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Affaire Pénélope Fillon. L’attachée parlementaire de Valérie Fourneyron explique son travail

Collaboratrice parlementaire de la députée de Seine-Maritime depuis 2014, Valérie Amant explique son travail alors que l’affaire Pénélope Fillon défraie la chronique.

Valérie Fourneyron, députée de Seine-Maritime, emploie trois attachées parlementaires dont Valérie Amant qui nous a répondu en pleine « affaire Pénélope Fillon » (capture vidéo ©Assemblée Nationale)
Valérie Fourneyron, députée de Seine-Maritime, emploie trois attachées parlementaires dont Valérie Amant qui nous a répondu en pleine « affaire Pénélope Fillon ». (capture vidéo ©Assemblée Nationale)

Depuis mercredi 25 janvier 2017, l’ « affaire Pénélope Fillon » défraie la chronique. François Fillon, candidat Les Républicains à la présidentielle, se voit reprocher d’avoir fait travailler son épouse Pénélope pendant huit ans comme attachée parlementaire. Un emploi qui lui aurait permis de gagner près de 500 000 euros alors qu’elle affirmait régulièrement se tenir à distance de la carrière politique de son mari.

Depuis, le parquet financier a ouvert une enquête pour déterminer si cet emploi était ou non fictif. Dans le cadre de cette information judiciaire, François et Pénélope Fillon ont été entendus séparément, lundi 30 janvier 2017 par les enquêteurs, révèle BFM TV.

« Ça alimente un climat de défiance »

Pour Valérie Amant, collaboratrice parlementaire de la députée PS de Seine-Maritime, Valérie Fourneyron, cette affaire « alimente un climat général de défiance vis-à-vis des politiques ».

Tout cela encourage les soupçons de collusion, de népotisme dans la sphère politique. Cela entretient l’idée du « tous pourris », surtout en période d’élections.

Cependant, l’attachée parlementaire de Valérie Fourneyron ne veut pas alimenter la polémique. « Certains membres des familles des élus sont certainement tout à fait compétents et je trouverais cela dommage de leur interdire d’accéder à la fonction parce qu’ils sont fils ou fille de ou conjoint de ». Valérie Amant prône plutôt « davantage de transparence, en poursuivant les efforts déployés en la matière depuis 2012 ».

C’est dommage de donner le sentiment que l’on cache quelque chose alors que l’on a rien à cacher.

Un rôle de « couteau-suisse »

Et justement, Valérie Amant ne cache rien du travail qu’elle effectue pour Valérie Fourneyron depuis 2014.

Pour ma part, j’accompagne la députée à Paris. Je l’aide dans son travail au sein de la commission des affaires étrangères, je rédige des notes, je l’aide à préparer ses interventions dans l’hémicycle, je contribue à la rédaction des amendements ou bien encore, je m’occupe des dossiers d’attribution des fonds de la réserve parlementaire.

Valérie Amant a également un rôle de lien. « Je m’occupe de la communication de Valérie Fourneyron, je gère son site internet, je communique avec la presse. Mais je fais aussi le lien avec les autres députés ou les ministères quand il y a besoin d’alerter ou de débloquer certains dossiers », poursuit-elle.

Elle s’est cependant refusée à nous communiquer son salaire, précisant tout de même qu’elle travaille « à plein-temps pour Valérie Fourneyron », avec qui elle collabore depuis 2012 au ministère des Sports.

Trois collaborateurs pour Valérie Fourneyron

L’attachée parlementaire souligne néanmoins que le travail de collaborateur de député n’est pas toujours le même.

En fait, cela dépend beaucoup du député. Certains ont des tâches qui s’apparentent plus à du secrétariat ou à un travail de cabinet tandis que d’autres occupent plutôt un rôle de conseillers politiques.

Un travail qui, d’après elle, peut se vérifier assez facilement. « Nous utilisons des boîtes mail qui sont gérées par l’Assemblée nationale. C’est donc facile de voir si un attaché parlementaire travaille vraiment en voyant ses échanges ».

Autour de la députée Fourneyron, on trouve deux autres collaborateurs parlementaires en plus de Valérie Amant. L’un d’eux, par ailleurs adjoint à la Ville de Rouen, s’occupe plus du lien avec le local. « Il s’occupe de faire remonter les informations du terrain à la députée, de gérer les échanges avec les élus locaux, etc… », explique Valérie Amant. La troisième personne s’occupe quant à elle « de l’agenda, de la gestion des appels téléphoniques ou du courrier ».

Plus de 2 000 collaborateurs parlementaires

En France, les députés peuvent employer jusqu’à cinq collaborateurs parlementaires. Pour les rémunérer, ils bénéficient d’un « crédit collaborateur » de 9 561 euros par mois.

Au 1er janvier 2016, on comptait 2  018 assistants parlementaires, 69 % travaillant sur le terrain local et les autres dans les bureaux de l’Assemblée nationale.