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Saint Etienne du Rouvray – Actualités 2017-05-02 14:55:16

Les 4 et 5 mai, au Rive Gauche, le soleil d’York illuminera la représentation du Richard III de Shakespeare mis en scène par Thomas Jolly. Un texte qui n’en finit pas de faire écho aux troubles que connaît notre monde contemporain. Avec « Richard III », Thomas Jolly
clôt « un cycle d’horreur et de
barbarie » et met un terme à
la trilogie « Henry VI ». Une acmé
incarnée par ce personnage du roi Richard,
duc de Gloucester, monstrueux, criminel et
stratège et qui se sert de l’angoisse de ses
proches pour prospérer. « Mais Shakespeare
n’est jamais tout à fait manichéen. À l’échelle
de l’ensemble du cycle, il apparaît bien que
Richard III est le fruit d’un resserrement de
l’intrigue. Il naît du mal déjà en place et donc
il crée dans ce mal et par ce mal. » Pour le
metteur en scène, il ne s’agit pas de sauver
le personnage mais de comprendre comment
un tel monstre peut naître et croître.
Une analyse qui ne manque pas de nous
ramener aux dérèglements et aux outrances
de nos sociétés en 2017. « Depuis huit ans, je
travaille avec Shakespeare, confie Thomas
Jolly, et sans cesse l’actualité me rattrape.
Les tactiques politiques qui flirtent avec les
peurs, la mise en scène et la théâtralisation
des meetings, tout est déjà là dans l’oeuvre de
Shakespeare qui nous éclaire avec ses mots
sur ce qui se passe autour de nous. » Dans ce
registre, le théâtre de Shakespeare s’impose
comme une gigantesque « boîte à jouets »…
et à jouer. Tous les caractères, les humeurs
et les intrigues sont à disposition… il n’y
a qu’à se servir. Un théâtre qui s’accorde
aussi avec le spectaculaire prisé par Thomas
Jolly qui reconnaît : « J’aime frapper l’œil et
l’esprit. » Volonté de toucher au coeur pour
mieux faire passer un message? Thomas
Jolly revendique sa place et son rôle dans le
débat des idées qui agite notre société, tandis
que ces deux représentations de Richard III
auront lieu entre les deux tours de l’élection
présidentielle.
« L’ensemble de la compagnie Piccola
Familia et moi-même, nous nous considérons
comme un outil politique, non pas au
sens où nous serions au service des politiciens
mais bien plutôt parce que nous sommes au
service de la cité et des citoyens. Ce qui ne
m’empêche pas m’adresser aussi aux politiques,
explique Thomas Jolly. Car il me
semble que depuis toujours, dans les moments
de crise, les gens se tournent vers la culture. »
Mais quelles réponses le théâtre est-il capable
d’apporter pour apaiser ces inquiétudes?
« L’être humain a besoin de récit, or ce récit
aujourd’hui est flou, troublé, désespérant aussi
parfois. Le théâtre offre un récit construit
et qui permet à chacun de se sentir vivant
dans un même endroit, en même temps. Je
crois que ce besoin de cohésion sociale est
vital. Et je m’étonne que les politiques n’interrogent
pas davantage la culture comme
une solution à la crise que nous traversons. »
• Richard III, jeudi 4 et vendredi 5 mai au Rive Gauche, 19h. Billetterie: 02 32 91 94 94.

Il était un roi

Les 4 et 5 mai, au Rive Gauche, le soleil d’York illuminera la représentation du Richard III de Shakespeare mis en scène par Thomas Jolly. Un texte qui n’en finit pas de faire écho aux troubles que connaît notre monde contemporain. Avec "Richard III", Thomas Jolly
clôt "un cycle d’horreur et de
barbarie" et met un terme à
la trilogie "Henry VI". Une acmé
incarnée par ce personnage du roi Richard,
duc de Gloucester, monstrueux, criminel et
stratège et qui se sert de l’angoisse de ses
proches pour prospérer. "Mais Shakespeare
n’est jamais tout à fait manichéen. À l’échelle
de l’ensemble du cycle, il apparaît bien que
Richard III est le fruit d’un resserrement de
l’intrigue. Il naît du mal déjà en place et donc
il crée dans ce mal et par ce mal." Pour le
metteur en scène, il ne s’agit pas de sauver
le personnage mais de comprendre comment
un tel monstre peut naître et croître.
Une analyse qui ne manque pas de nous
ramener aux dérèglements et aux outrances
de nos sociétés en 2017. "Depuis huit ans, je
travaille avec Shakespeare, confie Thomas
Jolly, et sans cesse l’actualité me rattrape.
Les tactiques politiques qui flirtent avec les
peurs, la mise en scène et la théâtralisation
des meetings, tout est déjà là dans l’oeuvre de
Shakespeare qui nous éclaire avec ses mots
sur ce qui se passe autour de nous." Dans ce
registre, le théâtre de Shakespeare s’impose
comme une gigantesque "boîte à jouets"…
et à jouer. Tous les caractères, les humeurs
et les intrigues sont à disposition… il n’y
a qu’à se servir. Un théâtre qui s’accorde
aussi avec le spectaculaire prisé par Thomas
Jolly qui reconnaît : "J’aime frapper l’œil et
l’esprit." Volonté de toucher au coeur pour
mieux faire passer un message? Thomas
Jolly revendique sa place et son rôle dans le
débat des idées qui agite notre société, tandis
que ces deux représentations de Richard III
auront lieu entre les deux tours de l’élection
présidentielle.
"L’ensemble de la compagnie Piccola
Familia et moi-même, nous nous considérons
comme un outil politique, non pas au
sens où nous serions au service des politiciens
mais bien plutôt parce que nous sommes au
service de la cité et des citoyens. Ce qui ne
m’empêche pas m’adresser aussi aux politiques,
explique Thomas Jolly. Car il me
semble que depuis toujours, dans les moments
de crise, les gens se tournent vers la culture."
Mais quelles réponses le théâtre est-il capable
d’apporter pour apaiser ces inquiétudes?
"L’être humain a besoin de récit, or ce récit
aujourd’hui est flou, troublé, désespérant aussi
parfois. Le théâtre offre un récit construit
et qui permet à chacun de se sentir vivant
dans un même endroit, en même temps. Je
crois que ce besoin de cohésion sociale est
vital. Et je m’étonne que les politiques n’interrogent
pas davantage la culture comme
une solution à la crise que nous traversons."
• Richard III, jeudi 4 et vendredi 5 mai au Rive Gauche, 19h. Billetterie: 02 32 91 94 94.

Il était un roi