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Louis Beuve, normand avant tout
Extrait Patrimoine Normand N°104
Par Thierry Georges Leprévost
 

Le nom de Louis Beuve évoque immanquablement des chefs-d’œuvre poétiques comme La vendeue, La Graind-Lainde ou Les trainnes à boués du marchi de Couotainches. On connaît beaucoup moins le parcours de l’homme. La biographie élaborée par Céline Guénolé nous éclaire sur les ressorts psychologiques qui ont fait de Maît’Louis le plus grand auteur en langue normande du XXe siècle.

Louis Beuve

Louis Beuve (Coll. Heimdal).

Pourtant, rien ne semblait l’y destiner. Le patois – comme il a toujours persisté à désigner le parler normand, faisant fi de sa connotation péjorative – n’était pas sa langue maternelle. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Bègue en son enfance, il va déclamer ses œuvres à la cantonade toute sa vie durant. Échaudé par ses expériences scolaires successives, cet hom- me qui a toujours détesté l’école et vilipendé le corps professoral deviendra poète, écrivain, journaliste, et même – lui le bonapartiste convaincu – directeur du journal royaliste Le Courrier de la Manche ! Le normand, il l’apprend auprès des paysans, des domestiques, de ce « petit peuple » qu’il n’aura de cesse de glorifier. Néophyte en loceis et autodidacte, il s’intéresse d’autant plus aux mots et tour…

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Le nom de Louis Beuve évoque immanquablement des chefs-d’œuvre poétiques comme La vendeue, La Graind-Lainde ou Les trainnes à boués du marchi de Couotainches. On connaît beaucoup moins le parcours de l’homme. La biographie élaborée par Céline Guénolé nous éclaire sur les ressorts psychologiques qui ont fait de Maît’Louis le plus grand auteur en langue normande du XXe siècle.

Louis Beuve

Louis Beuve (Coll. Heimdal).

Pourtant, rien ne semblait l’y destiner. Le patois – comme il a toujours persisté à désigner le parler normand, faisant fi de sa connotation péjorative – n’était pas sa langue maternelle. Ce n’est pas le moindre de ses paradoxes. Bègue en son enfance, il va déclamer ses œuvres à la cantonade toute sa vie durant. Échaudé par ses expériences scolaires successives, cet hom- me qui a toujours détesté l’école et vilipendé le corps professoral deviendra poète, écrivain, journaliste, et même – lui le bonapartiste convaincu – directeur du journal royaliste Le Courrier de la Manche ! Le normand, il l’apprend auprès des paysans, des domestiques, de ce « petit peuple » qu’il n’aura de cesse de glorifier. Néophyte en loceis et autodidacte, il s’intéresse d’autant plus aux mots et tour...

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