient passés avant, n’avaient noté. Surtout, les inspecteurs doutent que les mesures prises par Areva pour remettre l’usine dans le droit chemin seront suffisantes. Et ils suggèrent qu’EDF se tourne vers un autre fournisseur pour le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point. Une perspective catastrophique pour la forge du Creusot. Lors d’une visite sur le site en mai dernier, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, estimait qu’il y aurait « plusieurs centaines de licenciements » sur place si l’usine n’obtenait pas le marché anglais.
- Rapport d’inspection de Creusot Forge par l’Autorité de sûreté britannique :
Cette affaire pourrait donc être fatale pour une partie de la filière nucléaire française. Notamment parce qu’elle remet en cause un principe de la chaîne de contrôle : en France, c’est l’industriel qui déclare ses problèmes, l’autorité de sûreté compte sur son « honnêteté ». A l’ASN, le directeur général adjoint Julien Collet, admet que le dossier Creusot Forge change la donne : « on a un opérateur qui n’est pas dans une logique d’identification et de traçabilité de ses écarts comme ça devrait être le cas, mais qui est dans une logique où on préfère cacher les anomalies, les mettre sous le tapis. Ça interroge vraiment la manière dont nos inspecteurs doivent mener leurs investigations. Il faut qu’on complète notre arsenal ». L’autorité de sûreté n’a pas de vrais pouvoirs d’investigation, et surtout, pour Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives), elle manque de moyens : « l »ASN doit surveiller 58 réacteurs, les chantiers type EPR et ITER, les usines du combustible, de retraitement, d’enrichissement, toute la médecine basée sur les rayons… Et ils sont à peu près 400. A partir du moment où on s’est aperçu que tout ce système déclaratif n’était pas très fiable, ça veut dire qu’il faut des contrôles beaucoup plus forts. Pour ça, il faut des gens. »
Reste cette question, toujours en suspens : pourquoi avoir confié la réalisation de la cuve de l’EPR à un site industriel aussi éloigné des standards habituels du nucléaire ? Cyrille Cormier de Greenpeace a son idée : « on a pris une décision sur la base d’une dissimulation d’informations, parce que si on savait, à l’époque, que Creusot-Forge ne serait pas en capacité de produire des pièces pour un EPR à Flamanville, peut-être que l’utilité de construire cet EPR aurait été questionnée à nouveau. On n’était pas en mesure d’avoir un industriel français capable de fournir des pièces, et peut-être que l’intérêt de l’EPR qui visait à avoir un produit français aurait été remis en cause. » Des propos qui résonnent étrangement avec cette explication qu’EDF nous a livrée : « le gouvernement français et EDF partageaient en 2006 l’intérêt de garder la filière française opérationnelle en France. Avec le renouveau du nucléaire qui se profilait à ce moment-là, EDF a souhaité renforcer des moyens de production en France pour mieux maîtriser sa capacité de réalisation de projets industriels ».
Le patriotisme économique pouvait-il justifier une telle légèreté ?
►► Une enquête Secrets d’Info à écouter le samedi 1er avril à 13h20 sur France Inter.
Politique -
En l’absence d’un lobby normand, les « Business Angels » sont… Bretons !
Plus ça va, plus on a la désagréable impression qu’il y a en Normandie, trop de « diseux » et pas assez « faiseux ». Ou, dumoins, qu’il y a surtout des « diseux » qui ignorent ou qui méprisent des « faiseux » qui font et qui agissent, les seconds étant certainement plus nombreux que les premiers mais comme ils ne font jamais assez parler d’eux, les « diseux » n’en disent finalement rien quand ils glosent et pérorent dans des colloques sur ce qui se fait de mieux, toujours ailleurs ou presque faute de connaître réellement la Normandie qu’ils croient connaître…
Faute d’un reflet médiatique régional normand suffisant. Faute d’un lobby normand organisé et efficace.
IL FAUT QUE CELA CESSE !
Et cela devrait être la priorité de la future agence de l’attractivité de la Normandie. Car, pour l’instant, c’est ailleurs que l’on agit tout en parlant et communiquant sur les actions en cours.
L’exemple qui suit, pointé par la dernière livraison de la feuille d’informations Normandie XXL est pour le moins édifiant !
http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2106
43 millions d’euros investis par les Business Angels en 2016 qui ont « oublié » la Normandie
Dernière mise à jour 31/03/2017
Economie. L’analyse des données recueillies auprès des 72 réseaux membres de la Fédération France Angels confirme les tendances dessinées en 2015. Sélectionnées sur plus de 10 000 dossiers reçus, les opérations de financement réalisées par les Business Angels en France en 2016 augmentent de 8% et passent de 386 à 415. La dynamique de 2015 se poursuit avec un total des montants investis s’élevant à 42,7 millions d’euros, soit 3,6% de plus qu’en 2015 (41,2 millions). Ces 43 millions ont eu un effet de levier qui a apporté 123 millions d’euros aux entreprises et a permis cette année encore la création ou le maintien d’environ 3 000 emplois.
Comme le montre la carte les principales régions bénéficiaires sont l’Ile de France qui a trusté 29,8% des investissements suivie de la Bretagne (14%) et de Rhône-Alpes (13,8%). La Normandie n’arrive qu’en 9e position avec simplement 3,9% des investissements c’est-à-dire moins du tiers de ce dont à bénéficier la Bretagne, très comparable.
La tendance reste au digital mais la santé suscite l’engouement !
Cumulant 45% des montants investis et 45,5% des entreprises financées, le digital reste largement en tête. La santé et la biotech attirent 22% des montants investis contre 17% en 2015. L’industrie représente 10% des montants investis cette année et l’énergie et la cleantech sont à 7%. Par ailleurs, les biens de consommation constituent 7% des montants investis, les services et transports 3% et le solde de 6% regroupe les autres secteurs tels que les médias, la mode ou le sport.
Business Angels un phénomène en développement
2016 est marquée par une forte augmentation des refinancements. Alors qu’ils constituaient 26% des montants investis en 2015, ils représentent cette année 41% des montants investis, pour une enveloppe totale de 18 millions d’euros, avec un tour de table record de 614 000 euros. Les Business Angels accompagnent l’entrepreneur et les entreprises dans leur croissance et dans le temps, au-delà de leur première levée de fonds ! La confiance est également de mise entre les différents acteurs du capital risque.
Politique -
PRESIDENTIELLES: Les élus du G6 NORMAND interpellent les candidats sur la Normandie et la décentralisation
Nous l’avons vu et analysé ici en détail: ils (et elle) sont TOUS JACOBINS! L’idée régionale n’a jamais été aussi malmenée dans une élection présidentielle sous la 5ème République !
Entre ceux qui veulent supprimer les conseils régionaux pour en revenir à l’Etat central, les départements et les communes d’une part (Le Pen, Mélenchon et Dupont-Aignan) et, d’autre part, ceux qui veulent faire des économies sur le dos des collectivités territoriales (Fillon et Macron) ou ceux qui veulent rattacher 25% des départements aux métropoles, ce qui impliquerait la fin de la Normandie avec un rattachement de la Seine-Maritime et de l’Eure au Grand Paris (Macron) ou encore ceux qui restent prudent sur la question faute de s’y être réellement intéressé (Hamon, Poutou, Artaud et les autres petits candidats), faut-il faire reposer tous nos espoirs décentralisateurs et démocratiques sur la laine d’un berger des Pyrénées?
Le G6 NORMAND réunissant les présidents des cinq départements normands autour du président de région partage nos inquiétudes et viennent d’envoyer une lettre aux onze candidats de l’élection présidentielle.
Lire l’article suivant proposé par la feuille d’informations Normandie XXL:
http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2104
Le G6 écrit aux candidats à la présidentielle
Collectivités. Les présidents des cinq départements et le président de la Région (G6) ont écrit le 24 mars aux candidats à la présidentielle pour leur présenter la Normandie, ses caractéristiques économiques, leur vision de son développement et leurs attentes face au futur élu national.
S’ils relèvent les faiblesses de la Région qui, très industrielle a souffert dans son tissu productif de la crise de 2009, qui souffre d’un faible taux de scolarisation des jeunes (-5points par rapport au taux national pour les 18-24 ans) et de la faible part des diplômes d’enseignement supérieur au sein la population, ils soulignent aussi la dynamique qui s’est enclenchée depuis la réunification.
Le G6 « attend des candidats à l’élection présidentielle des engagements forts ».
Dans les grands projets à développer on trouve l’axe Seine, territoire de développement dont ils soulignent « qu’il porte des enjeux majeurs pour l’avenir économique de la France ; ces enjeux sont nationaux mais également internationaux……… » On y trouve évidemment la LNPN, la ligne Serqueux-Gisors, la chatière…
L’enseignement supérieur et la recherche font l’objet de longs développements car sur ce point « la Normandie a besoin d’une action accélératrice de l’Etat…stimuler…moderniser….rationaliser.. » Parmi les programmes nécessitant des actions : IUT du Havre, learning center de Rouen, développement du Ganil à Caen, reconnaissances de spécialités médicales du génopole de Rouen, du cancer à Caen avec Archade.
Le courrier liste aussi les infrastructures routières dont la Normandie a besoin et rappelle les projets culturels en suspens qui sont nécessaires à l’attractivité de la région.
Plus de décentralisation
Les élus demandent que s’établisse une nouvelle forme de rapport avec l’Etat, ils rappellent l’ampleur des restrictions budgétaires auxquelles ont été soumises les collectivités : « pour les grandes collectivités normandes, les pertes cumulées se comptent en centaines de millions, et les investissements qui n’ont pu se réaliser se situent très au-delà du milliard d’euros. Les années qui viennent doivent être des années d’investissements pour les territoires urbains et ruraux »
Surtout les élus souhaitent que s’établisse une nouvelle forme de rapport avec l’Etat
« La nouvelle Normandie est par ailleurs prête, non seulement à prendre sa place, mais également à jouer un rôle moteur dans la définition d’une relation modernisée, plus confiante et plus active entre l’Etat et les collectivités territoriales pour la prochaine décennie. Cette relation modernisée devrait logiquement s’accompagner d’une nouvelle étape de la décentralisation, très différente de ce qu’a été la récente réforme territoriale. »
Bref la modernisation des collectivités passe par plus de liberté.
Reste à savoir quelle sera la réponse des candidats à l’élection présidentielle.
Cliquer sous le lien suivant pour accéder à l’intégralité du courrier:
http://www.normandiexxl.com/le_journal_archives/000000085_journal_2017-03-30.pdf
Politique -
PATRIMOINE MUSICAL NORMAND: La résurrection de la musique de la cathédrale de ROUEN au XVIIe siècle
C’est rarissime ! Et cela concerne le patrimoine musical normand et tout particulièrement celui de l’église métropolitaine de Normandie, à savoir la cathédrale de Rouen. Un musicologue vient de dénicher au fin fond d’une bibliothèque un recueil imprimé du XVIIe siècle contenant des messes polyphoniques dont quatre messes totalement inconnues de Jehan TITELOUZE, le grand organiste et musicien de la cathédrale de Rouen au début du XVIIe siècle et que l’on considère comme le fondateur de l’école française d’orgue…
Le 4 avril 2017 à partir de 19h00, en l’église Saint Thomas de Cantorbéry du Mont Saint Aignan, l’ensemble rouennais de musique baroque « Les Meslanges » dirigé par Thomas Van Essen nous proposera une présentation en avant première mondiale de ce patrimoine musical retrouvé:
L’orgue renaissance de l’église Saint Thomas de Cantorbéry du Mont Saint Aignan est l’instrument idéal pour interpréter les oeuvres de Jehan Titelouze:
Politique -
Quid de l’AVENIR de ROUEN avec un MAIRE crépusculaire… interrogé par un journaliste lunaire?
Pour nos concitoyens rouennais et normands qui espèrent encore en l’avenir de la ville qui fut, il y a près de deux siècles, la seconde ville de France, la lecture de ce qui suit, à savoir cet entretien donné récemment par Yvon Robert, le maire de Rouen à Thierry Delacourt, journaliste de Paris-Normandie vraiment à court d’idées sur un sujet … capital, risque d’être assez pénible !
Alors que sur l’avenir de Rouen ainsi que sur cet entretien plane l’ombre non pas d’un aigle mais d’un petit oiseau, les données essentielles du problème rouennais ne sont hélas pas évoquées:
1) Le maire de Rouen n’est pas le président de Rouen Métropole
2) La région Normandie et la métropole de Rouen ont sensiblement les mêmes compétences et une force de frappe budgétaire qui obligent à la coopération.
3) Le journaliste de Paris Normandie ne sait pas ce que peut signifier un pôle métropolitain régional en réseau de villes avec Rouen, Caen et Le Havre… Mais il n’est pas le seul car du côté des élus concernés, au lieu d’avoir UN seul pôle métropolitain réunissant les trois villes, ils préfèrent en avoir UN pour chacune de leur ville, donc TROIS pôles métropolitains.
Clochemerle XXL?

Trois pôles métropolitains normands, au lieu d’un seul: cherchez l’erreur !
http://www.paris-normandie.fr/accueil/a-mi-mandat-le-maire-de-rouen-yvon-robert-fait-le-point-XD9050099
Entretien. Trois ans après son élection au deuxième tour de l’élection municipale du 30 mars 2014 avec 46,8 % des suffrages, Yvon Robert a accepté de livrer sa vision du chemin parcouru pendant ce mi-mandat et de ce qu’il reste à accomplir jusqu’en 2020.
L’image est troublante. Dans ce bureau de l’Hôtel de Ville où il a commencé à avoir ses habitudes il y a plus de vingt ans, en 1995, Yvon Robert semble toujours préparer ses interviews avec le même cahier sur lequel il note ses messages à faire passer. Ce vendredi-là, le maire de Rouen a pris le soin d’y inscrire les compétences communales. Comme si, en ces temps de détricotage des compétences des villes par l’intercommunalité, il était essentiel de les rappeler, urgent de s’en souvenir.
Parfois flou sur la réalisation de certains éléments de son programme de campagne (les « Zazimuts de l’emploi », le recueil des eaux pluviales dans tous les quartiers, le label « Made in Rouen » semblent ainsi oubliés), le maire (par intermittence) depuis onze ans se montre offensif sur la défense de l’influence de la « capitale régionale ». Sans rien s’interdire quant à son avenir politique.
Quel souvenir le plus marquant gardez-vous des trois premières années de mandat ? Joyeux ou pas.
Yvon Robert : « J’ai vraiment des moments de bonheur. Il se trouve que depuis trois ans il y a plusieurs grands projets d’aménagement urbain qui sont arrivés à maturité. Inaugurer une nouvelle école, un nouveau gymnase sur la rive gauche, ce fut un vrai plaisir. Avec les inaugurations successives des quais de la rive gauche, j’ai vraiment l’impression que l’on a porté des nouveaux aménagements urbains extrêmement favorables. Je retiens aussi l’inauguration de plusieurs immeubles de Rouen Habitat. C’est la première fois depuis trente ans qu’on inaugure autant de nouveaux logements et dans tous les quartiers. »
« Il en faut pas aller plus viter que la musique »
Vous avez relu votre programme de campagne de 2014 pour mesurer le chemin parcouru à mi-mandat. Quelle part reste encore à accomplir d’ici 2020, certains points sont-ils d’ores et déjà écartés ?
« On ne peut pas juger en termes de pourcentage. Tout n’est pas terminé, il reste des choses en cours, en réflexion. Je n’ai rien à retirer. »
Pour reprendre votre programme de 2014, y figurait la réalisation d’un skatepark sur l’île Lacroix…
« Nous y travaillons, c’est toujours un objectif. Si nous avons mis l’Océade dans les projets de Réinventez la Seine c’est en espérant avoir un projet. »
C’est raté…
« C’est momentanément raté. Mais le fait de l’avoir mis, d’en avoir parlé, fait qu’à la date d’aujourd’hui c’est une réflexion que nous avons toujours. Nous sommes en train de chercher comment avancer. »
Avec un opérateur privé ? Les deux projets sont donc liés ?
« Il ne faut pas aller plus vite que la musique. Nous pensons que cela peut-être une bonne solution pour reconvertir l’Océade ».
Était aussi affiché l’objectif d’intensifier la rénovation des places de Rouen, comme celle de la Rougemare… ?
« La place de la Rougemare est présente au sein du programme Cœur de Métropole. C’est un des lieux emblématiques qui a été identifié lors de la préparation du projet avec la Métropole. Il prévoit la rénovation de la place à l’horizon 2019. »
Sur le plan des événements, il était prévu une fête annuelle sur les quais, « En attendant l’Armada ». Qu’attendez-vous pour la lancer ?
« Il y en aura une en 2017. Une initiative a été lancée (NDLR : par l’association « Normandie en Seine » ). »
Mais ce n’est pas une initiative municipale…
« Non mais en lien avec la Ville. La Ville n’a pas vocation de tout faire. Par contre, nous sommes extrêmement attentifs aux idées, à les soutenir, parfois avec des subventions, parfois avec des moyens logistiques. Toute une série de manifestations et d’initiatives privées ne peuvent exister que grâce au soutien de la Ville. »
Concernant l’Armada, comment se présentent finalement les choses avec les autres partenaires publics ?
« On avance. On dira des choses dans quelques semaines. Pour nous c’est important de communiquer en juin, deux ans avant. C’est un événement forcément partenarial. L’Armada existe s’il y a la Ville, la Métropole, le Département et la Région. Le pilotage n’est que collectif, l’outil est secondaire par rapport à l’accord des collectivités. À un moment donné, il est capital que les collectivités sachent travailler ensemble sans chercher à tirer la couverture à soi. Pour moi, c’est la clé de la vie politique : être ensemble sans dire c’est moi, c’est moi, c’est moi. Ce n’est pas simple mais c’est l’enjeu du futur, c’est la responsabilité collective. L’Armada c’est une fête qui n’est possible que si tout le monde fait ensemble. »
Il avait été question également de la création pendant ce mandat d’un Conseil municipal des jeunes, représentant les 16-25 ans…
« Pour l’instant on a eu les Assises de la Jeunesse, Il y a eu tout un travail de réflexion il y a deux ans. Cela n’a pas débouché sur la création d’un conseil municipal des jeunes. On est toujours en travail avec des associations de jeunes, étudiantes notamment dans le cadre des Zazimuts. Je ne sais pas si notre volonté d’associer plus les jeunes à la politique municipale aboutira à cela ou à autre chose. »
Dans cet esprit de la politique à l’épreuve du temps, quels projets devraient pouvoir être réalisés d’ici la fin de ce mandat en 2020 ?
« Pour moi, l’action municipale c’est aussi la manière de travailler tout au long de l’année, c’est vraiment ma conception : en essayant d’associer au maximum tous les citoyens qui s’intéressent à la vie de la cité. Toute la concertation qui a été menée avec la Métropole dans le cadre du projet Cœur de Métropole a été extrêmement intéressante : avec à la fois des balades urbaines, des forums… Pour moi, il est extrêmement important que ce projet soit achevé avant la fin du mandat. Également de poursuivre la création de quartiers nouveaux comme Luciline. En 2008, il n’y a rien à Luciline. Aujourd’hui, il y a plus de 500 logements et j’espère qu’il y en aura 200 ou 300 de plus. L’objectif c’était 1000, on ne sera pas loin. C’est un quartier nouveau, écologique, en totale mixité sociale, en totale mixité fonctionnelle car il y a des bureaux et des logements. Je trouve aussi que le gouvernement met un peu de temps à nous donner tous les éléments financiers sur le deuxième plan de la rénovation urbaine. J’espère avoir pu lancer une deuxième étape très importante après une première décisive. »
« j’ai été élu pour six ans »
Le basculement à droite du Département et de la Région n’a-t-il pas compliqué la mise en œuvre de projets prévus dans le programme de 2014 ?
« Ville et Métropole, on avait signé un contrat avec la Région avant les élections et Hervé Morin a toujours dit qu’il le respecterait. Il y a des discussions complémentaires actuellement. Nous avions par exemple dans ce projet la rénovation-extension de la patinoire et nous sommes en train de mettre au point le projet définitif. Pour l’instant, cela ne change rien par rapport aux projets de la Ville. »
À mi-mandat, êtes-vous toujours persuadé d’aller jusqu’à son terme en 2020 ? N’est-il pas temps de songer à préparer votre succession ?
« J’ai été élu pour six ans. Je suis totalement disponible. J’ai la chance d’être en retraite. Je consacre à ces fonctions toute ma vie, c’est du lundi au dimanche. Comme je suis en pleine forme, je ne vois pas pourquoi je m’arrêterais avant. »
Pour préparer la succession, lancer un successeur…
« Aujourd’hui, on est en 2017. On n’est pas en train de travailler sur les élections municipales de 2020. Moi, depuis 1994, j’ai toujours préparé les élections municipales collectivement, en temps utile afin que nous proposions la solution la meilleure dans l’intérêt des Rouennais. »
Vous n’écartez pas l’idée de vous représenter en 2020, à 71 ans ?
« Je n’écarte rien. Ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. »
Deux anciens membres du cabinet de Nicolas Mayer-Rossignol à la présidence de la Région viennent de rejoindre votre cabinet. Faut-il y voir un signe ?
« Ce sont des choix personnels qui ont fait partir deux membres du cabinet, Alexandre Canet et Sylvain Ortis. Ensuite, deux camarades, Sylvain Radiguet et Morgan Levarlet, étaient disponibles. J’ai entendu la rumeur qui disait que Nicolas (Mayer-Rossignol) avait placé ses pions. Il était simplement content que ses anciens collaborateurs retrouvent un poste ici. Où est le problème ? C’est aussi simple que cela. »
Est-ce raisonnable de laisser planer le doute sur une candidature en 2020, à 71 ans, alors que l’on parle tant de renouvellement du personnel politique ?
« Aujourd’hui je suis maire, je suis pleinement maire. Bien évidemment, je pense à l’avenir. Mais ce sera une décision collective. Depuis trente ans, j’ai toujours travaillé collectivement. Si je suis là, c’est parce que mes camarades l’ont voulu. C’est un sujet qui aujourd’hui n’est pas utile dans le débat public. La loi sur le non-cumul des mandats change toute la donne de la réflexion élective. Allons jusqu’au bout de la séquence. »
Impôts : « Aucune garantie »
Sur le plan des impôts, la promesse de ne pas les augmenter n’a pas été tenue…« Je suis parfaitement clair sur ce sujet : je ne voulais absolument pas augmenter les impôts. Quand j’ai écrit et dit cela, je n’avais pas envisagé une réduction des dotations de l’État aussi importante. Les 11 milliards de réductions au niveau de l’État représentent à peu près 11 millions pour la Ville de Rouen. Ces réductions étaient trop fortes pour qu’il n’y ait pas d’augmentation d’impôts. Je l’ai réduite à 2,9 %, au minimum incompressible et je vais tout faire pour que cela ne se reproduise pas. Mais, à la date d’aujourd’hui, dans le contexte des finances publiques de l’État, qui s’est amélioré mais qui reste difficile, j’estime que nous ne pouvons plus donner aucune garantie. Cela ne serait pas raisonnable… »Rétrospectivement, cela n’était-il pas présomptueux de la faire figurer dans les promesses de 2014 ?« Honnêtement, je n’avais pas imaginé une telle situation. Je suis élu depuis vingt-huit ans et pendant des décennies on a vécu avec des augmentations permanentes, régulières, des dotations de l’État. Le gouvernement a considéré que les collectivités devaient participer à la réduction des dépenses. J’ai toujours dit que j’étais en phase avec cette orientation générale. Par contre, il est apparu que c’était particulièrement difficile pour Rouen, compte tenu de la situation financière de la Ville en 2008. Avec notamment la question des emprunts toxiques dont il fallait absolument se débarrasser et que malheureusement les élus de la majorité précédente avaient contractés en toute connaissance de cause. Le dernier gros emprunt dont on s’est débarrassé c’est en 2012 ! Et cela a eu aussi un coût. »« Mais si, Rouen est la capitale régionale ! »
La réunification normande n’a-t-elle pas fait perdre à Rouen un peu de son influence, un peu de son poids, en recentrant le pouvoir politique régional à Caen ?« Nous considérons que Rouen n’est pas du tout une ville en déclin. Au contraire c’est une ville qui continue à se développer, une ville et une métropole en développement économique et en croissance démographique. Nous avons bataillé pour faire en sorte que les outils du développement économique essentiels restent à Rouen et qu’un élément de l’Agence de développement de Normandie (NDLR : l’ADN) soit ici. »On se souvient de la campagne, « Rouen, un air de capitale ». Mais Rouen n’est plus la capitale régionale…« Mais si, c’est Rouen la capitale régionale ! Là-dessus il n’y a pas le moindre doute. C’est là où siège le préfet de région. Rouen est la capitale régionale. Il n’y a pas de problème dans la mesure où il y a d’un côté 250 000 habitants de l’autre 500 000 habitants. Nous sommes par ailleurs pour un développement équilibré, en réseau, que tous les outils : ceux qui dépendent de la Région, ceux qui dépendent de l’État, ceux qui dépendent de la Chambre de commerce travaillent ensemble en permanence. Cela ne m’intéresse pas de batailler. »N’avez-vous pas le sentiment néanmoins d’un pouvoir d’attraction plus grand de Caen ?« Non. Par contre, il faut impérativement que tous les acteurs rouennais soient en permanence mobilisés ensemble pour développer leur métropole. C’est un domaine où il n’y a jamais de lauriers définitifs. Aujourd’hui, nous n’avons pas de raison de nous lamenter mais il faut continuer, il faut être vigilant, il faut être actif, réactif, il faut faire des propositions et travailler ensemble. Je ne suis pas dans une guerre de territoires. Il faut être soucieux de toutes les innovations et de toutes les coopérations. »Grands projets : « Pas de doutes »
Partagez-vous les doutes exprimés avant son départ par l’ex-préfête de Région, Nicole Klein, sur la concrétisation rapide des deux grands projets régionaux : la Ligne Nouvelle Paris Normandie et le Contournement est de Rouen ?« Je ne me situe jamais dans le doute, je suis dans la construction permanente. Je constate juste que sur le Contournement est, nous voulions qu’il y ait une enquête publique elle a eu lieu et il y a eu un rapport favorable de la commission d’enquête. Aujourd’hui, l’État prépare une déclaration d’utilité publique. C’est grâce à ce gouvernement, grâce aux élus métropolitains que nous avons abouti à cela en liaison étroite avec les services de l’État, de la Région et du Département. Maintenant, j’espère que nous aurons ce décret, soit fin 2017, soit en 2018.Concernant la LNPN, on a jamais autant travaillé sur un grand projet sur ce territoire. On ne peut pas être dans le spectaculaire car on est dans la mise au point d’un projet qui est complexe, avec des éléments contradictoires. Il faut prendre en compte les avancées du futur et les intérêts de tous les habitants. On est dans la phase de discussion. Des discussions qui peuvent parfois être vives mais c’est le signe que les choses avancent. »Pas de doutes alors…« Je ne me situe pas là-dedans. Moi, je travaille. Tous les acteurs travaillent et font avancer leurs dossiers. De la même manière, après vingt-huit ans de fonctions électives, quand je me retourne je constate : que le sixième pont il fonctionne et qu’il a totalement changé le fonctionnement de la métropole, on a un tramway, des bus à haut niveau de service, la circulation automobile s’est réduite, on a toute une série de rénovations urbaines qui ont été faites, les Hauts de Rouen ont totalement changé, le patrimoine historique a été merveilleusement rénové, la cathédrale, le palais de justice, l’église Saint-Maclou : ce sont des réalités que la Ville porte. Pas forcément toutes financées par elle. Mais pour moi l’action de la Ville, ce n’est pas seulement ce qu’elle fait en maîtrise d’ouvrage mais ce à quoi elle contribue, ce qu’elle impulse, ce qu’elle réclame, ce qui se fait sur son territoire. »N’empêche les communes perdent petit à petit de leurs compétences au profit des métropoles. Ne faut-il pas s’en préoccuper ?« La Métropole ce sont les élus communaux qui travaillent ensemble. Aujourd’hui on ne peut que travailler ensemble. Il y a une dimension grand projet qui suppose le travail collectif.D’autre part, la commune ce sont les écoles, la culture, le sport, les services aux habitants, les crèches, les personnes âgées, les aides sociales, le logement, l’environnement, l’entretien de la ville, la proximité, l’urbanisme, les espaces verts, la circulation, le stationnement, la stratégie urbaine. Tout ça, c’est toujours les élus de la Ville. Tout ce qui se fait est porté par eux. Toute la proximité, ce sont des élus de la Ville qui la font. »
PolitiqueThierry DELACOURT, journaliste jacobin, adepte d’un vieux clochemerle et qui ne comprend pas l’idée de réseau urbain régional -
Jean-Luc MELENCHON au chevet de l’économie maritime normande
Nous étions au Havre, aux Docks Océane le 29 mars 2017 parmi les 3600 personnes présentes (et beaucoup d’autres à l’extérieur) pour écouter un tribun hors pair, un véritable « animal » politique autant pour ce qu’il a nous dire au sujet de l’avenir de notre pays dans un moment important de son histoire contemporaine que pour ce que le candidat du Travail et de l’Economie de la Mer avait à nous dire sur l’avenir de la grande ville portuaire normande qui fête, cette année le 500ème anniversaire de sa fondation par le roi de France François 1er.
Sur ce point précis, Mélenchon a dit:
1) Urgence et priorité au désenclavement ferroviaire et fluvial du grand port maritime du Havre
2) Assurer la mise à niveau logistique de l’Axe Seine avant la mise en service du Canal Seine Nord Europe
Sur la question des énergies marines renouvelable (EMR), il a déploré le retard français en la matière alors que nous avons un immense potentiel avec plus de 1000 km de côtes en évoquant la possibilité de construire des usines de construction d’éoliennes marines dans les ports (il n’a pas évoqué les projets en cours à Cherbourg et au Havre).
Sur les éoliennes marines, solidement instruit des complexités du dossier par Sébastien Jumel, le maire de Dieppe (conflit avec les pêcheurs du Tréport pour l’accès au futur champ d’éoliennes, conflit avec le projet de classement UNESCO des plages du débarquement pour le projet au large de Courseulles), Jean-Luc Mélenchon a prudemment considéré qu’il fallait les implanter « le plus au large possible »…
La question de la maîtrise d’usage démocratique des grands projets est donc une nouvelle fois posée.
Pour le reste, Jean-Luc Mélenchon a déroulé non sans une verve communicative et une faconde pleine d’esprit qui a mis les rieurs du bon côté, les principaux éléments de son programme social et fiscal en faisant beaucoup de pédagogie pour expliquer les effets de l’optimisation fiscale au profit du Grand duché du Luxembourg ou les conséquences d’un impôt sur le Revenu passant de 5 à 14 tranches: du grand art et un art que l’on croyait perdu, celui de la rhétorique et de l’éloquence publique, mais qui revit avec ce nouveau « tribun de la plèbe ».
Enfin, sur la politique internationale, Jean-Luc Mélenchon n’a pas hésité à assumer publiquement une vision « gaulliste » de l’indépendance nationale française d’abord au service de la paix internationale.
Pour revenir en Normandie, Jean-Luc Mélenchon, se qualifiant lui-même de « horsain du Tonnerre de Dieu » a, non sans pudeur, évoqué son adolescence normande à Yvetot en racontant qu’il s’était fait offrir par son amoureuse cauchoise d’alors les cinq volumes d’une histoire de la Révolution française que cette dernière avait volée dans la bibliothèque paternelle…
Autre moment significatif: alors que le meeting n’était pas encore commencé (il a débuté avec vingt bonnes minutes de retard) un coach membre de l’équipe de campagne circulait dans les travées pour s’assurer que le public présent allait reprendre les mots d’ordre de la soirée: « Résistance » et « Dégagez! ». Un « vieux havrais » en gapette lui cria alors ceci: « j’ai besoin de personne pour me dire ce que j’ai à dire ! »
Il n’y a pas que dans le Nord Cotentin où l’on peut dire « Sire de Sei ! » Dans la Pointe de Caux aussi…
A la fin du meeting, nous avons confié à un membre de l’équipe de campagne, à l’attention de Jean-Luc Mélenchon, un exemplaire de notre livre « la Normandie c’est maintenant » accompagné d’un petit mot dans lequel nous lui suggérons de penser la question régionale à nouveaux frais histoire de ne pas jeter le bébé girondin avec l’eau du bain jacobin, car Marat en sait quelque chose…
- Pour voir la captation vidéo intégrale de ce meeting havrais et normand de Jean-Luc Mélenchon:
https://www.youtube.com/watch?v=wU7b6ZE-4jc
- Voir aussi, le reportage proposé par Xavier Oriot pour Ouest-France (29 mars 2017):
http://www.ouest-france.fr/normandie/le-havre-jean-luc-melenchon-est-arrive-au-port-4891652
J.-L. Mélenchon au Havre. « Au port, je vois la réalité des choses »
Modifié le 29/03/2017 à 15:51 | Publié le 29/03/2017 à 11:32
Jean-Luc Mélenchon se prête aux échanges. | Ouest-France
Xavier ORIOT
Le candidat de La France insoumise vient d’arriver porte Océane, où il passera la journée, avant un meeting ce mercredi soir.
Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, est arrivé au port du Havre, vers 11 h 10, ce mercredi 29 mars. Il va visiter le Terminal de France de Port 2000. « C’est très impressionnant », a déclaré le candidat à la présidentielle au pied du porte-conteneurs de la CMA-CGM.

Jean-Luc Mélenchon est arrivé au Havre. | Ouest-France
Jean-Luc Mélenchon est monté dans un portique qui charge les conteneurs sur le navire, à 40 m de hauteur. Les dockers lui ont exprimé leur souhait « d’une vraie politique maritime en France, ce qui n’a jamais été le cas depuis des décennies. On est mécontent de ce mandat » .

Jean-Luc Mélenchon visite le port havrais. | Ouest-France
« Le canal Seine-Nord n’est pas urgent, a indiqué Jean-Luc Mélenchon. Il faut d’abord équiper le port du Havre et son articulation, avec la Seine et le ferroviaire. Ce sera un bienfait pour plusieurs générations, des heures de travail pour des milliers de gens. On n’imagine pas que les marchandises arrivant à Marseille viennent d’Anvers. »
« Je suis passé tout à l’heure sur le pont de Tancarville. Ça m’a fait quelque chose, a lancé le candidat à la présidentielle. Quand il a été créé, c’était une telle fierté. C’était comme si on avait construit une nouvelle Tour Eiffel. Il y a, depuis, eu le pont de Normandie. Il faut qu’on se lance des défis comme ça. Cela prouve que les Français sont capables. Nous sommes une nation technicienne. On ne fait pas que du bon pain et du vin. »

Jean-Luc Mélenchon au poste de contrôle des chargements des conteneurs. | Ouest-France
« Les dockers, je les connais surtout dans les manifs, ils impressionnent tout le monde. C’est une corporation mais ici je vois la réalité des choses », a déclaré Jean Luc Mélenchon, en descendant du Benjamin-Franklin, porte conteneurs de la CMA-CGM.
Accompagné de Sébastien Jumel, maire PCF de Dieppe, et de Jean-Paul Lecoq, maire PCF de Gonfreville-l’Orcher, le candidat a visité le poste de contrôle des chargements des conteneurs. Il doit également s’entretenir avec les dirigeants de la Générale de manutention portuaire puis avec les dockers et syndicats CGT du port.
Jean-Luc Mélenchon, en revanche, n’a pas voulu réagir sur le choix de Manuel Valls de voter pour Emmanuel Macron, lors du premier tour de la présidentielle. « Je m’exprimerai sur ce sujet au meeting de ce soir. »
Voir aussi:
Politique -
ETUDES NORMANDES: la vieille dame fait peau neuve à l’occasion du retour à l’unité normande
Voilà un heureux événement qui était préparé depuis de longs mois par nos amis du Collectif des Quinze géographes universitaires normands issus des trois universités de Caen, Rouen et Le Havre: relancer et moderniser en l’ouvrant résolument vers le grand public avec une diffusion réellement régionale grâce à l’éditeur OREP, la revue « Etudes Normandes » qui fut fondée en 1951 comme lieu de réflexion pour un projet d’action régionale, dans une Normandie libérée mais détruite dans son âme même par la Guerre. Dès le départ, la question posée par la revue Etudes Normandes était celle-ci:
Quel est l’intérêt sinon l’enjeu d’un projet régional normand entre la toute puissante région parisienne et la façade maritime de la Manche?
Les réflexions proposées dans la Revue Etudes Normandes ne demandaient qu’à être reprises et mises en oeuvre par les décideurs publics et privés opérant sur le territoire des cinq départements normands. Sauf que cette réflexion d’analyse et de prospective régionale, ne trouvera pas son prince charmant normand pour espérer une mise en oeuvre: la Normandie libérée, reconstruite et modernisée de l’Après Guerre a été nationalisée par l’Etat central et le développement de l’enjeu national de l’Axe Seine pour renforcer le lien entre Paris et le port du Havre a éclipsé le projet initial de mettre en oeuvre authentiquement un espace de développement normand.
On sait ce qu’il en adviendra: une division normande durable, une modernité économique et industrielle qui va se révéler très fragile, l’absence de métropolisation normande avec le quasi effacement de Rouen, ancienne seconde ville de France.
Plus de 70 années plus tard, la Normandie a enfin recouvré son unité géographique et son unité de commandement: la revue Etudes Normandes va donc, enfin, pouvoir jouer pleinement le rôle pour lequel elle fut créée, à savoir, éclairer ses lecteurs normands qu’ils soient acteurs décideurs ou non de la société civile régionale sur les grands enjeux des réalités normandes, passées, présentes et à venir. Car une vraie région humaine et authentique, c’est avant tout une société civile régionale consciente d’elle-même et fière de sa région.
La nouvelle formule de la revue Etudes Normandes, éditée par OREP sera dévoilée le mardi 4 avril 2017 à partir de 11h00 à la Maison du parc naturel des Boucles de la Seine normande à Notre-Dame de Bliquetuit et à partir de 14h30 à la Maison de la Recherche en Sciences Humaines sur le campus 1 de l’Université de Caen.
Lire, ci-après le communiqué officiel annonçant la parution de la nouvelle formule d’Etudes Normandes:
Notre association édite la revue Études normandes depuis 1951 ! Son objectif est resté le même au fil des décennies : constituer un lien entre le monde universitaire, les étudiants, les chercheurs, les enseignants, les milieux économiques et « les autres Normands », afin que les travaux universitaires soient mieux connus et que les enjeux économiques et sociaux en région soient mieux cernés. Dans l’enthousiasme de l’unification normande, cette nouvelle série trimestrielle est lancée en 2017 par un éditeur régional, OREP, que nous remercions de sa confiance, avec le soutien du conseil régional et de la fondation Flaubert.
Elle s’adresse à un large public et fait l’objet d’une présentation attractive sans pour autant sacrifier la qualité des contenus. Les auteurs des articles sont des enseignants-chercheurs des trois universités normandes de Caen, de Rouen et du Havre, mais aussi des acteurs de la vie économique et sociale et des « experts » des questions abordées.
La revue se veut, depuis sa naissance, pluridisciplinaire, et s’intéresse donc à la Normandie sous toutes ses facettes, dans les domaines des lettres, des sciences humaines, sociales, juridiques, économiques, environnementales. Elle se donne pour objectif de permettre aux habitants de la Normandie – et d’ailleurs – de mieux connaître et apprécier notre région, d’en approfondir son passé, sa culture, la diversité de ses territoires.
Études normandes demeure une association loi 1901 responsable du contenu de la revue. Son conseil d’administration comprend des universitaires, rouennais, caennais et havrais ainsi que des acteurs économiques et sociaux, notamment des membres du conseil économique, social et environnemental régional (CESER) de Normandie.
Études normandes est une revue ouverte à la réflexion et au dialogue, une revue scientifique avec la Normandie au cœur.
Gérard GRANIER, président d’Études normandes
On pourra aussi consulter les documents suivants:
COMMUNIQUE_DE_PRESSE_22_MARS_2017
Enfin, vous pouvez découvrir le site INTERNET d’Etudes Normandes à droite sur la page d’accueil de l’Etoile de Normandie.
Avec Etudes Normandes, Patrimoine normand, Pays de Normandie, Normandie magazine, Au fil de la Normandie, le public normand dispose désormais de 5 publications trimestrielles de qualité pour s’intéresser à sa région: un record pour une région française!
Politique -
L’ECHEC du JACOBINISME comme solution dans les programmes de la PRESIDENTIELLE
S’il était possible de guérir le mal par le mal cela se saurait. De même, le grand Albert Einstein tout Einstein qu’il puisse être, nous rappelle l’évidence:
“On ne peut pas résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celle qui l’a créé.”
La Guyane hurle ces temps-ci et de nouveau son profond désarroi et son désespoir avec une nouvelle grève générale et ce slogan arboré sur le barrage bloquant les accès au site spatial de Kourou: « Tant que la Guyane ne décollera pas, les fusées resteront à Terre! «
Les Guyanais subissent au quotidien une organisation de l’administration de l’Etat français qui ne s’est pas départie de ses habitudes coloniales avec son lot de tracasseries diverses et de privilèges plus ou moins justifiés profitant d’abord aux « métropolitains » en mission dans ce département/ région d’outre mer. Le coût de la vie guyanaise vaut bien celle de la vie parisienne avec les revenus et les services en moins: tout est importé ou presque de France, la Guyane est une île au large avec un cordon ombilical branché sur Paris au lieu d’être un territoire français de l’Amérique latine.
Au delà des fortes particularités du problème guyanais, à savoir, l’insécurité liée à l’orpaillage clandestin et l’immigration générée par la différence de richesse et de développement entre la Guyane française, pourtant le plus pauvre des territoires de France (avec Mayotte) et le Surinam à l’Ouest ou le Brésil au Sud et à l’Est, la Guyane subit jusqu’à la caricature ce que tous les autres territoires de la République française peuvent subir:
La centralisation jacobine et parisienne de toutes les décisions importantes avec ses trois redoutables conséquences:
1) L’arbitraire justifié au nom de l’intérêt général mais qui résulte trop souvent de connivences et de collusions ou l’affairisme des uns le dispute au clanisme partisan des autres.
2) La décision discrétionnaire justifiée au nom de la supériorité d’expertise d’une caste de haut-fonctionnaires qui croient tout savoir sur tout et surtout mieux que ceux et celles qui sont les premiers concernés par la décision.
3) La cécité quant à des réalités concrètes et particulières toujours plus complexes que celles qui sont perçues dans des bureaux parisiens où l’on continue de croire naïvement que la rationalité des abstractions numériques et des grandes moyennes « nationales » permettent de prendre des décisions plus éclairées que celles qui pourraient être prises par celles et ceux qui sont les premiers concernés.
Chateauroux: travaux de réaménagement de la rue Jean-Jacques Rousseau.
Marine Le Pen était récemment en meeting à Chateauroux dans le Berry (Indre) tandis que Jean-Luc Mélenchon le sera le 29 mars 2017 au Havre en Normandie…
Depuis la ville moyenne « capitale » de l’une de ces périphéries rurales éloignées de l’archipel métropolitain branché sur la Mondialisation (Christophe Guilluy) qui se sentent abandonnées par le Centre parisien, (la « champagne » berrichonne et la forêt de Saint Laurent du Maroni sont des déserts médicaux) ou depuis la ville portuaire normande dotée d’un grand passé maritime et industriel mais qui s’inquiète de ne pas avoir d’avenir, le populisme se développe comme une saine réaction de défense d’un corps attaqué par la force universelle, mondiale par principe, de l’Argent qui refuse fondamentalement l’arbitrage de l’intérêt général par la Démocratie, c’est à dire, concrètement, par les souverainetés populaires nationales.
Si l’on est authentiquement démocrate, il faut plutôt se réjouir de ce réflexe de défense populiste qui réclame le retour du gouvernement face à la « gouvernance » c’est à dire, l’idée faussement naïve que l’on puisse dépasser la nécessaire adversité des idées, des visions du réel, des valeurs, que l’on puisse dépasser ou se débarasser aussi bien de la Gauche que de la Droite, pour établir le pouvoir du « cercle de la raison » (Alain Minc) sur le réel, les territoires et leurs populations, bien loin des passions politiques afin de gouverner raisonnablement et véritablement au calme dans l’entre soi avec des gens bien propres sur eux quitte à décider des pires horreurs !
Alors que nous fêtons aujourd’hui le 60ème anniversaire de la ratification, sous le plafond somptueux d’un palais romain, d’un document vierge (car le véritable texte du traité de Rome n’était pas encore passé par l’imprimerie à l’heure de la cérémonie officielle: tout un symbole !), acte fondateur du printemps 1957 qui devait faire de l’Europe le grand chantier d’élévation de la souveraineté populaire au delà des Nations pour refermer, définitivement, les portes de la Guerre et assurer la Paix et le Progrès perpétuels, en 2017, l’Europe dite de « Bruxelles » est devenue le premier club mondial des relations publiques où l’urgence du moment consiste à ne pas considérer le glyphosate comme un poison.
En conséquence, le retour du populisme est une bonne nouvelle, moyennant deux conditions:
1) Ne pas confondre la population avec le peuple qui n’existe pas en soi mais qui permet à la première de trouver, grâce au second, un sens collectif pour la vie de chaque individu.
2) Ne pas confondre le populisme de gauche avec le populisme de droite, sachant que le premier cherche d’abord à combattre les véritables causes de la souffrance collective qui sont à chercher dans la prise du pouvoir réel par le Parti de l’Argent (globalisation financière, pillage fiscal, pillage écologique, puissance des grandes multinationales) tandis que le second s’en prendra d’abord à d’autres victimes de la globalisation néo-libérale pour en faire des souffre douleurs ou des boucs émissaires de nos propres malheurs…
En France, à moins de 30 jours du premier tour des élections présidentielles 2017, l’alternative démocratique populiste c’est Jean-Luc Mélenchon à gauche et Marine Le Pen à droite.
Sauf que, sauf que…
Nous aimerions bien pouvoir les distinguer davantage, notamment avec le critère pour nous essentiel, de l’organisation de l’Etat sur le territoire car, comme nous l’avons dit plus haut, la tradition française jacobine de centralisation parisienne autoritaire, arbitraire et discrétionnaire renforce, de fait, la gouvernance et la captation de l’intérêt général par une Europe captive à Bruxelles car c’est le pouvoir central jacobin de Paris qui, pour avoir à ramper sur le chemin des servitudes financières des Traités européens, abandonne désormais une part de sa souveraineté et donc sa légitimité et ce doublement:
1) Car depuis 1789 en France un pouvoir qui ne soit pas issu de près ou de loin de la souveraineté populaire nationale est illégitime.
2) Car une autorité qui perd sa capacité d’agir ne sert plus à rien.
Ce constat est dressé par Jean-Luc Mélenchon à gauche et par Nicolas Dupont-Aignan ou Marine Le Pen à droite.
Mais quand on cherche dans les programmes de la France Insoumise, de Debout la France ou de la France Bleue Marine des solutions alternatives qui nous éviterait d’avoir à « résoudre un problème avec le même niveau de pensée que celle qui l’a créé”on s’aperçoit avec une certaine déception ou avec lucidité que nos trois solutions populistes proposent la continuation du problème jacobin avec une Madame LE PEN qui s’offre le luxe insolent de dire haut et fort ce que les deux autres disent moins clairement et plus bas entre deux lignes de leurs programmes:
RETOUR AUX COMMUNES ET AUX DEPARTEMENTS
RETOUR DE L’ETAT CENTRAL FINANCEUR ET ORGANISATEUR
SUPPRESSION DES CONSEILS REGIONAUX
Autant il paraît judicieux de rétablir la commune comme base d’une démocratie réelle et participative ou qu’il paraît urgent que l’Etat central retrouve ses capacités financières et d’organisation stratégique pour assurer la solidarité nationale avec les collectivités territoriales et la cohérence des services publics.
Autant il nous semble regrettable de supprimer les conseils régionaux sous prétexte de supprimer la les lois MATPAM (2014) et NOTRe (2015) (très mauvaises lois par ailleurs) comme on jetterait le bébé avec l’eau du bain en croyant lutter contre la métropolisation qui fracture nos territoires.
Ainsi on peine à trouver la cohérence entre l’affirmation du principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales dans la République d’une part et la suppression autoritaire, jacobine, d’un niveau territorial dans nos collectivités: les régions en l’occurrence.
La maladie mentale du Jacobinisme est certainement responsable de ce désastre conceptuel: les responsables politiques français qu’ils soient de gauche ou de droite, n’ont plus jamais été capables de prendre l’idée de région au sérieux depuis l’échec du référendum voulu par le Général de Gaulle en 1969 pour faire du Sénat, la chambre des régions de France ou depuis les lois de Décentralisation de 1982.
Et c’est grand dommage car la belle idée de région, à condition d’évoquer les vraies provinces derrière l’idée abstraite et sans saveur de « région », serait un formidable outil de RADICALISATION de notre démocratie, celle d’une révolution citoyenne… girondine !
L’idée de région malmenée dans les programmes « populistes »:
- A GAUCHE, la France insoumise (Jean-Luc Mélenchon): il est question de supprimer les lois MATPAM et NOTRe, d’en revenir à trois niveaux d’administrations (communes, départements, Etat central) tout en affirmant le principe de libre administration des collectivités dans la République. De fait, l’échelon régional est supprimé. A moins que cette question de l’organisation territoriale définitive de la France ne soit renvoyée aux décisions de la CONSTITUANTE d’une VIe République qu’il faut souhaiter plus démocratique et fédérale (donc girondine) que l’actuelle Ve République…
https://avenirencommun.fr/livret-ruralite-amenagement-territoire/
- A DROITE, le Front National (Marine Le Pen): la mention « suppression des conseils régionaux » n’est plus aussi explicite. Mais le 6ème des 144 engagements présidentiels de Marine Le Pen pour redresser le pays dit ceci: » conserver trois niveaux d’administration au lieu de six actuellement. Commune, département et Etat. Cette réforme sera un gage de simplification, de proximité et d’économies ».
https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/projet-presidentiel-marine-le-pen.pdf
- Debout la France (Nicolas Dupont-Aignan): il s’agit de supprimer le conseil régional pour en revenir aux années… 1960 lorsque les régions étaient des Circonscriptions d’Action Régionale: les régions pourraient exister comme entités territoriales à condition d’être couvertes par la casquette du Préfet ! On lit ceci dans le projet de « NDA »: « supprimer l’échelon régional, le mandat de conseiller régional et créer une conférence régionale regroupant sous l’autorité du préfet de région les présidents des conseils départementaux et les représentants de l’Etat dans chaque département qui aura pour mission de répartir les investissements dans les transports et les universités ».
http://www.nda-2017.fr/themes/nda/file/projet-nda-20170324.pdf
Et ailleurs? C’est à dire, chez les « grands » candidats consacrés par la médiasphère parisienne?
- Faire battre le coeur de la France (Benoît Hamon, parti socialiste déjà en arrêt cardiaque? ): on trouvera à la page 25 un voeu mystérieux: « je stabiliserai notre organisation territoriale »…S’agit-il d’obtenir la réunification de la Bretagne? Et plus loin: « je proposerai qu’une feuille de route soit établie avant la fin 2017 entre l’Etat et les collectivités lors d’une conférence des territoires. Elle définira un cadre financier pour le quinquennat décliné chaque année par une loi de financement des collectivités »
https://www.benoithamon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/projet-web1.pdf
- En marche (Emmanuel Macron, ni gauche, ni droite): à partir de la page 28, le candidat de la métropolisation propose la suppression de la taxe d’habitation, et la suppression des départements: « nous supprimerons au moins un quart des départements, là où ils peuvent être rapprochés des grandes métropoles ». Voilà qui devrait remettre de l’animation démocratique sur nos territoires… avec les fourches de futures jacqueries. Quel mépris !
https://storage.googleapis.com/en-marche-fr/COMMUNICATION/Programme-Emmanuel-Macron.pdf
- François Fillon (LR et on ne sait pas qui d’autre…): la question de l’organisation territoriale est d’abord appréhendée par le prisme de la ruralité. C’est la France vue d’un manoir de la Sarthe. On trouvera les mesures qui concernent notre curiosité à partir de la page 51 avec, cette mesure de bon sens, il faut le dire: le plan local de ruralité en remplacement, si nécessaire, le plan local d’urbanisme. Cependant on ne pourra que s’inquiéter de l’injonction sybilline « simplifier les structures chargées de la mise en oeuvre des politiques publiques » (p.23) qui clot le chapitre: « réforme de l’Etat ».
https://www.fillon2017.fr/wp-content/uploads/2017/03/PROJET_FRAN%C3%87OIS_FILLON_2017.pdf
Le 22 mars 2017, l’Association des Maires de France avait auditionné l’ensemble des candidats ou leurs représentants sur la question de l’organisation territoriale de notre belle république:
http://www.amf.asso.fr/document/index.asp?DOC_N_ID=24446&TYPE_ACTU=1
Sur notre analyse du populisme comme sursaut démocratique que nous devons aux réflexions stimulantes de la philosophe belge Chantal MOUFFE, voir le lien suivant:
https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/la-gauche-et-le-peuple
La gauche et le peuple
Défendant un « populisme de gauche », elle a vu grandir avec fierté Podemos, qu’elle a inspiré : la philosophe belge Chantal Mouffe, professeure à l’université de Westminster, publie « Construire un peuple », aux Editions du Cerf.

Icône alter, figure du post-marxisme, professeure au département de sciences politiques et des relations internationales à l’université de Westminster, Chantal Mouffe a conceptualisé le « populisme de gauche ». Dans L’Illusion du consensus, écrit il y a 10 ans et traduit en français l’année dernière, elle remettait en cause la vision néolibérale d’une démocratie sans affect et sans heurt.
Proche des mouvements citoyens et des partis qui en sont nés, elle publie aujourd’hui Construire un peuple : pour une radicalisation de la démocratie, avec Iñigo Errejol, l’un des fondateurs de Podemos. « Leçon majeure de politique », « réflexion stratégique essentielle pour celles et ceux qui entendent bâtir un projet émancipateur« , comme le dit le politologue Gaël Brustier en introduction : elle s’interroge sur la réinvention de la démocratie, si celle-ci passe par sa radicalisation. En quoi l’émergence d’une force politique comme Podemos change-t-elle la donne ? Comment ce mouvement s’est-il construit à partir d’un effort de théorisation hors norme ?
Si Podemos s’inspire de divers courants théoriques, l’une de ces principales références est justement l’un des premiers ouvrages de Chantal Mouffe, écrit avec le philosophe argentin Ernesto Laclau : Hégémonie et stratégie socialiste. Vers une politique démocratique radicale, paru en 2009, dans lequel elle pose le caractère non-donné des identités politiques, constamment en construction. Une vision anti-essentialiste de la politique donc, fondée sur la constitution d’identités collectives, idée-clé de la stratégie politique de Podemos et son objectif : construire un peuple.
« Le peuple en tant que catégorie politique n’existe pas, est toujours qqch de construit. Ce qui existe c’est la population »
« Il faut reconnaître qu’en France, les secteurs populaires ont été abandonnés par le Parti Socialiste »
« Ce qui est en jeu pour construire un peuple : donner une traduction politique à cette demande sociale »
« La politique de consensus au centre a conduit à une crise de la social-démocratie et à l’émergence des mouvements populistes »
Chantal Mouffe, La Grande Table
Politique -
LE QUASI FIASCO DU GRAND PORT MARITIME DU HAVRE
Personne n’est à la fête pour le 500ème anniversaire de la fondation du port et de la Ville du Havre de Grâce… qui a demandé grâce aux candidats à l’élection présidentielle pour que ces messieurs et cette madame daignassent bien jeter un regard sur la situation laissée par François Hollande: après cinq années passées à décider de ne rien décider, François Hollande a pris le parti de laisser se faire le branchement direct de la France et de la Région parisienne sur les ports de la… Hollande.
Mercredi 29 mars 2017, Jean-Luc Mélenchon qui se présente aussi comme le candidat de l’économie de la Mer va tenir meeting au Havre, aux Docks Océane (à partir de 19h30).
A la veille de cet événement, Michel Duval, vigie impertinente drossée à l’embouquement de l’Estuaire et qui plaide depuis des années pour un désenclavement ferroviaire complet sur ses deux rives de la « porte océane », tire à nouveau la sonnette d’alarme:
PORT 2000,
UN QUASI FIASCO !
Par Michel DUVAL, le 28 mars 2017
Dans un article paru dans Le Havre Libre le 2 octobre 1997, titré » Le port du Havre revendique son indépendance ferroviaire « , la première phrase de l’article était la suivante :
» Tout le monde sait que la compétitivité d’un port se joue à terre. Notamment sur son réseau ferré. «
On aura par la suite de nombreuses occasions de la relire…
Dans le même article, qui donnait la parole à M. Christian Leroux, président de l’Union Maritime et Portuaire du Havre (U.M.E.P.), on pouvait lire plus loin: » Les Havrais s’impatientent. Ils soulignent qu’un doublement du trafic des conteneurs, dans le contexte du projet Port 2000, ne peut aucunement impliquer deux fois plus de conteneurs sur les routes. «Quelques mois après l’inauguration de Port 2000, est paru dans une publication de Chambre de Commerce et d’industrie, l’article suivant :
» Cruelles statistiques en matière de conteneurs » Normandinamik 15 février 2007
Le Havre a encore perdu des parts de marché en 2006
Les statistiques en matière de conteneurs sont à nouveau très cruelles pour les ports français de la rangée Rouen-Hambourg. Le Havre (+ 0,5 %, à 2,1 millions d’EVP), Rouen (+ 2 %, à 0,1 million) et Dunkerque (+ 1 %, à 0,2 millions) affichent en 2006 la plus faible progression des communautés portuaires concernées.
Avec ce mauvais résultat, la part de marché du Havre, premier port français dans ce domaine et de très loin, tombe de 6,7 à 6,2 %. Au total, quelque 34 millions de conteneurs ont été manutentionnés dans les ports continentaux de la Manche et de la Mer du nord soit 2,7 millions de plus qu’en 2005. La progression moyenne a été de 8,6 %. Les ports allemands se distinguent particulièrement avec une croissance de 9,6 % à Hambourg et 19,8 % à Brème. Les établissements d’outre-Rhin continuent de bénéficier de la restauration du capitalisme dans les ex-pays de l’est européen qui a ouvert de nouveaux espaces pour les échanges mais aussi de la bonne santé de l’économie allemande.
S’il maintient ce rythme, Hambourg fort de ses 8,9 millions d’EVP en 2006 pourrait rattraper Rotterdam en 2007 ou 2008. Avec 9,6 millions d’EVP (+ 3,2 %), le port néerlandais est en effet resté à nouveau en deçà de la progression moyenne de la rangée. Ses dirigeants estiment réaliste de parier sur une croissance de 6 % en 2007 malgré les limites physiques du port qui attend l’aménagement de nouveaux espaces à conquérir sur la mer. A contrario, les ports belges affichent une santé insolente avec un + 16,5 % à Zeebrugge et un + 8,2 % à Anvers stimulé par la mise en service en 2005 des premiers postes à quai du dock de Deuerganck. Une fois terminé ce nouveau terminal en bassin de marée aura une capacité égale au trafic actuel du port flamand (7 millions d’EVP).
Malgré ces chiffres médiocres, le directeur du port autonome du Havre Jean-Marc Lacave (*) se refuse à céder à la sinistrose. Il estime que la faible croissance du trafic en 2006 est à relier à des phénomènes conjoncturels comme l’indisponibilité partielle de l’écluse François 1er. A ses yeux, le port est maintenant en ordre de marche pour profiter à plein de l’effet Port 2000 dont les deux premiers postes à quai ont été mis en service en avril dernier. Il table pour 2007 sur une progression de 12 à 15 %, reproductible les années suivantes au fur et à mesure du remplissage du nouveau port. Pour être au rendez-vous de la croissance à venir, l’établissement portuaire va par ailleurs se doter d’une feuille de route (sic!) qui prévoit de porter la capacité du port à 14 millions d’EVP en 2030. Ce programme très ambitieux revient, ni plus ni moins, à multiplier par sept la capacité actuelle (hors Port 2000) et représente deux fois celle d’Anvers aujourd’hui !
Sur le papier (sic !), il est prévu la création de deux nouveaux terminaux dans le port intérieur desservi par une seconde écluse (baptisée ‘François II’), l’extension des quais de l’Asie et d’Osaka et la reconversion complète de l’espace qui s’étend de la pointe de Floride aux formes de radoub. Les quantités annoncées rendent d’autant plus urgentes une feuille de route parallèle qui prévoirait la réalisation de dessertes ferroviaires et fluviales de qualité et la mise en œuvre de mesures incitatives fortes au développement de ces modes de transports. Il serait en effet socialement et écologiquement insupportable pour la vallée de la Seine que ces conteneurs se retrouvent sur la route.
(*) Jean-Marc Lacave a été directeur général du port du Havre de courant 2000 à courant 2008
CONCLUSION :
En 2006, année d’inauguration de Port 2000, le trafic en conteneurs du port du Havre s’est élevé à environ 2 318 000 EVP (Equivalent vingt pieds). De 2007 à 2016, la moyenne annuelle de trafic en conteneurs du même port s’est élevée à environ… 2 438 000 EVP !Premier commentaire :
Seul Hambourg a été moins performant en trafic de conteneurs que le Havre parmi les 5 principaux ports de la rangée Nord Europe… Mais c’est un port de fond d’estuaire ce qui n’est pas le cas du GPM du Havre !
Ce n’est pas la peine d’avoir une succession d’ingénieurs Ponts et Mines ou autres à la tête des grands ports maritimes français pour obtenir de tels résultats.
Consacrer 1,3 milliards d’euros à la réalisation d’un projet Port 2000 modifié pourvu d’office d’une chatière et d’un franchissement ferroviaire de l’estuaire de la Seine n’aurait pas forcément donné un pire résultat…Second commentaire :
Il a donc fallu 10 ans pour que soit réalisé le minimum de progression annoncé sur la première année et reconductible les années suivantes !
Tout ça n’a pas empêché M. Lacave d’être recruté au poste de directeur général du groupe CMA CGM au 1er septembre 2008…Manifestement, le problème du port du Havre ne réside pas dans sa capacité d’accueil maritime ! On pourrait même presque parler d’un quasi fiasco ! Qu’en pensent les autorités politico-portuaires ?
Michel Duval, 23 rue Auguste Comte, 76600 Le Havre ; le 15 mars 2017
Commentaire de Florestan:
Michel Duval nous apporte surtout la confirmation que le jacobinisme techno-portuaire est un FIASCO
Voir aussi:
DERNIER RAPPEL – Réponse souhaitée avant mercredi 29 mars 18h00 –
Les Déjeuners de Normandie Axe-Seine
Dans le cadre de sa réflexion sur la construction de notre région, l’association Normandie Axe-Seine organise régulièrement un déjeuner autour d’un invité qui vient nous livrer son expertise.
Le vendredi 31 mars, nous avons le plaisir de recevoir M. Michel SEGAIN, Président de l’Union Maritime Et Portuaire (UMEP), également Président de la Fédération des Communautés Portuaires de l’Axe Seine (FCPAS), qui viendra nous parler de son expérience et de ses attentes autour du thème :
« Elections 2017 : quelles perspectives pour la Normandie,ses ports et l’Axe-Seine ? »
Rendez-vous le vendredi 31 mars à 12h00 précises, au restaurant « Le Pied de Poule », 18 rue Victor Hugo à Rouen.
Pour la bonne tenue de l’organisation, votre réservation est nécessaire et une participation de 25 € vous sera demandée.
Le nombre de place est limité. Merci de nous faire part de votre disponibilité dès que possible et avant le mercredi 29 mars 18h00.
– par téléphone auprès de Paul Astolfi (06.64.08.04.52) ou de Steeve Kowalski (06.45.73.70.86)
– par mail à contact@normandie-axe-seine.comNous espérons compter sur votre présence pour partager ce moment convivial mais sérieux pour approfondir le débat de l’unité de la Normandie.
Bien cordialement,
Steeve Kowalski
Politique
Président de Normandie Axe-Seine -
Du 27 au 29 MARS 2017: ROUEN CAPITALE MONDIALE DU TOURISME
Stendhal, grand voyageur s’il en fut, l’avait surnommée: « l’Athènes du genre gothique… »
Rouen, notre métropole normande accueille, cette année l’édition 2017 du salon international de profesionnels du tourisme organisé par l’agence « Atout France ». C’est un moment important dans le travail de reconstruction de la destination normande qui, avant les bombes de la Seconde guerre mondiale et les modernisations radicales qui suivirent, était la destination française privilégiée d’un tourisme culturel haut de gamme. Il semble donc bien naturel que la région française qui a inventé, il y a plus de 150 ans maintenant, le tourisme culturel et balnéaire reprenne toute sa place, à savoir la première…
International. Jusqu’à mercredi soir, 2 100 professionnels du tourisme sont attendus à Rouen à l’occasion du salon Rendez-vous en France. Dans un contexte morose, les acteurs locaux se lancent dans une véritable opération séduction pour convaincre les tour-opérateurs du monde entier.
Pour accueillir 2 100 professionnels du tourisme, habitués à conseiller à leurs clients les plus belles destinations, les hôtels les plus confortables, les restaurants les plus fins, les monuments les plus prestigieux, les acteurs locaux n’ont pas lésiné. Le salon Rendez-vous en France est organisé pour la première fois, par Atout France, au parc des expositions de Rouen, demain et mercredi. Mais l’opération séduction commence dès que les invités, triés sur le volet et venus du monde entier, posent le pied à l’aéroport de Roissy. « Un hôtel a été réservé pour certains, avec coach sportif pour les masser et leur passer la fatigue du voyage, avant de reprendre la route jusqu’à Rouen », détaille Yves Leclerc, directeur de l’office de tourisme de Rouen, qui, avec le comité régional du tourisme (CRT) et les comités départementaux normands, se chargent de l’accueil. 200 personnes, dont une vingtaine de bénévoles étudiants en BTS tourisme, sont ainsi mobilisées.950 chambres d’hôtel et des restos du Vieux-Marché réservés
L’enjeu est de taille pour le territoire. À Clermont-Ferrand, où le salon s’est tenu en 2014, la ville a enregistré une augmentation de 20 % des demandes de tour-opérateurs l’année suivante. Sur le salon, les professionnels sont là pour faire du business : les Français pour vendre leur carte postale de première destination touristique mondiale ; les étrangers pour planifier les prochains séjours qui feront rêver leurs clients. Mais la ville organisatrice a un avantage par rapport aux autres régions qui tiennent un stand au parc des expositions : les tour-opérateurs vont pouvoir tester eux-mêmes les hôtels, les restaurants, et le sens de l’hospitalité rouennais.
Au total, 950 chambres ont été réservées dans le centre historique et dans l’agglomération pour accueillir les délégations étrangères, plus 3 000 nuitées pour d’autres participants, sur des bateaux spécialement affrétés pour l’occasion. Des ambassadeurs chargés d’accompagner les groupes ainsi que les hôteliers ont été formés pour accueillir chaque nationalité dans sa langue. Un pense-bête a ainsi été distribué dans les établissements partenaires, où l’on apprend par exemple qu’il est préférable de servir le café avant le dessert aux Américains, que les Néerlandais mangent leur viande bien cuite, et que hausser les épaules devant un Britannique est extrêmement impoli.
Ce soir, les restaurants de la place du Vieux-Marché, du bistrot à la table gastronomique, sont réquisitionnés. Tous serviront le même menu, décliné selon l’inspiration du chef, avec coquille Saint-Jacques, frisson normand, volaille crémeuse « avec une sauce sans alcool pour plaire à tout le monde », plateau de fromages et dessert à la pomme. 1 200 sacs cadeau ont été distribués dans les restaurants, comprenant notamment une mignonnette de calvados. Les déjeuners seront pris au parc des expositions, avant de conclure par une soirée spéciale, mercredi soir, au Panorama XXL.
Pour toutes ces prestations, chaque tour-opérateur paie un forfait de 500 €. Le salon est financé par les cotisations des 19 CRT de France. Rouen sera représenté, comme le reste de la Normandie, sur un des stands du salon. « Nous présenterons notamment de nouveaux circuits communs avec le Mont-Saint-Michel autour de trois thèmes : le Moyen-Âge, le spirituel et l’impressionnisme », énumère Yves Leclerc. Le calendrier des commerciaux de l’office de tourisme est complet depuis des semaines : 150 rendez-vous ont été calés, avec les tour-opérateurs, durant les deux jours. L’Historial Jeanne-d’Arc, le Panorama XXL, les abbayes de la vallée de Seine, les projections estivales sur la cathédrale, la gastronomie, les 30 millions d’euros prochainement investis dans Cœur de Métropole… En vingt minutes, tous les charmes rouennais doivent être déployés. « Il y a des nationalités, comme les Philippins, que l’on ne voit jamais chez nous. C’est le moment de capter cette clientèle. » Le service promotion de l’office de tourisme a déjà fait ses calculs : en deux jours, c’est dix ans de campagne de pubs d’économisés.
Ce soir, la ville sort ses habits de lumière
Le salon Rendez-vous en France n’est pas ouvert au public et se déroule à l’abri des regards en périphérie de Rouen, au parc des expositions. Cet événement aurait donc pu passer complètement inaperçu aux yeux des Rouennais si les acteurs locaux n’avaient pas décidé d’organiser un spectacle, gratuit et en plein air, ce lundi soir, afin que toute la ville soit en fête. « C’est une première pour le salon, relève Yves Leclerc, le directeur de l’office de tourisme. C’est à la fois l’occasion pour la population de participer à ce rendez-vous professionnel, et pour nous de valoriser le patrimoine, de le montrer autrement aux tour-opérateurs. »En plein air et gratuitLa manifestation prendra d’abord la forme d’une déambulation, dès 18 h 30, au départ de l’abbatiale Saint-Ouen où seront réunis les invités, puis d’un spectacle de 20 minutes sur le parvis de la cathédrale, à 20 h. « L’idée, c’est de faire découvrir Rouen sous un autre angle, explique le metteur en scène, Sébastien Belliard, qui a fondé avec Fabrice Deperrois la compagnie Oneiric Ways, à Darnétal. On s’est attaché à retracer l’histoire de la ville à travers différents personnages que l’on suit, mais aussi à insuffler de l’imaginaire dans tout ça. »Trois troupes se succéderont pour enchanter le parcours. Avec Deabru Beltzak, il y aura des percussions et de la pyrotechnie. Avec les Quidams, place à un univers poétique, onirique, aérien. Quant aux Plastiqueurs, ils ont redécoré, à leur manière, les rues Damiette, Saint-Romain et du Gros-Horloge. Le cortège sera accompagné de quinze passeurs de lumière, des danseurs, « des personnages bienveillants qui guideront le public ».Les déambulations festives sont rares dans le centre-ville de Rouen. Tout le monde a encore en tête la Grande Parade, ce cirque à ciel ouvert avec chars géants, saltimbanques et musiciens, programmé en ouverture de l’ancien festival J’entends des voix… C’était en 2009. Le spectacle de ce soir est donc un réel défi pour la toute jeune compagnie darnétalaise, qui a également dans ses cartons un projet de promenade nocturne en forêt. L’occasion de montrer que, la nuit, Rouen n’a rien d’une belle endormie.Quand les monuments déploient tout leur charme
Pas un seul nuage dans le ciel. Pour cette visite guidée de Rouen sur le thème du médiéval, hier, les tour-opérateurs présents ne pouvaient pas rêver mieux. « Il faut arrêter avec cette caricature de la Normandie où il pleut sans arrêt, lance Nathalie Maillard, guide conférencière. Moi qui passe mon temps dehors tous les jours, je peux vous l’affirmer : c’est faux. »La beauté des maisons contre la saleté des ruesLe but de ces « éduc-tours », programmés en amont du salon Rendez-vous en France, est d’appâter les agences de voyages. Alors quand le soleil se fait aussi radieux, la moitié du travail est déjà faite… L’exceptionnel patrimoine rouennais se charge du reste. L’aître Saint-Maclou intrigue, le charme des maisons à pans de bois opère, la cathédrale éblouit. Jusqu’à la place du Vieux-Marché, Nathalie Maillard égrène les principaux monuments, n’omettant pas quelques anecdotes savoureuses sur l’histoire de la ville, se permettant quelques crochets par des rues moins fréquentées, comme ce minuscule passage reliant les rues Saint-Nicolas et Saint-Romain. « Peu de touristes passent par ici et c’est vraiment dommage », glisse, en anglais, la spécialiste du pavé rouennais. La remarque fait mouche. Peut-être ces professionnels du tourisme l’incluront-ils dans leurs circuits ?Marc Pilcer, qui bosse pour un tour-opérateur basé à Sydney est conquis. Il en est à son troisième séjour dans la capitale normande. « La clientèle australienne est friande d’histoire, de culture, d’architecture typique, de gastronomie. Rouen est tout à fait ce qu’elle recherche. » Bingo ! Sa consœur japonaise est plus difficile à convaincre. Même si elle prend énormément de photos de la cathédrale, cette représentante d’une agence de voyages de Yokohama n’est pas séduite. « Je trouve les rues très sales. Je préfère Etretat. » Farouk Gomati, qui travaille pour un tour-opérateur colombien est moins catégorique. « C’est ma première fois à Rouen et je trouve ça vraiment très beau. Mais ma clientèle recherche plus les plages du Débarquement, le Mont-Saint-Michel… La France, ça fait toujours rêver, mais les séjours passent vite, alors une fois qu’on a fait Paris – incontournable – il ne reste plus beaucoup de temps. Et le handicap, c’est que vos hôteliers parlent très peu espagnol. »La concurrence est rude, et les vacanciers exigeants. Comme quoi il n’est pas facile de séduire les agences de voyages… Même par une météo clémente.C. B.En chiffresLe tourisme à Rouen, c’est :
– 250 000 personnes accueillies à l’office de tourisme en 2016, soit 67 %de Français pour 33 % d’étrangers.– Plus de 100 000croisiéristes fluviaux et maritimes accueillis en 2016.– 2 165groupes accueillis en 2016 soit 49 626 participants.– 1 007 496 nuitées hôtelières en 2016, soit 40 000 de plus qu’en 2015.– 656 326 visites sur le site www.rouentourisme.com pour 1 508 789 pages vues.– 178 799 visiteurs au musée des Beaux-Arts de Rouen en 2016.– 193 791 visiteurs ont poussé la porte de l’église Sainte-Jeanne d’Arc en 2016.– Selon l’étude sur les retombées économiques sortie en 2015 par le cabinet MKG, le tourisme rapporte 210 millions d’euros au territoire. Le premier poste de dépenses est la restauration (70,1 M€), puis vient l’hébergement (60,1 M€), le shopping (45,3 M€), les visites (19,5 M€) et les loisirs (6,3 M€).
PolitiqueCéline Bruet -
AXE SEINE: Comment faire pour intéresser les PARISIENS à la NORMANDIE?
Vianney de Chalus, le nouveau président de la CCI de Normandie (et qui fut longtemps le patron de la puissante CCI du Havre ou de l’Estuaire) a trouvé la solution…
=
Le patron de la CCI de Normandie a donc décidé de céder sa place à la tête de l’association PARIS SEINE NORMANDIE qui regroupe les CCI concernées par les projets de l’AXE SEINE à Michel Valache, son homologue de l’Ile de France dans l’espoir que les décideurs parisiens s’intéressent ENFIN à ce qui peut se passer en AVAL de Mantes La Jolie !
Pas sûr que la technique de la carpette soit efficace pour autre chose que ce que l’on peut faire avec une carpette…
Lire ci-après la dernière lettre Eco Normandie en date du 24 mars 2017: le journaliste partage notre scepticisme.
A la différence près qu’ici nous sommes… EN COLERE DEVANT CE NOUVEL ABANDON DE LA NORMANDIE !
IL FAUT NORMANDISER L’AXE SEINE !!!
Politique -
J’irai revoir ma Normandie: la jeunesse de Jean-Luc MELENCHON au pays d’Annie ERNAUX
L’accueil fut rude. Mais c’est la Normandie qui accueillit en 1962 un jeune « pied-noir » du Maroc né à Tanger avec sa famille. A Elbeuf d’abord. Puis à Yvetot au coeur du plateau de Caux et ses Cauchois fortes têtes qui parlaient une langue inconnue. La liberté individuelle chicaneuse insoumise et rebelle, la lucidité chassant toutes les illusions, le mépris et les préjugés, la solidarité forgée dans de mâles camaraderies… Sur cette terre cauchoise et normande, Jean-Luc Mélenchon s’est forgé le caractère qu’on lui connait !
On notera que ce fut à Yvetot, la ville qui a vu naître une autre âme grande et forte, littéraire celle-là: Annie ERNAUX qui a fait du roman une arme de destruction massive de tous nos préjugés moraux et sociaux…
La France Insoumise est donc née en Normandie…
A quelques jours du passage de Jean-Luc Mélenchon au Havre le 29 mars 2017, lire ci-après le rappel biographique proposé par Paris-Normandie:
À chaud. En meeting au Havre mercredi, Jean-Luc Mélenchon va revoir sa Normandie où il a vécu enfant à son arrivée du Maroc. Souvenirs de ses camarades de classe.
PolitiqueQuand il se rendra mercredi prochain au Havre, pour son meeting aux Docks Océane, Jean-Luc Mélenchon ne fera probablement pas de détour par Yvetot, où il a pourtant vécu pendant trois ans. Tant cette adolescence normande ne lui a pas laissé que de bons souvenirs. Lui, le pied-noir du Maroc, « déporté en Normandie » en 1962 alors qu’il n’a que 11 ans. « J’ai vécu la Normandie comme un monde terrifiant »,confie le candidat de la France insoumise à Marc Endeweld, l’auteur de son entretien biographique. « Faut pas exagérer, Yvetot ce n’était pas Zola non plus », raconte un de ses camarades. Mais lui, le gosse de Tanger a vécu son arrivée en France et en Normandie comme une fracture, un déchirement.
En fait, quand il arrive à l’été 1962 avec sa mère et son beau-père, c’est d’abord vers Elbeuf que la famille se dirige, accueillis par des membres de la famille. Les lycées publics sont complets, « on me colle chez les curés », admet JLM. À l’institut Fénelon, on confirme la présence pendant un an du futur candidat à la présidentielle, « mais on a plus les archives », assure-t-on comme pour éviter de s’étendre sur le sujet. « Pas de problèmes, les curés étaient bons pères et bons pédagogues. Par contre, pour les mômes qui étaient là, j’étais le bougnoule, le bicot. J’ai donc commencé une carrière d’immigré qui m’a suivi aussi longtemps que j’ai gardé l’accent pointu des pieds-noirs », racontera plus tard l’homme politique.
Puis la famille déménage pour Yvetot. Le choc est rude. D’autant plus que l’hiver est l’un des plus froids depuis des décennies. Elle est bien loin la douceur de vie marocaine. « On ne comprenait pas tout ce que ces Normands disaient, ils avaient un accent terrifiant. » Mais c’est aussi le temps de l’adolescence et « de grandes amitiés. »
Cinquante ans plus tard, Jacques Tanguy se souvient de Jean-Luc. Celui qui est connu aujourd’hui comme guide-conférencier à Rouen habitait à l’époque tout près du collège Dégremont, rue Carnot. « C’était déjà un organisateur né », se souvient Jacques. Jean-Luc Mélenchon habite à l’époque dans la cité, au Fort Rouge, dans un petit groupe d’immeubles HLM qui existe toujours. « C’était là, au 4e et dernier étage de l’immeuble Bleuets », assure un autre de ses copains, resté à Yvetot. Dans le quartier, le jeune Jean-Luc s’improvise rapidement en chef de bande. « Il a su fédérer les jeunes autour de lui, proposant même des loisirs pour les plus petits. Je me souviens d’une balade qu’il a encadrée vers Rançon et les berges de la Seine. Il savait animer. »
Au collège, le jeune Jean-Luc étonne aussi. « Ce qui m’a frappé à l’époque, c’est sa verve. Il ne respectait pas les codes, nos codes. Il interrompait les profs pour donner son avis, ou les tutoyait parfois. » Le futur tribun de l’échiquier politique est né. « Ce n’était pas un manque de respect de sa part, mais nous, nous ne le savions pas. Il avait une aisance de parole avec les adultes que nous n’avions pas à son âge. »
Avec Jacques et deux ou trois autres copains, il fait les 400 coups aussi. Deux d’entre-eux se souviennent de l’épisode des fusées, dans la campagne yvetotaise. « On avait récupéré de grands tubes de cartons et du chlorate de potassium chez le père d’un copain, grainetier. »
L’expérience aurait pu tourner au fiasco mais heureusement tourne court. « On était complètement inconscient. Un gros nuage s’est échappé. » La petite bande se retrouve aussi régulièrement sur la butte Henri IV, sur la route de Touffreville, appelée ainsi à la suite d’un âpre combat entre les Ligueurs et l’armée d’Henri de Navarre. Quatre-cents ans plus tard, autour du futur candidat, il s’y déroule d’autres bagarres. De collégiens celles-là.
Fan d’histoire, admirateur de Napoléon, le jeune Mélenchon est aussi un grand lecteur. « On était curieux de tout, on avait soif de connaître, de comprendre »,assure Jacques Tanguy. « Je me souviens que nous avons fait à plusieurs des recherches sur l’île de Pâques. Nous avions souvent des discussions passionnées sur des sujets historiques ». Sans trop de moyens pour acheter des livres, les apprentis historiens se retrouvaient dans les rayons de la grande librairie d’Yvetot, « la maison Delamare, où l’on nous autorisait à feuilleter les ouvrages, tant que nous ne les abîmions pas. C’était un peu notre bibliothèque ».
Il s’essaye même à la mise en scène en montant avec Jacques la pièce de théâtre de fin d’année. Au théâtre d’Yvetot cette année là : « Les deux timides», d’Eugène Labiche. Un vaudeville avec sûrement autant de rebondissements que lors de cette campagne présidentielle.
Le contexte
Naissance le 19 août 1951 à Tanger (Maroc)1962 : arrivée en France et en Normandie1967 : la famille déménage dans le Jura1969 : Adhère à l’Unef1985-1992 ; 1998-2004 : conseiller général de l’Essonne1986-2000, puis 2004-2010 : sénateur de l’Essonne2000-2002 : ministre délégué à l’Enseignement professionnel du gouvernement Lionel Jospin.Depuis 2009, député au Parlement européen2012 : rassemble 11 % des voix au 1er tour de la Présidentielle2017 : candidat à l’élection présidentielleJean-Luc Mélenchon, le choix de l’insoumission, entretien biographique avec Marc Endeweld. 18 € aux éditions du Seuil. -
Le LOBBY BRETON en branle pour MACRON (enfin presque !)
Le départ de Bernard POIGNANT, le maire de Quimper de son poste de conseiller spécial à l’Elysée, il y a quelques jours, a donné le signal de la migration des éléphants socialistes bretons, à commencer par le gros spécimen connu, vers le zoo Macron, au grand dam d’un breton en campagne dans son caban, un certain Benoît Hamon…
Lire, ci-après, l’extrait qui nous paraîtra le plus significatif de cet entretien qui n’a rien à nous dire paru dans TOUTES les éditions de Ouest-France: les lecteurs normands dont les grands élus soutiennent du bout des lèvres un certain François FILLON sont prévenus: le lobby breton se met en branle pour Macron !
Le Drian, le ministre-président de la Bretagne, tient à ce que sa région soit toujours branchée sur l’Elysée quel que soit son futur locataire. En jouant la carte Macron tout en sautant par dessus le premier tour, Le Drian s’autorise une certaine prise de risque qui pourrait être bien récompensée au profit de celui qui va redevenir un président breton à temps plein après le mois de mai 2017.
Hervé Morin aurait-il misé sur le mauvais cheval?
Réponse: le 23 avril 2017.
(source: Ouest France, édition caennaise, 24/03/17)
Voir aussi, dans la même édition de Ouest-France, le coup de patte toujours très bien ajusté de Chaunu...
Politique -
Misère sociale: des enfants dorment la nuit dans la rue à CAEN
On est en 2017, à l’orée du printemps, à Caen près de la gare SNCF. En Normandie, en France qui produit encore le 5ème Produit Intérieur Brut annuel du monde…
Est-ce normal?
(Ouest France, édition caennaise du 23/03/17)
Commentaire de Florestan:
A vous de faire un commentaire…
Politique -
J’AIME LE LIN NORMAND… fabriqué en Chine !
Nous en parlons régulièrement sur ce site et c’est justifié car c’est l’une des plus belles filières d’excellence de l’économie normande: le lin normand, par la qualité et la longueur de ses fibres est réputé dans le monde entier.
La filière se porte très bien notamment à l’exportation. Le seul problème c’est que la Normandie n’exporte qu’une matière première quand bien même elle soit de qualité, à l’instar d’un pays en voie de développement puisque l’industrie normande du filage et du tissage qui fut l’une des plus florissantes de France de la seconde moitié du XVIIIe siècle à la fin des années 1970, s’est totalement effondrée ou presque au cours des trente dernières années d’ouverture commerciale à la mondialisation néo-libérale.
La prochaine étape de la filière linicole normande est de reconstruire en Normandie une industrie de transformation et de fabrication de la fibre de lin aux normes écologiques et moyens technologiques de notre temps.
Car pour l’instant, on constate ceci, pour le pire:
A savoir, importer de Chine des vêtements et du linge fabriqués avec la filasse normande (à Villons les Buissons au Nord de Caen).
Ou alors, pour le meilleur, faute d’avoir pu reconstituer l’industrie du filage normand, utiliser des toiles fabriquées en Chine avec la filasse normande et confectionner en Normandie une ligne de vêtements et de linge de maison (du côté de Veules les Roses au début. Puis non loin de Montpellier car une Normande a été contrainte de suivre la mutation professionnelle de son mari)…
http://www.linoulautre.com/content/15-qui-sommes-nous
Voir enfin cet article paru dans l’édition caennaise de Ouest-France (23 mars 2017):
Politique -
Cherbourg ET Le Havre: n’en déplaise à Ouest-France, la guerre des éoliennes n’aura pas lieu!
En l’espace de deux jours, (les 23 et 24 mars 2017) les éditions caennaises du quotidien Ouest-France ont traité d’un sujet stratégique essentiel pour l’avenir de la Normandie: à savoir la construction des bases d’une grande filière industrielle des énergies marines renouvelables, avec des éoliennes établies au large des côtes (à condition de ne pas les mettre trop près des plages du Débarquement et d’associer les pêcheurs au projet) et des hydroliennes au fond du Raz Blanchard pour exploiter les plus forts courants marin du Monde.
Cette nouvelle géographie industrielle est complexe à mettre en oeuvre car l’Etat a perdu, en partie, la maîtrise stratégique et financière de ces nouvelles technologies dont le développement a été laissé à la discrétion d’organisations financières ou d’entreprises multinationales étrangères: les désastres d’Aréva, d’Alstom ou d’Alcatel sont passés par là…
C’est ainsi que le président de la région Normandie, Hervé Morin qui préside la région de France la plus en pointe sur le sujet des EMR se retrouve en première ligne pour piloter au mieux de l’intérêt général normand ce grand mécano industriel en permettant sa mise en oeuvre à partir des ports de Cherbourg et du Havre afin d’éviter un nouveau clochemerle normand stérile, portuaire celui-là. Les opérateurs sont différents voire concurrents mais l’ampleur des chantiers à venir dans la Manche, l’Atlantique ou dans la mer du Nord (voir la fin du billet) permettraient de faire travailler les futures usines de construction d’éoliennes marines des ports de Cherbourg et du Havre en bonne intelligence avec, à terme, un partage et une spécialisation des activités (par ex: les pales à Cherbourg, les nacelles ou les mâts au Havre etc…).
Mais une fois de plus, il faut rappeler quelques évidences à Monsieur Lalay qui travaille à la rédaction caennaise d’un grand quotidien breton diffusé en Normandie:
1) l’unité normande et la région Normandie existent.
2) Monsieur Lalay n’est pas président de région (bas-normand).
Consulter ci-après les articles en question:
En Mer du Nord, l’économie de la mer qui reste sur les estrades du débat politique en France (et encore…) se concrétise avec ce projet d’éoliennes marines pour le moins impressionnant: les usines normandes de fabrication de pales auront des marchés à prendre !
(Ouest-France: édition caennaise du 24/03/17)
Politique -
Humour noir: Selon Ouest-France, DAESH cible le CHAUVINSIME BRETON…
Il y a, franchement, des titrailles parfois malheureuses qui risquent de faire des victimes « collatérales » !
Commentaire de Florestan:
Même un lecteur breton fier de sa Bretagne lisant Ouest-France (qui diffuse cette une ailleurs qu’en Bretagne dans tout l’Ouest de la France) est suffisamment intelligent pour comprendre qu’on ne saurait pavoiser breton en toute circonstance…
Un peu de décence avec cette « britannophilie » tout azimut ou tout terrain serait la bienvenue !
Politique -
La NORMANDIE: un laboratoire d’études pour la PAIX INTERNATIONALE
Polémologie ou irénologie?
Etudier la guerre ou étudier la paix? Les réalités humaines éternelles nous poussent à nous intéresser à la première plutôt qu’à la seconde qu’on aura tendance à laisser aux doux rêveurs.
Dans un monde qui redevient incertain et dangereux, il est urgent de multiplier les lieux et les moments où l ‘on puisse élaborer des dispositifs politiques de paix préventive au même titre que l’on aura pu abuser de la guerre préventive: la paix préventive ne serait qu’une illusion diront les plus cyniques et les plus désespérés. Mais affirmer cela c’est aussi manquer de la lucidité la plus élémentaire lorsqu’on oublie qu’une guerre préventive est illusoire et ce pour deux raisons:
1) On sait toujours très bien, pourquoi et comment commencer une guerre. On ne sait jamais, en revanche, comment ou pourquoi la finir.
2) On fait toujours la paix avec son ennemi: raison de plus de préparer la paix en faisant vraiment la paix plutôt qu’en préparant une nouvelle guerre.
De par son histoire contemporaine mais aussi séculaire, de part la sympathie que l’on éprouve à l’énoncé de son nom, dans le Monde entier, la Normandie semble être la terre idéale pour accueillir un institut international de réflexion et de discussion consacré à la Paix.
Pour lancer les journées « Normandie pour la paix » qui débutaient ce jeudi 24 mars 2017 sous un chapiteau posé dans le cloître de l’abbaye aux Dames de Caen, à l’initiative du Conseil Régional de Normandie, Hervé Morin, a justifié, dans son discours liminaire, la prétention normande, sinon la disposition normande toute particulière à la Paix:
Vers 17h00, le président Morin a d’abord déclaré qu’il était rare qu’une collectivité territoriale soit à l’initiative d’un projet aussi ambitieux : pour une fois, ces rencontres avec des personnalités de haute qualité venues du Monde entier ne se déroulent pas à Paris. Cette initiative s’inscrit naturellement dans le cadre de l’évidence normande: 1944 bien sûr, mais aussi et surtout les héritages institutionnels et intellectuels laissés par la Normandie médiévale. Ce n’est pas une ambition exagérée: avec le Mémorial de Caen, l’institut des droits de l’Homme et son concours des plaidoiries créés à l’initiative d’Alain Tourret, le Prix Bayeux Calvados des reporters de guerre, les commémorations du Débarquement, la Normandie est, en France, le territoire de référence pour parler de la Paix, pour en étudier les chemins mais aussi pour l’accueil solidaire des ouvriers de la Paix.
La Normandie qui a souffert sous les bombes de la Libération pourrait « devenir la patrie des ouvriers de Paix », déclare Hervé Morin, en faisant référence à l’héritage scandinave et médiéval de la Normandie (« la paix de Rollon », la « paix de la Charrue », le concile de Caen de 1047, le droit normand…) Et d’évoquer aussi l’oeuvre peu connue, mais à redécouvrir d’urgence, de l’Abbé Charles-Irénée (le bien nommé) Castel de Saint-Pierre né en 1658 à Saint-Pierre Eglise et qui fut le négociateur de la Paix d’Utrecht (1713) mais aussi l’auteur d’un ambitieux et étonnant projet de paix perpétuelle en Europe qui annonce l’actuelle construction européenne.
Hervé Morin évoque, ensuite, Aristide Briand, le premier promoteur d’une réconciliation franco-allemande ou encore le président américain Wilson, qui tenta de mettre en route l’idée d’une communauté internationale responsable d’une sécurité collective mondiale. Sans oublier la figure émouvante et attachante du Père Jacques Hamel assassiné en 2016 dans son église de Saint Etienne du Rouvray par le retour sur notre sol du fanatisme religieux qui avait ciblé un authentique ouvrier de la paix interreligieuse. Avant de citer, pour finir, l’exemple de la fameuse poignée de main improvisée entre François Mitterrand et Helmut Kohl devant l’ossuaire de Douaumont, le 22 septembre 1984.
« On parle plus, en effet, de la guerre que de la paix. Depuis la nuit des temps la guerre et la paix s’opposent tout comme les ponts et les murs. La paix est rare », a déclaré le président Morin, évoquant son expérience au ministère de la Défense.
On reprenant la réflexion du normand Castel de Saint Pierre, Hervé Morin pose, pour finir, la question: « la paix perpétuelle existe-t-elle? ». Et de répondre en citant cette phrase du philosophe Spinoza vivant dans la Hollande du XVIIe siècle qui était, à l’époque, le laboratoire des libertés occidentales modernes: « La Paix est une vertu, une volonté de bienveillance, une confiance dans la Justice. Ce n’est pas l’absence de la guerre ».
Depuis la Normandie, il serait possible de réfléchir aux causes et aux conséquences des guerres mais surtout aux moyens de les éviter. De penser les réformes institutionnelles nécessaires, à commencer par celles de l’Union européenne dont il faut sauver le projet original et précieux parce qu’il s’agit d’un pacifisme supranational en action: face à « l’indigence matérialiste actuelle » (dixit Hervé Morin), il y a urgence. En conséquence, pour « construire une Nouvelle Europe de la Paix », il faut des « ouvriers de la Paix dont la Normandie pourrait être la patrie ».
Après cette introduction, la table ronde a accueilli les grands témoins normands de l’héritage normand en matière de Paix, à savoir:
François-Xavier Priollaud, vice-président de la région en charge des affaires européennes et internationales
Stéphane Grimaldi, le directeur du Mémorial de Caen
Sophie Poirey, professeur de droit normand à l’université de Caen
Michel Onfray, philosophe, fondateur de l’université populaire de Caen.
François-Xavier Priollaud assume d’emblée l’ambition: la Normandie c’est LA région de la Paix en évoquant le lien intime entre la Paix et toute l’histoire normande depuis les origines. Par une tragique ironie du sort, la guerre a frappé la terre la plus pacifique qui soit. La question se pose du sens et de la transmission de ce qui est commémoré autour de la date du 6 juin 1944, notamment à destination des nouvelles générations puisque les témoins directs de la grande Histoire disparaissent. Il faut donc dépasser la question de la commémoration, ne pas s’en tenir qu’au seul tourisme de la Mémoire mais d’avoir une vision plus qualitative et de long terme de cet héritage historique hors-normes: réfléchir collectivement à la Paix à destination des générations futures en luttant contre le défaitisme et l’indifférence.
Stéphane Grimaldi en revient, bien évidemment, à la date pivot de l’Histoire mondiale: le 6 juin 1944 et la terrible bataille de Normandie qui s’en suivit permettant l’ouverture du second front réclamé par l’allié russe pour procéder à la Libération de l’Europe. Dès 1946, l’importance historique de cette date a été perçue. Mais il faudra attendre François Mitterrand pour que les commémorations du 6 juin 1944 sur les plages normandes deviennent un événement moral mondial utile à la diplomatie et aux relations internationales. C’est, en effet, François Mitterrand qui lança le dispositif du « format Normandie », pour déverrouiller, au plus haut niveau, les relations internationales. La dernière fois que cette méthode fut utilisée, ce fut lors du repas du 6 juin 2014 au château de Bénouville pour contraindre Vladimir Poutine et le président ukrainien à se parler…
Sophie Poirey prend ensuite la parole pour expliquer cette évidence qui ne l’est pas pour le grand public car le sujet est à découvrir: il y a un lien intime, consubstantiel et séculaire entre la Paix et l’aventure normande. « La Paix c’est la racine de l’identité normande ». Elle évoque le « forum pour la Paix » réuni deux jours durant à Caen en 1047 par Guillaume le Conquérant qu’on devrait appeler le « Pacificateur » pour proclamer les premières lois assurant la paix et la sécurité sur la voie publique. La chapelle Sainte Paix, qui existe toujours à Caen (proche de la gare SNCF), avait été construite peu après pour commémorer cet événement qui fit la réputation des juristes et des ducs normands en tant que pacificateurs et restaurateurs de la paix publique. Sophie Poirey évoqua, hélas trop rapidement, la « paix de la charrue » mais aussi l’oeuvre pacificatrice des Normands en Sicile pour faire coexister, à partir du respect du droit normand, des Arabes, des Byzantins et des Latins. Enfin, Sophie Poirey évoqua de façon paradoxale la conquête de l’Angleterre après la sanglante bataille d’Hastings de 1066: malgré le choc et la violence de la conquête et le remplacement de l’élite saxonne par l’élite normande, l’Angleterre se trouva en paix et gouvernée de façon efficace et intelligente au point que les Anglais ont célébré en 2016, le 950ème anniversaire de la bataille d’Hastings non pas comme un Waterloo mais comme l’acte fondateur de leur civilisation.
Michel Onfray, fidèle à lui-même, prend la parole pour revenir sur des propos précédemment tenus pour défendre Jean-Pierre Chevenement injustement mis en cause pour avoir choisi de démissionner du gouvernement lorsque François Mitterrand avait pris la décision de s’engager avec les Etats-Unis de George Bush dans la première guerre du Golfe: « il ne faut pas faire l’éloge des va-t-en guerre » déclare Michel Onfray. Et, tout en évoquant la figure de l’Abbé de Saint-Pierre et son projet de « paix perpétuelle », il explique que la paix est une « volonté raisonnable » qui n’est pas un pacifisme béat ou naïf: c’est, d’abord, vouloir la Paix en résistant à la pulsion de mort qui met en branle le désir guerrier. Et de convoquer la belle figure normande et percheronne du philosophe Emile Chartier dit « Alain » qui fit la guerre de 1914 en pacifiste pour dénoncer les horreurs qu’il y vit… Et face au Dieu de la Guerre qui est aussi le Dieu de la Nuit il faut opposer la science de la Paix: l’irénologie.
Cependant, précise le philosophe normand, « on préfère la polémologie ou science de la guerre à l’irénologie: les philosophes justifiant la guerre sont plus nombreux que ceux qui justifient la paix« , quand bien même on pourrait alléguer que la guerre résulte d’un « défaut de cerveau » (dixit Onfray). Platon, même Proudhon, ont fait l’éloge de la guerre. « C’est l’hygiène des peuples » osait dire le grand penseur du socialisme libertaire. Saint Augustin et Thomas d’Aquin ont pensé la « guerre juste » qui n’est, » juste qu’une guerre » déclare Onfray en assumant la pirouette, pour la bonne et simple raison que l’on fait toujours une guerre « juste » contre une autre guerre « juste »: les horreurs ayant besoin d’être justifiées plus que tout autre chose. La guerre de résistance et d’auto-défense ou d’ultime recours est la seule guerre juste possible: par exemple, la guerre de résistance du Général de Gaulle.
En croyant appliquer le principe d’une « guerre juste » en 1991, François Mitterrand a rompu avec Jaurès. Dans les écoles de guerre, on continue de lire et d’étudier l’oeuvre de Carl von Clausewitz, oeuvre en partie inutile car les grandes guerres aristocratiques sont finies. En revanche, il faut lire et étudier d’urgence la théorie de la « petite guerre » proposée par Clausewitz qui est le terrorisme, réponse du faible au fort.
En conséquence, face à cette tradition dominante de la polémologie, il y a urgence d’affimer une tradition plus irénique qui pourrait courir de Diogène à Alain.
Sophie Poirey reprend la parole pour convoquer la « Normanité » de Michel Onfray qui rappelle ses origines normandes et danoises depuis mille ans mais pour rappeler aussi que pour lui, Guillaume le Conquérant est bel et bien un conquérant avant d’être un pacificateur.
Stéphane Grimaldi reprend la parole pour expliquer la nécessaire transition de l’Histoire à la Mémoire et de la Mémoire à sa mise en perspective, en discussion ainsi qu’à sa transmission. La Normandie est une région privilégiée pour le faire. Une région pour les étudiants en histoire et en droit public constitutionnel: et de rappeler que le « brouillon de la 5ème République » a été conçu dans l’admirable discours du Général de Gaulle à Bayeux, le 14 juin 1946. La Normandie pourrait devenir la région de « l’histoire publique » (c’est nous qui ajoutons). Mais le directeur du Mémorial a déploré l’effondrement de l’enseignement de l’Histoire dans l’enseignement secondaire en France.
A la suite des ces différentes interventions, François-Xavier Priollaud a annoncé la constitution d’un Comité Scientifique et Stratégique de Normandie pour la Paix avec pour objectif de préparer la première véritable édition de ce grand forum international qui devrait avoir lieu en juin 2018 avec pour objectif, de prendre le relais des commémorations du 6 juin 1944. Un certain nombre de personnalités ont été associées à ce comité, dont Hubert Védrine. Philippe Augier, Sophie Poirey, Michel Onfray ainsi que quelques autres représenteront les forces normandes dans ce comité dans lequel on trouvera aussi la présidente de l’université franco-allemande. Parmi les projets de comité: la publication et la réédition des grands textes du patrimoine normand en ce qui concerne la Paix.
Voir aussi le compte rendu proposé par Ouest-France (Xavier Oriot, édition caennaise, 24/03/17):
Politique -
A l’exception de la Caisse d’Epargne, les banquiers refusent l’unité normande…
A la grande et belle exception réussie d’une Caisse d’Epargne de Normandie (fusionnée depuis 2008 à l’instigation de Nicolas Plantrou, un vrai ami de la Normandie) ou de la Banque Publique d’Investissement, émanation de l’Etat, les banques opérant sur le territoire régional normand, refusent de jouer la carte de l’unité normande voire de l’évidence normande.
On invoque la nécessité de garder une certaine forme de proximité. On devrait aussi évoquer l’absence d’une place métropolitaine bancaire régionale suffisamment rayonnante pour s’imposer: ce rôle devrait être celui de Rouen.
Sans polémiquer davantage sur ce refus d’arrière garde de l’évidence normande par des banques opérant sur le territoire normand mais dont les donneurs d’ordres sont en région parisienne, on ne pourra que faire le lien avec la petite musique séquanienne anti-normande que nous dénonçons avec vigueur sur ce site:
(sic !!!! )
Il nous paraît symptômatique que la Normandie soit toujours dotée d’un Crédit Agricole de Normandie d’une part et d’un Crédit Agricole Normandie-Seine d’autre part. Comme on pourra remarquer combien la toute nouvelle région Normandie peut se montrer réactive via son Agence de Développement pour se substituer à des banquiers défaillants pour défendre les intérêts financiers des entreprises normandes.
Les banquiers n’ont pas bonne presse ces temps-ci ! Il faut admettre qu’ils cherchent vraiment les verges pour se faire battre !
Ce qui suit (rapporté par la feuille d’informations Normandie XXL) est assez consternant du point de vue de l’unité normande et de ses urgences:
http://www.normandiexxl.com/article.php?id=2076
Xavier Amouret nouveau président du Comité des Banques de Haute Normandie
En vue. Toutes les professions ont leur organisation patronale, pour les banques c’est la Fédération Bancaire Française (FBF) : « Le Comité de Haute Normandie a choisi ne pas fusionner avec celui de Basse Normandie car le métier de la banque se veut un travail de proximité » explique Xavier Amouret, Directeur Régional de la Société Générale. Le nouveau président a été élu pour 2 ans pour la FBF Haute Normandie, mais il explique que : « des réunions de coordination seront organisées entre les deux comités ».
Il succède à Philippe Viland, membre du directoire de la Caisse d’Epargne de Normandie qui a occupé ce poste pendant 3 ans. « Un certain équilibre s’établit entre les banques mutualistes et les banques privées qui alternent à la présidence » précise notre interlocuteur.
La vocation de ce Comité explique-t-il : « est d’abord d’informer le public sur notre métier » et d’évoquer la campagne récente à propos de la mobilité bancaire dans le cadre de la loi Macron. Le Comité a aussi une vocation de représentant auprès des pouvoirs publics et des élus, et participe à diverses commissions et structures de réflexion. Xavier Amouret reconnaît ainsi qu’il sera peut être amené à rencontrer le président de Région avec son homologue Jean- Michel Gergely, Directeur Général adjoint du Crédit Agricole de Normandie et Président du Comité des banques FBF de Basse-Normandie.
La FBF assure aussi une veille juridique, elle est représentée au Ceser, aux Chambres de commerce et d’industrie, aux Chambres de métiers et adhère au Medef.
Les différentes FBF sont regroupées au sein de la Fédération Nationale. Celle-ci est présente sur l’ensemble du territoire national au travers de 21 comités régionaux et 84 comités locaux ou départementaux qui rassemblent les entreprises bancaires d’une région ou d’un département. Ces comités représentent la profession bancaire auprès de différentes institutions régionales ou locales. Ils sont un lieu d’échange pour la profession et son porte-parole auprès de ses différents publics en régions.
Politique -
FACE AU MEPRIS JACOBIN: croire en l’Unité Normande ou disparaître
Dans son dernier communiqué diffusé, Didier Patte, porte-parole du Mouvement Normand, revient sur l’affaire qui a été révélée par la Chronique de Normandie le 20 mars 2017: à savoir qu’un certain nombre de dirigeants « normands » ont si peu d’intérêt ou d’envie pour la Normandie qu’ils envisagent tout bonnement que l’on puisse la fusionner ou l’associer étroitement avec la région parisienne dans sa partie la plus utile à l’Ile de France, justement, à savoir: la vallée de la Seine.

LE SEMAINIER DU MOUVEMENT NORMAND
COMMUNIQUE N° 251 – SEMAINE 12 – MARS 2017
LORSQU’ON TOUCHE LE FOND, FAUT – IL ENCORE CREUSER ?
Le « moi est haïssable », a dit le poète et je prie d’avance nos lecteurs de bien vouloir excuser ma façon très personnelle d’aborder la question du devenir de la Normandie. Ce que je vais dire ne reflète pas vraiment le point de vue du Mouvement Normand, qui a bien voulu que j’en sois le porte-parole depuis mon départ de la présidence de cette association. Cependant, c’est une opinion largement partagée parmi les militants normands qui, malgré la « divine surprise » de la réunification, sont conscients de l’actuel effacement de la Normandie et des dangers qui la menacent. Ce que je vais dire n’est nullement une critique de l’actuel Exécutif régional qui, pour l’instant, fait un « sans faute » dans la conduite de la gouvernance de la Région. Ce n’est pas non plus une contestation des Elus qui, de quelque tendance qu’ils soient, ont certainement à cœur de sauvegarder les intérêts des Normands, c’est plutôt une vision pessimiste du devenir de la Normandie dans les conditions actuelles dans lesquelles le Pouvoir Central l’a mise. Le pessimisme est la plus facile des philosophies, pire que le scepticisme, et je suis bien conscient que nos jeunes ne peuvent accepter un tel état d’esprit. Peut-être que cinquante ans de militantisme normand me conduisent à cette disposition d’esprit, étant revenu de tout et, notamment, de la capacité des Elus à réellement peser sur les événements qui nous concernent.
Les données lourdes sont autrement prégnantes et tant qu’elles s’imposent à nous, nous ne croyons pas qu’il sera facile de modifier le cours des choses. Néanmoins, secrètement, j’espère que les jeunes générations trouveront l’énergie de « renverser la table ». C’est pourquoi l’analyse qui va suivre n’est pas que le sentiment de désespérance qui m’habite, mais une sorte d’avertissement destiné à ceux qui ne se contentent pas de subir. Une des devises du Mouvement Normand reste d’actualité : « L’utopie est le refus du renoncement ». Le pessimisme actif est inhérent au caractère normand. C’est le contraire du fatalisme et « Fais ce que doit » pourrait constituer une ligne de conduite.
LA NORMANDIE EST PENALISEE DURABLEMENT
D’abord au plan des mobilités internes et externes.
La cause en est d’abord géographique. La Normandie est trop proche de Paris, c’est-à-dire de la centralité qui accapare – aux dépens du reste de la France – richesses, activités les plus lucratives et capacités d’innovations. C’est le résultat de l’hypercentralisation d’un Etat « jacobin », qui a monopolisé les forces vives des provinces sous l’Ancien Régime, des départements aux XIXe et XXe siècles, des Régions depuis. C’est un fait pratiquement irréversible : les politiques de déconcentration et de décentralisation de la Ve République n’ont pas vraiment enrayé ce phénomène.
Cette proximité de la Région – Capitale n’a pas toujours été néfaste à la Normandie, il faut le reconnaître. Au XIXe siècle, la Normandie a été la principale ferme de Paris. La Normandie profitait alors d’avoir été parmi les premières des régions reliée à la Capitale par le moyen de locomotion moderne de l’époque, le train. Mutatis mutandis, aujourd’hui, le réseau ferré normand est devenu obsolète et les prochaines ouvertures de liaisons T.G.V. mettent Bordeaux à 2 h 05 de Paris et Rennes se rapproche de la Capitale, tandis que Rouen se retrouve à plus d’une heure, Le Havre à presque deux heures, Caen encore plus éloignée, ne parlons pas de Cherbourg ou de Granville. Il s’ensuit, par exemple, qu’autour de la gare de Rennes – comme à la Part – Dieu, à Lyon – se bâtit le quartier d’affaires en correspondance avec Paris qu’on chercherait vainement à Rouen, au Havre ou à Caen.
Plus immédiat peut-être, la Région – Capitale – dans la perspective du Grand Paris – pense faire de Mantes un quartier d’affaires en liaison avec La Défense, qui sera relié aux maisons – mères par le R.E.R. – Eole. Quant à la Ligne Nouvelle Paris – Normandie… elle est comme l’horizon, elle s’éloigne au fur et à mesure que l’on avance dans le temps. Quant à la ligne de fret prévue pour soulager l’axe ferroviaire principal, c’est-à-dire celle qui doit emprunter le tronçon Serqueux – Gisors, elle n’est pas encore intégrée au-delà de cette ville dans les priorités de la Région Ile-de-France…Le réseau routier normand n’est pas encore complet, comme il aurait dû l’étre au moins à la fin du XXe siècle, et il va devoir supporter le trafic grandissant des conteneurs sur camion issu des ports de la Basse Seine…
Plus grave, à nos yeux, est le fait que nos autoroutes sont à péages, lesquels augmentent sans cesse, à telle enseigne que les camions continuent à utiliser routes nationales et départementales. La Normandie souffre donc d’une distorsion de concurrence avec les régions adjacentes, la Bretagne sans péages, les Pays de la Loire, le Centre, desservies par un réseau ferré modernisé. Elle est de plus en plus enclavée.
Et cela se voit de façon éclatante lorsqu’elle se trouve exclue – seule région française ! – des tarifs – jeunes préférentiels que la S.N.C.F. vient d’instituer sur ses lignes TGV : pas de lignes rapides en Normandie, donc pas de tarifs préférentiels. C’est imparable dans le raisonnement. C’est désastreux en termes d’attractivité, et qu’on ne s’étonne pas du départ de nos jeunes diplômés de la Région qui ne leur facilite pas ainsi la vie ! La Normandie, province maritime s’il en est, est forte de ses ports, mais ils ne sont pas connectés avec leur hinterland. Que ce soit par fer, nous l’avons déjà dit, ou que ce soit par une voie d’eau modernisée, malgré le formidable atout que constitue la Seine. L’Etat a fait le choix de réaliser le Canal Seine – Nord – Europe AVANT de moderniser l’accès fluvial séquanien.
Anvers reste le principal port « français », et l’Ile-de-France, quoi qu’on en dise, s’en accommode.
Ensuite au plan universitaire et de la Recherche
Là, encore, la proximité de la Capitale joue contre la Normandie. Nos universités sont de moyenne importance et ne parviennent pas à retenir tous les étudiants qui trouvent ailleurs ce qui ne se fait pas à Caen, Rouen ou Le Havre. Plus grave : un ensemble de recherche de pointe comme l’est le GANIL, à Caen, est en passe de devenir une succursale du centre de Saclay. Pourtant, la Normandie, de par l’importance de son industrie nucléaire, devrait être reconnue comme l’une des Régions les plus à même de développer une Recherche en ce domaine, mais centralisation, donc financements, oblige et qui paie – en l’occurrence l’Etat – commande. Malgré les efforts et les talents de nos chercheurs, la Normandie, en règle générale, est une Région où le C.N.R.S. se retrouve à un niveau très inférieur par rapport aux autres Régions. Il en est de même pour les résultats constatés du Baccalauréat ( – 2 points), qui sanctionnent les études secondaires.
La Normandie souffre d’un déficit du secteur tertiaire.
Centres de décision, sièges sociaux y sont en nombre insuffisant et il semble évident que la déconcentration et la décentralisation administratives n’ont pas concerné la Normandie. Les cadres y sont moins nombreux qu’ailleurs. D’ailleurs nombre de Normands vont travailler à Paris et les migrations journalières sont le lot quotidien de nombre de nos compatriotes.
Enfin, nous constatons avec dépit que la Normandie a été ECARTEE des préoccupations gouvernementales.
D’autres choix ont été privilégiés. L’absence d’une vraie politique maritime en France explique en grande partie l’état de déshérence que connaît la Normandie, région maritime pourtant ouverte vers le monde. Nous reviendrons plus loin sur les conséquences de cette mise à l’écart spatial d’une Région qui n’existe dans l’esprit de nombre de décideurs parisiens que comme lieu de destination du tourisme de week-end.
LA NORMANDIE SE FRACTURE TERRITORIALEMENT
La métropolisation
La métropolisation – selon les observations pertinentes du géographe Christophe Guilluy (cf. « Le crépuscule de la France d’En haut » – éditions Flammarion) – introduit dans un territoire donné, en l’occurrence la Normandie, une structure de déséquilibre, prémisse d’une désintégration de l’ensemble. La métropolisation, c’est un phénomène qui consiste à regrouper – souvent dans un entre – soi aveugle aux autres – les catégories de la population qui profitent de la mondialisation de l’économie ou qui s’en accommodent. C’est là que résident le dynamisme, les modes, les moyens d’expression modernes, la culture dominante… et obligatoire, mais aussi les meilleurs salaires, un genre de vie planétaire par sa tendance à l’uniformité.
Paris évidemment, l’agglomération parisienne, les grandes villes françaises et, en Normandie, de façon plus modeste il est vrai, nos trois pôles métropolitains. Les loyers y sont plus élevés qu’ailleurs, ce qui fait fuir les classes moyennes, les familles nombreuses, le monde des ouvriers, des employés, des artisans, des petits commerçants qui se réfugient dans les périphéries. Comme cette nouvelle société qui tend vers le modèle « bo – bo » a besoin de services aussi subalternes qu’indispensables, ces centres urbains attirent, mais dans des quartiers séparés, une population immigrée qui y vivote… La mixité sociale officiellement y est proclamée, mais, en fait, il subsiste une sorte d’apartheid qui n’ose pas dire son nom. La conséquence de la métropolisation, c’est le rejet vers la périphérie de la classe moyenne – et, là, il y règne une certaine et véritable mixité sociale dans la mesure où tous éprouvent les mêmes difficultés (transports, délaissement des services publics, consumérisme imbécile dans les grandes surfaces). Cette population déplacée, en train de perdre ses repères de citadins, tend à se rapprocher de la population des villes moyennes et petites, exsangues, elles, à force d’être dépossédées par les services nobles, et au monde rural, totalement méprisé par la culture dominante. On prétend que les populations métropolitaines sont majoritaires : c’est faux. La majeure partie de la population vit dans les périphéries, les petites villes, les espaces ruraux, mais elle ne sait pas quelle est sa puissance démographique et… électorale, car on le lui cache et, de toute manière, elle ne tient pas les leviers de commande.
Ce schéma est général dans toute la France et, sans doute, dans le reste de l’Europe. Qu’en est-il vraiment en Normandie ? Le processus y est en cours. Il suffit d’examiner avec soin le Schéma de Développement de la Vallée de la Seine qui n’est qu’une mouture à peine modifiée du projet Grumbach. L’urbaniste Antoine Grumbach a esquissé, à la demande du Pouvoir central un concept : l’Axe Seine, dont la finalité est de permettre à Paris de prétendre au statut de ville – monde en accédant à la mer. Cet accès se fait naturellement par la Vallée de la Seine. Le concept de l’Axe Seine est cohérent si l’on se place du point de vue des Parisiens. Car c’est Paris qui est demandeur.
Le document produit par Antoine Grumbach ne mentionne jamais le nom de Normandie.
D’où les errements du Gouvernement qui semble privilégier la gouvernance de l’ensemble du projet par un haut fonctionnaire à ses ordres. D’où les réticences de l’Etat à financer, dans le cadre du Schéma de Développement de la Vallée de la Seine, les investissements qui ne sont pas strictement au bénéfice de la région parisienne : le contournement Est de Rouen, la L.N.P.N. au-delà du « Y » (embranchement des lignes en direction du Havre, d’une part, de Caen, d’autre part), du tronçon de la ligne de fret Serqueux – Gisors, de la chatière du port du Havre…
Bref, l’Axe Seine, tel qu’il est promu actuellement, n’a la vocation que d’être un pseudopode de la Capitale, un déversoir éventuel des populations laborieuses chassées par les loyers trop élevés de la région parisienne, un couloir, large au mieux de 40 km, où l’on implantera les unités de production qui ne peuvent s’installer dans l’agglomération francilienne déjà saturée, une zone dirigée de l’extérieur par tous les donneurs d’ordre privés ou publics.
J’ai comparé déjà l’Axe Seine à un torrent dont le cône de déjection serait la Basse Seine : je confirme cette image géographique. Mais on peut aussi considérer que l’Axe Seine, dans son acception actuelle, constitue une balafre dans le corps de la Normandie alors qu’il devrait en être la colonne vertébrale. On a aussi parlé d’une « Normandie utile », en opposition avec les « ploukistans » situés de part et d’autre de la Vallée de la Seine. La réalité, c’est que la Vallée de la Seine est instrumentalisée au seul profit de la région parisienne.
Le grand danger, c’est que les pouvoirs publics veuillent un jour prochain rattacher cette « Normandie utile » à la Région Ile – de – France, qu’on baptisera peut-être du nom de « Bassin Parisien – Vallée de Seine ». De bons esprits le préconisent déjà, des Elus normands (certains dirigeants de départements, notamment, y pensent) et les milieux économiques, souvent dépendants des donneurs d’ordre extérieurs, s’en accommoderaient.
La Normandie réunifiée, dans cette perspective, n’aurait été qu’une parenthèse enchantée, mais rendue inopérante… De ce mauvais film, retenons que la métropolisation en Normandie est un phénomène plus imposé de l’extérieur que par le résultat d’une évolution « normale » de la société confrontée à la mondialisation.
La Normandie est ECARTEE
La Normandie n’est pas seulement « oubliée » par le Pouvoir central : elle est « écartée » de tous les projets structurants que, bon an mal an, l’Etat a consenti pour les autres Régions. A ce titre, on peut dire que le quinquennat de M. Hollande a été calamiteux pour la Normandie (dont la réunification n’aurait été qu’un hochet… temporaire). La politique maritime, au-delà des déclarations lénifiantes, nous l’avons déjà dit, est restée indigente et la Normandie en a pâti plus que d’autres Régions. Le réseau ferré national s’est enrichi de nouvelles lignes TGV, qui ont absorbé toutes les capacités de Réseau Ferré de France.
Pratiquement tous les crédits pour les voies navigables sont ciblés pour la réalisation du Canal Seine – Nord – Europe, y compris les crédits européens (qu’on ne retrouvera pas selon « l’effet d’évitement » qui est de règle en pareil cas). Même l’Axe Seine a cessé d’être une priorité nationale. Plus grave (parce que non anticipé), l’Etat – qui se berce de mots sur la transition énergétique – parle de dénucléarisation et ne se préoccupe pas des menaces qui pèsent sur l’avenir de l’industrie du raffinage des produits pétroliers. Avec quelle électricité fonctionneront demain nos véhicules si cette option est retenue ? La haine que certains milieux portent au diesel ne sera pas sans conséquences sur le transport routier (le seul finalement qui répond actuellement, et pour longtemps, aux besoins normands)) et sur l’industrie du raffinage. La Normandie, qui est encore une des grandes régions énergétiques françaises, risque ainsi de perdre l’un des fleurons de son activité.
LE PIRE N’EST PAS INELUCTABLE
Ne nous leurrons pas : tout ne dépend pas de la volonté ou des incapacités des Normands à relever les défis. Il est évident que c’est au niveau européen, sinon mondial, et au niveau national que se prendront les décisions qui orienteront notre devenir. Cela relève, pour le moins, de la politique nationale et, comme tout un chacun, nous devons être attentifs aux termes du débat national qui devrait être suscité par les élections présidentielles et législatives de ces prochaines semaines. Le Mouvement Normand et les organisations qui partagent nos analyses, vont bien entendu solliciter les uns et les autres parmi les candidats aux élections présidentielles, d’abord, aux élections législatives, ensuite. Au moins pour leur faire connaître les problématiques normandes dans ce qu’elles procèdent aussi de l’échelon national et européen. Nous en attendons des réponses, sinon des promesses… qui n’engagent que… On connaît la chanson !
Mais nous devons aussi nous adresser aux Normands:
– d’abord pour les avertir
– ensuite pour les mobiliser
– enfin pour lencourager Les encourager notamment à retrouver fierté e dynamisme sans lesquels les analyses les plus subtiles restent des figures de style inopérantes.
Les solutions que nous préconisons peuvent se résumer en quatre propositions :
1. Inciter l’Etat à plus de décentralisation, en confortant les Régions à être les chefs de file de l’Aménagement du territoire. Ce n’est pas du fédéralisme, du « girondinisme », qui ne semblent pas concevables après tant de siècles de centralisme et de déséquilibre du territoire national. Il s’agit seulement de la poursuite obstinée de la politique de déconcentration et de décentralisation entamée par la Ve République. Cela s’appelle la REGIONALISATION ; A cet égard, la prise de contrôle des lignes T.E.T. (Trains d’équilibre du territoire) par la Région Normandie va dans le bon sens et devient emblématique de cette volonté de pouvoir agir directement chez nous.
2. Exiger de l’Etat qu’il cesse de mettre à l’écart la Normandie. Guillaume Pépy, le patron de la SNCF, l’a reconnu : « l’Etat, en son domaine, a une dette envers la Normandie ». Il ne doit pas être le seul à faire ce constat. Mais il ne faut pas en rester à ce constat. Le rattrapage doit être général : il faut un Plan Fer normand, achever le Plan routier normand, définir une politique énergétique à la mesure de la spécificité normande de région pourvoyeuse d’énergie – pour toute la France, faut-il le souligner ? -, se lancer dans une VRAIE politique maritime, réparer les fractures territoriales, etc. . La Normandie est dans l’attente.
3. Redéfinir le projet de mise en valeur de la Vallée de la Seine, d’abord en y incluant l’ensemble de la Normandie (savoir que le département de l’Orne en est présentement exclu !), ensuite en confiant à des responsables normands la gouvernance de ce projet qui les concernent directement.
4. Mobiliser les Normands sur les thèmes de l’attractivité, de l’identité régionale, de la notion d’équilibre de nos territoires, de la mise en valeur des spécificités normandes (A.O.C., niches agricoles, Culture enracinée), réduire les fractures sociales, notamment par un effort ciblé sur la formation initiale et continue (la promotion de l’apprentissage est essentielle), un meilleur accueil des jeunes (en matière de logement par exemple) et favoriser le retour des diplômés ayant dû chercher ailleurs les postes auxquels ils pouvaient prétendre (cela suppose un rééquilibrage de la tertiarisation des emplois en Normandie). Tout cela, c’est la tâche exaltante dévolue au Conseil régional de Normandie. Certes les résultats seront lents à se faire sentir, mais notre impatience est à la hauteur des enjeux que notre population doit s’assigner. Il est temps de changer de braquet.
Décidément, « le désespoir en politique est une sottise absolue ! » Restons lucides !
Didier PATTE
Porte – parole et ancien Président du Mouvement Normand
Politique -
La Normandie, terre de folie littéraire: le dictionnaire IDIOLOGIQUE de Didier MADELAINE vient de paraître !
Il y a un peu de folie surréaliste, à la fois littéraire et dandy, chez nos hommes de lettres en Normandie… On sait que notre aimable province a vu naître André BRETON (à Tinchebray) l’inventeur du surréalisme littéraire. Que du côté de Honfleur, on a vu naître l’excentrique Erik SATIE qui réinventa le genre de l’humour en musique ou Alphonse ALLAIS, le fils d’un pharmacien, qui fit de l’humour ou du trait d’esprit absurde, un honnête médicament avant que d’écrire des oeuvres « anthumes » car mieux vaut être prudent..
On pourrait évoquer le cas de Marcel DUCHAMP qui inventa l’art comptant pour rien dès lors qu’un urinoir pouvait recevoir la sanctification de l’institution muséale… Mais on évoquera plutôt l’oeuvre méconnue et pourtant si touchante d’un prince des poètes un peu fou né à la Sauvagère au fin fond d’un bocage de l’Orne encore fréquenté par les fées et qui fut le véritable fondateur de l’art pataphysicien: j’ai nommé le très regretté et délicieux, Jean-Pierre BRISSET auteur d’une mémorable méthode littéraire d’analyse de la langue dans laquelle il déclare avoir découvert ceci:
« L’homme est né dans l’eau, son ancêtre est la grenouille et l’analyse des langues humaines apporte la preuve de cette théorie. »
Grâce à ce glorieux homme, nous savons pourquoi, les Anglais nous appellent « Froggies » et pourquoi nous habitons dans l’Orne, l’Eure, la Seine, la Marne etc…
Cette belle tradition de folie littéraire normande n’est pas morte et elle se poursuit encore: l’humoriste François MOREL, né à Saint Georges des Groseillers, maintient avec brio cette belle tradition chaque vendredi matin sur les ondes d’une radio nationale. Mais elle se maintient aussi en l’heureuse personne de Didier MADELAINE, qui depuis les eaux vives de Bagnoles de l’Orne gardant le souvenir des chevauchées merveilleuses des preux du roi Arthur sorties de l’imagination de notre grand WACE, qui aima tant les mystères de ces lieux, nous propose un dictionnaire « idiologique » parfaitement inédit sinon improbable…
Le « dictionnaire idiologique » : un dico original écrit par un habitant de l’Orne
Didier Madelaine, habitant de Bagnoles-de-l’Orne, vient de publier le « dictionnaire idiologique ». Cet ouvrage humoristique est composé de près de 2000 définitions à lire au second, voire troisième degré. Des définitions un peu idiotes, mais néanmoins… logiques !
Didier Madelaine a enseigné à Vire et à Caen (Calvados). Désormais retraité à Bagnoles de l’Orne (Orne), il vient de publier le « dictionnaire idiologique« , en ce mois de mars 2017.
Un dico et de l’humour
Ce dictionnaire humoristique est composé de près de 2000 définitions un peu idiotes, mais néanmoins logiques. Elles sont basées sur le double, voire le triple sens des mots, ainsi que sur leur sonorité.
Quelques exemples…
Héroïne: drogue préférée des romanciers.
X: genre de film préféré des mathématiciens quand ils sortent avec une inconnue.
Zinc: bar dans un avion.
Le « dictionnaire idiologique » de Didier Madelaine, disponible sur internet en version numérique ou papier.
Politique -
Si l’AXE SEINE n’est pas normandisé, la NORMANDIE sera démembrée et fusionnée avec la REGION PARISIENNE.
Ecoutez, écoutez, che(e)s ami(e)s de la Normandie la petite musique de Bertrand Tierce, ce nostalgique de la ci-devant Haute Normandie, la satrapie Le Vern, qui est le rédacteur de la chronique de Normandie, une feuille d’informations régionales distribuée aux dirigeants…
Lisez bien ce qui suit (Chronique de Normandie, n° 486, lundi 20 mars 2017):
Un Etablissement Public Territorial pour la Seine ?
On le sait, l’aménagement de la vallée de la Seine est le projet de développement le plus important de la Normandie – Mais quand ils en parlent, nos élus restent prudents pour ne pas donner l’impression de couper la Normandie en deux : celle de Paris d’un côté, c’est de l’ancien duché de l’autre. Un exemple. Lors du dernier G.6 à Tocqueville, Hervé Morin a évidemment souligné la nécessité de se battre pour la vallée de la Seine en interpellant les candidats à la présidentielle. Mais il s’est presque excusé de le faire devant ses amis de l’ex-Basse-Normandie pour ne pas alimenter leur crainte d’être oubliés.
Sujet sensible !
Cette crainte d’être oubliés est bien réelle. On l’a vue, le 2 février dernier à Caen, lors du forum de lancement du SRADDET où plusieurs élus de la Manche, de l’Orne et du Calvados sont intervenus pour expliquer que“l’avenir de la région ne se résume pas à l’axe Paris Seine Normandie” et que leurs territoires doivent être pris en compte, comme ils le méritent, dans les politiques régionales d’aménagement. Oui, la peur de la marginalisation existe à Caen, Saint-Lô et Alençon,oui, Le Havre et Rouen sont souvent regardés comme des “aspirateurs à développement”qui risquent d’assécher leur environnement. Il y a bien sûr des discours rassurants sur les retombées positives de l’axe Seine pour toute la Normandie, selon le principe du “ruissellement économique”. Constatons qu’ils “n’impriment pas” et qu’ils sont considérés comme des discours de circonstance qui ne satisfont que ceux qui y croient.
Depuis le début de l’année, on entend d’ailleurs une autre petite musique, produite par des acteurs économiques de plus en plus nombreux, qui dit :
“pour nous, la vraie région, ce n’est pas la grande Normandie, c’est Paris-Seine-Normandie ; autrement dit Paris-Ouest avec l’Eure, la Seine-Maritime et le Calvados…”
On entend aussi :
“Ce petit territoire de 200 km de long produit 30 % du PIB national, quel dommage qu’il ne soit pas gouverné de façon cohérente.” Naturellement, ce discours est politiquement incorrect puiqu’il consacre la division de la région, la “parisienne” d’un côté, et l’autre… de l’autre ; il n’est jamais publiquement exprimé, mais il se diffuse dans beaucoup d’esprits différents entre Paris, Vernon Rouen et Le Havre…
Attention : sujet sensible !
Et pendant ce temps-là, tout le monde dit et redit la nécessité d’aménager la vallée de la Seine, tout le monde constate et reconstate l’impuissance des élus normands et franciliens à porter le projet, tout le monde se tourne et se retourne vers l’État pour qu’il prenne ses responsabilités et qu’il décide et arbitre en faveur de l’axe Seine.
Comment sortir de la nasse?
La création d’un établissement public territorial de la vallée de Seine (EPT), financé par l’Etat, avec le concours des deux Régions et des autres grandes collectivités, est manifestement la seule solution. Enjeu et priorité nationale, la Seine a besoin d’une autorité supra-régionale (oui supra-régionale) pour piloter son développement ; les élus sont contre bien sûr, mais y a-t-il d’autres solutions pour sortir de l’impuissance ?
Commentaire de Florestan:
La réunification de la Normandie, après plus de 40 années de division, de déclin et surtout de déshérence de tout projet régional normand cohérent et ambitieux, n’arriverait-elle pas trop tard?
C’est ce que certains dirigeants régionaux situés en aval de Paris (ne les appelons pas « Normands » par pitié !) défaitistes et résignés incapables d’avoir le dynamisme et les projets nécessaires pour faire rayonner une région ou, plus grave, une métropole régionale normande à Rouen, pensent tout bas et un peu plus fort avec le porte- voix proposé par Bertrand Tierce et sa feuille d’informations qui confirme ainsi qu’il ne croit pas au projet collectif de l’unité normande. Mais il est essentiel d’entendre sa critique sinon l’alerte qu’il donne finalement et qui doit résonner aux oreilles de ceux qui croient en l’avenir de la Normandie et qui sont certainement plus nombreux que ceux qui n’y croient pas ou qui n’y croient plus parce qu’ils passent plus de temps pour leurs affaires à Paris qu’en Normandie…
Souvenez-vous, le cauchemar Grumbach, présenté en octobre 2009 à la Cité de l’architecture du palais Chaillot de Paris: notre collectif « Bienvenue en Normandie » était intervenu en déposant des tracts dans le kiosque présentant le projet Grumbach dans l’exposition:
« Avaler la Seine aval sans l’aval des Normands »
http://www.lemonde.fr/planete/article/2009/10/15/l-homme-du-fleuve_1254406_3244.html
Antoine Grumbach n’a pas renoncé à la fusion de la Normandie utile à la région parisienne, à l’horizon 2030. Il résume, à lui seul, ce qu’à Paris on pense de la Normandie, dès fois qu’on y pense.
Voir sa dernière tribune publiée sur le sujet (La Tribune, 3 décembre 2015):
La question de la vallée de la Seine est donc une question de vie ou de mort pour la Normandie.
Soit cette question devient une affaire normande au point d’en prendre la gouvernance pour organiser l’ensemble du projet régional normand (qu’il faut créer) autour de la Vallée de la Seine. Soit cette question est définitivement une affaire parisienne: dans ce cas la Normandie serait démembrée et sa partie la plus utile à la région parisienne (Calvados, Eure et Seine-Maritime) fusionnerait avec cette dernière en tant que grande banlieue Ouest et maritime d’une mégalopole mondiale.
Et la question normande pose une autre question que le philosophe Michel Onfray vient d’agiter dans son dernier livre:
« Décoloniser les provinces, contribution aux présidentielles. »
Osera-t-on confier le pilotage, l’organisation et le développement d’un ENJEU NATIONAL à la région où cet enjeu national se déploie (en application du principe de subsidiarité territorial et girondin)?
Ou va-t-on reproduire, sans imagination, le modèle dominant du colonialisme jacobin consistant à tout piloter depuis PARIS?
… Avec des résultats si piètres et si peu convaincants que l’on est obligé de penser à une alternative régionale et girondine, notamment en cette Normandie si proche de Paris et seule vraie région sur la carte de la France métropolitaine.
Va donc pour un Etablissement Public Territorial mais avec une direction… NORMANDE !
Politique -
LA NORMANDIE C’EST MAINTENANT: LE LIVRE EST ENFIN DISPONIBLE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES !
« La Normandie c’est maintenant, Boîte à outils de construction territoriale »
Préface de Michel BUSSI
HURARD Florian, HERZHAFT Chloé Sarah, CLERIS Philippe,Éditions Les Milléniaux, mars 2017.
Dans certaines librairies ou sur commande, par envoi postal : les exemplaires commandés avant le 18 avril 2017 sont dédicacés sur demande, voir les modalités d’envoi et de paiement ici.
Prix de l’ouvrage : 9,99 € + 4,01€ de frais de port : 14€Pour feuilleter le sommaire : Sommaire La Normandie, c’est maintenant
Pour feuilleter le début de l’ouvrage : Extrait La Normandie c’est maintenantQui sont les auteurs ?
Florian Hurard, co-créateur de la Fête Des Normands, édite des ouvrages sur les leviers de développements durables des territoires à l’international. Son prochain ouvrage Manifeste pour un monde francophone, un monde durable sort aux Éditions L’Harmattan en septembre 2017.
Chloé Sarah Herzhaft, co-créatrice de la Fête Des Normands, est auteure et formatrice spécialisée dans les Intelligences Collaborative et Territoriale, notions récentes au cœur des développements à venir des sociétés civiles.
Philippe Cléris est un des blogueurs les plus lus de Normandie, dépassant le million de visiteurs, également co-fondateur du Collectif citoyen Bienvenue en Normandie et animateur de l’Université Populaire de Caen fondée par Michel Onfray.Pour avoir envie de lire l’ouvrage et d’en parler :
Depuis le 1er janvier 2016, la Normandie est officiellement réunifiée. Une mutation d’envergure est en cours, et ses conséquences, ses enjeux sont considérables, bien plus qu’il n’y paraît au premier abord. Dans le monde du XXIème siècle, le local se trouve lié aux échelles plus larges, nationale, continentale, internationale. Et la région est un échelon remarquable de construction harmonieuse, enthousiasmante et durable des territoires du nouveau millénaire. La France des régions attire et interpelle le monde entier, et la Normandie est un de ses fleurons. Mais cette région millénaire est encore, toujours, à construire. Quels sont ses défis, ses atouts, ses leviers, ses freins ? Comment s’investir, travailler à son essor, lier son propre parcours à son Histoire riche et foisonnante ? Une région-monde, un nom connu dans le monde entier, des patrimoines remarquables et pourtant… une jeunesse qui la quitte, des infrastructures vieillissantes, une région longtemps divisée, sous-estimée, sous-investie. La Normandie qui se lève, qui s’éveille, innove et se réinvente, c’est maintenant.
POUR COMMANDER LE LIVRE EN LIGNE :
POUR FEUILLETER LE DEBUT DE L’OUVRAGE (notamment la préface de Michel Bussi) :
POUR PLUS D’INFORMATIONS :
https://fetedesnormands.com/la-normandie-cest-maintenant/
http://normandie.canalblog.com/archives/2016/11/26/34613780.html
Politique -
Michel ONFRAY: DECOLONISER LES PROVINCES, contribution aux présidentielles.
Sur l’Etoile de Normandie, on ne pourra que se réjouir que Michel Onfray, philosophe normand s’il en est, reprenne à son compte le très beau slogan et programme imaginé en 1966 par le regretté Michel Rocard à l’occasion d’un congrès du Parti Socialiste Unifié à Saint Brieuc:
« Décoloniser la province »
http://normandie.canalblog.com/archives/2016/07/03/34041032.html
http://normandie.canalblog.com/archives/2013/10/23/28270198.html
Slogan d’autant plus audacieux que nous étions à peine trois ans après la fin de la Guerre d’indépendance de l’Algérie. Dans une perspective néo-girondine et régionaliste sinon libertaire, Michel Onfray reprend le flambeau depuis une Normandie enfin réunifiée et qui, devenue la seule vraie région de France par la géographie administrative, pourrait devenir aussi la base d’une résistance ou d’une reconquête de l’initiative politique locale et démocratique dans le cas où les hyper jacobins du Front National qui veulent supprimer les régions devaient s’emparer de l’appareil de l’Etat central après le second tour des élections présidentielles: le pire n’étant pas toujours le plus certain, il reste qu’il faut peut-être commencer à mettre en place un vrai contre pouvoir girondin, démocratique, citoyen, local et libertaire face à l’arbitraire toujours aussi autoritaire et discrétionnaire de l’Etat central jacobin parisien.
Car servir l’intérêt général depuis le lieu central parisien qui se prétend « national » ne fonctionne plus avec une société civile désormais mature et autonome et qui veut accéder aux responsabilités d’un véritable auto-gouvernement pour les affaires qu’elle peut connaître tout en laissant les affaires qu’elle ne saurait maîtriser seule à l’Etat central (c’est le principe de subsidiarité appliqué aux territoires).
Nous saluons donc avec chaleur ce nouvel opus de Michel Onfray dont la lecture s’annonce roborative comme il se doit. Et nous vous proposerons très prochainement sur l’Etoile de Normandie un compte rendu de lecture précis et complet de cet ouvrage qui devrait faire parler de lui dans la presse parisienne improprement dénommée « nationale ».
Lire le texte de présentation de l’ouvrage proposé par Michel Onfray en 4ème de couverture:
« Tous les candidats aux présidentielles de 2017 sont Jacobins, tous. Or le centralisme qui fait de Paris la tête qui commande et des provinces un corps qui obéit a montré son inaptitude à incarner la démocratie qui reste formelle en ne produisant qu’une aristocratie d’élus insoucieux du peuple. De Philippe Le Bel à Charles de Gaulle en passant par Robespierre ou Napoléon, le modèle jacobin a failli. Je propose une révolution pacifique inspirée des Girondins de la Révolution française : redonner le pouvoir aux communautés, aux collectivités, aux régions, autrement dit : décoloniser les province. Le communalisme libertaire, les élections dans des parlements régionaux, l’autogestion sur le terrain sont seuls susceptibles de fournir des contre-pouvoirs efficaces à l’effondrement de la formule jacobine de la démocratie. La politique ne doit plus être une affaire de commettants qui délèguent mais de citoyens qui décident. » M.O
Politique -
CAUCHEMAR de GUERRE CIVILE: Le MACRON METROPOLE vs La LE PEN RURALE
Comment vont voter les citoyens habitant la commune rurale de Sainte Gauburge-Sainte Colombe, petit bourg normand de l’Orne, à l’orée du Perche? Dans les métropoles et notamment à Paris et tout particulièrement, boulevard des Italiens, au coeur de la rédaction du quotidien « Le Monde » on s’inquiète: un récent sondage que l’on espère sérieux donnerait 27% d’intentions de vote pour Marine LE PEN sachant que nous sommes maintenant à moins de 40 jours du premier tour des élections présidentielles. La question est ouvertement posée de la fracture territoriale et idéologique entre l’archipel métropolitain branché sur la Mondialisation et le reste du territoire, à savoir ces fameuses périphéries rurales qui furent au coeur des polémiques lors de la sortie des livres du géographe Christophe Guilluy.
Nous avons ici traité régulièrement de ce sujet essentiel en y apportant toute notre modération normande et en affirmant que la géographie urbaine normande très équilibrée dans la taille des villes comme dans leur essaimage sur le territoire pouvait être un antidote au cauchemar annoncé par le prophète de malheur Guilluy.
Mais il semble que par cynisme ou par inconscience, voire les deux à la fois, nos élites médiatiques et métropolitaines tendent à formater les esprits pour le fameux vote utile d’un second tour Macron vs Le Pen alors que nous n’avons même pas encore voté pour le premier.
Chose entendue récemment: « Macron, le candidat des métropoles contre Le Pen, la candidate des périphéries rurales? C’est gagné d’avance car il y a plus d’habitants dans les grandes agglomérations urbaines que dans les déserts ruraux »…
Sans commentaires !
On lira donc cet excellent article publié sur le site Atlantico qui nous propose l’analyse toute en finesse de l’évolution en cours dans ces « périphéries » rurales (le concept est lui-même sujet à caution) de Laurent CHALARD, géographe-consultant membre du très libéral think tank European Centre for International Affairs. et de Vincent TOURNIER, maître de conférence de science politique à l’Institut d’études politiques de Grenoble.
http://www.atlantico.fr/decryptage/autre-france-peripherique-qui-peut-peser-presidentielle-celle-centres-villes-provinces-devitalisees-2992427.html
L’autre France périphérique qui peut peser sur la présidentielle : celle des centres-villes de provinces dévitalisées
Jeudi 16 mars a lieu une réunion de l’Association des Maires de France sur la revitalisation des centres-villes. L’occasion de s’attarder sur une catégorie de la France périphérique qui reste peu évoquée mais tout aussi importante – les personnes issues des petites villes qui ont observé leur dévitalisation.
PolitiqueAtlantico : Quand on parle de France périphérique, une catégorie reste peu évoquée mais tout aussi importante. Il s’agit de ceux issus des petites villes et qui ont observé leur dévitalisation. Ils ont décidé de rester quand même mais que sont-ils devenus ?
Laurent Chalard : La « France Périphérique », terme inventé par le géographe Christophe Guilluy désormais rentré dans le langage courant, étant définie a contrario des grandes métropoles, elle se caractérise donc par une grande hétérogénéité des territoires qui la composent, dont le principal point commun est la mise à l’écart des retombées positives de la mondialisation.
On y retrouve :
– des espaces périurbains subis des grandes métropoles, qui ont vu l’afflux de populations peu argentées, originaires du cœur et des banlieues de ces métropoles, ne pouvant plus se loger dans les quartiers aisés et/ou fuyant les quartiers populaires à la mixité ethnique jugée conflictuelle
– des espaces ruraux stricto sensu, où l’urbain est absent, qui ont fortement vieilli au fur-et-à-mesure du temps, avec de moins en moins de jeunes et un amenuisement du secteur agricole,
– des petites et moyennes villes, bien souvent anciennement à dominante industrielle, qui connaissent une stagnation ou un déclin démographique, dans un contexte de vieillissement de leur population, mais dont le poids démographique au niveau national demeure non négligeable, étant donné le tissu urbain dense de petites et moyennes villes qui caractérise la France, où les villes plus peuplées sont relativement moins nombreuses que chez ses voisins européens.
En effet, ces villes constituent l’ossature de l’organisation territoriale hexagonale.
Les populations des petites villes situées en-dehors de la zone d’influence d’une grande métropole, dont une large partie est restée sur place, n’ont donc pas « disparu », mais ont été complètement oubliées par les élites parisiennes depuis les années 1980, qui n’ont pas su voir le processus de paupérisation en cours, ne fréquentant guère ces territoires
Quelle angoisse a généré cette paupérisation et quelle traduction politique peut-on observer?
Vincent Tournier : La dévitalisation des centres-villes est un processus maintenant bien identifié. Il a d’abord été repéré par les acteurs économiques, puis par l’INSEE. Cette dévitalisation se mesure notamment par la hausse du taux de vacances des commerces. Seules les grandes métropoles et les villes touristiques y échappent. Il s’agit moins d’une paupérisation que d’un déplacement des activités, déplacement qui est lui-même lié à l’étalement urbain. On voit en effet que les gens s’éloignent des centres-villes, ce qui a provoqué le boom des zones commerciales.
Ce sujet est plus important qu’il n’y paraît. Beaucoup de gens ont pris conscience de ce phénomène depuis longtemps. Ce n’est pas très compliqué : il suffit d’une simple expérience de la vie quotidienne pour voir qu’il se passe quelque chose. Or, cette désertification crée un malaise plus ou moins intense. Elle donne l’impression que l’on assiste à un déclin progressif, à un abandon. Cette inquiétude est d’autant plus vive que le problème n’est pas vraiment pris en charge par le discours politique, sinon par les acteurs politiques locaux. Aujourd’hui, les partis de gouvernement sont tournés vers l’économie mondiale, ils n’intègrent plus vraiment le petit commerce, alors que le rôle de celui-ci dans la sociabilité et la vitalité urbaines est très important.
Par ailleurs, parmi les causes de l’étalement urbain, il est difficile de ne pas voir qu’il y a la volonté d’échapper au melting pot des villes cosmopolites. Il s’agit donc d’un certain désaveu du projet optimiste sur le « vivre ensemble ».
En somme, les gens « votent avec leurs pieds ». Sauf que cette stratégie d’évitement engendre de multiples coûts sociaux : hausse de la facture d’énergie et de transport, nécessité de construire de nouveaux équipements, de nouvelles infrastructures, caducité du découpage médical ou administratif, inadaptation des services publics, etc.
Bref, il y a un vrai défi qui se joue là, qui impliquerait de reprendre ce que l’on appelait autrefois l’aménagement du territoire. Mais au-delà des enjeux économiques, il y a finalement une question plus générale qui est posée : que faut-il préserver ? Doit-on accorder de l’importance au maintien d’un certain cadre de vie, d’un certain environnement urbain, d’un certain type de relations sociales ? On peut évidemment avoir différents points de vue sur ce sujet, mais encore faudrait-il que la question soit déjà posée.
Concrètement qu’est-ce qu’il se passe dans ces petites villes ? Comment se traduit les mutations de ces villes et qu’ont-elles provoqué chez cette catégorie de la population ?
Laurent Chalard : Ces petites villes situées en-dehors de la zone d’influence d’une grande métropole connaissent un bouleversement de leur profil socio-démographique du fait de migrations différenciées selon les catégories sociales et les classes d’âge. Traditionnellement, la petite ville se caractérisait par l’importance de ses notables locaux (professions libérales, grands propriétaires terriens, fonctionnaires, capitaines d’industrie…) dominant des catégories populaires. Aujourd’hui, la situation évolue, dans le sens où la petite bourgeoisie locale a tendance à y disparaître, du fait d’une migration massive de ses enfants vers les grandes métropoles pour les études, qui ne se traduit pas par un retour au pays une fois l’entrée dans la vie active. La petite ville est perçue comme répulsive, ne présentant pas d’opportunités d’emploi et surtout ne permettant pas de vivre avec ses « pairs ».
A contrario, pour les catégories populaires, les départs sont moins importants et concernent, en priorité, les jeunes en voie d’ascension sociale, c’est à dire ceux poursuivant des études supérieures, qui suivent le même modèle que les enfants de la petite bourgeoisie. En conséquence, au fur-et-à-mesure du temps se constate une paupérisation de la population locale, les catégories populaires occupant une place de plus en plus importante alors que l’emploi local s’amenuise. Il se produit donc un processus de paupérisation sur place, pouvant parfois s’apparenter à une assignation à résidence, même s’il faut garder en tête qu’il n’y a pas toujours volonté de partir, mais de « travailler et vivre au pays ».
Quelles sont les principales causes de la dévitalisation des petites villes ? (démographique, commerciales et équipements (loisirs etc…).
Laurent Chalard : La première cause de la dévitalisation des petites villes situées en-dehors de la zone d’influence d’une grande métropole est économique. Dans le contexte de mondialisation, les villes spécialisées, qui plus est dans des activités traditionnelles, caractéristique intrinsèque, par définition, de la petite ville, sont pénalisées, car à la moindre fermeture d’usine, l’économie locale devient sinistrée, en l’absence de diversification du tissu économique. Les villes mono-industrielles ont particulièrement souffert.
Il s’ensuit consécutivement un déclin démographique, renforcé par un phénomène de périurbanisation qui touche toutes les catégories de ville, quelle que soit leur taille, deuxième cause de leur dévitalisation. Du fait de l’effondrement de leur économie, le solde migratoire est négatif, surtout pour les jeunes actifs, d’où un vieillissement accentué de la population. Les logements vacants prolifèrent, en particulier dans les centres anciens, dont l’offre immobilière est inadaptée.
Parallèlement, une troisième cause vient accentuer le processus de dévitalisation, qui est l’affaissement commercial des centres anciens des petites villes. En effet, qui dit moins d’habitants argentés, dit moins de commerces, phénomène grandement renforcé par la politique de construction massive de supermarchés à la périphérie des petites villes. Il n’est pas rare de voir de petits chefs-lieux de canton de 2000 habitants disposer de plusieurs supermarchés, ce qui constitue une aberration totale. Les politiques d’équipement commercial des élus locaux ont donc aussi contribué à la dévitalisation de leur ville.
L’autre carburant qui alimente la flamme du Front National est idéologique. C’est cette mauvaise essence pour pyromanes diffusée depuis trop longtemps par une certaine bobocratie bien pensante dite de « gauche » qui habite le coeur battant des métropoles branchées sur une mondialisation qu’elle veut croire heureuse. L’escamotage de la question sociale essentielle au profit de questions sociétales secondaires est assumé et revendiqué par des élites intellectuelles se disant « ouvertes », « progressistes » sur le terrain glissant des moeurs ou de nouveaux droits individuels à conquérir. Mais ce « progressisme » s’arrête assez vite dès qu’il s’agit de l’argent:
La fracture est donc aussi idéologique entre les métropoles et les périphéries et ceux qui font prospérer leurs petites entreprises médiatiques, éditoriales ou politiques sur cette fracture sont les meilleurs idiots utiles du Front National.
Par exemple: la petite musique assez détestable sur ce peuple de France des ouvriers, des salariés et des employés des périphéries urbaines et rurales de la province qui serait devenu « islamophobe » par insécurité sociale et culturelle pour se donner au Front National alors que les études les plus sérieuses de la sociologie électorale démontrent que ce peuple « invisible » pour les élites métropolitaines s’est retiré sur son Aventin abstentionniste.
Il y a là un véritable mépris de classe de la part des élites dominantes métropolitaines, notamment « nationales » (c’est à dire, parisiennes).
C’est l’autre aspect du cauchemar diagnostiqué par le géographe Christophe Guilluy et qui fait l’objet d’un éditorial particulièrement lucide signé Jacques JULLIARD paru dans le n° 1042 de l’hebdomadaire Marianne (du 17 au 23 mars 2017) à lire ci-dessous:
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Totalement HASBEEN ! La maison ci-devant bas-normande de l’Europe de Caen va fermer ses portes.
Qui ici voudra verser une larme ou plutôt donner encore un euro pour la pérennité de ce qui suit?
Alors que le magnifique projet européen d’Après Guerre, de paix, de prospérité, de coopération internationale, de progrès social, technique et humain s’est abîmé depuis la fin des années 1980 (1986 et l’Acte Unique pour être précis) dans cet imperium à la fois doux et mou qui ne sert, au final, que les intérêts puissants défendus en permanence à Bruxelles par la plus grande armée de lobbyiste du Monde passant régulièrement au glyphosate l’intérêt général le plus évident des citoyens des nations membres de l’Union européenne, le très européiste Ouest-France nous apprend que la « maison de l’Europe de Caen- Normandie » (sic: en fait, seulement bas-normande), va fermer ses portes… faute de soutien financier.
Snif… snif !
Lire l’article ci-dessous:
Caen. La Maison de l’Europe va fermer, faute de moyens
L’association de promotion de l’Europe ne peut plus surmonter ses difficultés financières. Elle va se déclarer en cessation de paiement, et stopper ses activités avant l’été. Cette décision sera présentée, ce jeudi 16 mars 2017, en assemblée générale.
Créée en 2004, la Maison de l’Europe de Caen-Normandie est une association dont la vocation est de faire connaître et comprendre le projet européen, dans les trois départements de l’ex-Basse-Normandie (Calvados, Manche et Orne).
Hébergée dans une maison mise à sa disposition par la Ville de Caen, la Maison de l’Europe a organisé, au fil des années, des conférences gratuites, des expositions, des activités périscolaires, des voyages d’études, et a accueilli de nombreux stagiaires, services civiques ou services volontaires, en provenance de pays européens.
Depuis la décision de la Région, en 2014, de mettre fin à son action de coopération décentralisée en Macédoine, la Maison de l’Europe ne touche plus d’aide régionale. Et ses sources de revenus pour alimenter son budget annuel d’environ 100 000 € n’ont pas permis de compenser cette perte. Regret de ses responsables bénévoles : « Aucune de nos demandes de mécénat n’a abouti. »
Commentaire de Florestan:
Projet hasbeen?
La photo qui accompagne cette brève de Ouest-France est assez terrible: on y voit un petit pavillon datant de la Reconstruction arborant le logo d’une ci-devant Basse Normandie qui n’existe heureusement plus, le tout accompagné d’un panneau « sens interdit »: on aurait pu mettre « voie sans issue » mais cela a le mérite d’être plus clair pour décrire l’état actuel du projet européen devenu une prison institutionnelle et idéologique qui, comme toute les prisons, est devenu… dangereux !
Alors que faire?
Développer une grande ambassade normande à Bruxelles en attendant que le projet européen soit libéré de la captivité bruxelloise (voire berlinoise) actuelle !
http://normandie.canalblog.com/archives/2017/02/09/34918338.html
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SCANDALE: LA SNCF ET LA POSTE MEPRISENT LES NORMANDS !
MALGRE LE RETOUR A L’UNITE NORMANDE LES SERVICES PUBLICS DE L’ETAT CENTRAL (SNCF et POSTE) CONTINUENT DE MEPRISER LES NORMANDS !
Les Présidents des 5 départements normands réunis récemment au château de Tocqueville dans la Manche, ont adressé un courrier commun à Guillaume PEPY, Président du Directoire de la SNCF, afin de l’interpeller sur l’exclusion de la Normandie de la nouvelle offre nationale de la SNCF, à destination des jeunes de 16 à 27 ans, « TGVmax ». Ils l’interrogent également sur le défaut de connexions wifi stables dans les trains normands.
Les présidents ont par ailleurs souhaité adopter un vœu pour la défense et le maintien du service public postal au cœur des territoires. Celui-ci a été adressé à Philippe WAHL, Président Directeur général du groupe La Poste.
L’Etoile de Normandie s’est procuré les copies originales de ces deux courriers à lire ci-dessous:
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PATRIMOINE NORMAND: La dentelle de Villedieu
Au pays « sourdin », il n’y a pas que le cuivre des casseroles et l’airain des cloches. Il y a aussi la dentelle, tout comme à Bayeux ou à Alençon ou à Rouen quand il fallait fournir un splendide rochet à tout nouvel archevêque Primat de Normandie.
A Villedieu Les Poêles, la dentelle est à l’honneur:
(source: La Manche Libre, édition Granville / Avranches, février 2017)
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