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7 Février 2017: Au JT FRANCE 3 NATIONAL ENTERREMENT de 1ère CLASSE du PORT du HAVRE pour son 500ème ANNIVERSAIRE !
Le 7 février 1517, le roi de France François 1er signait les lettres patentes décidant de la création d’un nouveau port dans l’estuaire de la Seine: Le Havre de Grâce. Cinq siècles plus tard, l’anniversaire semble si triste qu’il ressemble à un enterrement de première classe: l’édition nationale du Journal Télévisé de France 3 à 19h30 a consacré un reportage à l’évenement qui avait tout l’air d’un faire part de décès. On entend le glas ou plutôt le tocsin car ce reportage à regarder sous le lien suivant (à partir de 16 minutes et 30 secondes), alerte le télespectateur avec une rude comparaison entre les performances du Havre et celle du port d’Anvers au moyen d’un argumentaire simple et d’une infographie efficace montrant la superposition sur la région parisienne des hinterlands d’Anvers et du Havre. Curieusement, le journaliste ne dit mot du CSNE qui sera pour le portuaire havrais l’équivalent des PFG.
L’intervention d’Hervé Martel parlant de son port comme de la « Rolls Rolls des ports » n’en que plus sinistre par son ridicule car on se souviendra de cette vraie blague belge que l’on peut entendre éventuellement à Anvers (en flamand): « pourquoi les Français ont-ils choisi le coq comme emblème national? Parce qu’il est le seul oiseau qui soit capable de chanter à tue-tête les deux pieds dans la merde ».
http://pluzz.francetv.fr/videos/jt_1920_,152736775.html?queryId=topic-15385#startTimecode=1122
A Anvers, port désormais privatisé mais administré en dernier ressort par des échevins qui nomment un directeur pour vingt ans, à la différence du port du Havre qui est livré à la guise d’un ingénieur haut-fonctionnaire nommé à Paris et en poste pendant trois à cinq ans, ils ont décidé d’être le vrai Port de Paris. Définitivement. Et j’en mettrai ma main à couper ! (« Antwerpen » en version originale flamande…)
Politique -
RAPPORT ANNUEL DE LA COUR DES COMPTES: La COLERE BRETONNE a coûté 11,5 MILLIARDS aux Français!
Le rapport annuel (2017) présenté par la cour des comptes vient d’être rendu public. Comme d’habitude, la mauvaise gestion de l’argent public est sévèrement épinglée par les magistrats de la rue Cambon.
Pour consulter les différents chapitres (fichiers PDF) du rapport public annuel 2017:
http://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/Rapport-public-annuel-2017
Dans cette nouvelle livraison de ce sévère rapport qui fait la célébrité de cette institution relativement autonome de notre chère République, on trouvera un bilan financier du renoncement de l’actuelle majorité gouvernementale socialiste présidée par Monsieur François HOLLANDE à l’ECOTAXE suite à la colère des Bonnets rouges bretons en 2013.
La cour des comptes a donc fait ses comptes:
Depuis l’abrogation de l’écotaxe, il y a un manque à gagner de … 10 MILLIARDS d’euros dans les caisses de l’Etat à quoi il faut ajouter 1,5 MILLIARD de frais judiciaires et assuranciels d’indemnisation pour pouvoir renoncer aux portiques de l’écotaxe sachant que tous les recours contentieux ne sont pas encore épuisés. On rappelera que l’Association de Financement des Infrastructures de Transports Français, usine à gaz présidée par le député du Calvados Philippe Duron (ancien maire PS de Caen) n’a pas les financements nécessaires pour… financer les projets d’infrastructures de transports durables dont nous avons besoin pour réduire la trace carbone de la France dans le cadre du changement climatique: faute de financements, on ne peut, exemple pris parmi d’autres, organiser efficacement le report modal de la route vers la voie ferrée des conteneurs débarqués sur le port du Havre ou financer la Ligne Nouvelle Paris Normandie !
MORALITE:
La colère bretonne a coûté … 11,5 MILLIARDS d’euros aux Français.
Alors que cette région, suite à la révolte des Bonnets rouges et en pleine crise sociale agro-industrielle a reçu près de… 2 MILLIARDS d’euros d’un gouvernement LE DRIAN-AYRAULT ou d’un gouvernement LE DRIAN-VALLS (si l’on ajoute aussi la mobilisation des fonds européens).
2 MILLIARDS qu’il faut ajouter aux 11,5 MILLIARDS ciblés par la cour des comptes.
Nos très, très, très chers… amis bretons:
TOTAL du coût de la
BRETAGNE
pour l’ensemble des Français
depuis 2012:
13,5 MILLIARDS d’euros !
Une gabégie que l’on peut, hélas, rapprocher d’une autre…
La « tête de série » EPR de Flamanville, chez nous, en Normandie pour un coût qui dépassera… 11 MILLIARDS d’euros au bout d’un chantier dont la fin est désormais prévue en 2018.
Combien de LNPN aurait-on pu financer avec tout cet argent?
LE BILAN DU ROUENNAIS HOLLANDE POUR LA NORMANDIE EST CATASTROPHIQUE…
MAIS IL A FAIT LA REUNIFICATION !
Politique -
6 février 2017: Tribulations d’un citoyen normand lors d’une réunion plénière du Conseil Régional à Caen
Comme j’ai ouï dire qu’il y avait une nouvelle réunion plénière du Conseil régional de Normandie à Caen et que je n’avais pas encore eu l’occasion d’assister à la grand messe régionale hors les murs prestigieux de l’abbaye aux Dames, bien loin des mânes bienfaisantes de la Reine Mathilde mais tout près de celles, plus bruyantes et intéressées, de la galerie marchande des Rives de l’Orne, au dessus d’un parking souterrain et au bout des voies du chemin de fer, j’ai décidé d’aller faire un tour dans cette grosse biscotte marron édifiée récemment pour abriter les services de l’agglomération de Caen qui prend la démocratie en sandwich entre les grandes vitres de la transparence… L’auditorium est blanc avec du contreplaqué caramel et des colonnes de béton gris: il n’y a pas une seule pierre de Caen. On a l’architecture que notre époque mérite.
La raison de cette délocalisation de l’assemblée plénière normande qui redécouvre les vertus du nomadisme curial pratiqué autrefois par nos ducs-rois, c’est que l’actuelle salle Guillaume de l’abbaye aux Dames de Caen, qui abritait les réunions plénières de la ci-devant demi-région bas-normande, est trop petite. L’autre inconvénient, c’est qu’elle ressemble à l’intérieur d’un oeuf Kinder… rouennais: dans un futur proche, peut-être qu’une nouvelle salle Guillaume, plus vaste et plus lumineuse, largement ouverte sur l’extérieur par de grandes fenêtres actuellement condamnées, sera disponible pour que les lieux puissent aussi participer de la qualité du débat public qui doit gouverner le présent et l’avenir de la Normandie.
Car dis-moi où tu prends la parole en public et comment tu causes dans le micro et je te dirai quelle politique tu mets en oeuvre…
Dans un vestibule gris et blanc, derrière deux bannières léopardisées, on s’affaire à la distribution des badges. Il y a un tri sélectif: ceux qui ont le droit de porter le badge « invité » peuvent passer derrière la vitre et prendre le café d’accueil et ses croissants avec les élus. On reconnait, dans la foule pressée, des journalistes qu’on voit à la télévision et des élus qu’on voit aussi à la télévision. Franck Besnier laisse son café sur une petite table ronde pour planter sa caméra et son micro devant Laurent Beauvais. Je n’ai droit qu’au badge « public » et un homme en cravate m’invite à monter immédiatement là-haut en empruntant un escalier en bois exotique clair avec des gardes-corps de verre: je me sens obligé mais ce n’est pas pour dire merci. Arrivé là haut sur le balcon réservé au « public », deux jeunes hommes portant costumes ajustés sont absorbés par leurs écrans, petit portable et grand portable. Insupportables avec les fils blancs de leurs chargeurs branchés dans la plinthe. En bas, la même chose ou presque du côté des élus. Il est 10h15 la salle se remplit doucement.
Je redescends car je veux boire un café. Parce que j’avais l’habitude d’en boire un avec les élus régionaux et les journalistes régionaux du temps de l’abbaye aux dames. Impossible de franchir la paroi de verre: le cerbère africain veille à ce que les bons badgés prennent leur café tranquille de l’autre côté. « Bienvenue à Gataca » ai-je pensé brièvement puisque je ne suis pas un être humain augmenté mais un simple citoyen normand!
La séance commence par l’appel des élus présents effectué par Sophie Gaugain, la première vice-présidente.
« Hervé Morin ! »
« Présent! »
En introduction au débat de politique générale, le président de région rappelle, figure imposée en cette première séance plénière normande de l’année 2017, quelques éléments de son bilan d’un an qui est un satisfecit: tout le monde roule à droite en France même les conducteurs de gauche. Et, objectivement, de notre point de vue normand (de gauche), le bilan de la majorité conduite par le président Morin n’est pas si mauvais que cela. Faire ce constat d’évidence et d’élégance voilà qui serait parfaitement accordé à la prudence du tempérament normand. On verra plus loin que certains ont moins que d’autres cette lucidité bien normande qui consiste à ne jamais perdre de vue que la vérité n’est jamais forcément toujours du même côté.
Et Hervé Morin de claironner son bilan:
1,3 MILLIARDS investis dans le dossier ferroviaire. Le volontarisme économique: en six mois plus de moyens investis que les deux ex Haute et Basse Normandie réunies sur toute l’année 2015. La contractualisation avec toutes les collectivités territoriales normandes.
Mais aussi d’annoncer les principaux chantier de l’année 2017:
Le plan pêche normande: moderniser la flottille.
L’économie de la mer: faire rayonner la Normandie (Morin fait du Mélenchon… Tiens, tiens, tiens!)
Présentation du projet culturel normand
Lancement de l’agence de l’attractivité
La confirmation de la carte régionale des formations professionnelles avec un « exercice sans précédent » de diagnostic des besoins des entreprises dans chaque bassin d’emploi normand.
Investissements: confirmation du volontarisme normand pour porter des projets stratégiques en terme d’intelligence territoriale et d’attractivité malgré la baisse de 30 millions de la dotation globale de fonctionnement allouée par l’Etat. 30% d’investissements en plus par rapport aux deux ex Haute et Basse. L’effet démultiplicateur du retour à l’unité normande est donc bien réel: il n’est ni de droite, ni de gauche. Il est normand. L’épargne disponible reste à 220 millions et l’endettement reste modéré. Les dépenses de fonctionnement ont baissé de 4% en 2016 et la masse salariale n’a cru que de 0,9%. Bien entendu, Marc-Antoine Jamet qui préside pour le Parti Socialiste la commission régionale des finances, a dû dire le contraire par la suite mais je n’ai pas pu assister à toute la plénière…
Et c’est alors qu’Hervé Morin aborde un point plus polémique: il a fallu procéder à la régularisation de la situation statutaire et salariale de… 107 agents travaillant jusqu’à présent dans les deux ex demi-régions normandes… « Surtout dans l’ex Haute Normandie ! J’ai découvert avec effarement que la lutte contre la précarité salariale et professionnelle n’était pas la priorité de la gauche socialiste, dumoins dans l’ex région Haute-Normandie ».
Morin ajoute aussi que la région va investir 3 millions d’euros dans les lycées privés « pour que tous les lycéens normands soient traités de la même façon sans discrimination et pour en finir avec un conflit idéologique d’un autre âge » en faisant référence à la posture laïcarde d’un Le Vern à l’encontre de l’enseignement privé secondaire essentiellement catholique…
Ensuite, les dossiers normands majeurs sont passés en revue:
« Nous allons reprendre en main l’Axe Seine. Celui de Rufenacht, pas celui du CPIER. Il s’agit de développer la région parisienne vers l’Ouest et sa façade maritime normande. Nous allons faire étudier via un cabinet spécialisé la possibilité de fusionner les grands ports maritimes normands. Le CESER sera saisi du sujet. Il y a une révision générale de la gouvernance des ports à faire. L’organisation actuelle n’est pas efficace. Il faut fonctionner à l’instar des grands ports maritimes du Nord de l’Europe qui ont des élus locaux à la direction. »
On voit donc que nos considérations sur le « communalisme » portuaire commencent à trouver un certain écho…
Morin raconte ensuite que lors d’un récent passage à Bruxelles, les autorités européennes (du côté de la Commission et du Parlement) se sont réjouies de voir la Normandie à nouveau présente sur la carte de France: « il faut absolument renforcer et vite notre ambassade normande à Bruxelles. Là-bas, ils sont très attentifs à tout ce qui se passe dans les régions. Chaque année, il y a 20 milliards de fonds européens destinés aux territoires qui ne trouvent pas preneur faute d’instruire les dossiers. Il faut donc une grosse team Normandie (sic!) à Bruxelles associant la région, Caen, Rouen, Le Havre, les 5 départements, l’université, les grandes entreprises régionales et les portuaires. Il faut chasser en meute et vite pour saisir les appels à projets. » Il faudrait que la nouvelle grande ambassade normande à Bruxelles soit opérationnelle en juin prochain.
Pour finir, un peu de sport (il y en aura encore après avec les deux Nicolas qui siègent dans l’opposition):
Rénovation complète du centre sportif régional d’Houlgate afin de positionner la Normandie comme base arrière d’entrainement des Jeux Olympiques 2024
Aide de 30 euros pour chaque jeune normand pour adhérer à un club sportif.
Le débat commence alors avec une première intervention de Laëtitia Sanchez (EELV) à qui on dit en rigolant de faire… court:
En effet, après des considérations stratosphériques, l’élue verte finit par descendre sur terre du côté du littoral du Cotentin pour dénoncer, à juste titre, l’amendement déposé par le sénateur Philippe Bas, par ailleurs président du conseil départemental de la Manche, visant à assouplir la loi Littoral en matière d’urbanisation sur le bord de mer. Il n’y a donc pas qu’à Washington où les vérités alternatives touchant au changement climatique sont appréciées: du côté de Saint Lô aussi. Elle dénonce aussi le désastreux parti du monomode route-camions pratiqué par le port du havre (86% de l’éclatement des conteneurs en 2016) qui fait du grand port maritime normand un port plus cher que ses concurrents directs de la Rangée nord-européenne où le report modal vers la route ne dépasse pas 40% du trafic. On en déduira que Mme Sanchez a jeté un oeil au dernier dossier paru dans l’hebdomadaire « Le Marin » ou qu’elle a lu l’Etoile de Normandie… puisque son éclair de lucidité est allé jusqu’à contester la pertinence économique et écologique d’accueillir au Port de Rouen jusqu’à 400 navires par an, y compris des… superpanamax. Ambitieux en effet!
Pour finir, Mme Sanchez nous a proposé un survol en deltaplane des majestueuses boucles de la Seine « qui mériteraient d’être classées » (à l’UNESCO? On est d’accord) en compagnie de Georges Pompidou qui, cigarette au bec et au volant de sa DS, dénonçait, dès les années 1970, « la nature funèbre » enfermée, tel un décor de théâtre, dans de grands parcs alors qu’il faudrait défendre et protéger la « nature habitée et cultivée » pour en finir avec une vision utilitaire et instrumentale de la Nature: Laétitia Sanchez citant Pompidou nous démontre que l’écologie politique n’est pas forcément de gauche… Mais que l’on roule à gauche ou à droite, Mme Sanchez (ça nous a finalement rassuré) a voulu terminer sa longue intervention en rappelant son opposition rabique au contournement autoroutier Nord- Est de Rouen réclamé récemment par Vianney de Chalus avec un argument pour le moins curieux: « Vianney de Chalus nous dit que Rouen est le seul goulet d’étranglement sur l’axe autoroutier européen désormais continue qui va de Stockholm au Nord à Lisbonne au Sud et que le contournement Ouest-Nord Ouest de la région parisienne n’est toujours pas achevé. Ces échelles ne concernent pas la Normandie qui n’a pas à financer cet équipement ». Mme Sanchez est bonne en écologie mais plutôt nulle en géographie mais elle a raison pour ce qui est du financement: l’Etat est totalement aux abonnés absents sur ce dossier essentiel.
Les journalistes en rang d’oignon sur le côté droit de la salle dressent soudain l’oreille: Nicolas Mayer-Rossignol prend la parole pour nous proposer son numéro habituel… Et c’est reparti pour un tour!
Tout d’abord, le beau damoiseau s’en tient à quelques obséquiosités républicaines en saluant la mémoire d’un élu du Cotentin récemment disparu puis en félicitant les nouveaux présidents d’intercommunalités qui viennent d’être élus, notamment David Nicolas, le maire d’Avranches.
Mais rapidement, le volatile reprend ses habitudes:
« M. Morin, si je comprends bien, avant 2015 tout était catastrophique et je ne comprends pas votre vindicte contre les Haut-Normands. Vous avez une dent contre l’ex Haute-Normandie? Mais qu’est-ce que les Haut-Normands vous ont-ils fait? Pourquoi? Je sais que vous faites campagne et que ce n’est pas facile pour vous en ce moment. Mais faites en sorte de traiter tous les Normands de la même manière. »
Avant d’enchainer sur la promotion de la haute technologie hollandaise d’enfumage de l’Axe Seine avec les « éléments de langage » suivants:
« Bernard Cazeneuve à Bayeux et à Rouen a confirmé l’engagement de l’Etat auprès de la Normandie. Ce n’est pas une mascarade. Avec 300 millions apportés par l’Etat sur un total de près d’un milliard, le CPIER Vallée de la Seine est le mieux doté de France ! Il ne faut pas faire de sectarisme. La dépollution du site de Pétroplus est pris en charge de même que le dragage du chenal du port de Rouen. Il faut saluer le rôle de l’Etat »
Mais il ne faut pas oublier que Nicolas Mayer Rossignol est le maître incontesté dans l’art de peindre une morinade et c’est impressionnant!
« Depuis peu, les citoyens mais les institutionnels constatent un éloignemement de la Région, un désengagement vis-à-vis de certains partenaires. Le G6 normand avec les départements, on se demande à quoi il sert. Et le Mont Saint Michel, le joyau de la Normandie, vous dites que la région doit se désengager alors qu’il faudrait mettre le paquet. Même chose avec les parcs naturels régionaux: vous voulez vous désengager du parc des boucles de la Seine normande? Les parcs régionaux sont pourtant très utiles à l’attractivité normande ».
Mais pour peindre une belle morinade il faut parfois s’abstraire des règles élémentaires de la perspective:
« Vous parlez d’une relance de l’Axe Seine avec une coopération renforcée entre la Normandie et l’Ile de France. Mais sachez que Valérie Pécresse snobe la Normandie. Elle ne dépensera pas un euro de plus pour nous. En revanche, elle a trouvé 100 millions pour aider au financement du Canal Seine Nord Europe (voulu par Martine Aubry, c’est nous qui précisons) et les Normands vont payer de leur poche la nouvelle gare Saint Lazare. Vous n’évoquez que la coopération régionale avec la région parisienne, mais qu’en est-il du Centre Val de Loire, pour le Perche, le maintien du Caen-Tours (que Philippe Duron voulait supprimer, c’est nous qui précisons)? Qu’en est-il de la coopération avec les Pays de la Loire et la Bretagne alors que nous avons en commun le nautisme et les énergies marines renouvelables » (Voir sur l’Etoile de Normandie, le bilan désastreux de la coopération Basse-Normandie / Bretagne dans le cadre du pôle Mer-Bretagne et on comprendra pourquoi Hervé Morin a raison de se montrer prudent…)
Pour qu’une morinade soit réussie il faut simplifier pour ne pas fatiguer l’oeil et en mettre plein la vue:
« Concernant les trains, vous dites que les autres régions vont faire comme la Normandie qui a été pionnière. D’accord mais les autres régions ont négocié avec l’Etat des contreparties. Pas la Normandie » (Mais c’était qui le Premier ministre en 2016 ? Nicolas Mayer Rossignol aurait pu, au nom de la défense de l’intérêt général normand, fournir à Hervé Morin le petit guide de survie en face de Manuel Valls… )
Et quand la morinade est peinte, il faut bien la refourguer à la clientèle avec de solides arguments commerciaux:
« Et au CESER qui, pourtant, représente la société civile régionale, on ne vous y voit pas souvent. La Normandie est réunifiée. Il faut maintenant la rassembler » (ça c’est du slogan!) « En cessant cette communication permanente, cette présence sur tous les plateaux télé à Paris, ce marketing territorial qui est plus à votre gloire qu’à celle de la Normandie et qui manque de modestie ! Occupez vous plutôt de suivre le dossier de classement des plages du Débarquement à l’UNESCO » (histoire de rappeler que l’art de la morinade n’existait pas en 1944…)
L’autre Nicolas prend la parole:
On résumera la pensée du vice-président d’un Front National qui veut supprimer les régions par les mots clefs suivants: déclin; révolte populaire; puissance publique; état fort. Jacobinisme? Supprimer les régions mais… « on soutient la promotion de la Normandie ». Donc: « on s’inquiète des finances, car les politiques régionales sont exhorbitantes. C’est une gabégie ». L’art de la synthèse paradoxale au Front National confine au surréalisme.
Le train? « Le problème principal c’est la rénovation des voies. Il ne faut pas engouffrer des millions dans la monumentale gare de Saint Sever ». Et bien oui, justement, il y a des voies de chemin de fer à rénover… surtout sur la rive gauche de la Seine. Nicolas Bay s’interroge, non sans raison, sur l’avenir du projet de fabrication d’éoliennes marines plutôt en rade dans le port de Cherbourg et finit par dire que le financement des études pour la future « chatière » entre la darse de Port 2000 et l’intérieur du port du Havre est une bonne chose. Ah quand même…
Puis, il s’inquiète: « en 2016, le trafic des grands ports maritimes normands de l’Axe Seine a baissé de 2,4%. Michel SEGAIN, le président d’Haropa (sic!) pousse un cri d’alarme ! On propose en réponse, une politique de gribouille: fusionner les ports avec l’argent de la région tout en dédouanant l’Etat de ses responsabilités financières, notamment sur le dragage du chenal de la Seine. Il ne faut pas gérer au fil de l’eau »… Justement, l’eau, Gribouille connait bien!
Le maire de Dieppe, Sébastien Jumel ne pouvait que rebondir en prenant un ton solennel pour dire l’essentiel:
« Nous constatons l’humiliation technocratique des territoires. Un fou furieux est devenu président des USA. Le champion de la droite prône la rigueur pour tous sauf pour lui-même et sa famille. La vraie politique ce n’est pas ça. Gouverner ce n’est pas culpabiliser les modestes. Ce n’est pas renoncer à corriger les inégalités territoriales. Le SRADDET est un nouvel outil pour la région et c’est bien: nous sommes en Normandie et l’aménagement du territoire est notre affaire mais cela ne doit surtout pas dire que ce n’est plus celle de l’Etat! J’entends dire que l’Etat n’est plus qu’un bal de limousines noires dont on ne peut plus rien attendre. Il ne faut pas renoncer: soyons fiers d’être normand pour obtenir le désenclavement et une meilleure attractivité avec le concours de l’Etat stratège. On est tous d’accord avec cela. Par exemple: la normandisation des emplois, on est d’accord mais elle va butter contre l’Europe néo-libérale qui nous impose sa directive sur les emplois détachés. Il nous faut un Etat stratège sur lequel nous appuyer: la Normandie reste sans TGV. Les jeunes Normands n’ont pas accès à l’offre « TGV Max » réservée aux jeunes. Le Paris-Dieppe a été supprimé pour saluer l’arrivée dans les bureaux parisiens de la SNCF un ancien président de région. Nous avons la chance en Normandie d’avoir un magnifique maillage de villes moyennes: c’est la raison pour laquelle on supprime les écoles d’infirmières et les hôpitaux de proximité et que les finances des départements et des communes sont asphyxiées. Où est passé l’Etat stratège?
La carte régionale des formations manque d’ambition par rapport au profil industriel et maritime de la Normandie. Où est l’ambition énergétique régionale? Le CESER doit être saisi pour en faire la prospective. Face au gâchis d’Aréva passé à la moulinette de la mondialisation financière que fait-on? C’est stratégique pour l’avenir de la Normandie. Pour faire vivre les régions, il faut un Etat stratège qui puisse coopérer avec les régions. Dire: l’Etat est mort vive les régions ça ne marche pas. Non! Il faut réagir aux côtés de l’Etat car ce qui est régional est national et vice-versa. Surtout en Normandie. »
En tant que chef du groupe majorité régionale dans l’Assemblée normande, David Margueritte distribue ses réponses aux uns et aux autres:
A Mme Sanchez, il propose de revenir sur le terrain des vaches normandes. A un NMR ayant la mémoire courte et qui s’interrogeait sur l’éventuelle acrimonie d’Hervé Morin contre les Haut-normands, il propose de se souvenir de ce que le Haut-normand qu’il fut a fait ou n’a pas fait pour les ex Bas-Normands… Ambiance. Il précise que le CESER n’est pas ignoré et qu’il est régulièrement saisi par le président de région.
Concernant le passage de Bernard Cazeneuve à Bayeux et à Rouen venu nous annoncer un ratapoil de plus dans un CPIER Vallée de Seine passablement sous-doté, Margueritte tonne: « Le bilan de François Hollande sur l’Axe Seine est calamiteux: il nous avait promis en 2012 le démarrage des travaux de la LNPN avant la fin de son mandat et l’effet d’éviction de plus d’un milliard d’euros généré par le très coûteux canal seine Nord Europe offert à Martine Aubry fait qu’il n’y a plus assez d’argent pour les projets normands » (On dirait que Monsieur Margueritte a lu l’Etoile de Normandie et qu’il s’est renseigné auprès de quelques uns de nos amis normands…).
Margueritte réplique aussi sèchement à NMR: « Hervé Morin, président de la Normandie est un élu national présent en Europe et à l’international. Vous voulez une Normandie invisible? Vous auriez fait la même chose. Il faut bien qu’un président de région soit à Paris pour avoir des contacts, plutôt bons d’ailleurs, avec une majorité gouvernementale socialiste… »
A Nicolas Bay, renvoyé à ses chères études de rhétorique sur l’art du paradoxe: « Vous voulez faire rayonner la Normandie mais votre patronne veut supprimer les régions. Dites-moi comment vous voulez vous y prendre? »
Et de poursuivre:
« Sébastien Jumel a raison. Nous vivons une époque troublée. Mais je voudrais le rassurer sur la carte des formations: nous allons visiter à partir d’avril 2017 tous les bassins d’emplois normands pour recenser les besoins des entreprises et construire un programme de formations spécifiques pour les chômeurs normands (Il ne faudrait pas que David Margueritte oublie, cependant, l’évidence: dans un bassin d’emploi il n’y a pas que des employeurs, il y a des employés aussi…)
Et pour finir de clouer le bec au rossignol, David Margueritte ne fera aucune fleur en terminant sa tirade sur la question du cumul des mandats aussi largement pratiqué au Parti socialiste avec Monsieur Travert, à la fois député et conseiller régional (l’intéressé proteste du fond de la salle) ou en citant le cas emblématique du Sénateur Didier Marie qui est passé par tous les étages du millefeuilles territorial de la République en confondant, bien souvent, les planchers et les plafonds.
Et de conclure: « la Normandie a besoin de grands débats sur le fond ».
On est bien d’accord et sur l’Etoile de Normandie vous pourrez toujours en trouver…
Vient, ensuite, l’exposé des divers rapports concernant les diverses politiques publiques normandes inscrites à l’ordre du jour et au vote de l’assemblée plénière:
Nous avons assisté aux échanges et aux votes concernant:
– La revitalisation des centres des villes moyennes et des bourgs normands. Rapport de Guy Lefrand.
– La nouvelle politique régionale normande de soutien à la recherche scientifique et à l’enseignement supérieur. Rapport de Françoise Guégot.
Guy Lefrand, le maire d’Evreux sait de quoi il parle quand il s’agit de reconquérir les centres des villes moyennes et des bourgs normands, notamment ceux qui ont subi la reconstruction d’après l’urbicide de la Libération de 1944. Le maillage urbain normand est exceptionnel par sa densité, c’est l’armature même de notre région et cela devrait être sa principale force. Mais les centres villes, notamment ceux de la Reconstruction se dévitalisent tant au niveau des logements que du commerce. Le bâti des années 1950 s’est déqualifié ou banalisé faute d’intérêt ou d’entretien tandis que l’offre commerciale périphérique n’arrête pas de s’étendre car c’est moins cher et plus accessible. Les centres commerciaux périphériques attirent maintenant des services qui autrefois étaient concentrés dans les centres villes: les entrées de villes s’enlaidissent, les terres agricoles sont bétonnées et les paysages se dégradent. (constat lucide qu’il faut pousser jusqu’au bout: la qualité paysagère est au coeur même de l’identité normande et de son attractivité touristique. Il faudrait que les élus locaux normands soient plus conscients de la nécessité d’entretenir et de valoriser la qualité patrimoniale, architecturale et paysagère de leurs villes pour éviter leur banalisation afin d’en faire à nouveau des destinations touristiques comme c’était le cas… avant 1944: il faudrait, par exemple, que M. Guy Lefrand fasse en sorte que l’ancien théâtre à l’italienne d’Evreux ne soit plus une… ruine!)
Le plan régional de revitalisation des centres villes va comporter cinq volets:
1) Développer une ingéniérie intercommunale pour gérer la revitalisation des centres des villes moyennes de la Normandie rurale
2) Financer des grands chantiers de rénovation et de restauration de l’architecture de la Reconstruction ( ex: colorisation des façades): le fonds friches de l’EPFN (Etablissement Public Foncier de Normandie) va investir dans les îlots urbains dégradés pour créer des logements.
3) Faciliter, simplifier les projets de réhabilitation de l’architecture des années 1950. Mise aux normes en accessibilité et en isolation. Arrêter la dénaturation et la banalisation de ce patrimoine notamment dans ses éléments décoratifs (ex: portes et fenêtres ou volets typiques remplacés par du PVC à volet roulant électrique)
4) Lutter contre la dévitalisation commerciale des centres villes en facilitant le portage foncier et financier des projets ou de l’activité existante grâce à des contrats entre le conseil régional et toutes les EPCI normandes.
5) Cibler les quartiers de gare qui sont souvent dégradés (ex: Caen) et la préservation du cadre de vie, espaces publiques, reconversion des friches.
Et Guy Lefrand, élu de l’Eure de conclure en disant:
« La Reconstruction des années 1950 concerne pratiquement toutes les villes de la Normandie. Mais il faut dire que l’ex région Basse-Normandie a été plus imaginative et intéressée par cette problématique typiquement normande que l’ex Haute-Normandie en mettant en oeuvre une contractualisation complète entre l’Etat, l’ANAH, l’ADEME, la Caisse des Dépôts,l’EPFN… Cette politique intelligente bas-normande va donc être généralisée à toute la Normandie ».
On pourrait penser que l’ancienne vice-présidente aux finances de l’ex Basse-Normandie, Gaëlle Pioline serait sensible au compliment. Eh bien non:
« Quoi de neuf dans ce plan? Il ne s’agit que d’une opération de communication!’
Mais, une fois de plus, le maire de Dieppe, Sébastien Jumel fait entendre sa musique particulière:
« Je ne suis pas d’accord. Comme Guy Lefrand, je suis maire d’une ville moyenne normande et comme lui j’affronte les réalités. Les villes moyennes normandes sont victimes du retrait de l’Etat et de ses services (ex: la loi Dati sur les tribunaux, la RGPP, la question des sous-préfectures et des bureaux de poste). Tout va aux métropoles. Après il ne faut pas s’étonner que cela vote Front National sur nos territoires et qu’il y ait des jalousies. Les villes moyennes fabriquent pourtant la richesse de notre région. Dans le Pays de Dieppe, 24% du PIB se fait encore dans l’industrie. La vallée de la Bresle fait 90% du flaconnage de luxe mondial. Là encore, la région ne pourra pas faire grand chose seule: il lui faut le soutien de l’état stratège. La reconquête des gares c’est bien mais à condition qu’il y ait au préalable une reconquête ferroviaire et l’achèvement du désenclavement routier. Un aménagement du territoire équilibré ne peut se faire qu’avec le concours d’un état central qui protège. Le Front National est contradictoire car il siège dans ce qu’il veut supprimer. Je vais voter le rapport présenté par Guy Lefrand. »
Les élus écologistes annoncent qu’ils vont aussi soutenir le rapport Lefrand:
Laëtitia Sanchez prend la parole en dépeignant le paysage national de la déprise commerciale des centres des villes moyennes françaises en présentant à l’assemblée les constats d’un livre récemment publié par le journaliste Olivier Razemon: « Comment la France a tué ses villes? »
Le taux moyen national de vacance commerciale dans les centres villes est à 10%. Une étude récente de l’Inspection générale des finances a montré que nous étions dans une surcapacité de l’immobilier commercial par rapport aux chalandises disponibles en population et en pouvoir d’achat. Les seuls centres villes qui s’en tirent sont ceux qui ont la chance et eu l’intelligence d’être des destinations touristiques. Le bilan démographique de la ville centre est souvent négatif alors que celui du péri-urbain est positif. Cela accentue l’étalement urbain et la confiscation des meilleures terres agricoles. Et Laëtitia Sanchez de proposer: « Le tout nouveau SRADDET qui doit piloter l’aménagement du territoire normand ne doit pas oublier cette problématique. Il faut dénoncer la complaisance des commissions départementales d’urbanisme commercial qui ont autorisé deux millions de mètres carrés supplémentaires en 2016 avec un taux d’avis favorable à 59%. »
Et de préciser cette réalité indiscutable avec une étude rouennaise plutôt paradoxale quant à la perception des réalités par les commerçants et par les clients du centre ville: 78% des commerçants pensent que leurs difficultés proviennent de la difficulté à se stationner en ville… Mais seulement 21% des clients qui, eux, mettent en avant le manque de qualité urbaine (le bruit, l’enlaidissement des architectures et des espaces publics, la propreté, les ruptures dans la déambulation…)
« Il faut donc mettre le paquet sur la qualité urbaine surtout lorsqu’il s’agit de la Reconstruction des années 1950 ».
Bien entendu, le Front National a une toute autre explication:
Monsieur Emmanuel Camoin, tête chenue, ose: « Ce mal ville vient surtout des ghettos communautaires qui gonflent avec la déportation des flux migratoires en provenance de Calais! » (sic!) . On bétonne aussi à outrance les terres agricoles alors qu’il y a de nombreux locaux vides et de nombreux services publics qui disparaissent. La répression féroce du stationnement automobile dans le centre ville fait fuir les clients vers les centres commerciaux de la périphérie. »
Puis il lache: « … Mais on va quand même voter de projet minimaliste. »
Sébastien Jumel se fait un devoir de lui répondre:
« La Poste prévoit la suppression de 8000 bureaux de poste dans cinq ans. Une étude récente a corrélé la suppression des services publics avec le vote pour le Front National. Il faut d’urgence renoncer à cette austérité! »
Mais c’est Rodolphe Thomas, le maire d’Hérouville Saint Clair où les commmunautés culturelles et ethniques sont nombreuses qui se charge de répondre à l’élu frontiste sur le fond: « Vous faites preuve d’une méconnaissance totale quand vous parlez de ghettos communautaires. La région a l’attention de s’occuper de toutes les agglomérations urbaines normandes. Le vrai sujet c’est qu’on a laissé faire pendant ces vingt dernières années, l’étalement commercial à la périphérie de nos villes. »
Laurent Beauvais se souvient de l’existence d’un programme européen spécialisé nommé URBAN qui pourrait contribuer efficacement au financement de la revitalisation urbaine normande.
Frédéric Sanchez, président de la métropole de Rouen et qui n’avait pas encore parlé, prend la parole. Hervé Morin l’écoute alors avec attention:
« Je trouve que ce plan manque tout de même d’ambition en dépit du recours à l’EPFN qui travaille à l’échelle de toute la Normandie car il y a un angle mort à savoir la politique de renouvellement des grands ensembles en périphérie des grandes agglomérations normandes, comme celle de Rouen. »
Nicolas Bay, frontiste, se fait franc tireur:
« Mais cette bien mal nommée politique de la ville est un lamentable échec sauf pour entretenir un communautarisme électoral »
Jumel renvoie la balle: « Quand votre candidate se ballade dans un petit village de l’Eure planquée derrière une armée de crânes rasés, c’est vous qui faites du communautarisme électoral. » (rires dans la salle). Et de préciser: « Il est important de ne pas distinguer l’urbanisme d’avant 1944 ou d’après: il faut traiter le problème de cette déprise urbaine globalement. Je salue le travail du maire d’Evreux ».
Guy Lefrand reprend la parole pour préciser qu’il y a tout de même une spécificité liée à l’urbanisme des années 1950 qui est celle des co-propriétés qu’il faut parfois totalement reconstruire (ex: Caen île Saint Jean). A Laurent Beauvais, il précise que le fonds URBAN n’existe plus depuis 2006 et qu’il a été intégré dans les fonds FEDER sous le nom d’URBAN II (On voit que Laurent Beauvais suit bien ses dossiers). A Frédéric Sanchez, Guy Lefrand explique: « s’il y a un angle mort c’est que l’Etat est trop lent dans le cadre de l’ANRU. Nous allons donc développer la contractualisation entre la région et toutes les EPCI concernées à commencer par la métropole de Rouen pour aller plus vite ».(Le grand manitou de la métropole de Rouen a semblé être satisfait de la réponse).
VOTE: FAVORABLE (abstention du groupe Front National)
Pour finir, quelques échos du dernier débat auquel votre citoyen normand dévoué aura pu assister: il s’agit de la présentation de la toute première politique normande dans le domaine sensible et stratégique de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur dans le cadre du nouveau schéma régional qui vient d’être élaboré.
Rapport présenté par Françoise Guégot:
L’objectif principal poursuivi est triple: simplification des procédures (il n’y aura plus que trois dispositifs: deux pour la recherche et un seul pour les établisements). Confirmation et augmentation de l’accompagnement financier des projets. Financement de 90% des thèses par allocations doctorales chaque année soit 8 millions (comme en 2016). 16 millions seront consacrés une vingtaine de projets structurants notamment dans un domaine où la Normandie universitaire était encore un peu en retard: l’internationalisation des masters.
Dans le cadre de la démarche globale d’attractivité et d’intelligence territoriale normande, cinq réseaux d’intérêt normands ont été identifiés: les sciences humaines; Terre et Mer; Normandie digitale; bio-matériaux; énergies renouvelables.
Et Françoise Guégot de conclure que le projet normand en matière de recherche scientifique et d’enseignement supérieur se plaçait surtout dans la continuité de l’existant mais dans le cadre nouveau de l’attractivité régionale.
Alors que nous étions, quelque peu sur notre faim, à l’écoute de ce rapport quelque peu pressé et superficiel puisque la problématique fondamentale de l’avenir d’une gouvernance normande d’une décentralisation scientifique en Normandie a, semble-t-il, échappé à Madame Guégot, j’espérais bien qu’un élu véritablement intéressé par ce sujet si essentiel allait intervenir et faire les critiques nécessaires…
Du haut de mon balcon de verre, je vis alors la lueur rouge du micro de Laurent Beauvais qui demande à prendre la parole. J’attends avec intérêt son intervention car s’il y a bien, authentiquement, un spécialiste de la recherche scientifique en Normandie c’est bien l’ancien président de l’ex région Basse-Normandie qui a fait du bon travail pour défendre, par exemple, le développement du Grand Accélérateur National d’Ions Lourds, établi depuis les années 1980 sur le plateau universitaire du Nord de Caen.
Laurent Beauvais, grand naïf normand
Et comme tous les lecteurs de l’Etoile de Normandie (qui ne perdent pas leur temps à lire Ouest-France qui n’en parle toujours pas, pas plus que Paris-Normandie, d’ailleurs…) savent ce qui se trame en ce moment du côté du GANIL, j’espérais bien que Laurent Beauvais allait, enfin, en parler…
Voici, en substance et d’après mes notes personnelles, le propos de Laurent Beauvais (seul le prononcé faisant foi…):
« Parler de recherche normande est absurde. Il ne faut pas mettre de l’attractivité régionale à tous les étages. Quand vous parlez de recherche fondamentale à l’étranger, les scientifiques n’ont que faire de savoir si la recherche est normande ou non. La recherche n’est pas régionale mais elle s’organise dans le cadre de grandes coopérations interrégionales: avec l’Ile de France par l’Axe Seine, avec le Centre Val de Loire. Par exemple: l’antenne de sciences-po à Caen dépend de la Bretagne… »
La dernière phrase est terrifiante par sa naïveté!
Bien entendu qu’il faut coopérer avec les régions voisines, à commencer avec la région parisienne, pour faire de la recherche scientifique fondamentale en Normandie ! Personne ne dira le contraire et Sébastien Jumel l’a très justement dit plus haut: ce qui est régional est national et vice-versa. Mais tout l’enjeu est de savoir qui coopère avec qui, comment et pourquoi pour éviter que la coopération en matière de recherche scientifique cela soit:
« Passe moi ta montre normande qui fonctionne aux ions lourds caennais et je te dirai l’heure sur le plateau de Saclay ! »
Aborder la coopération scientifique avec lucidité (une démarche d’intelligence territoriale) c’est tout simplement éviter que le peu de matière grise de haut niveau présente en Normandie ne soit définitivement siphonnée par la région parisienne ou les métropoles voisines de notre région.
CONCLUSION sur ces tribulations d’un citoyen normand lors d’une réunion plénière du conseil régional de Normandie:
La société civile est autonome et elle en sait autant que ses élus qui décident pour elle: Brisons le plafond de verre qui sépare les citoyens du pouvoir qui se fait pourtant en leur nom!
Tandis que Laurent Beauvais déroulait ses naïves évidences, je bouillonnais et tout en bouillonnant, j »écrivis une petite note synthétisant la situation en cours au GANIL (projet de fusion avec l’IRFU Plateau de Saclay dans le cadre du schéma stratégique de développement de la Vallée de la Seine, prise de contrôle par le CEA et risque d’un transfert de la gouvernance du GANIL normand vers la région parisienne).
Comme en bas, devant la barrière de verre qui sépare le monde des hommes normaux (les citoyens normands) des hommes « augmentés » (nos élus) le cerbère africain était toujours là, j’interpellai une employée du conseil régional que je connaissais:
« vous avez accès aux élus qui sont dans la salle?
« Oui.
« Pourriez-vous porter ce billet à Monsieur Laurent Beauvais de ma part? Il me connait. »
A peine Laurent Beauvais avait-il terminé son intervention qu’un appariteur surgi de la tribune du fond de l’hémicycle s’approcha de lui pour lui remettre en mains propres mon petit papier.
Il le lut attentivement. Puis leva les yeux et me chercha du regard dans la tribune du « public ». M’ayant trouvé, je lui fis un signe de la main.
Son regard posé sur moi ne dura qu’un instant mais il fut intense… Comme un grand point d’interrogation conclu par un sourire énigmatique.
Il plia ma petite note en deux et la glissa sous le brouillon de son intervention posé à sa gauche devant son fauteuil. Puis il prit son smartphone en mains et consulta ses messages.
Et le citoyen normand que je suis osa alors se poser la question suivante:
En savais-je plus que lui?
- Plènière du Conseil régional de Normandie à Caen, le 6 février 2017, revue de presse:
- La feuille d’informations Normandie XXL vous propose une analyse complète du premier budget primitif normand (2017):
http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1977
Politique -
Laurent RIDEL: UNE HISTOIRE DE LA NORMANDIE REVOLTEE. Pourquoi les Normands sont-ils « violemment modérés »?
Une récente étude historique proposée par l’historien Laurent RIDEL et consacrée à une très intéressante histoire des révoltes et des rébellions en Normandie et dont il propose la présentation sur le site de Normandie actu (à lire ci-après), nous donne l’occasion de revenir sur les caractères et les origines de l’identité normande…
L’octroi de la « charte aux Normands » en 1315 par le Roi de France Louis X le Hutin: la base d’un véritable « patriotisme constitutionnel » normand avant l’heure…
Aux origines d’une certaine mentalité politique normande, résumée par le mot fameux du sociologue et historien havrais André Siegfried dans une célèbre conférence sur la « pyschologie du normand » (1955), « les Normands sont violemment modérés » (citation par erreur souvent attribuée à Tocqueville), on trouvera les valeurs et les principes du DROIT NORMAND qui, par une longue pratique qui perdure à Jersey et Guernesey, a crée une mentalité normande spécifique et très exigeante sur deux points essentiels:
1) le respect et la défense du droit et des droits individuels
2) le dégoût et le rejet de tout arbitraire et de tout abus de pouvoir
Avec deux expressions normandes qui l’expriment parfaitement:
Pour le premier point:
« C’est mon dreit et j’y ti » (cf aussi la devise de la monarchie anglaise: « Dieu ET mon droit »)
Pour le second:
« Sire de sei! » qui veut dire: « Seigneur de soi-même »
Cela donne un goût plus assuré et plus ferme en Normandie que partout ailleurs en France pour l’Etat de droit, l’Etat au service du droit (et non l’inverse) et pour le respect de la liberté et des libertés individuelles.
Car on peut considérer que le droit normand est à l’origine du libéralisme politique dans l’histoire occidentale tout comme il serait à l’origine de notre état de droit moderne en ce sens que le duc-roi de Normandie et d’Angleterre était au service du droit à la différence du souverain en France qui de Philippe Auguste à Nicolas Sarkozy (voire au delà…) agit comme un empereur romain: le droit public ou privé n’est pas autonome, il n’est qu’un instrument de la politique menée par le souverain qui, comme vous vous en doutez tous, ne poursuit que l’intérêt général.
En Normandie dès le XIe siècle sont définis: un droit à la paix publique interdisant l’usage des armes sur la voie publique. Un devoir d’assistance à personne en danger (la clameur de Haro). Un droit à la rébellion locale contre l’arbitraire de l’Etat (droit qui sera utilisé en 1215 en Angleterre contre Jean Sans Terre). Un droit de contrôle de l’activité de l’administration ducale et royale par les administrés. L’interdiction de la torture dans l’enquête judiciaire, la fixation des frais de procédure en rapport avec la fortune des justiciables. Etc…
On raconte aussi cette anecdote rapportée par le magistrat et historien Mézeray voyageant entre Caen et Alençon au XVIIe siècle: près d’Argentan, au bord de la route, il vit un jeune berger qui au lieu de surveiller ses moutons lisait attentivement un gros livre. Intrigué, le magistrat fait stopper son équipage et vint à la rencontre du jeune pâtre. (on remarquera qu’à cette époque, tout le monde savait lire en Normandie).
– Que lisez-vous?
– Le grand coutumier de Normandie monsieur!
– Mais vous voulez embrasser la carrière juridique jeune homme?
– Oh surtout pas monsieur! C’est qu’il y a peu, j’ai hérité d’un bout de terrain de feu mon oncle et je veux connaître mes droits!Et Mézeray de conclure qu’il était peut-être plus facile à un Normand de changer de religion (catholique ou protestant) que de changer de loi!
Cette mentalité si particulière forgée par un droit normand qui fait actuellement l’objet d’un projet de classement au patrimoine mondial de l’UNESCO, est très certainement la base de l’identité normande qui n’a rien d’identitaire au sens étroitement et banalement ethnique ou communautaire du mot: l’identité normande n’est pas un essentialisme, à savoir, être plus normand que les autres parce que j’aurais du sang scandinave dans les veines, mais un existentialisme bâti sur un monument juridique qui a défié les siècles et qui invite à être plus soi-même grâce au bien public normand hérité de l’Histoire.
Pour en savoir plus:
CONFERENCE DE L’UNIVERSITE POPULAIRE DE CAEN
mardi 25 avril 2017 à 18h00 auditorium du musée des beaux arts de Caen, entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles.
« L’identité normande, un existentialisme »
Lire aussi:
« la région, de l’identité à la citoyenneté » Paris éditions Hermann 2016
« Normandie constitutionnelle » actes du colloque de Cerisy 2006 éditions économica
« La Normandie c’est maintenant, boîte à outils de construction territoriale » aux éditions Les Milléniaux, janvier 2017
http://www.normandie-actu.fr/histoire-normandie-petites-batailles-grandes-revoltes-normands-sont-ils-rebelles_253848/comment-page-1/#comment-285437
Histoire. De petites batailles en grandes révoltes : les Normands sont-ils des rebelles ?
L’historien, Laurent Ridel revient sur les petites et grandes révoltes qui ont pu agiter l’Histoire de la Normandie. Objectif : savoir si les Normands sont bel et bien rebelles.
Mise à jour : 05/02/2017 à 08:49 par La Rédaction
La révolte des Nu-pieds. Gravure issue de l’ouvrage Histoire de France, par François Guizot, 1875
Prudence, tempérance et réserve collent comme autant d’étiquettes au caractère normand. Depuis le Moyen Âge, de multiples révoltes secouent la Normandie. Qu’est-ce qui pousse ses paisibles habitants à crier publiquement leur colère, voire à sortir leurs armes ?
L’autodéfense paysanne
Pendant la guerre de Cent Ans, dans les années 1430 précisément, les paysans normands sont exaspérés par des groupes de soldats qui vivent sur le pays.
Les Anglais occupent alors la Normandie sans être toujours capables de faire régner l’ordre et la sécurité dans les campagnes. Or, le problème vient notamment de leurs propres troupes : des déserteurs anglais s’organisent en bande pour piller maisons et villages. En réaction, les paysans s’arment afin de se défendre contre leurs exactions.
On retrouve le même type de mobilisations pendant les guerres de Religion à la fin du XVIe siècle. Les Gauthiers désignent d’abord des paysans du pays d’Ouche et du pays d’Auge qui prennent les armes contre des soldats pillards.
Ces mouvements ne peuvent pas être qualifiés de rébellions puisqu’à l’origine ils ne visent pas l’autorité légitime. Cependant, le peuple des campagnes s’enhardit parfois jusqu’à se mêler de politique. Les Gauthiers finissent par se rallier aux Ligueurs, une des factions en lutte pendant la guerre de Religion. Cette limite franchie, l’armée royale les massacre en 1589.
Excédés par la rapinerie des soldats, les paysans peuvent s’armer contre eux. Estampe de Jacques Callot, La revanche des paysans, 1633.
Les résistances politiques
Au XIXe siècle, malgré les nombreux changements de régime (chute de l’empire napoléonien, révolutions de 1830, 1848 et 1870), les Normands affichent une indéboulonnable passivité. Globalement, ils ne se battent ni pour hâter la déposition d’un tyran, ni pour défendre l’empereur abdiquant ou le roi chassé.
Si on remonte le temps, leur légendaire modération laisse parfois place à des épisodes de violence. Pendant la Révolution, la Normandie est terre de la chouannerie. Des prêtres constitutionnels et des notables républicains sont assassinés. Des bandes de chouans s’infiltrent dans les villages à la recherche de nourriture et d’argent.
Le problème avec cette révolte, proche de la guérilla, est de saisir les motivations fondamentales des rebelles. Si officiellement ils se battent pour la monarchie et la défense de la religion, certains chouans semblent animés par un esprit de banditisme et de hors-la-loi.
Mêmes difficultés d’interprétation lors de la guerre de Cent Ans, pendant les décennies d’occupation anglaise (1417-1450). Depuis les travaux de Roger Jouet, on considère les attaques normandes contre les Anglais en Pays de Caux, ou en Basse-Normandie comme les manifestations armées d’une résistance patriotique face à l’envahisseur. On s’interroge aujourd’hui sur le sens de ces actes. Loin d’avoir des motivations politiques, certains « résistants » agissent tels de simples larrons et de brigands des bois.
Une barricade contre les émeutiers rouennais en juin 1848. Ils contestent la répression de l’insurrection ouvrière à Paris. Le reste de la Normandie reste calme.
Des émeutes récurrentes
La faim pousse aussi les Normands à la révolte. Une hausse des prix du blé les fait sortir dans la rue et envahir les marchés. Ce type d’émeutes se produit encore en 1847. À Lisieux, les habitants se regroupent près de la halle, menacent de tuer un boulanger qui vend trop cher le pain, saccagent sa boulangerie et imposent un prix plus modéré. Aux gendarmes et aux gardes nationaux accourus les disperser, les Lexoviens répondent par des jets de pierre.
Ces difficultés à se nourrir sont aggravées par le poids de la fiscalité. Les impôts commencent à peser lourdement sur les Normands à partir de 1350, quand le financement de la guerre de Cent Ans oblige les rois à remplir massivement les caisses.
Dès lors, les révoltes antifiscales se multiplient ; la plus célèbre révolte normande relève justement de ce type. En 1639, dans l’Avranchin, les Nu-pieds se rebellent après la suppression d’un privilège fiscal sur la vente du sel (le quart-bouillon). Les mois passent et la sédition s’étend sans que les autorités locales ne réagissent vigoureusement. Le roi Louis XIII clôt la jacquerie en envoyant ses propres troupes qui battent les Nu-pieds aux portes d’Avranches.
Une révolte originale
Ces différentes contestations, banales, ne distinguent en rien la province des autres régions françaises. Une spécificité normande réside par contre dans la révolte des bouilleurs de cru en 1935.
En Normandie, des centaines de milliers d’agriculteurs ou de propriétaires produisent traditionnellement du calvados, l’eau-de-vie de pommes. Depuis 1875, ces bouilleurs de cru bénéficient du privilège de produire une certaine quantité d’alcool sans payer une taxe dessus. Jusqu’à la suppression temporaire de cette franchise le temps de la Première Guerre mondiale.
Mais le provisoire dure malgré le retour de la paix. En 1935, affectés par la crise économique, les bouilleurs de cru exigent avec force le rétablissement du privilège. Des manifestations immenses envahissent les bourgs et les petites villes du Bocage comme Saint-Hilaire-du-Harcouët. Les producteurs descellent les bondes de leurs alambics afin de distiller à leur guise. Des agents de la Régie des alcools, chargés du contrôle de la production, sont molestés ou séquestrés.
Selon le mot du sous-préfet d’Avranches, la région de Mortain et de Domfront vit « une véritable révolution ». Les esprits se calment après l’envoi de gendarmes et de gardes mobiles et de modestes concessions gouvernementales.
Des Normands plus agités que d’autres
Globalement considérés réservés ou prudents, tous les Normands sont-ils à mettre dans le même sac ?
L’historien Jean Quellien remarque une inclinaison multiséculaire des gens du Bocage à la contestation violente et illégale. Occupant l’angle sud-ouest de la Normandie, le Bocage normand s’étend autour des villes d’Avranches, de Mortain, de Domfront, de Vire, de Coutances et de Saint-Lô. C’est dans ce secteur que la révolte des Nu-pieds commence, que la chouannerie est la plus active, que les bouilleurs de cru protestent avec le plus de virulence. En 1789, c’est la seule région de Normandie où les paysans se lancent à l’attaque de châteaux. En 1906, le refus de la séparation de l’Église et de l’État tourne là-bas à l’affrontement lors des inventaires des biens ecclésiastiques par les agents du fisc.
Les habitants du Bocage font preuve d’une attitude plus radicale, plus extrémiste que leurs voisins normands. Ils hésitent moins à sortir de la légalité dans une Normandie qui traditionnellement respecte la loi et l’ordre.
À l’autre bout de la Normandie, les gouvernants surveillent Rouen comme le lait sur le feu. Depuis le Moyen Âge, la capitale normande accueille une grosse population remuante d’artisans et d’ouvriers. Dès la fin du XIIIe siècle, se succèdent des « émeutes », des « tumultes » ou des « harelles » comme le surnomment les textes de l’époque. À chaque fois, le pouvoir royal pend les meneurs. Au XIXe siècle, l’industrialisation des vallées environnantes (Robec, Cailly) étend l’agitation à la banlieue.
Défilé des ouvriers grévistes de Flers en 1907. Une des plus longues grèves en Normandie. (Carte postale)
L’évolution de la contestation
Avec l’industrialisation, les conflits se centrent surtout autour du travail. Les ouvriers, de plus en plus nombreux, se battent contre les diminutions de salaire ou pour de meilleures conditions (journées de 10h puis de 8h). Jusque là souvent absentes, les femmes entrent dans la contestation. Ne forment-elles pas le gros de la main-d’œuvre des usines textiles ?
Face à l’inflexibilité des patrons, les combats des travailleurs échouent en majorité. En 1907, malgré environ 100 jours consécutifs de grève, les tisserands de Flers obtiennent de très maigres concessions. Notons que Flers est une ville du Bocage…
Au cours de l’époque contemporaine, la contestation s’est pacifiée. Mis à part la Résistance pendant la dernière guerre, les Normands ne prennent plus les armes ; ils agissent par des grèves et des manifestations qui généralement se déroulent dans le calme à l’image de mai 1968.
On se bat pour conserver ses revenus comme les agriculteurs ou pour conserver son emploi à l’exemple des salariés de la Société Métallurgique de Normandie de 1991 à 1993 puis de ceux de Moulinex en 2001.
Incontestablement, au fil des siècles, les Normands se sont mobilisés pour se défendre contre les pillages des soldats, contre la rapacité des gens du fisc ou la cupidité des patrons. Plus qu’ailleurs ? P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non.
Commentaire de Florestan:
La fameuse formule emblématique de la mentalité normande « ptêt ben qu’oui, ptêt ben qu’non » que l’on prend pour de l’indécision ou, pire, pour de la rouerie provient tout simplement de la pratique concrète d’une disposition du droit normand qui reconnaissait à tous un délai de réflexion avant tout engagement définitif dans un contrat, assorti d’un droit de rétractation. C’est le temps nécessaire pour murir sa réflexion avant tout engagement définitif et c’est une belle définition de la démocratie participative ou de cette maîtrise d’usage citoyenne qui nous fait si cruellement défaut dans cette France jacobine centralisée et autoritaire toujours tentée par les fausses solutions de l’arbitraire !
Et pour le plaisir, on vous propose de lire André SIEGFRIED lui-même dans le texte:
http://www.normandieweb.org/histoire/psynormand.html
Texte extrait d’une conférence donnée à Rouen le 4 février 1955, par l’académicien Normand André Siegfried
La psychologie du Normand est un ensemble de traits conjugués qui forment un tout entièrement original.
Le Normand parait être avant tout un réaliste qui a le sens d’un intérêt matériel. Mais en même temps, et ce n’est pas contradictoire, c’est un homme (ou une femme) qui a horreur des abstractions et qui a un sens extraordinaire des nuances. Ceci l’amène à posséder un libéralisme foncier, en ce sens qu’il n’est jamais un fanatique et qu’il déteste les doctrinaires et les fanatiques. Ceci l’amène aussi par fidélité à l’expérience et par habitude à être un homme qui a le sens de la durée, qui aime la valeur du temps. L’une de ses plus charmantes qualités est d’être fidèle. Et puis, c’est la contradiction la plus étonnante, c’est un homme d’un individualisme un peu jaloux qui est remarquablement égalitaire et qui, cependant, a le respect des hiérarchies établies. Voila l’ensemble du Normand. Maintenant, reprenons ces différents points.
Réalisme et sens de la conservation
Parlons d’abord du réalisme et de l’intérêt matériel. Le Normand a le respect de ce qui dure et surtout de ce qui a prouvé sa capacité d’être et de durer. Pour être respecté par le Normand, il faut montrer qu’on est capable de continuer. Par conséquent le Normand ne respecte les gens et les choses qu’au bout d’un certain temps. Ceci l’amène à être naturellement conservateur, encore qu’il ait, et ceci est très important, le goût du risque et de l’aventure; mais il n’est jamais réactionnaire. Le Normand n’est ni réactionnaire, ni révolutionnaire. Il est comme un Anglais. Il sait qu’il y a un certain nombre de choses qui méritent d’être conservées et il ne peut être conservateur que parce que lui-même a quelque chose à conserver. Par conséquent, ce conservatisme est un sens de gouvernement. Le Normand sait que la nature elle même est conservatrice.
Horreur des abstractions et un sens des nuances
Le Normand n’aime pas les doctrinaires. Oh! il est capable d’avoir des doctrines! C’est un excellent juriste. Il raisonne très bien. Il a été romanisé, comme nous le disions tout à l’heure. Mais il n’aime pas les doctrinaires ou plus exactement, il n’aime pas la logomachie. La logomachie du politicien français ne lui plaît pas. C’est pourquoi, en politique, si des horsains réussissent parfois, c’est tout de même exceptionnel. Il y a un certain langage du Normand, une certaine façon de parler qui exclut la logomachie. On aime les faits plus que les principes.
Les Normands ont des principes, naturellement, mais je ne crois pas qu’ils aiment les principes. Je pense qu’ils raisonnent en fonction de l’événement, comme les Anglais, et qu’ils aiment s’adapter aux circonstances. Ainsi arrivent-ils à une qualité tout à fait remarquable, qu’il possèdent tous (et quand il ne la possède pas, ce ne sont pas des Normands): ils ont le sens de la relativité, le sens de la nuance. Ce sont des opportunistes pour cette raison: ils savent très bien que la vérité n’est jamais toute entière du même côté. Je crois que c’est la Rochefoucauld qui a dit que les querelles s’arrangeraient plus facilement si les torts étaient tous d’un même côté.
Le Normand sait très bien que personne n’a raison et qu’il y a des torts de tous les côtés. Par conséquent, il ne peut pas raisonnablement être fanatique à l’encontre de quelqu’un parce qu’il se rend compte, qu’ après tout, son adversaire pourrait avoir raison. Ceci explique que le Normand aime se réserver, qu’il aime réserver sa liberté en ne se livrant pas, en ne ce prononçant pas, avec une certaine méfiance qui n’est pas seulement le fait des fermiers normands, comme on le dit, mais le fait de tous les Normands; une bonne et saine méfiance, parce que les gens ne sont pas sérieux, parce qu’il se trompent.
Il faut donc se méfier des gens et cela va dans le sens du droit romain et du droit civil qui ne font pas confiance parce que, après tout, les gens ne sont pas tous bons… Observons aussi cette conquête de la civilisation normande qui s’est exprimée dans la façon dont le Normand se comporte vis-à-vis des choses. N’est-elle pas saisissante la formule fameuse, légendaire probablement, mais combien vraie: « pour une année où il y a des pommes, il n’y a pas de pommes; pour une année où il n’y a pas de pommes… » Il n’y a qu’en Normandie qu’on puisse dire cela. Ailleurs, on le dit, mais on le cite, on ne le dit pas du fond du coeur. Et puis quand le Normand vous dit « P’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non », comme c’est vrai ! c’est toute la philosophie, c’est toute la sagesse, c’est tout Montaigne. Et pourtant Montaigne n’était pas Normand: il aurait mérité de l’être.
Libéralisme et sens de l’indépendance
Nous arrivons maintenant au troisième point qui est le libéralisme. Le Normand est essentiellement libéral parce qu’il a le sens de l’indépendance. Quand on a le sens de l’indépendance, on respecte celle des autres en même temps qu’on ne veut pas se laisser dominer par les autres. On joint à ce sentiment de libéralisme l’amour de l’ordre et la haine du désordre, le goût de l’autorité mais non celui de la tyrannie, d’aucune tyrannie.
Fidélité et sens de la durée
De ce sentiment du libéralisme et de ce sentiment de la conservation, vous arrivez tout naturellement, au sens de la durée et de la fidélité. Le Normand n’aime pas changer. Il aime s’accoutumer aux figures et une fois qu’il y est parvenu, il lui déplaît d’avoir à faire de nouvelles connaissances. Le Normand n’abandonne pas ses amitiés. Il aime conserver ses associés. Sa fidélité est une forme sentimentale de son conservatisme et le conservatisme, qu’en France on considère souvent comme un défaut, devient ici une des plus séduisantes qualités de toute la race. Remarquez que tout ceci coïncide avec le sentiment égalitaire qui traduit dans les faits l’horreur que le Normand a d’être dépendant. Parce qu’il aime l’égalité, il résiste instinctivement à qui veut s’imposer, mais il respecte les autorités établies… »
Politique -
SERQUEUX/GISORS. Nos élus et nos ingénieurs sont NULS en démocratie: vers un Notre Dame des Landes normand?
Sur l’Etoile de Normandie nous suivons depuis plusieurs mois la colère brayonne contre le manque de démocratie d’usage dans le dossier sensible et essentiel de la ligne de fret ferroviaire du Serqueux-Gisors indispensable pour le désenclavement du port du Havre vers la région parisienne et l’Est: ce dossier résume, à lui tout seul, les impérities normandes:
1) Manque de vision globale et de long terme: le projet a été saucissonné pour des raisons financières et politiques. La liaison Gisors- Cergy-Pontoise posant encore plus de problème que la partie normande et brayonne du projet. Sachant, en outre, que le plus pertinent aurait été de relier Le Havre à Tergnier-Metz via Amiens pour brancher le grand port maritime normand au coeur de l’Allemagne rhénane. Le port du Havre ne doit plus avoir seulement la région parisienne comme terminus.
2) Mépris pour les usagers et les riverains de la part des grands élus et les hauts-fonctionnaires qui « bouinent » ce dossier depuis des années pour le résultat que l’on sait: c’est dramatique mais c’est ainsi, un Alain Le Vern ou un haut-fonctionnaire de RFF ou de Sncf Réseaux ne savent pas ce que « maîtrise d’usage » démocratique veut dire!
3) Manque de portage politique et financier de la part de la principale collectivité territoriale concernée, à savoir, la Normandie en l’absence, aussi d’un lobby maritime normand capable de relayer régulièrement et efficacement les intérêts des grands ports maritimes normands. On dira simplement que ce n’était pas possible avant 2016 puisque la région Normandie n’existait pas. Avant il y avait le potentat demi-régional haut-normand Le Vern et sa vision bornée par la Picardie et le Val d’Oise, tandis que du côté du Havre, depuis le départ d’Antoine Rufenacht, on ne peut pas dire qu’Edouard Philippe a fait « le job »: quand on fait l’amuseur chez Ruquier on n’a pas le temps de se salir les mains pour pousser des gros trains de fret sur les rails!
Alors il reste Hervé Morin qui, dans des déclarations récentes, a bien cerné le double aspect du problème:
1) l’acceptabilité sociale et politique du projet de ligne fret Serqueux-Gisors par les riverains brayons en mettant 4 millions sur la table pour mettre l’huile indispensable dans des rouages prêts à se gripper: Bernard Cazeneuve, l’autre jour à Rouen, a annoncé une rallonge budgétaire pour financer la déviation routière de Gournay. Ce n’est pas suffisant. Il faut obliger l’Etat à faire un plus gros effort sur le Serqueux-Gisors pour permettre le financement de tous les équipements d’accompagnement (ex: remplacement de tous les passages à niveaux supprimés par des tunnels ou des ponts; mettre en place les murs anti-bruit partout où c’est nécessaire…)
2) Concentrer les investissements à venir sur le désenclavement du port du Havre vers le fleuve (ex: la chatière et écluses à moderniser) et vers le fret ferroviaire avant l’inauguration du futur canal Seine Nord Europe: ça nous laisse à peine dix ans! Et il faudrait au moins un milliard d’euros pour faire ces travaux. Pour mémoire, Hervé Morin avait déclaré ceci: « Le canal Seine Nord ne peut pas se faire au détriment d’un grand port de Normandie et de France. Oui à sa réalisation si l’Etat met les investissements qu’il faut pour assurer le développement du port du Havre. Sinon, il représente un risque majeur » pour l’avenir de près de 30000 emplois normands (c’est nous qui ajoutons).
Le travail d’Hervé Morin va consister à à regonfler un CPIER Vallée de la Seine sous doté voire à plat sur des sujets aussi importants que le contournement routier de Rouen ou le Serqueux-Gisors: la pommade cherbourgeoise n’ayant qu’un effet placebo comme les autres pommades… du côté de Rouen!
Sauf qu’il ne faudrait pas qu’Hervé Morin perde son sang-froid et fasse du… Le Vern dans ce dossier qui a besoin d’avancer avec les moyens financiers supplémentaires car, dans le Pays de Bray, personne n’est contre le principe de sauver l’avenir du port du Havre et de respecter l’environnement en mettant les conteneurs sur des trains:
Le vrai responsable de nos difficultés brayonnes et normandes c’est l’actuel locataire de l’Elysée qui a ouvert grand toutes les vannes financières pour ses amis nordistes. Résultat? Il n’y a plus de pognon pour les projets normands!
Lire l’article complet proposé par Paris-Normandie qui reprend, par ailleurs, l’un de nos titres récents sur ce sujet qui mériterait d’être placé au coeur de l’actualité régionale normande:
Vers un Notre-Dame-des-Landes normand ?
Publié 03/02/2017Mise à jour 04/02/2017
Au passage à niveau 41, ce sont pour l’instant les trains de voyageurs qui croisent les panneaux anti-fret (photo Boris Maslard)
Agnès Canayer, sénatrice LR de Seine-Maritime, adjointe au maire du Havre
Michel Lejeune, maire LR de Forges-les-Eaux et conseiller départementalNotre débat. Lancée fin 2010, la modernisation pour le fret de la ligne Serqueux-Gisors déchaîne les passions le long de son tracé. Le bras de fer menacerait de faire dérailler le projet. Vraiment ?
«La desserte ferroviaire, ce n’est pas Serqueux–Gisors, c’est le contournement de Paris permettant d’aller à la conquête de l’Est », devait dire Hervé Morin le 5 septembre 2015 à la Fête de la pomme d’Épreuville-en-Lieuvin. Alors candidat à la présidence de la Normandie, il s’opposait à ce projet enclenché par Alain Le Vern et défendu par Nicolas Mayer-Rossignol, socialistes. Élu depuis, il a changé d’avis. Il a salué le 29 novembre 2016 « une avancée capitale pour les ambitions portuaires normandes », après la signature de la déclaration d’utilité publique (DUP) par les préfets de Seine-Maritime, de l’Eure et de l’Oise.Un énième changement d’aiguillage dans un dossier qui marche à vue, sur lequel Hervé Morin n’a pas voulu s’exprimer.La modernisation de la ligne Serqueux-Gisors a commencé par la reprise du trafic voyageurs fin 2013. La seconde étape consiste en l’électrification du tronçon, fermé de 2009 à 2012, pour qu’il accueille du fret. Avec deux objectifs : mieux desservir le port du Havre et désengorger l’axe historique Le Havre-Rouen-Paris. « Assurer une meilleure connectivité entre les ports et l’hinterland », promettent ses défenseurs, reprenant le jargon du transport maritime désignant l’arrière-pays.
Plus de trains, moins de camions, pour un port dont 85 % des containers transitent par la route. « De 60 trains par semaine aujourd’hui, nous passerons à 25 par jour », compte Jean-Baptiste Gastinne, vice-président LR de la Région en charge des transports. « Pas d’un coup, il y aura une montée en puissance, avec d’abord dix trains par jour. » À Rouen vendredi, Bernard Cazeneuve a réitéré l’importance de ce « projet stratégique, condition du développement des ports du Havre et de Rouen ». « Les travaux débuteront prochainement », s’est engagé le Premier ministre.
Initialement prévue pour la fin 2017, la finalisation est maintenant reportée à 2020. Avec de multiples inconnues. « Si la DUP est rejetée, le projet ne se fera pas », craint Jean-Baptiste Gastinne. Il se déclare « très attentif » sur la question des financements. L’Union européenne doit injecter 71 millions d’euros, soit un quart du projet.
Le hic ? Ce chèque européen, promis dans le plan de relance signé par la Commission européenne en 2014, est conditionné à la réalisation des travaux avant 2020. « Il y a un risque important », admet Jean-Baptiste Gastinne, aussi élu havrais.
Ce qui le pousse à sortir les crocs : « Les élus des communes qui s’opposent à ce projet d’intérêt régional ne peuvent espérer attendre le soutien de la Région pour d’autres projets sur leurs territoires, que nous étudierons avec un œil nouveau ». Une menace à laquelle Michel Lejeune, maire de Forges-les-Eaux, a réagi, « estomaqué ». « Cela ressemble à du chantage, je n’ai jamais vu ça ! », fustige l’élu, assurant qu’il « ne changera pas d’avis ».
Il avait déjà été ciblé par Hervé Morin, après avoir déposé un recours au tribunal administratif : « Je saurai m’en souvenir », intimidait le président normand le 20 janvier. Une épée de Damoclès pécunière qui amène d’autres élus locaux à adopter « une démarche politique et non judiciaire ». C’est le cas d’Alexandre Rassaert, maire LR de Gisors. Si son conseil municipal a délibéré à l’unanimité contre la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors le 23 avril 2016, pas question de déposer un recours. « Je comprends l’intérêt régional mais les Gisorsiens doivent en tirer un intérêt aussi, et ne pas seulement voir passer le train », équilibre l’édile, soutien d’Hervé Morin pendant sa campagne. Une requête entendue par la Région, qui s’est engagée à financer la rénovation de la gare de Gisors « à hauteur de 20 millions d’euros ». En plus de ça, l’institution régionale a promis de mettre des fonds dans « un terrain de football synthétique, la rénovation du château… ». Ce qu’Alexandre Rassaert définit comme « des contreparties indirectes » tout en assurant comprendre « le rapport procédurier de certaines communes ».
Au moins une quinzaine de recours, en contentieux ou gracieux, ont été déposés contre la DUP au tribunal administratif de Rouen ce 18 janvier, par des communes, des associations et des particuliers. Et pas qu’entre Serqueux et Gisors. Un collectif d’élus du Val d’Oise s’est dressé contre le projet, accompagné du Collectif alerte riposte fret, qui rassemble des associations de défense, en Normandie et en Île-de-France. Une opposition qui a fait réagir Valérie Pécresse, présidente francilienne LR. Elle s’est engagée à financer 25 millions d’euros « d’aménagements et de murs antibruits » sur son territoire. D’abord hostile, la région parisienne a assuré qu’elle ne s’opposerait pas au projet, « s’il se fait », doutait Valérie Pécresse lors d’une rencontre avec Hervé Morin à Gaillon, le 12 janvier.
Un doute qui, malgré la confiance affichée par les défenseurs de cette ligne, s’instillerait jusqu’au sommet de l’État, créancier pour un tiers des travaux. Lors d’une réunion consacrée au projet, à l’automne, Ségolène Royal aurait partagé sa crainte « d’un nouveau Notre-Dame-des-Landes ». Ces paroles, rapportées par le président de l’Union maritime et portuaire du Havre, Michel Segain, lors de ses vœux, n’ont pas été confirmées par le cabinet de la ministre de l’Environnement. « Aucun risque ! », balaie Jean-Baptiste Gastinne. « Contrairement à NDDL, ici il n’y a pas de terrain à défendre. » Les opposants apprécieront.
Comme alternative au passage du fret entre Serqueux et Gisors, ces derniers militent pour le choix de rénover la ligne passant par Amiens. « C’est une idée, pas un projet », repousse Jean-Baptiste Gastinne. « Il y en a besoin aussi, ce serait complémentaire, pas alternatif. C’est un grand Serqueux-Gisors qui coûterait à la louche 700 millions d’euros. Nous n’avons pas les financements. »
Pas question donc de se lancer à la conquête de l’Est, le « combat » qu’Hervé Morin voulait mener dès son élection.
La fermeture des passages à niveau, c’est « la mort de Ferrières »
REPORTAGE. « Nous sommes un village d’irréductibles brayons », revendique Philippe Patris. Conseiller municipal de Ferrières-en-Bray, il se bat contre « l’hérésie » du projet de modernisation de la ligne Serqueux-Gisors. Il a rejoint Denis David, président de l’Association ferriéroise de défense de l’environnement, dont il fait partie, et Jean-Marc Wissart, de l’association Voies et Voix en Pays de Bray, chez ce dernier, le jeudi 26 janvier. Dans son salon aux allures de quartier général, il revient sur la lutte que mènent les opposants à ce projet. « Ils veulent fermer les PN 40, 41 et 42, cela va créer une frontière entre Ferrières et Gournay-en-Bray ».Les PN, passages à niveau, sont le premier point d’achoppement d’une longue liste. « Cela va couper nos villes en deux, hallucine Jean-Marc Wissart, séparer le sud où sont les commerces, et le nord ». Il pointe une autre conséquence, moins évidente : « les pompiers volontaires de Ferrières ne pourront plus l’être, puisque la fermeture des passages à niveau les empêchera de rejoindre la caserne de Gournay dans les temps ». Sans compter le « mur de la honte ». Deux murs antibruit longs de 800 mètres longeront la voie, pour espérer réduire la pollution sonore du passage de trains de 750 mètres jusqu’à 25 fois par jour. « Il me faudrait deux jours pour tout vous expliquer », assure Jean-Marc Wissart, qui se bat contre ce projet depuis octobre 2012.Pour compenser, une déviation doit être créée, qui traverserait la zone industrielle de Ferrières. « Déjà que nos usines ferment ou n’embauchent plus, on va en plus les encombrer avec une départementale, sur laquelle devront passer voitures, camions et les engins agricoles ! », vitupère Philippe Patris. « Ce projet emmerde tout le monde, tout le long de la ligne. Il n’a d’intérêt que pour Le Havre ! » Il a lancé, à titre personnel, un recours gracieux contre la déclaration d’utilité publique du projet, signée par les préfets des départements concernés le 18 novembre dernier. « Sans savoir ce qu’ils faisaient », ricane le conseiller municipal. « Ce n’est pas la première fois que des préfets autorisent des choses sans savoir… Vous savez, Papon ne savait pas ce qu’il faisait non plus ! », ose-t-il.Avec les opposants, cela fait longtemps que le point Godwin est atteint, théorie selon laquelle « plus un débat s’éternise, plus il est probable d’y trouver une référence au nazisme ». Philippe Patris prévient : « C’est un Notre-Dame-des-Landes en puissance ici, tous les éléments sont réunis. On ne fume pas de cigarettes qui font rigoler, mais on est structurés, on se défend ». Sans s’avancer sur d’éventuelles actions en préparation. « Il est trop tôt. »L’impossibilité du dialogue se confirme le soir même. Un « atelier de travail » (sic!) est organisé par SNCF Réseau en mairie de Ferrières. Deux mondes s’y opposent. D’un côté, sur trois petites tables, une quinzaine d’habitants. De l’autre, les représentants de SNCF Réseau, du Département et du cabinet d’études Era. Ces derniers ont demandé aux riverains de plancher sur le tracé prévu de la future départementale.Quand un agriculteur impacté déplore « la destruction de mon outil de travail », un ingénieur routier voit lui dans ces terrains expropriés « une formidable opportunité urbaine ».Tous ceux présents ont un bout de cette route sur leur terrain. « Sachez que la municipalité est contre ce projet », a posé d’emblée Marie-France Devillerval. Maire divers droite depuis 2008, cette fille de cheminot « se lève, vit et se couche SNCF », tant ce projet l’obsède. « Nous ferons tout pour qu’il ne voit pas le jour », affirme-t-elle. « Nous n’avons rien contre le train, quand il s’agit de voyageurs », assure la maire. « M. Le Vern (ex-président PS de la Haute-Normandie) nous avait promis plus de trains pour que nos habitants puissent aller travailler à Paris en laissant leurs voitures, c’était formidable ».En 2011, les communes avaient délibéré en faveur du projet, sous sa première forme. « Une fois que nous avions dit oui, on nous informe de la fermeture des passages à niveau et des travaux pour le fret ! » Sans obtenir davantage de trains de voyageurs. Quatre trains, vers Serqueux et Gisors, s’arrêtent en gare de Gournay-Ferrières, « à des horaires insensés ».Pendant que la maire rappelle la genèse des tensions, les habitants ont fini de travailler sur le tracé de la nouvelle route. Avec toujours la même conclusion : « On ne veut pas que les passages à niveau ferment ». Anne-Pascale Patris, la femme de Philippe, accuse les représentants du projet « de les avoir pris pour des enfants de cinq ans » en « jouant les professeurs », dénonçant un simple « travail de communication ». La bonne volonté affichée des promoteurs du projet n’aura rien changé. Sadirith Pheng, chef de projet, se défend : « Oui, il y a des nuisances, je n’ai rien à cacher, mais on peut discuter pour les minimiser. La SNCF n’y gagne rien, au contraire ».Exactement comme les habitants de Ferrières-en-Bray.S. L.L’intérêt économique à l’épreuve de la colère locale
Est-ce nécessaire de moderniser la ligne Serqueux-Gisors alors que le fret maritime venant du Havre ne cesse de chuter ?Agnès Canayer : « Il est vrai qu’il y a aujourd’hui une crise économique mondiale, donc une baisse des échanges commerciaux. Mais justement, plus le port du Havre sera relié à l’hinterland, plus il pourra capter du trafic et être performant. Encore faut-il que cela soit respectueux de l’environnement, il est donc vital de développer ferroviaire et fluvial. L’objectif est de 25 trains par jour, ce n’est pas beaucoup. Tout dépend de la manière dont ces trains s’insèrent dans les communes concernées. »Michel Lejeune : « Tout le monde est d’accord pour développer le port du Havre, mais ce projet détruit des maisons, ferme des passages à niveau indispensables à l’économie locale. Imaginez, 25 trains d’un kilomètre de long, de jour comme de nuit ! Ici, tout le monde est catastrophé. Ce projet paraît vital pour les Havrais. Ils ont une belle ville et un grand port, mais ça ne justifie pas de saccager nos communes ! »D’autres itinéraires ne sont-ils pas envisageables ?A.C. : « Les sillons actuels, via Rouen ou Amiens, sont bouchés. L’objectif de cette modernisation est aussi de développer l’axe Seine. Le tronçon Serqueux-Gisors permet de désengorger l’itinéraire Le Havre-Rouen-Paris, saturé parce que voyageurs et fret roulent dessus. C’est en contournant Rouen par le nord qu’on peut densifier le trafic. »M.L. : « Il aurait été plus logique d’utiliser les lignes de fret existantes vers Amiens. Cela aurait aussi permis de relier plus facilement Le Havre aux lignes ralliant la Belgique et l’Allemagne. Et vers Amiens, ça ne gêne personne ! Certes, cela prend plus de temps, mais est-ce que c’est vraiment un problème de perdre une demi-journée quand la marchandise prend des semaines à être acheminée depuis la Chine ? »Déjà en retard de deux ans sur le calendrier initial, pensez-vous que le projet se fera ?A.C. : « C’est un dossier clé de ma mandature. Je suis confiante dans l’engagement des élus régionaux en sa faveur. C’est normal que les élus locaux utilisent tous les recours à leur disposition. Il faut trouver un équilibre entre l’intérêt économique du territoire et celui des communes impactées. La question est difficile, d’où ces discussions qui ont retardé le projet. »M.L. : « Je n’ose pas imaginer que cela arrive… Je suis quelqu’un de bon sens, je souhaite donc que le bon sens triomphe. J’espère qu’il y a encore des gens qui défendent vraiment les citoyens. Nous avons déposé notre dernier recours au tribunal administratif lundi dernier. Il peut annuler la déclaration d’utilité publique et abandonner le projet. Sinon, il nous restera le Conseil d’État. Ce sera la dernière chance. »Une « zone à défendre » type Notre-Dame-des-Landes est-elle possible ?A.C. : « Je ne pense pas que l’on puisse comparer NDDL et ces travaux. Certes, il y a des réticences et des craintes, mais les discussions sont encore ouvertes. Les élus et responsables locaux ont conscience des enjeux pour leurs territoires. Il faut échanger pour les faire accepter. »M.L. : « Nous n’en sommes pas encore là, mais il y a une vraie colère locale. Quand le commissaire enquêteur est venu, il a reçu des sacs entiers de doléances écrites par les gens concernés, qu’il n’a pas lues, puisqu’il a émis un avis favorable. Il faut se mettre à la place des habitants ! »
Commentaire de Florestan:Ce qui est rapporté ci-dessus par le journaliste de Paris-Normandie est consternant: nos grands élus et nos grands ingénieurs sont vraiment NULS en… démocratie! Le jacobinisme français est en panne. Et d’autant plus que la finance publique qui lubrifie les rouages du jacobinisme français se fait rare quand elle n’est pas raréfiée par des arbitrages politiciens faits en haut lieu: François Hollande ouvrant toutes les vannes budgétaires pour le canal Seine Nord de Martine Aubry a provoqué l’assèchement financier des projets de l’Axe SEINE quand bien même il soit labellisé « priorité nationale » dans des discours et des colloques officiels d’enfumage à Rouen et au Havre.La colère citoyenne (et non pas seulement et stupidement « nimbyste ») du Pays de Bray est la première conséquence concrète de ce bilan DESASTREUX de François Hollande dans la Normandie qu’il a pourtant décidé de réunifier en 2014.La monarchie présidentielle jacobine de la 5ème République est donc à abolir et je suggère à nos grands élus et à nos haut-fonctionnaires ingénieurs d’aller en … Hollande et à Rotterdam faire un voyage d’étude pour observer le fonctionnement normal d’une démocratie de la maîtrise d’usage: c’est, en effet, par les décisions d’un débat public réunissant tous les usagers et tous les riverains du port de Rotterdam, débat prescriptif et évolutif qui a duré plusieurs années, que le projet d’extension du plus grand port d’Europe (Maasvlakt 2) a été conçu parce que, là-bas, les ingénieurs et les élus ne prennent pas ceux qui ne le sont pas pour des… cons!Politique -
Discours de Bernard CAZENEUVE à Rouen le 3 février 2017 célèbrant l’ENJEU NATIONAL de la Seine maritime normande
Comme le rappelle la formule consacrée: « seul le prononcé fait foi »…
Discours du Premier Ministre
Sur le développement de la Vallée de la Seine
Rouen, 3 février 2017
Mesdames les ministres, chère Estelle GRELIER,
Chère Valérie FOURNEYRON,
Madame la Préfète,
Mesdames et messieurs les parlementaires,
Monsieur le Président du Conseil départemental
Monsieur le Maire,
Monsieur le Vice-président du Conseil Régional,
Monsieur le Président de la Métropole
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,
Nous sommes ici au cœur d’un port en plein développement.
La visite que je viens d’effectuer du nouveau silo « Maison Bleue » du groupe BEUZELIN, l’avait montré. Cet investissement majeur – réalisé par un groupe familial parvenu au troisième rang des collecteurs français de céréales – témoigne de la confiance des entrepreneurs rouennais dans les perspectives du port de Rouen, leader européen en matière d’exportation de céréales. Nous avons œuvré, depuis 5 ans, à développer ses nombreux atouts.
Ce port est le cœur battant d’une Métropole qui s’est engagée, avec l’Etat, dans une stratégie ambitieuse de reconquête du fleuve.
Mais ce site est aussi le signe d’une dynamique plus large : celle de l’aménagement de la Vallée de la Seine. Depuis 2012 cette démarche unique en France par son ampleur a franchi, grâce au soutien constant du Gouvernement, en partenariat avec les régions normande et francilienne, des étapes véritablement décisives.
***
Le Grand port maritime de Rouen est aujourd’hui un atout majeur pour le rayonnement agricole et maritime de la France. S’il a subi récemment les conséquences d’une forte chute de la production céréalière française, j’ai souhaité par ma présence vous assurer de la mobilisation du Gouvernement, mais aussi de sa confiance dans son potentiel futur.
Nos exportations de céréales devraient, vous le savez, s’établir cette année autour de quatre millions de tonnes, contre près de sept millions en moyenne. Cette situation affecte l’ensemble de la filière fluviale et portuaire. C’est pour cette raison que le Gouvernement a élaboré un plan d’action pour soutenir les entreprises fragilisées par cette crise, en mobilisant l’ensemble des partenaires du secteur dont les banques. .
Je tiens cependant à affirmer la conviction de l’Etat que cette difficulté conjoncturelle n’affecte en rien la compétitivité structurelle du port de Rouen : il restera le premier point d’exportation de céréales en Europe de l’Ouest. Les opérateurs rouennais disposent d’importantes capacités de stockage, des cadences de chargement les plus performantes d’Europe et d’un savoir-faire inégalé dans la logistique des produits agricoles.
Ces difficultés conjoncturelles ne doivent pas masquer non plus la reprise économique que l’on constate en Normandie.
La baisse du chômage y est remarquable : – 4,6 % sur un an. C’est le résultat de notre stratégie, associant au « Plan 500 000 formations » le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : 84 000 entreprises normandes ont bénéficié à ce second titre de 910 millions d’euros. Ainsi Renault, le premier employeur de Normandie, peut-il aujourd’hui embaucher à Cléon et à Sandouville.
Cependant, comme le soulignait en juillet dernier le rapport parlementaire de Valérie FOURNEYRON et Charles REVET, l’effort de l’Etat à l’égard de ses grands ports s’était relâché ces dernières années, au point de fragiliser leur compétitivité face à leurs concurrents d’Europe du Nord.
Ce retard se rattrape désormais : le port de Rouen a engagé un programme ambitieux d’investissement de près de 200 millions d’euros, cofinancé par l’Etat, la Région, la Métropole et l’Union européenne. En gagnant un mètre de tirant d’eau d’ici fin 2018, l’objectif est d’accueillir des navires plus gros et plus chargés, notamment pour les céréales.
Il faut aller plus loin. A la suite au Comité interministériel de la mer du 4 novembre dernier, le Gouvernement a décidé d’accroître sa participation au dragage des voies d’accès aux ports. 26 millions d’euros ont été engagés en 2017, dont 9 millions reviendront au Grand port maritime de Rouen.
Le rôle de l’Etat, c’est encore d’accompagner les investissements structurants pour le Port. Nous l’avons fait au travers du contrat de plan Etat–Région et du contrat de plan interrégional. Je pense en particulier à la contribution de 4 millions d’euros qu’apportera l’Etat pour le dock flottant de réparation navale.
*
Bien plus qu’un équipement moderne, le port est le cœur de l’agglomération de Rouen. Il peut devenir la clef de votre développement.
Il était donc naturel que nous placions la Seine au centre du Pacte métropolitain signé entre l’Etat et la métropole le 25 novembre dernier. Je tiens à saluer Madame la secrétaire d’Etat, chère Estelle GRELIER, qui en avez assuré le pilotage.
Le premier objectif du Pacte d’innovation est la reconversion des friches industrielles de Rouen.
La réindustrialisation réussie de l’ancien site PETROPLUS doit nous servir d’exemple.
C’est une opération de dépollution – réindustrialisation parmi les plus ambitieuses de France. Moins d’un an après la fermeture de la raffinerie, faute de repreneurs fiables et durables, ce projet prenait forme. Je veux saluer l’action de l’Etat, mais aussi la détermination qu’a montré Guillaume BACHELAY pour structurer un projet crédible et pour faire venir des industriels. Aujourd’hui, le nouveau parc industriel des Couronnes situé à Petit Couronne est devenue une réalité. J’ai d’ailleurs décidé, dans le cadre de l’avenant au contrat de plan (CPER) que je viens de signer à Bayeux, d’engager une aide supplémentaire à ce projet, en portant de 8 à 15 millions d’euros le budget des travaux de reconversion. Cela devrait permettre d’accueillir rapidement, après VALGO et BOLLORE ENERGIE, mais aussi EIFFAGE , de nouveaux industriels.
La Métropole rouennaise compte plus de 1 000 hectares de friches industrielles. Le pacte accélère leur conversion : je pense à la presqu’île du Rollet, reconvertie en parc urbain et laboratoire écologique, à l’aménagement de l’éco-quartier Flaubert ou encore aux travaux au Sud du pont Flaubert.
Notre deuxième objectif est de concilier développement économique et excellence environnementale. Nous devons démontrer qu’il est possible de préserver dans les métropoles une qualité de vie satisfaisante. Pour lutter contre la pollution de la Seine, l’Agence de l’eau Seine-Normandie et la Métropole ont signé hier un contrat pluriannuel de plus de 200 millions d’euros d’investissement afin de moderniser le système d’assainissement de la métropole rouennaise. Nous allons enfin accroître nos efforts pour la préservation de la biodiversité. J’entends également la demande de créer un Etablissement public territorial de bassin sur l’aval de la Seine afin de mieux coordonner l’action des pouvoirs publics. Nous devons y travailler.
Pour soutenir ces orientations, l’Etat a déjà engagé 7,4 millions d’euros. Je suis heureux de vous confirmer que ce financement sera augmenté d’un million d’euros pour financer le projet, développé en lien avec Transdev, de développement du véhicule électrique autonome.
*
Mais la dynamique de Rouen et de son port s’inscrit désormais dans une stratégie globale : celle du développement de la Vallée de la Seine.
Ce projet repose sur deux idées simples : la première est qu’il n’y a pas de ports puissants sans liens étroits avec leur zone de chalandise. Il fallait donc rapprocher Rouen et Le Havre de l’agglomération parisienne. La seconde idée, raisonnant à l’inverse de l’amont vers l’aval, est que le rayonnement mondial du Grand Paris passe par l’affirmation de son ouverture maritime.
La Seine était un lieu ; elle est désormais un lien.
Agir pour la Vallée de la Seine requiert donc avant tout de soutenir les ports normands afin qu’ils puissent accroître leurs parts de marché face à leurs concurrents d’Europe du Nord. Ce n’est pas seulement un enjeu régional : la France, première façade maritime d’Europe, ne peut se contenter d’être un acteur de seconde zone dans le domaine du transport maritime de marchandises. Premier ensemble portuaire français, en particulier pour les conteneurs, l’axe Seine doit reprendre des parts de marché à ses concurrents d’Europe du nord.
Depuis 2012, notre méthode a consisté à réunir autour d’un projet commun les principaux intervenants : les ports, bien sûr, les acteurs économiques, mais aussi les collectivités et les régions. C’est la mission qui a été confiée à la délégation interministérielle au développement de la vallée de la Seine. A sa tête depuis 2013, le Préfet François PHILIZOT – je tiens à le saluer ici – a réussi à passer d’une logique de coopération informelle à une vraie politique de développement.
Le rapprochement des 3 ports, au sein d’ HAROPA, créé dès 2010, a déjà permis des avancées importantes. La création d’une fédération portuaire de l’axe Seine, en 2015, par les communautés portuaires du Havre, de Rouen, de Gennevilliers et de Paris permet aux opérateurs économiques de mieux travailler ensemble. Elle gomme des frontières qui n’ont plus lieu d’être et suscite un véritable esprit de place qui autorise la conquête de nouveaux marchés.
Dans le cadre du Conseil de Coordination Interportuaire de la Seine (CCIS), nous souhaitons aller plus loin pour renforcer notamment les actions commerciales communes. Laissez-moi partager, cependant, une conviction : ce sont les projets, les actions communes qui créent des opportunités ; le débat institutionnel, que certains voudraient ouvrir dès aujourd’hui, viendra ensuite. Je suis pour ma part convaincu que l’intérêt national de ces infrastructures justifie que l’Etat continue de jouer son rôle pour porter le développement des ports. Cette conviction, je le sais, est partagée par les acteurs économiques.
Au-delà, la stratégie définie par l’Etat et par les deux régions pour renforcer l’axe Seine repose sur trois objectifs prioritaires : la gestion optimale de l’espace de la Vallée de la Seine ; la consolidation des fonctions logistiques grâce à une meilleure gestion des flux ; le développement, enfin, d’un tissu économique diversifié, avec ses pôles automobiles, aéronautiques et touristiques.
Pour atteindre ces objectifs, nous disposons de moyens financiers prévus par le contrat de plan interrégional : soit un engagement global de près d’un milliard d’euros, dont l’Etat apporte plus de 300 millions, et les deux régions presque autant. C’est ainsi le mieux doté des contrats interrégionaux conclus en 2015.
La masse principale des crédits – 600 millions d’euros – est évidemment allée aux infrastructures : la nouvelle ligne ferroviaire Paris-Normandie, l’ouverture au fret de la ligne Serqueux-Gisors, la modernisation et l’extension des terminaux havrais, l’approfondissement du chenal d’accès à Rouen, le nouveau port d’Achères et l’accueil des énergies renouvelables en mer à Cherbourg.
Permettez-moi de revenir sur les deux premiers chantiers, car ils sont essentiels et ils ont avancé à un rythme soutenu, grâce à la détermination de l’Etat.
S’agissant de la ligne nouvelle Paris-Normandie, le calendrier est tenu. Un nouveau comité de pilotage se tiendra le 28 février prochain afin d’analyser les zones de passage préférentielles. Pour Rouen, cela permettra d’avancer concrètement sur la nouvelle gare SAINT SEVER et le réaménagement de son quartier.
Le second projet stratégique est la modernisation de la ligne ferroviaire SERQUEUX-GISORS. Conformément aux engagements du Gouvernement, le projet a été déclaré d’utilité publique le 18 novembre dernier. Les travaux débuteront prochainement sous la conduite de SNCF Réseau. Cette ouverture d’un nouvel axe pour le fret ferroviaire conditionne le développement des ports du Havre et de Rouen.
En plus de ces grands travaux, nous avons, sans attendre, favorisé la modernisation des lignes existantes. La région Normandie est la première à avoir signé un accord avec l’Etat en vue de la reprise de l’organisation des trains Intercités, au premier rang desquels les deux lignes Paris-Rouen-Le Havre et Paris-Caen-Cherbourg que je connais particulièrement bien. Cet accord prévoit un investissement de 720 millions d’euros, porté essentiellement par l’Etat, pour le renouvellement complet des trains de ces deux lignes.
Dans le domaine portuaire, la stabilisation désormais bien engagée du nouveau terminal multimodal du Havre est une étape importante pour consolider l’activité de Port 2000.
Notre stratégie industrielle, enfin, doit permettre le développement dans la Vallée de la Seine d’un tissu économique diversifié. Le schéma stratégique et le contrat de plan ont identifié des coopérations propres à conforter les deux régions. Les avancées constatées dans le champ de l’automobile et de l’aéronautique illustrent cette méthode. Ainsi les organisations de la filière aéronautique normande, association Normandie Aérospace, et francilienne, pôle de compétitivité Astech, se sont-elles rapprochées.
Pour l’automobile, le pôle de compétitivité Movéo couvre de longue date Ile-de-France et Normandie. Il a décidé de s’appuyer en 2017 sur la dynamique de la vallée de la Seine pour en faire un territoire privilégié d’expérimentation en grandeur réelle du véhicule autonome et connecté.
Je crois également à l’importance du développement touristique. J’y suis largement revenu ce matin à Bayeux. Nous nous employons à mieux faire connaître les merveilles de cette vallée, qu’il s’agisse des villes d’art et d’histoire, dont votre Métropole est un parfait exemple, des paysages de l’Impressionnisme, des croisières fluviales ou encore du projet de la Seine à vélo. Ces projets permettent en outre de faire rayonner l’axe Seine dans toute la Normandie.
***
Mesdames et Messieurs,
La valorisation des atouts de la vallée de la Seine n’est pas un enjeu ordinaire. De la réussite de ce projet dépend à terme, non seulement la prospérité des habitants de cette ville et de cette région, mais aussi, dans une large mesure, la capacité d’attraction de l’économie nationale à travers son axe le plus dynamique.
Une telle ambition doit donc s’inscrire dans la durée, en surmontant les limites administratives habituelles. C’est ce à quoi le gouvernement s’est employé depuis cinq ans. Nous avons voulu préparer les infrastructures indispensables à moyen terme tout en améliorant sans tarder la qualité de nos services de transport. Il nous a fallu repérer les enjeux qui justifiaient une action conjointe avec les collectivités et créer les dispositifs adaptés à chacun d’eux.
Nous constatons aujourd’hui les premiers acquis de cet engagement collectif. Il nous appartient de poursuivre sans relâche cet effort au profit de la vallée de la Seine et des régions où elle se déploie. L’Etat stratège, parfois décrié aujourd’hui, me semble pleinement dans son rôle lorsqu’il porte une telle ambition et je me félicite qu’il ait su fédérer autour de ce grand projet autant d’acteurs, autant d’institutions et autant d’élus soucieux de l’intérêt général.
Je vous remercie.
Commentaire de Florestan:
Voilà un beau discours fort sympathique qui est, surtout, un satisfecit de l’action de la majorité gouvernementale en place et qu’il ne faut, évidemment, pas prendre pour argent comptant puisque sur le sujet essentiel, justement, le compte n’y est pas dans un CPIER de moins d’un milliard pour un enjeu National alors qu’on a réussi à trouver 5 milliards pour le Canal Seine Nord Europe qui va marginaliser l’Axe Seine normand sur son utilité logistique essentielle de fournir les marchandises de la mégalopole parisienne.
Quant au schéma stratégique associé au CPIER qui viserait, si l’on en croit Monsieur Cazeneuve, à « identifier les coopérations propres à conforter les deux régions », on pourra en douter si ces coopérations entre la Normandie et l’Ile de France consistent à mettre les pépites normandes dans les mains des orpailleurs parisiens à l’instar de ce qui se trame en ce moment au GANIL de Caen appelé à fusionner avec l’RFU du Plateau de Saclay sous l’autorité du CEA également situé sur ledit Plateau de Saclay.
Bref! s’il n’y a pas beaucoup de différences entre le prononcé du discours et son texte il est, en revanche, assuré qu’il existe un fossé large comme la Seine entre le discours et la… réalité!
Voir aussi le compte-rendu proposé par Normandie XXL:
« La journée normande de Bernard Cazeneuve: petite rallonge aux contrats »
http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1972
Politique -
IDEE REGIONALE, REFORME TERRITORIALE: LE GRAND IMPENSE DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES 2017
Jules Michelet et Fernand Braudel pourraient se réveiller et sortir bien en colère de leur repos éternel face au désolant dégât politique, symbolique et identitaire que provoque la réforme territoriale en cours en France, réforme menée en catimini pour des raisons essentiellement comptables et rationnelles, avec, à la manoeuvre, ce rationalisme typiquement français, sec et abstrait, qui avait déjà tenté de découper en 1789 la France en quatre-vingts carrés de quatre-vingts lieues de côté.
La République Française en sa 5ème version est toujours centralisée sur la région parisienne, toujours organisée de façon verticale sur un mode aristocratique voire oligarchique avec une démocratie représentative interminente: un ou deux votes tous les 5 ou 6 ans avec un choix citoyen encadré par une élite politico-médiatique parisienne qui, elle-même, ne saurait sortir du « cercle de la raison » tracé par une caste quasi inamovible de hauts fonctionnaires, d’ingénieurs et de financiers.
Depuis 2014 et la menace d’une sanction de la Commission européenne, l’actuelle majorité gouvernementale sociale s’est lancé dans un grand chambardement structurel des territoires de la République Française pour faire un grand chambardement dont le seul but était, pieux mensonge, de procéder à la fameuse baisse du déficit public exigée par la Commission européenne.
A-t-on une seule fois pensé à la question régionale pour justifier et conduire cette vaste opération qui laboure et maltraite nos territoires et leurs habitants?
Poser la question c’est déjà y répondre. La question régionale, ils s’en foutent, donc elle n’existe pas et, à l’instar d’un Napoléon conquérant de la Russie devant l’incendie de Moscou, nos réformateurs en chambre sous les ors de leurs bureaux parisiens, au dessus d’un coin de table, se disent: « l’intendance suivra… »
Eh bien! L’intendance n’a plus envie de suivre et de suivre qui que ce soit! Et on aurait bien tort à Paris de mépriser voire de nier la question régionale, un sujet totalement ou presque oublié dans l’actuelle campagne des élections présidentielles les plus déterminantes et les plus importantes depuis plus de 40 ans!
Il est, en effet, très regrettable que la question de la réforme de l’organisation territoriale de notre République ne soit abordée par deux caricatures sinon deux impostures:
Celle de François FILLON qui veut fusionner régions et départements et supprimer, de fait, la fonction publique territoriale.
Celle de Marine LE PEN qui, assumant son jacobinisme (contrairement aux autres), voudrait revenir au cadre napoléonien antérieur en supprimant les régions et plus de 40 années d’acquis de la décentralisation.
Alors on se tourne vers la Gauche (la vraie, pas celle qui fume et nous enfume au Centre) et les partisans d’une nécessaire « 6ème République »: mais cette 6ème République que chacun souhaite plus démocratique sera-t-elle encore jacobine ou sera-t-elle, enfin… girondine?
Poser la question c’est, là encore, y répondre!
Mais qui osera poser la question dans la campagne électorale en cours?
Jeudi 9 février 2017, à la Rochelle, l’hebdomadaire « Marianne » organise un colloque sur la Réforme territoriale dont l’argument est présenté dans son dernier numéro disponible (Marianne n°1036, du 3 au 9 février 2017) dont vous trouverez la copie ci-dessous agrémentée de nos commentaires:
Pour mémoire, à l’intention de ceux qui ne savent pas, qui l’ont su mais qui l’ont oublié ou qui ne veulent pas le savoir… Le régionalisme moderne français a été pensé aussi par la gauche de la 3ème République après le choc de la crise de la défaite de Sedan en 1871 et l’effondrement d’un régime autoritaire jacobin:
http://normandie.canalblog.com/archives/2015/03/03/31636651.html

Joseph PAUL-BONCOUR (1872 -1973)
Le fondateur du régionalisme républicain: une figure attachante à redecouvir!
Du côté des langues régionales de France, le dossier de la ratification de la charte européenne sur les langues régionales par le Parlement français, bouge encore. On notera que cette ratification était l’une des promesses du candidat Hollande en 2012: il reste encore trois mois pour la faire. Enfin, on notera que les langues régionales d’oïl, impensé dans l’impensé linguistique français, ne sont pas évoquées: les promoteurs et défenseurs du patrimoine linguistique normand vont devoir se débrouiller seuls, ce qu’ils font déjà.
C’est dommage car l’étude des racines linguistiques du Français pemettrait de mieux défendre notre langue qui s’avachie et se destructure dans le grand bain émoliant du « globish »!
On rappelera que la difficulté de cette ratification vient du fait que le Français est consacré comme langue officielle unique de la République Française dans son texte constitutionnel.
L’Assemblée adopte en première lecture la proposition de loi sur la promotion des langues régionales
Culture
Publié le jeudi 2 février 2017
Suite de l’épisode de la proposition de loi relative à la promotion des langues régionales. Les députés ont adopté le 31 janvier le texte de Bruno Le Roux, dont la discussion avait débuté l’automne dernier mais avait dû être interrompue faute de temps. Cinq jours auparavant, Najat Vallaud-Belkacem signait à Toulouse une convention visant au développement de l’enseignement de l’occitan.
Après un début d’examen interrompu après deux séances, faute de temps, le 30 novembre dernier, l’Assemblée nationale a achevé l’examen et adopté, le 31 janvier 2017, la proposition de loi relative à la promotion des langues régionales, déposée par Bruno Le Roux – alors président du groupe socialiste – et la quasi-totalité du groupe (pour le contenu du texte, voir notre article ci-contre du 13 octobre 2016). Cette adoption marque un nouvel épisode du feuilleton consécutif au rejet par le Sénat, il y a plus d’un an, de la proposition de loi constitutionnelle autorisant la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (voir nos articles ci-contre des 19 et 28 octobre 2015).
Subventions aux écoles privées et langue bretonne
En séance, les députés n’ont pas apporté de modifications significatives au texte d’origine, se contentant de précisions rédactionnelles avec seulement neuf amendements adoptés. A signaler toutefois : sans aller jusqu’à mettre en place la mesure, un amendement prévoit que le gouvernement remettra au Parlement, dans l’année suivant la date de promulgation de la loi, un rapport sur le financement des écoles sous contrat simple par les collectivités et leurs regroupements. L’idée est de réfléchir à l’élargissement, pour les collectivités qui le souhaitent, de l’aide à l’investissement pour la construction et à la rénovation de locaux mis à disposition des établissements privés laïcs pratiquant le modèle immersif d’enseignement d’une langue régionale.
Autre précision à signaler : un amendement prévoit que la diffusion par France Télévisions de programmes contribuant à l’expression des langues régionales se fasse sur l’ensemble du territoire dans lequel une de ces langues est en usage. Il vise plus particulièrement le cas de la Loire-Atlantique, qui n’est pas couverte par les émissions en breton de FR3 Rennes. Jusqu’à présent, France 3 fait valoir une impossibilité technique d’émettre sur le seul département de la Loire-Atlantique et non sur l’ensemble de la région Pays de la Loire.Un avenir incertain
Auparavant, la commission des affaires culturelles et de l’éducation s’était, elle aussi, contentée de modifications a minima, avec seulement quatre amendements rédactionnels ou de précision.
Si le texte a ainsi franchi sans encombre l’étape de la première lecture à l’Assemblée, son avenir semble toutefois très incertain. Compte tenu de l’approche des échéances présidentielles et législatives, la session ordinaire doit en effet s’achever à la fin du mois de février 2017. Un délai de quatre semaines déjà bien occupé et qui ne doit pas laisser le temps d’un examen par le Sénat – le gouvernement ne s’est d’ailleurs pas engagé à inscrire le projet de loi à l’ordre du jour du Sénat – et, moins encore, d’une très probable navette entre les deux assemblées.Une convention pour développer l’occitan
Quelques jours auparavant, le 26 janvier, Najat Vallaud-Belkacem s’était rendue à Toulouse pour signer une « convention cadre pour le développement et la structuration de l’enseignement contribuant à la transmission de l’occitan ». La convention couvre les ressorts des académies de Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Limoges et Poitiers (ces deux dernières semblant assez éloignées de l’aire « naturelle » de l’occitan). Compte tenu de cette dispersion géographique, la mise en œuvre de la convention sera portée par un organisme ad hoc : l’Office public de la langue catalane (Oplo). Créé en septembre 2015, ce GIP rassemble l’Etat et les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées (devenues Nouvelle-Aquitaine et Occitanie).
Selon la ministre de l’Education – pour qui « les langues régionales ont toute leur place dans la formation de nos élèves » -, la convention doit « donner une impulsion décisive à l’enseignement de l’occitan : elle offre surtout, et c’est le plus important, un formidable levier aux académies et aux territoires concernés pour travailler ensemble, collectivement ».
Dans son intervention, la ministre de l’Education nationale avait également indiqué tenir « à ce que les collectivités territoriales puissent organiser des activités éducatives et culturelles complémentaires, portant sur les langues et cultures régionales, dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires ».Jean-Noël Escudié / PCA
Commentaire de Florestan:
Quid des langues d’Oïl? Du basque, de l’alsacien, du catalan, du niçois, du corse ou du flamand?
On ne peut pas, à la fois, défendre la bio-diversité écologique, la diversité culturelle et refuser la diversité linguistique.
Politique -
Bernard CAZENEUVE à Rouen pour passer de la pommade cherbourgeoise sur l’AXE SEINE
Le temps est désormais bien loin quand une Fabiusie rouennaise arrogante regardait de la Haute, les efforts des Bas, à l’époque un Beauvais et un Cazeneuve soucieux de tirer la Normandie de son « angle mort » avec un projet de LNPN sarkozyste affublé d’un Y normand. C’était au printemps 2009. Le 30 janvier 2009, Bernard Cazeneuve lançait la pétition « pour une Normandie à Grande Vitesse« .
Près de dix ans plus tard, la Normandie est enfin réunifiée, le Rouennais Hollande ayant été capable d’imposer l’unité normande à Laurent Fabius qui n’en voulait pas. Et on dira que c’est, à peu près tout! Car les grands projets de l’Axe Seine et notamment la LNPN se sont évanouis dans les sables mouvants de l’alternance politique de 2012: la Fabiusie rouennaise ne pouvant pas admettre qu’un projet « sarkozyste » puisse être, avant-tout, un projet normand.
Alors, on trouvera touchant de voir passer, en coup de vent à Rouen, le Cazeneuve à grande vitesse venu passer la pommade sur un Axe Seine au point mort, il faut le dire alors que le Canal de Martine Aubry, de Xavier Bertrand, de Gérald Darmanin, de Rémy Pauvros ou de Frédéric Cuvillier, lui va se faire…
Normandie. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve en visite à Rouen
Bernard Cazeneuve dans le silo Maison Bleue du groupe Beuzelin. | Xavier Oriot
Xavier ORIOT.
PolitiqueLe Premier ministre Bernard Cazeneuve est arrivé à Rouen en milieu de journée, ce vendredi 3 février. Il y a visité un silo à grains nouvelle génération.
Le Premier ministre Bernard Cazeneuve est arrivé à Petit-Couronne, près de Rouen, peu avant 13 h, ce vendredi 3 février. Il a visité la Maison bleue, un silo nouvelle génération du Groupe Beuzelin, inauguré l’été dernier.
C’est un silo adapté pour les graines fragiles et les grains spécifiques. Les grains y sont triés avant exportation sur tous types de navires. L’ambition du trafic annuel est de 500 000 tonnes.
Bernard Cazeneuve a ensuite traversé la Seine sur une vedette, et doit s’exprimer devant des responsables du monde économique, dans l’immeuble Vauban.
Malgré l’actualité terroriste de retour à Paris, le cherbourgeois Cazeneuve a maintenu sa visite rouennaise après son passage à Bayeux et en a profité pour déclarer son « amour pour la Normandie »: y aurait-il encore de la pédagogie normande à faire à Rouen? Voir le compte-rendu proposé par Tendance Ouest:
Bernard Cazeneuve rassure sur l’engagement de l’État à Rouen et sur l’Axe Seine
Lors de son passage à Rouen (Seine-Maritime), Bernard Cazeneuve s’est entretenu avec les élus locaux, ici avec la préfète de région Nicole Klein. – Marie-Charlotte Nouvellon
Le 03 février 2017 à 18:12Après une visite à Bayeux (Calvados) dans la matinée du vendredi 3 février 2017, le Premier ministre Bernard Cazeneuve s’est rendu à Rouen (Seine-Maritime) où il a tenu à rassurer les acteurs économiques de l’axe Seine sur l’engagement de l’État, et le sien, en Normandie.
Malgré « l’attaque à caractère terroriste« qui a frappé Paris dans la matinée, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a maintenu sa visite à Rouen (Seine-Maritime) dans l’après-midi ce vendredi 3 février 2017, après son passage à Bayeux (Calvados).
Visite du Port de Rouen avec Yvon Robert, @vfourneyron et @GBachelay & intervention devant les acteurs économiques de la Vallée de la Seine pic.twitter.com/waPqkav437
— Bernard Cazeneuve (@BCazeneuve) February 3, 2017
Déclaration d’amour à la Normandie
L’occasion d’une visite sur le port mais surtout de rappeler son attachement à la Normandie, et à Rouen. L’ancien maire de Cherbourg (Manche) et vice-président de Région a ponctué ses déclarations de souvenirs et d’échange de politesse avec les élus locaux, rappelant qu’il « compte dans cette salle de nombreux amis (…) qui font toujours l’objet de toute mon attention ».
Le Premier ministre a assuré : « Je n’oublie pas que je suis un ministre normand qui doit d’être aux responsabilités où il se trouve grâce aux racines très profondément plantées dans cette région. » Région qu’il visite régulièrement ces derniers mois: après une visite à Rouen déjà en octobre, il s’est rendu deux fois dans la Manche en décembre et janvier.
Rassurer sur l’engagement de l’État autour de l’Axe Seine
Après avoir visité le silo Beuzelin, à Petit-Couronne (Seine-Maritime), Bernard Cazeneuve a tenu à rappeler le soutien de l’État pour le port rouennais qui subit les conséquences de la baisse de la production céréalière cette année. « J’affirme la conviction de l’état que ces difficultés conjoncturelles n’affecte en rien la compétitivité structurelle du port de Rouen, a déclaré le Premier ministre. Il restera le premier port pour les exportations de céréales de l’Europe de l’Ouest. »
Il a également rappelé l’investissement de l’État dans le développement de l’axe Seine, « sur les près d’un milliard d’euros d’investissements compris dans le plan État/Région, 300 millions sont portés par l’État, ce qui en fait le contrat le mieux doté en 2015 ».
Bernard Cazeneuve a insisté sur l’avancement de gros projets au coeur du développement de l’axe portuaire: le chantier de Ligne Nouvelle Paris Normandie – « le calendrier est tenu et comité de pilotage regroupera les acteurs du dossier le 28 février » – et l’aménagement de la ligne Serqueux-Gisors avec la déclaration d’utilité publique signée il y a quelques mois.
Commentaire de Florestan:
Nous avons du respect et de la sympathie pour Bernard Cazeneuve en tant qu’homme d’état mais aussi comme partisan historique de l’unité normande. Mais dire comme il est rapporté ici que le CPIER Vallée de la Seine est le « contrat le mieux doté en 2015 » c’est quand même jouer sérieusement avec la réalité: on est loin des 5 milliards nécessaires au bas mot pour réaliser la seule LNPN et avec « 300 millions » apportés par l’Etat on est surtout très loin de l’exigence des Fabiusiens qui, dans une conférence de presse restée mémorable de mars 2012 à Rouen, exigeaient une clef de financement en trois tiers: Etat, Europe et collectivités normandes. Sur l’Etoile de Normandie, nous avons la mémoire longue…
Voir aussi le compte-rendu proposé par Normandie actu:
En visite en Normandie, Bernard Cazeneuve veut « faire rayonner la vallée de la Seine »
Bernard Cazeneuve était en visite en Normandie, vendredi 3 février 2017. Il est venu rassurer sur les engagements de l’État concernant le développement de la région.
Mise à jour : 03/02/2017 à 18:36 par Raphaël Tual

Bernard Cazeneuve était à Rouen (Seine-Maritime) pour soutenir l’axe Paris, Rouen, Le Havre, vendredi 3 février 2017. (©RT/Normandie-actu)
« On a un Premier ministre normand, pourquoi ne pas en profiter ? » Le maire Rouen (Seine-Maritime), Yvon Robert, ne cache pas sa satisfaction d’avoir un interlocuteur à l’écoute.
Bernard Cazeneuve est venu, si cela était nécessaire, confirmer la présence de l’État en Normandie, vendredi 3 février 2017. Sans vouloir créer des inégalités avec les autres territoires français, à Rouen, le Premier ministre a précisé qu’il n’oubliait « pas [ses] racines, très profondément plantées dans cette région ».
> LIRE AUSSI : Bernard Cazeneuve (encore) en Normandie : sa destination préférée
Le Premier ministre @BCazeneuve à #Rouen pour rassurer sur les engagements de l’Etat sur l’axe #Seine pic.twitter.com/j4keKoclGo
— Raphaël Tual (@raphtual) 3 février 2017
Le port de Rouen « un atout pour la France »
Au pupitre, au 8e étage de l’immeuble Vauban à Rouen, situé sur les bords du fleuve, le Premier ministre a confirmé que l’aménagement de la vallée de la Seine, « engagé sous le quinquennat précédent », était bien une priorité gouvernementale : « Il y a une mobilisation totale du gouvernement pour faire rayonner la vallée de la Seine », notamment en garantissant la compétitivité du grand port maritime de Rouen, « un atout pour la France ».
200 millions d’euros ont été engagés pour l’activité portuaire, « et il faut aller plus loin », en permettant le dragage plus en profondeur des accès du port, notamment.
> LIRE AUSSI : Pourquoi l’Europe accorde près de 10 millions d’euros à la Métropole Rouen Normandie
Présence du Premier ministre #Bernard Cazeneuve à #Rouen #enedis #vallée de la Seine. pic.twitter.com/WX0YyGoEEy
— Enedis en Normandie (@enedis_normand) 3 février 2017
Le Premier ministre n’a pas masqué les « difficultés conjoncturelles » auxquelles est confronté le port de Rouen, leader européen à l’exportation de céréales. Le contexte de crise n’a permis d’exporter que quatre millions de tonnes en 2016, contre près de sept millions habituellement. Sur l’année 2016, c’est bien l’ensemble portuaire de l’axe Seine Haropa, qui réunit les ports du Havre, de Rouen (Seine-Maritime) et de Paris, qui a souffert.
Bernard Cazeneuve a voulu également souligner la reprise économique qui touche la Normandie, avec une baisse de « 4,6 % en un an » du nombre de chômeurs.
> LIRE AUSSI : Chômage en Normandie. Le nombre de demandeurs d’emploi a baissé en 2016
La Tapisserie de Bayeux se métamorphose
Le contrat de plan État-Région est signé la Tapisserie de #Bayeux va devenir un Centre de compréhension de l’Europe du Moyen âge en 2023 pic.twitter.com/M9qpdMu6f5
— Préfet du Calvados (@Prefet14) 3 février 2017
Toujours dans cette logique d’engagement de l’État pour la vallée de la Seine, des avenants aux contrats de plan État-Région et vallée de la Seine ont été signés à Bayeux (Calvados), lors de la venue de Bernard Cazeneuve. Ainsi, pour 230 millions d’euros, le musée de la Tapisserie de Bayeux, va devenir un centre de compréhension de l’Europe autour du Moyen-Âge en 2023.
Grâce à ce contrat, entre autres choses, un restaurant universitaire flottant sur les bassins du centre-ville du Havre (Seine-Maritime), pourra voir le jour pour un montant total de 3,2 millions d’euros.
Commentaire de Florestan:
Yvon Robert, le maire de Rouen se réjouit d’être écouté par un « Premier ministre normand » bas-normand. On a envie de dire: enfin! Quant au reste: pas un mot sur le Canal Seine Nord, rien sur la mise en grand gabarit de l’Oise en amont de Gennevilliers ou sur le désenclavement routier de la métropole de Rouen (contournement Nord Est). Et pour cause: son financement n’est pas inscrit dans le CPIER Vallée de la Seine.
Voir enfin l’analyse précise du contexte de cette nouvelle visite normande de Bernard Cazeneuve proposée par Paris-Normandie:
En visite en Normandie ce vendredi, Bernard Cazeneuve rassurera-t-il le monde portuaire rouennais ?

Bernard Cazeneuve est aujourd’hui sur ses terres normandes. Ce matin, il signe à Bayeux une nouvelle mouture du Contrat de Plan État-Région, qui prévoit plusieurs projets, comme un « RU » flottant au Havre ou un centre d’interprétation du Moyen-Âge dans le Calvados. En début d’après-midi, le Premier ministre sera sur la zone portuaire de Rouen pour visiter l’entreprise Beuzelin avant d’aller à la rencontre des acteurs de l’économie. Lesquels attendent des moyens pour le développement de la vallée de la Seine.
Un restaurant universitaire installé dans une barge au cœur du Havre, sur un bassin, un projet de centre d’interprétation à Bayeux, une rallonge budgétaire pour la reconversion du site Petroplus près de Rouen, un contournement sud à Gournay-en-Bray : ces quatre éléments figurent dans la nouvelle mouture du Contrat de plan Etat-Région (CPER) qui sera signé ce vendredi matin en Normandie, à Bayeux (Calvados), par le Premier ministre, Bernard Cazeneuve. Ces projets vont faire l’objet d’aides financières supplémentaires de la part de l’État (1,7 million d’euros à Bayeux, 1 million sur le site Petroplus, 800 000 euros au Havre) et de la Région (1 million d’euros à Petit-Couronne chez Petroplus, 500 000 euros pour le futur « RU » flottant, quatre millions pour les études concernant Gournay-en-Bray).
Des projets d’infrastructures
Le CPER avait été initié à Honfleur par le prédécesseur de Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, et les deux anciens présidents des Normandie, Nicolas Mayer-Rossignol et Laurent Beauvais. Au changement de majorité régionale, en décembre 2015, une nouvelle concertation avait été engagée. Elle débouche sur la signature d’un document aujourd’hui à Bayeux qui concrétisera donc plusieurs projets. Il faut y ajouter un second contrat, signé celui entre l’État, la Normandie et l’Ile-de-France. Il concerne les projets de l’axe Seine. Parmi eux par exemple, le financement de la modernisation des écluses de Tancarville, indispensable pour le développement du transport fluvial.
Après Bayeux ce matin, Bernard Cazeneuve est attendu à Rouen en début d’après-midi. Parler, discuter, faire un point sur l’Axe Seine. C’est l’objet de la rencontre avec les responsables économiques de la région rouennaise. Mais quel est cet « Axe Seine » ? Pour mémoire, les premiers signataires de la déclaration finale et initiateurs du colloque « Une Seine d’avenir » qui s’est tenu le 4 mai 2010 au Havre s’appellent Antoine Rufenacht, Bertrand Delanoë et Laurent Fabius. Tous trois ont alors demandé aux agences d’urbanisme de proposer, ensemble, les modalités d’un travail partenarial afin de poursuivre leur réflexion sur le projet de développement de « l’Axe Seine ».
Lien fédérateur de l’Ile-de-France et de la Normandie, rassemblant 15 millions d’habitants et 7 millions d’emplois, l’Axe Seine attend un schéma stratégique pour l’aménagement et le développement de la Vallée de Seine, en marge d’un contrat de plan inter-régional Etat-Régions (CPIER). À la manœuvre notamment, depuis avril 2013, l’ancien préfet de Saône-et-Loire, François Philizot, qui coordonne l’action des régions Haute-Normandie, Basse-Normandie (Normandie aujourd’hui) et Ile-de-France, en vue justement de l’élaboration du contrat de plan État-Régions pour le développement de la vallée de la Seine.
Au cœur de la stratégie se trouve la Seine, voie navigable la plus fréquentée de France avec plus de 20 millions de tonnes de marchandises qui y transitent chaque année. Alors les ports de Paris, de Rouen et du Havre (Haropa) sont très attentifs au devenir de cet axe puisqu’il conditionne une bonne partie de leurs activités. D’un rapport à l’autre – notamment en juillet dernier avec Valérie Fourneyron (députée PS de la Seine-Maritime) et Charles Revet (sénateur LR de la Seine-Maritime), des préconisations sont faites sur la fiscalité, les infrastructures, l’organisation portuaire, tandis que les professionnels portuaires insistent sur les projets d’infrastructures comme l’aménagement de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors ou la « chatière » de Port 2 000 (accès fluvial direct) au Havre, indispensable pour faire face au projet de Canal Seine-Nord qui créerait « une autoroute à conteneurs » entre l’Ile-de-France et les ports nord-européens.
« Une direction unique des Douanes »
Bernard Cazeneuve est en tout cas attendu par les professionnels du port de Rouen, sous la bannière de l’UPR (union portuaire rouennaise). « C’est bien de placer l’Axe Seine comme une église au milieu d’un village, donc Rouen au niveau de la Seine par rapport à Paris et au Havre, songe Pierre-Marie Hébert, directeur de l’UPR. Peut-être vient-il faire un point sur la mission Philizot… Ce qu’attendent les 120 professionnels de l’UPR, ce sont des décisions concrètes : une direction unique des douanes par exemple. Qu’on abandonne les directions régionales et interrégionales ! Je sais bien que lorsqu’on passe d’une région douanière à une autre, on fait travailler les douaniers. Nous, on attend un document unique, comme il en existe du côté de Bordeaux. On attend aussi qu’une Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) unique soit désignée, expérimentale, pour traiter les implantations logistiques de façon plus rapide. Car on est loin du choc de simplification. Alors il faut que l’État se mette en ordre de marche ».
Le programme : 10 h, tapisserie de Bayeux ; 13 h, visite du nouveau silo Beuzelin, à Petit-Couronne ; 14 h 30, rencontre avec les acteurs du monde économique à l’immeuble Vauban, à Rouen.
« Le port de Rouen est très performant »
Chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), et directeur du club Demeter Sébastien Abis est spécialisé sur les enjeux stratégiques de l’agriculture, des céréales et du bassin méditerranéen. Il est aussi l’auteur de « Géopolitique du blé » (éditions Armand Colin, 2015).Après une récolte 2016 catastrophique, les exportations de blé depuis le port de Rouen ont lourdement chuté au cours des six derniers mois. Faut-il craindre une perte de position de Rouen à court ou moyen terme ?Thierry Abis. « 2016 doit être une année d’exception dans le paysage agricole et céréalier français avec une baisse des récoltes de l’ordre de 30 % à cause de très mauvaises conditions climatiques. Ainsi 2016 ne doit pas être considérée comme une année de référence. Si la campagne de commercialisation actuelle est impactée, je ne crois pas que l’année 2016 sonne le début des difficultés pour le port de Rouen à moyen terme. Il y a moins de blé à faire sortir sur la campagne 2016-2017. Mais il faudrait que le climat soit de nouveau compliqué dans les mois à venir pour connaître deux campagnes de commercialisation consécutives en déclin ».Le port de Constantza en Roumanie est-il la principale menace pour Rouen ?« Il faut d’abord rappeler que le port de Rouen est le premier port céréalier français et européen et qu’il est très performant. Le fait est que la Roumanie produit de plus en plus de blé, de bonne qualité, et que forcément elle en exporte davantage. Le port de Constantza est bien placé sur la Mer Noire, pas très loin de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient. Comme les ports russes et ukrainiens, Constantza a bénéficié ces dernières années d’investissements importants pour son développement. Mais il y a la place pour deux grands ports céréaliers au sein d’une Union Européenne à 28 qui produit du blé de qualité en quantité ».Une normalisation des relations entre la Russie et l’Ukraine – deux pays qui sont de gros producteurs de blé – et entre la Russie et l’UE pourrait-elle rebattre totalement les cartes du marché du blé. Et quelles seraient les répercussions pour Rouen ?« Pour l’instant, on est encore loin d’une normalisation des relations entre d’une part la Russie et l’Ukraine, et d’autre part entre la Russie et l’Union Européenne. Des changements politiques dans les grands pays européens pourraient faire bouger les lignes. La Grande-Bretagne s’est engagée dans la voie du Brexit, il pourrait y avoir demain des changements en France ou en Allemagne. Mais aujourd’hui, les répercussions pour Rouen sont difficiles à estimer ».Dans votre livre, vous ne voyez pas le canal Seine-Nord comme une menace pour le port de Rouen alors que les acteurs portuaires rouennais et havrais sont vent debout ?« Cela fait plusieurs années que ce projet est dans les cartons. Il y a aujourd’hui une volonté de faire avancer ce dossier puisque des fonds supplémentaires ont été débloqués. Je note d’ailleurs que ce projet est financé à 100 % par des fonds publics. Il faudrait peut-être regarder ce canal d’une autre façon et voir quels avantages il pourrait apporter à Rouen et à la Normandie, plutôt que de voir que les problèmes qu’il serait susceptible d’engendrer ».Quels efforts doit faire le port de Rouen pour rester compétitif ? Quelles modernisations faut-il entreprendre ?« Quand on discute avec les acteurs agricoles et industriels français, ils vous disent tous que la France a beaucoup investi ces dernières décennies dans le transport ferroviaire des voyageurs avec notamment les lignes à grande vitesse mais qu’il a en revanche trop peu investi dans les lignes de marchandises. Ces lignes commencent à être vétustes. Et elles sont parfois reprises par des opérateurs privés. L’État ne joue pas forcément son rôle d’accompagnateur des territoires. Pour que Rouen qui est déjà un grand port céréalier européen reste performant, il est indispensable que le mode de pré-acheminement des marchandises agricoles dans le terminal soit amélioré. L’État doit s’engager et/ou conclure des partenariats public/privé ».Senalia, acteur majeur du port de Rouen, pourrait-il un jour quitter la Normandie ?« C’est une question qui n’est pas à l’ordre du jour. Senalia est un groupe qui permet au port de Rouen d’être performant en exploitant de grands silos. Senalia, c’est 60 % de la collecte des céréales en France. Un groupe comme Senalia est l’expression que la logistique est un maillon essentiel ».Propos recueillis par Thierry RabillerVisite chez Beuzelin sur le port de Rouen d’un nouveau silo pour les céréales
Bernard Cazeneuve visite ce vendredi après midi la Maison Bleue du groupe Beuzelin à Petit-Couronne, silo d’une capacité de 50 000 tonnes. Un pari qui pèse 25 millions d’euros. Créé dans l’Eure il y a trente ans, le groupe souhaite ainsi développer ses activités à l’export dans des filières qualitatives mais aussi importer des grains, dont la France est déficitaire (certains légumes secs par exemple). Et, à plus long terme, le groupe Beuzelin a une autre idée en tête : l’ancrage d’un hub agro-industriel. « Derrière ce silo, en arrière-quai, il y a des terrains disponibles. Une vision de l’avenir pourrait être que des investisseurs viennent, qu’il y ait des transformateurs des grains que nous collectons dans un rayon de 250 km aux alentours », déclarait en substance à Paris-Normandie, fin juin dernier, le PDG du groupe familial, Florent Beuzelin. Outre son excellente desserte (fluviale, maritime, routière, ferroviaire), l’originalité de l’entrepôt réside dans sa capacité à rendre prêt à l’emploi tous les grains qu’il reçoit grâce à une unité de séchage et de triage.Des moyens attendus
Ils n’ont rien en commun politiquement mais Thierry Foucaud, sénateur PCF de la Seine-Maritime, et Édouard Philippe, député-maire LR du Havre, réclament de vrais moyens pour l’Axe Seine et le développement du port du Havre.Hier, le sénateur communiste a demandé « un plan d’investissement d’un milliard d’euros sur cinq ans dédié à l’Axe Seine, budget correspondant à la moitié de ce qui a été débloqué par l’État pour la construction du Canal Seine-Nord », ce projet « menaçant de transformer la Normandie en Finistère touristique ».« Nous attendons des engagements dans un territoire en péril, dont la situation économique et sociale continuera de se détériorer si une stratégie et des investissements ne viennent pas rapidement consolider et développer les places portuaires et industrielles de l’Axe Seine. »De son côté, Édouard Philippe – invité hier par Matignon mais retenu par une réunion au Havre pour les 500 ans de sa Ville -, ne sera pas à Rouen qui « doit être la capitale portuaire de la Normandie puisque Cazeneuve s’y rend après Valls ».Mais il a un message à (re) faire passer au Premier ministre : « La priorité c’est le ferroviaire pour concurrencer Anvers et Rotterdam ». Pour Édouard Philippe, cela ne peut passer que par la « construction d’une nouvelle ligne dédiée au fret qui permettrait de relier Le Havre à l’Est, en passant par Rouen et en contournant Paris ».Boris MASLARD
Commentaires de Florestan:Thierry ABIS le spécialiste de la géopolitique des céréales interrogé ici par le journaliste de Paris-Normandie, n’a pas l’air de connaître l’existence du Grand Port Maritime de Dunkerque qui est déjà un port céréalier et qui ambitionne de l’être plus encore au détriment de Rouen grâce au canal Seine Nord Europe.On ne pourra qu’applaudir la sortie de Thierry FOUCAUD, le sénateur communiste de la Seine-Maritime: un véritable financement pour développer l’économie maritime de l’Axe Seine c’est ce que nous cessons de réclamer sur l’Etoile de NormandieQuant à Edouard PHILIPPE on lui suggèrera d’arrêter de chroniquer dans les pages de Libération et de prendre concrètement et activement la tête d’un lobby du fret ferroviaire en France dont il trouvera un programme complet et cohérent de développement dans le livre programme écrit par… Jean-Luc Mélenchon.C’est effectivement stratégique de désenclaver Le Havre vers l’Est et l’Allemagne comme il le serait tout autant par la rive Sud de l’Estuaire pour éviter l’effet terminus parisien et la concurrence frontale avec les ports du Nord sur le corridor « Amsterdam/ Marseille »… -
Bernard CAZENEUVE à Bayeux: pas pour faire tapisserie!
Puisqu’il s’agit d’une broderie de laine sur une toile de lin de plus de 70 mètres de long unique au monde. Certainement la broderie la plus célèbre du monde aussi sauf dans les établissements scolaires français puisque sur les quelques 400 000 visiteurs annuels du « Telle du Conquest » que l’on nomme improprement de « tapisserie de la reine Mathilde », on trouvera d’abord des petits Britanniques car ce chef-d’oeuvre de la civilisation matérielle médiévale et anglo-normande raconte l’acte naissance, dans la douleur, de l’Angleterre moderne.
Les enjeux autour de ce monument insigne du patrimoine normand inscrit sur la liste UNESCO du patrimoine mondial de l’Humanité sont donc importants: en 2023, Bayeux va donc s’équiper d’un centre européen d’interprétation du Moyen-âge autour d’une présentation entièrement renouvelée de la tapisserie et d’une mise en contexte complète du monument de tissu dans la civilisation anglo-normande.
L’idée principale sera de restituer la présentation « concave » de la tapisserie afin de pouvoir embrasser l’ensemble du chef-d’oeuvre d’un seul coup d’oeil comme autrefois dans la cathédrale de Bayeux où la célèbre broderie était montrée une fois par an… avant d’être soigneusement pliée et conservée dans un coffre.
Jusqu’à l’orée des années 1980, dans les anciens locaux du musée Baron Gérard situés dans l’ancien hôtel particulier du Doyen en face la cathédrale de Bayeux, on pouvait admirer la tapisserie en étant placé au milieu.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Baron-G%C3%A9rard
Dans le nouveau musée qui va ouvrir il s’agira de retrouver l’esprit de cette présentation dans une version moderne et ultra-sécurisée pour la préservation du plus insigne monument du patrimoine normand.
C’est la raison pour laquelle, Bernard Cazeneuve le Premier ministre cherbourgeois du Rouennais Hollande était de passage à Bayeux ce vendredi 3 février 2017:
Bayeux. Cazeneuve lance le futur musée de la Tapisserie
Modifié le 03/02/2017 à 09:34 | Publié le 03/02/2017 à 09:31
Le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, vient signer aujourd’hui un contrat de plan État-Région au musée de la Tapisserie de Bayeux. | Ouest-France
Aurore COUE.
PolitiqueLe Premier ministre est à Bayeux (Calvados), ce vendredi, pour signer un contrat État-Région qui financera notamment le futur musée de la Tapisserie, prévu en 2023.
Pourquoi ? Comment ?
Pourquoi Bernard Cazeneuve vient-il au musée de la Tapisserie de Bayeux ?
Le Premier ministre signera le contrat de plan interrégional Vallée de Seine 2015-2020, qui concerne la Normandie et l’Île-de-France, ainsi que le contrat de plan État-Région.
L’un des projets inscrits dans ces documents est la création du Centre de compréhension et d’interprétation de l’Europe du Moyen Âge qui devrait voir le jour en 2023. Au cœur de ce projet : la Tapisserie de Bayeux. Cette visite ministérielle est donc un vrai enjeu pour le maire, Patrick Gomont (UDI). « Le contrat ne concerne pas que la Tapisserie, mais Bernard Cazeneuve a souhaité venir faire la signature au musée, précise-t-il. C’est une vraie fierté ! »
Quelles seront les conséquences directes de cette signature ?
Cette venue symbolise un engagement financier important pour la mise en place du centre. Ce projet global coûte 20 millions d’euros. L’État, la Région, le Département et la Ville verseront chacun 5 millions d’euros. « La venue du Premier ministre est essentielle car elle marque l’engagement de l’État dans notre projet. C’est rassurant pour tout le monde car ça signifie que ça va bien se faire. »
Cette transformation du musée est réfléchie depuis plusieurs années déjà. « La réflexion a commencé dès le mandat précédent. C’est compliqué de faire aboutir une telle œuvre majeure. C’est un des projets les plus importants de Bayeux, si ce n’est le plus important », souligne l’édile.
Dans la même ligne, le musée d’art et d’histoire Baron-Gérard (qui a coûté 9 500 000 €), inauguré en 2013, a été financé entre la Ville, le Département, la Région et l’État.
En quoi consiste le projet de la Tapisserie ?
Le projet du futur Centre de compréhension de l’Europe du Moyen Âge est d’améliorer les conditions de conservation de l’œuvre et son accessibilité au public.
La broderie de 1066, qui raconte la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant, attire chaque année près de 400 000 visiteurs, avec des pointes à 3 000 par jour en été. C’est d’ailleurs en août que le musée a accueilli son quatorze millionième visiteur. Il faut savoir que la Tapisserie de Bayeux a été installée au centre culturel Guillaume-le-Conquérant, en 1983. Cela fait trente-quatre ans que cette œuvre fragile n’a pas été déplacée.
Même si les conditions de conservation sont bonnes, selon de récentes analyses, l’accès aux visiteurs reste limité. Un long couloir étroit permet d’apercevoir l’œuvre derrière sa vitrine sur plusieurs mètres. Ainsi, le projet consiste en une réorganisation totale du musée actuel, qui s’étendra dans le bâtiment de la médiathèque, qui va déménager. Ce nouvel écrin, plus moderne, permettra de contempler cette œuvre de 70 m d’un seul regard.
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Le SRADDET: l’outil collectif pour passer de la réunification à l’unité normande
Et encore un sigle barbare de plus qui cache des réalités et des enjeux essentiels pour notre avenir. Car il s’agit d’élaborer le premier Schéma régional d’aménagement de développement durable et d’égalité des territoires pour toute la Normandie désormais réunifiée.
Heula avait vu juste: la vraie division normande n’est pas entre la Haute et la Basse mais entre Normandie littorale et Normandie rurale.
Car le retour à l’unité de vision, de commandement, de décision et finances en Normandie était d’une urgence absolue: après plus de 40 années de division administrative c’était l’espace régional normand qui était menacé de fragmentation avec des franges rurales Sud Ouest et Nord-Est qui partent en lambeaux sous l’effet des puissantes métropolisations voisines de la région parisienne à l’Est et de la Bretagne à l’Ouest. A cela, il faut ajouter les inégalités territoriales qui se tendaient à se creuser entre la Normandie urbaine littorale et séquanienne connectée à la région parisienne et tous les arrières-pays de la Normandie rurale.
Mais la géographie normande est résiliente et dispose d’atouts considérables pour une reconstruction d’un espace régional normand cohérent
1) un maillage urbain d’une densité exceptionnelle: une ville de 10000 habitants tous les 30 kilomètres.
2) un territoire qui s’organise dans la diversité subtile de réalités plus complémentaires que concurrentes à l’instar du polycentrisme urbain normand symbolisé par la « tripolitaine » Caen, Rouen, Le Havre.
Il va donc falloir recoudre, raccommoder la Normandie sous l’égide d’un patrimoine historique prestigieux dont les héritages obligent comme une noblesse offerte à tous les Normands qui s’intéressent à leur région et à son avenir.
Lire ci-après, le compte-rendu proposé par Normandie XXL du colloque de lancement du SRADDET qui s’est déroulé le 2 février 2017 à Caen:
http://www.normandiexxl.com/article.php?id=1969
Deux ans pour élaborer le prochain SRADDET
Collectivités. Sigle barbare s’il en est le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires est un document d’importance puisqu’il va fixer les priorités pour les années à venir.Le SRADDET permettra de :
– Construire le projet de territoire normand, grâce à une réflexion partagée à l’échelle de la Normandie réunifiée ;
– Simplifier et rationaliser l’action publique, par l’intégration au sein d’un document unique de plusieurs schémas sectoriels existants : Schéma régional des infrastructures de transport (SRIT), Schéma régional de l’intermodalité (SRI), Schéma régional de cohérence écologique (SRCE), Schéma régional Climat-Air-Energie (SRCAE) et Plan régional de prévention et de gestion des déchets (PRPGD) ;
–Renforcer le lien entre planifications régionales et locales, puisque ce schéma d’aménagement sera opposable aux documents d’urbanisme et à certains documents sectoriels locaux.
Fidèle à sa méthode la Région lance une concertation pour l’élaboration de ce projet de territoire normand au Pôle de Formation et de Recherche en Santé de Caen et l’amphi était plein à craquer comme en atteste la photo.
Hervé Morin, Président de la Région Normandie et Guy Lefrand, Vice-Président de la Région Normandie, en charge de l’aménagement du territoire et des relations avec les collectivités locales, ont officiellement lancé, la concertation pour l’élaboration de ce Schéma Régional, en présence de Nicolas Hesse, Secrétaire Général pour les Affaires Régionales, et de l’ensemble des acteurs associés par la Région à la co-construction de cette nouvelle stratégie pour le territoire normand. Le projet devra être arrêté au plus tard en juin 2018.
« La majorité a fait le choix d’associer les forces vives du territoire à l’élaboration des nouvelles politiques régionales. La démarche que nous lançons aujourd’hui s’inscrit dans cette continuité. Dans une logique de co-construction d’une nouvelle vision régionale au sein de laquelle chaque territoire aura sa place, nous avons décidé d’aller plus loin que ce que nous imposait la loi en associant à l’élaboration du SRADDET l’ensemble des EPCI normands mais aussi le CESER, les chambres consulaires, les pôles métropolitains, les régions limitrophes, les associations départementales des Maires, les Parcs naturels régionaux ainsi que les acteurs clés du territoire. Les citoyens seront également invités à contribuer à l’élaboration de ce schéma grâce des outils participatifs en ligne» déclare Hervé Morin.
Les organismes associés
Le Préfet de Région, les Conseils départementaux, la Métropole Rouen Normandie, les établissements publics gestionnaires des Schéma de Cohérence territoriale (SCOT), les Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre compétents en matière de Plan local d’urbanisme (PLU), les autorités ayant élaboré un Plan de Déplacements urbains (PDU), la commission consultative d’élaboration et de suivi du Plan Régional de Prévention et de Gestion des Déchets (PRPGD) de la Normandie et le Comité régional Biodiversité sont obligatoirement associés à l’élaboration du SRADDET.
Les secteurs concernés
La Région s’est vue confier, par la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) du 7 août 2015, le soin d’élaborer ce nouvel outil d’aménagement du territoire.
Celui-ci doit fixer des objectifs et des règles générales dans l’ensemble des domaines suivants : équilibre et égalité des territoires, gestion économe de l’espace, désenclavement des territoires ruraux, infrastructures de transport et intermodalité, habitat, maitrise et valorisation de l’énergie, lutte contre le changement climatique, pollution de l’air, protection et restauration de la biodiversité, prévention et gestion des déchets.
Le calendrier
2 février 2017 : Forum de lancement
Printemps 2017 – Printemps 2018 : Concertation (ateliers de travail thématiques et territoriaux, outils participatifs en ligne, mobilisation d’étudiants et de lycéens)
Juin 2018 : arrêt du projet de SRADDET par la Région
Été 2018 – Été 2019 : Consultations de la Métropole, des établissements porteurs de SCOT, des EPCI, du CESER, de l’Etat et de l’Autorité Environnementale
Débat de la Conférence Territoriale de l’Action Publique (CTAP)
Enquête publique
Automne 2019 : Approbation ou demande de modification du SRADDET par le Préfet de Région dans un délai de 3 mois.
Commentaire de Florestan:
Le prochain séminaire « Normandie » de l’université populaire de Caen s’inscrira dans la réflexion sur le futur SRADDET normand
Politique -
Jean- Luc MELENCHON: le candidat de l’économie maritime
Que les choses soient claires:
L’Etoile de Normandie va continuer à défendre l’intérêt général normand pendant la campagne des élections présidentielles qui a commencé officiellement depuis le 1er février 2017 pour ce qui concerne le contrôle par le CSA du temps de parole publique des uns et des autres dans les médias. Nous allons prochainement envoyer à tous les candidats une note résumant nos préoccupations normandes en deux questions:
1) Quelle est votre réflexion sur l’organisation territoriale de la république française? Faut-il poursuivre et approfondir la décentralisation pour aller vers une véritable régionalisation démocratique ou s’en tenir au cadre existant?
2) Quelle est votre réflexion sur l’avenir de l’économie maritime en France sachant que la Normandie est l’une des toutes premières régions françaises dans ce domaine qui pourrait être stratégique au XXIe siècle?
Sur le premier point, il est à craindre que Jean-Luc Mélenchon, le candidat qui ne cache pas son admiration pour Robespierre se soit réellement penché avec intérêt sur la question: assumant l’héritage jacobin de la Révolution française on ne lui demandera pas de faire une synthèse impossible avec nos positions girondines et régionalistes… Et pourtant, il y aurait un lien fructueux à faire, en terme de mise en oeuvre des politiques publiques, entre la question régionale et la question de l’économie maritime.
Car sur le second point, essentiel à nos yeux pour l’avenir de notre Normandie, il faut bien admettre, en toute objectivité, que depuis plus d’un an, voire davantage, Jean- Luc Mélenchon est authentiquement le candidat de l’économie maritime française au point qu’il fut, jusqu’à la… semaine dernière, le seul à en parler régulièrement, de façon précise et informée, dans le débat public national.
Quelles sont les deux principales idées avancées par Jean-Luc Mélenchon au sujet de l’économie « bleue »?
1° La France est une grande puissance maritime mondiale qui s’ignore: nous possédons avec nos territoires d’outremer et les zones économiques exclusives qu’ils génèrent, le second domaine maritime mondial. Ayant fait l’objet d’une extension récente, il pourrait être, à terme, le premier du Monde, détrônant les USA de leur première place (Le Royaume-uni étant actuellement à la 3ème place).
http://www.lejdd.fr/International/Augmentation-du-domaine-maritime-de-la-France-754971
La surface maritime de l’outremer français donne, d’emblée, à notre pays un statut de grande puissance qui pourrait nous débarasser du discours d’impuissance sur la France devenue une « puissance moyenne » engluée dans une Union européenne rendue ectoplasmique en l’absence d’un projet politique clairement défini et d’une vision du monde plus ambitieuse que l’actuel « esprit » de boutique néo-libéral.
Mais il faudrait pour cela que la Marine Nationale soit en l’état de protéger ce domaine maritime, notamment ses sanctuaires de bio-diversité, contre le pillage de la sur-pêche. Malheureusement, la réduction des crédits militaires a mis à mal les capacités opérationnelles de la Marine Nationale dans sa mission de patrouille océanique et de protection des routes maritimes contre la piraterie en privilégiant les missions de projection du groupe aéronaval vers des théâtres d’opération militaires (OPEX).
Lire, à ce sujet, un récent rapport sénatorial qui s’en inquiète:
http://www.senat.fr/rap/a16-142-6/a16-142-62.html
Plus inquiétantes encore, sont les inquiétudes de l’Amiral Rogel sur les conséquences de l’actuelle sur-activité de la Marine Nationale avec des budgets constants et des moyens techniques vieillissants: lire, notamment ci-dessous, les propos de l’amiral sur l’état de la flotte des avisos et des patrouilleurs… du côté de Cherbourg et la fin de l’intervention de l’amiral Rogel devant les députés de l’Assemblée Nationale quant aux conséquences concrètes d’avoir en charge le second plus grand domaine maritime du Monde!
2° L’idée de Jean-Luc Mélenchon serait d’exploiter scientifiquement et raisonnablement les ressources de ce domaine pour créer les réponses techniques et industrielles françaises aux défis du changement climatique: dans l’ocean et dans les sous-sols marins, on trouve des sources d’énergies renouvelables, des substances minérales ou biologiques dont l’étude permettent déjà d’inventer des solutions techniques dans tous les domaines stratégiques de l’avenir.
L’université française a donc le potentiel d’être la première du Monde pour la recherche développement dans le domaine des technologies bio-marines ou dans l’élaboration des énergies marines renouvelables
L’université de Caen sur la recherche fondamentale ou de développement sur les énergies marines ou les technologies bio-marines est déjà très en pointe sur le sujet. Tandis que l’université du Havre, en lien avec l’Ecole Nationale Supérieure Maritime, s’intéresse aux autres aspects de l’économie maritime mondiale.
Voir les liens suivants:
http://www.unicaen.fr/crec/php/crec.php?url=pres&url2=1
https://fai.univ-lehavre.fr/?page_id=486
A cela, il faut ajouter que la Normandie dispose sur son littoral de l’un des tous premiers potentiels européens dans le domaine des énergies marines renouvelables, notamment, avec le potentiel hydrolien du Raz-Blanchard.
Sauf que la mise en oeuvre concrète de ce potentiel est à la peine pour des raisons de pilotage industriel plutôt fluctuant, à la merci de choix financiers lointains, faute d’une prise en main ferme de la part des autorités publiques nationales et régionales. C’est la raison pour laquelle Jean-Luc Mélenchon propose la création d’un Commissariat aux Energies Renouvelables à l’instar du CEA pour l’énergie nucléaire.
Car quand on laisse notre avenir aux Américains de Général Electrics, ça donne ça:
« Des sources proches du dossier ont également confirmé l’information selon laquelle GE a décidé d’arrêter le développement de sa turbine hydrolienne. Interrogé par l’AFP, le groupe américain n’a pas fait de commentaire. »
Du côté de l’implantation des parcs d’éoliennes marines au large des côtes normandes, les difficultés s’accumulent faute d’avoir en France une culture suffisante de la maîtrise d’usage démocratique des grands projets d’infrastructures, quand il ne s’agit pas de poursuivre deux lièvres que tout oppose au large des plages du Débarquement:

http://dieppe-le-treport.eoliennes-mer.fr/la-concertation/les-ateliers-et-reunions/
Le projet de classer à l’UNESCO le site historique des plages du Débarquement de 1944 semble contredire le projet d’y établir au large un parc éolien de 71 machines: on ne pourra pas faire les deux. Il faudra choisir.
http://normandie.canalblog.com/archives/2016/01/14/33210463.html
On voit donc que face au réel avec toutes ses complexités et ses contradictions, il manque une vision globale des choses et une volonté politique ferme pour mettre en oeuvre le potentiel normand des énergies marines renouvelables.
Conclusion de Florestan:
Si la curiosité intellectuelle sincère de Jean-Luc Mélenchon pour le fabuleux potentiel d’avenir que recèle l’économie maritime pouvait aussi s’étendre à la question du grand commerce maritime, à la question du génie naval, à celle hautement stratégique du réseau mondial des câbles sous-marins où la France dispose d’une position technique centrale clef, s’il pouvait enfin s’intéresser aux implications concrètes de la question régionale dans le pilotage de l’économie maritime nationale, alors le candidat Mélenchon serait le candidat idéal pour défendre les intérêts de l’économie maritime normande qui dispose déjà des atouts pour nous permettre d’affronter les défis du changement climatique tout en créant de nombreux emplois à haute qualification.
Jean-Luc Mélenchon s’intéresse à la mer. Donc les autres s’y intéressent aussi!
Enfin et Tant mieux! (source: Ouest-France 02/02/17)
Tout cela va donc dans le bon sens… quand l’un pompe sur l’autre pour faire avancer le bateau dans la bonne direction!
Mais il reste à convaincre Mélenchon le « jacobin » qu’une régionalisation démocratique et républicaine pourrait décupler les initiatives et renforcer les projets de l’économie maritime nationale avec de nouvelles décentralisations de matière grise, de commandement et de financements vers les régions maritimes françaises. La Normandie pourrait bénéficier de certaines décentralisations à l’instar de la Bretagne et de Brest qui ont obtenu l’implantation du siège national de l’IFREMER: le pilotage des EMR françaises pourrait être fait depuis la Normandie par exemple…
Jean-Luc Mélenchon porte, actuellement dans le débat public, la vision la plus stimulante pour l’avenir de la France. Il lui reste à décourvrir que sa vision ne pourrait que s’enrichir avec l’apport d’une réflexion régionale authentique, à l’instar d’un… Michel Rocard qui affirmait en 1966 lors d’un congrès du PSU qu’il fallait « décoloniser la province »!
Pour mémoire, au sujet d’un Jean-Luc Mélenchon parfois fâché (provisoirement?) avec l’idée de région:
http://normandie.canalblog.com/archives/2013/11/29/28540608.html
Politique -
LA SANGSUE AUX NORMANDS augmente ses péages de 2,29% et c’est la HAUSSE la plus forte de France !
Au 1er février de chaque année, les autoroutiers ont acquis la détestable habitude d’augmenter leurs tarifs en contrepartie de quoi, ils sont invités à investir dans des travaux d’amélioration du réseau qu’ils doivent faire de toute façon dans le cadre des obligations des contrats de concession avec un Etat qui ne peut augmenter sa taxe domaniale sur le réseau autoroutier concédé car cette augmentation serait immédiatement répercutée par les Ténardiers du bitume sur le tarif des péages.

Le logo de la SAPN… aux quatre sangsues !
C’est donc une arnaque à la sauce hollandaise (François Hollande était un proche de Pierre Coppey ancien patron de Cofiroute), doublée d’une double peine:
Augmentation des péages pour les usagers et les citoyens et chantage financier à la « subvention d’équilibre » sur les collectivités territoriales concernées par les travaux exercé par les concessionnaires autoroutiers qui se sont pourtant engagés à les financer totalement.
Sur le site très con-sensuel de l’ASFA (Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes) on ne parle pas d’augmentation des tarifs mais on parle de « nouveaux tarifs »…
Et, bien entendu, comme nous sommes tous des Bart Simpson, une animation animée et infantile nous explique sur le site de l’ASFA que les « augmentations sont raisonnables »…
http://www.autoroutes.fr/specific/formats/page.jsp?id=608
Mais en fouillant plus avant sur le site officiel des autoroutiers, on trouvera le lien suivant qui voudrait démontrer que le métier d’autoroutier n’est pas un emploi fictif excessivement bien rétribué et que l’Etat fait très bien de faire confiance à des gens qui savent gagner beaucoup d’argent pour… investir dans l’intérêt général: la version au goudron du fameux adage « passe moi ta montre et je te dirai l’heure ».
Enfin comme cela ne suffisait pas, les usagers normands de la SAPN seront ravis de savoir que Jean Mesqui, ancien directeur général de la Sangsue aux Normands (alias la SAPN) a été nommé, en juin 2016, à la tête de l’ASFA… Jean Mesqui ou Jean Mesquin?
2,29 % d’augmentation pour la SAPN: la plus forte augmentation de France d’après France 3 Normandie:
Le tarif des péages de la SAPN va augmenter de 2,29%

C’est la deuxième hausse en moins d’un an des péages gérés par la SAPN / VALERY HACHE / AFP
Ce nouveau tarif sera effectif dès le 1er février prochain. +2,29%, c’est l’augmentation la plus importante sur l’ensemble du territoire national.
Par Emmanuelle Partouche
Publié le 06/12/2012 à 10:30Mis à jour le 06/12/2012 à 18:02
Le gouvernement a tranché vendredi 30 novembre. Le tarif des péages va augmenter dès le 1er février 2013. Une hausse en moyenne de 2,01% mais qui s’élèvera à 2,29% pour la SAPN.
La SAPN gère entre autres l’autoroute A13 qui relie Paris à Caen, en passant par Rouen.
Cette augmentation risque de mal passer auprès des automobilistes. En février 2012, le tarif des péages de la SAPN avait déjà connu une hausse de 3,5%.
Fin novembre, le gouvernement avait également annoncé la fin du geste sur les carburants instauré en août 2012. Le prix de l’essence devrait donc monter progressivement jusqu’à la mi-janvier pour retrouver son prix initial.
Les professionnels normands de la route, à commencer par les transporteurs routiers sont furieux:
Péages plus chers : les transporteurs de Normandie font grise mine
La hausse du prix des péages des autoroutes n’est pas une bonne nouvelle pour les professionnels de la route
Par Richard Plumet
Publié le 01/02/2017 à 19:02
VIDEO : le reportage France 3 Normandie de Jean-Marc Pitte et Olivier Flavien (montage : Xavier Robert)PolitiqueRenationaliser les autoroutes ?
Un mauvais coup de plus. C’est ainsi que les pros du transport routier qualifient l’annonce de la hausse du tarif des péages autoroutiers. Une dépense supplémentaire qui, après le prix du carburant, la concurrence des camions des pays de l’Est de l’Europe et une marge de plus en plus faible, vient fragiliser la santé financière de nombreuses entreprises normandes de transport.
Surtout que de nombreux axes routiers de Seine-Maritime sont interdits aux camions, ce qui oblige les chauffeurs à emprunter les autoroutes payantes.
C’est le cas de la flotte de l’entreprise Grisel basée à Préaux près de Rouen. Même désappointement du côté de la fédération nationale du transport routier où l’on déplore le manque de dialogue et le mépris des usagers de la route par les sociétés d’autoroutes. D’où l’idée de réclamer une renationalisation de ces routes payantes…
Ces 10 dernières années, les profits issus des péages ont, en France, augmenté de près de 20%. Et les actionnaires des sociétés d’autoroute ont quant à eux empoché 1 milliard et demi de dividendes…
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QWANT: le moteur NORMAND qui respecte votre vie privée et renforce l’indépendance de la FRANCE

Vous connaissez?
C’est européen, français et… normand!
https://fr.wikipedia.org/wiki/Qwant
Le moteur de recherche qui a pour objectif final et, donc, forcément très ambitieux de concurrencer le tout puissant Google en France, voire en Europe, est l’un des fleurons de la « Normandy french tech »: en effet, cette entreprise française fonctionne sur trois pôles.
A Paris: le business et la stratégie globale. A Nice: la qualité du service rendu et de l’interface avec, notamment, la gestion des langues avec une antenne en Pologne car l’objectif est de faire de Qwant le moteur de recherches européen. A Rouen, on a bien dit… à Rouen, voire au Petit Quevilly: le plus stratégique, finalement pour un moteur de recherches sur Internet, à savoir, la sécurité.
Pour en savoir plus:
http://rouen-normandie-creation.fr/entreprise/qwant/
Le tout jeune moteur de recherche français et normand s’est récemment allié à la fondation Mozilla.
L’équipe principale qui gère Qwant est à Nice sur la Côte d’Azur mais la sécurité tout comme les algorythmes utilisés sont conçus en Normandie: à Rouen pour la sécurité et à Caen pour les algorythmes avec le précieux concours d’une équipe de chercheurs de l’université de Caen emmenée par Sylvain Peyronnet.

https://www.nextinpact.com/news/97573-dans-coulisses-qwant-equipes-sous-capot-moteur.htm
http://2016.webcampday.com/conferences-2016/cycle-search/qwant-google-quelles-differences
L’ avantage comparatif de Qwant, par rapport, au géant américain Google c’est que les données circulant le moteur de recherche français et normand n’iront pas encombrer les grandes oreilles de… Donald Trump!
Alors, si vous êtes fier d’être normand et soucieux de l’indépendance nationale de la France, une seule chose à faire: désinstaller GOOGLE de vos ordinateurs et installer QWANT, le moteur de recherche sur Internet bien tcheu nous !

COUP DE COEUR
ETOILE DE NORMANDIE
Politique -
GRANDS PORTS MARITIMES NORMANDS: la communication de CRISE d’HAROPA
Conférence de presse… à Paris (et non pas en Normandie) des trois directeurs des ports associés dans le GIE HAROPA (Le Havre Rouen Paris pour « harbours of Paris »), le 29 janvier 2017, histoire de répondre à la conférence de presse du 12 janvier dernier à Gaillon (en Normandie) de Valérie Pécresse (Ile de France) et d’Hervé Morin (Normandie) qui avait relancé la vieille idée de fusionner en un seul les deux GPM normands et le port fluvial de Paris avec un pilotage régionalisé, sinon « normandisé ».
A lire entre les lignes des articles ci-dessous, on sent bien que ça les agace ces Messieurs « portuaires » de voir cette ingérence brouillonne du pouvoir politique légitime, il est vrai, dans leurs grandes affaires. Mais si ces dernières étaient aussi florissantes que celles qui sont gérées et développées, des années durant, par des grands ports maritimes du Nord de l’Europe toujours pilotés de près ou de loin par des élus locaux selon la vieille tradition de la Hanse, Hervé Morin n’aurait qu’à s’occuper de ses autres affaires.
Sauf que cette affaire maritime est essentielle à l’avenir même de la Normandie!
Voir l’article proposé par Paris-Normandie, le 30 janvier 2017: un bel exercice de communication de crise de la part du directoire HAROPA qui glisse sur les questions qui fâchent (le journaliste n’est pas dupe) quand il n’esquive pas des sujets entiers: la question du désenclavement ferroviaire des GPM normands n’est pas abordée. C’est pourtant, la question essentielle pour demeurer compétitif ou pour ouvrir de nouveaux hinterlands commerciaux face à la concurrence frontale des ports de la « rangée Nord européenne ».
Un autre écho de cette conférence de presse nous est proposé par Xavier Oriot dans Ouest-France (édition du 31 janvier 2017) où l’on apprend que le fiasco fameux de la plateforme multimodale n’en est plus un avec une belle progression du trafic (on partait, de toute façon, de bien bas). L’article est intéressant car il évoque l’ouverture récente de nouvelles lignes de fret ferroviaire vers l’Est et l’Allemagne sur cet hinterland bien à l’Est de la région parisienne et croisant fort opportunément l’axe logistique principal du corridor « Amsterdam-Marseille » qui marginalise les grands ports maritimes normands de la Basse-Seine: c’est un espoir. Mais on s’interrogera sur l’état du réseau ferroviaire en place pour que cet espoir puisse en être véritablement un…
Fort heureusement, on trouvera une description objective et exhaustive de la conjoncture dans laquelle naviguent à vue nos grands ports maritimes normands dans le dernier dossier spécial proposé le 19 janvier dernier par l’hebdomadaire « Le Marin »: on verra à la lecture de ce qui suit qu’il faudrait que le commandant Martel et le capitaine Occis cessent d’avoir une vision émoliante ou pusillanime à court terme de l’économie maritime car nous persistons à penser que la devise de la Ville de Paris, « il flotte mais ne coule pas, » n’est pas un objectif suffisant pour un vrai marin.
Vivement la « normandisation »!
Commentaires impertinents de Michel Duval sur une communication d’HAROPA… en crise:
Le 19 janvier 2017, Le Marin a publié le trafic 2016 de Calais (44,2 Mt), de Dunkerque (46,7 Mt) et même celui d’Anvers (214 Mt)… Mais le 30 janvier 2017, les représentants d’Haropa se sont contentés de « mettre en avant un trafic 2016 en recul de 4 Mt à 87,1 Mt après une hausse de 2 Mt en 2015 » devant les journalistes dont celui de Paris-Normandie… et d’entrer dans les détails rassurants et/ou optimistes… Mais, quel est le trafic de chacun des trois ports membres du GIE Haropa, dont le premier affiche un trafic équivalent à trois fois celui du second ? Il doit être… anecdotique!
C’est d’autant plus étrange que, quand il s’agit d’expliquer la croissance de trafic du port d’Anvers, M. Hervé Martel est capable de l’expliquer par un basculement de trafic entre Zeebrugge et Anvers…
Voir, par ailleurs, le lien suivant:
Politique
-
Normands! Sachez-le: le Front National veut supprimer les régions!
Sur l’antenne de France Culture, au matin du 31 janvier 2017, veille du début de la campagne officielle pour les élections présidentielles, Florian Philippot, le bras droit de Marine LE PEN, était l’invité de Guillaume Erner pour esquiver, pendant une petite heure d’antenne, toutes les questions des journalistes qui n’ont pas toujours été très adroits pour coincer l’animal dans ses derniers retranchements en le faisant réagir sur les piteuses précautions oratoires d’un Fillon sur la défensive l’autre soir à Paris depuis qu’il s’est ébranlé d’amour pour sa Pénélope nageant dans la mare aux canards: en effet, François Fillon a dit que c’était, désormais, Marine Le Pen qui était la copie de l’original Mélenchon…
Bref! dans cette joute radiophonique filandreuse et inconsistante, un seul morceau fit sortir l’auditeur normand de sa torpeur:
Florian Philippot a confirmé que si Marine Le Pen était élue, les conseils régionaux seraient supprimés et l’administration territoriale redéployée vers les départements et les communes.
En fin de journée, à Caen, rue de Vaucelles, je passais devant la vitrine (passablement renforcée par des planches) du Front National qui arborait un drakkar bleu surmonté de la flamme tricolore avec deux léopards… blancs comme il se doit.
Un tract de campagne de celui qui sera, certainement, le premier à démissionner du conseil régional de Normandie quand la Normandie sera supprimée par Marine LE PEN…
Je sonne et attend qu’on veuille bien m’ouvrir: la porte est fermée à clef. Un jeune permanent frontiste ouvre et m’accueille. Je demande à pouvoir consulter le programme du Front National. Le permanent m’informe qu’il ne sortira officiellement que le week-end prochain avant de me demander si je voulais laisser mes coordonnées pour adhérer. Je lui réponds que je ne souhaitais pas adhérer mais que je cherchais de la documentation pour me faire mon opinion de citoyen quant à la façon dont la question de l’organisation territoriale de la France est traitée par les différents candidats aux élections présidentielles. Le permanent repart au fond du local derrière un bureau et en revient avec des tracts. En son absence, je vois accroché sur un mur un tee-shirt blanc avec la mention « Normandie » frappée du blason rouge et or aux deux léopards: J’admire l’art consommé au Front National de concilier les inconciliables, pour marier toutes les carpes avec tous les lapins. L’art de la synthèse absolue s’est perdu au Parti socialiste mais il renaît avec vigueur au Front National pour un enfumage général!
Alors qu’en est-il précisément?
Il s’agirait de supprimer l’institution du conseil régional tout en gardant le cadre géo-historique de la région: a-t-on déjà vu concrètement dans une cuisine un couteau sans manche dont on aurait ôté la lame?
Après les déclarations de Marine Le Pen, le 3 janvier dernier, affichant le retour d’un jacobinisme pur jus et provoquant la bronca de certains régionalistes identitaires proche de l’extrême droite notamment en Bretagne, un responsable frontiste breton a voulu rassurer ses troupes:
On trouvera plus d’informations ci-dessous sur le site de l’Express où l’on constatera que le Front National « fait un pas de plus vers le jacobinisme » tout en dénonçant, en 2014 et à juste titre d’ailleurs, le massacre des régions dans la réforme de redécoupage régional menée par un gouvernement socialiste… jacobin: comprenne qui pourra!
Ainsi, ce tract frontiste pour le moins explicite avec une version déclinée pour chacune des nouvelles grandes régions: on notera que la Normandie est totalement absente de l’argumentaire critique du Front National. S’il y avait suppression des conseils régionaux, la Normandie serait-elle l’heureuse exception? Il serait, en effet, idiot de faire tomber Monsieur Bay!
Sur le site breton Breizh infos, on trouvera un bouquet de réactions plutôt courroucées suite aux déclarations d’une Marine Le Pen à qui certains reprochent de s’être tirée une balle dans le pied tout en ne sachant pas s’il s’agit de son pied gauche ou de son pied droit.
http://www.breizh-info.com/2017/01/05/57532/suppression-regions-marine-pen-point-de-vue-internautes
Moralité: si certains régionalistes, faisant passer leur angoisse identitaire, xénophobe ou communautaire avant une réflexion plus sereine, plus aboutie et profonde sur la belle idée de région, étaient encore tentés de voter pour le Front National au risque d’être les plus parfaits idiots utiles du jacobinisme, les voilà vaccinés.
Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils soient guéris définitivement de la tentation de polluer encore la belle idée de région avec la méfiance rabique pour tous ceux et celles qui ne sont pas comme eux!
Politique -
MALGRE LA MESQUINERIE D’UN JOURNALISTE DE OUEST FRANCE, L’UNIVERSITE POPULAIRE DE CAEN RAYONNE
Depuis sa création en 2002 à l’initiative du célèbre philosophe normand Michel Onfray, l’université populaire de Caen est nomade, gratuite, libre et ouverte à toutes et tous. Pour sa session 2016/2017, notre université populaire de Caen vit donc de la générosité publique avec un budget annuel de 50000 euros alloués par la Région Normandie pour subvenir à la location des salles qui accueillent nos conférences, qui permettent de défrayer les billets de train, les chambres d’hôtel ou les repas d’accueil de nos invités… quand il ne s’agit pas de rembourser les animateurs des différents séminaires qui, parfois, doivent avancer sur leurs fonds propres certaines dépenses indispensables pour permettre l’accueil de nos invités extérieurs:
Les animateurs des séminaires de l’université populaire de Caen, habitués à cet exercice et à ces dépenses, sont de véritables ambassadeurs de Caen et de la Normandie, parfois sur leurs deniers personnels!
- Dans Ouest-France (édition du 31 janvier 2017) on lira ceci:
- Mais aussi… ça:
Commentaire de Florestan (vraiment pas content):
Jean-Christophe LALAY est un journaliste mesquin, pour ne pas dire davantage, à qui on pourrait rétorquer cette autre vérité:
Nos impôts paient la diffusion gratuite de la propagande ligéro-bretonne de Ouest-France dans nos lycées normands car ce journal reçoit des aides publiques de l’Etat au nom de la défense du « pluralisme de la presse » (sic!)
Voir le lien suivant:
Qui nous apprend que le groupe OUEST FRANCE a reçu, par exemple, en 2013…
10 443 192 euros
de l’Etat payés par… nos impôts, faisant de Ouest-France, le 4ème titre de presse le plus subventionné par l’Etat en France!
Politique -
GOUVERNANCE FUTUR du MT ST MICHEL: IL FAUT NORMANDISER!
L’édition du 31 janvier 2017 de Ouest-France (édition caennaise) nous propose un grand dossier, signé Xavier Oriot, sur l’avenir de la gouvernance du Mont Saint Michel: voilà un sujet essentiel dans la stratégie de réveil de l’attractivité normande mais aussi dans l’économie régionale normande où le tourisme culturel et patrimonial a joué un rôle fondateur dans l’identité contemporaine de notre région.
La phase technique du projet de rétablissement du caractère maritime du Mont Saint Michel est terminée. Reste l’essentiel: définir le projet de valorisation touristique, patrimonial et culturel sachant, rappelons l’évidence, que le Mont Saint Michel est LE joyau du patrimoine historique d’une Normandie qui bénéficie d’une notoriété internationale… sauf sur une chaîne de télévision brésilienne qui, ayant été volontairement mal renseignée, a récemment mis notre Mont dans la région voisine que vous savez dans l’esprit de millions de télespectateurs!
Pour mémoire:
http://normandie.canalblog.com/archives/2016/12/20/34712098.html
Voici le dossier publié par Ouest-France… On en reparle après!
LA POSITION DE L’ETOILE DE NORMANDIE:
Créer un établissement public national du Mont Saint Michel avec un conseil d’administration présidé par le président de région de Normandie et un administrateur général à sa tête.
Laurent BEAUVAIS a raison, il faut « normandiser » la gouvernance du Mont St Michel.
Créer une maison d’accueil touristique du Mont Saint Michel et de la Normandie au point de départ et d’arrivée des navettes.
Réaliser le rapprochement entre l’abbaye du Mt St Michel, monument national avec le Scriptorial d’Avranches qui propose la muséographie du Mont St Michel et qui dispose de l’autre trésor: les manuscrits médiévaux de l’ancienne abbaye du Mont St Michel.
Les collectivités territoriales bretonnes doivent être associées à la promotion touristique de la baie du Mont Saint Michel mais ne doivent, en aucun cas, décider du contenu du projet touristique d’un site et d’un monument qui est l’une des pièces maîtresses de l’économie régionale normande.
Il faut une relation de confiance entre Bretons et Normands et ce n’est pas en remettant en cause à chaque que l’occasion s’en présente l’identité normande du Mont St Michel par l’Histoire et la Géographie que les Bretons pourront y prétendre…
On se souviendra que Laurent Fabius lui-même avait été obligé de le rappeler à un certain Jean-Yves Le Drian c’était en mars 2015 à l’occasion de l’inauguration de la fin officielle des travaux du rétablissement du caractère maritime, sur le barrage du Couesnon:
http://normandie.canalblog.com/archives/2015/03/28/31786558.html
Politique -
Dans Ouest France: une bloggeuse marseillaise découvre que CAEN n’est pas en… Bretagne
Et fait l’objet d’un article d’une journaliste de l’édition caennaise de la propagande bretonne de Ouest France. L’article est sympathique mais l’implicite qu’il génère l’est beaucoup moins… Comme d’habitude, les Caennais et les Normands en général ne savent pas parler positivement de leur région. Heureusement qu’il y a des horsains suffisamment curieux et passionnés par notre région pour vouloir en parler. Implicite dans l’implicite: on ne verrait pas ce type de situation en… Bretagne.
Caen pour les nuls… Surtout pour les Normands qui sont nuls en fierté régionale contrairement aux Bretons!
(source: Ouest-France, édition du 31/01/17)
Politique -
Formation de la jeunesse normande: LA PROPAGANDE BRETONNE de OUEST FRANCE inonde nos lycées!
Régulièrement, nous dénonçons ce scandale récurrent qu’il va bien falloir faire cesser d’une façon ou d’une autre si l’on veut sérieusement s’occuper du dynamisme et de l’avenir de la Normandie.
Depuis la matinée de ce 31 janvier 2017, grâce à l’argent que lui donne l’Etat central jacobin au titre de l’aide à la diffusion et au pluralisme de la presse et des médias, le groupe de presse breton Ouest-France distribue GRATUITEMENT DANS TOUS LES LYCEES NORMANDS un hors-série sur papier glacé vendu par ailleurs en kiosque au prix de 3,90 euros qui constitue une authentique et éhontée PROPAGANDE à l’avantage évident de la Bretagne et des Pays de la Loire.
Le message implicite est clair:
Vous êtes jeune? Vous êtes ambitieux et talentueux? Vous êtes encore en Normandie?
MAIS BARREZ-VOUS!
FICHEZ- LE -CAMP!
NE RESTEZ PAS DANS CE TROU NORMAND!
Comme d’habitude, nous avons jeté dans une poubelle du tri sélectif tous les exemplaires que nous avons pu rencontrer sauf un dont vous aurez ici la copie scannée de quelques extraits désolants, l’original ayant été expédié cet-après midi à l’adresse de Monsieur Hervé Morin, président de la région Normandie à l’abbaye aux Dames de Caen puisque le conseil régional a, désormais, dans le champ de ses compétences les questions de formation et d’orientation de la jeunesse régionale.
Au cours de la dernière campagne électorale régionale, nous nous étions réjoui que notre idée de créer une information régionale objective et gratuite sur les opportunités normandes de formation supérieure diffusée dans tous les lycées normands avait été reprise par Yannick Soubien, le candidat écologiste puis, par la suite, par Nicolas Mayer-Rossignol: ne serait-il donc pas judicieux qu’Hervé Morin et sa majorité reprenne à son compte cette belle idée normande qui aurait, au moins, le mérite d’obliger NMR à dire, enfin, quelque chose d’agréable sur l’actuel président de région?
URGENT!
NE PAS LAISSER AUX BRETONS DE OUEST FRANCE LE SOIN DE (DES)INFORMER LES JEUNES NORMANDS SUR LEUR AVENIR POSSIBLE !
Des le sommaire, on se rend compte que la Normandie même réunifiée est naufragée dans le Grand Ouest ligéro-breton:
Triste classement…
Une étudiante originaire de Morlaix est obligée d’aller étudier à Caen: la Normandie ça craint!
Mais heureusement, il y a une horsaine de Toulouse qui avoue être tombée amoureuse de notre région…
… Et qu’il y a des écoles normandes bénéficiant d’un meilleur classement ou d’une meilleure publicité, lorsque les décideurs normands en parlent eux-mêmes. Exemple avec les déclarations de Jean-Guy Bernard, président de l’Ecole de Management de Normandie.
Commentaire de Florestan:
De deux choses l’une… Soit il faut boycotter cette propagande en refusant de la diffuser ou d’y participer. Soit la contrer avec une communication entièrement maîtrisée par les Normands: c’est trop grave de laisser à d’autres l’idée que l’on doit se faire de son propre avenir!
Politique -
En attendant son mariage avec la Normandie, la métropole de ROUEN est en stagnation démographique
Les chiffres du recensement pour la métropole de Rouen, notre métropole normande, viennent d’être publiés: depuis cinq ans, la population métropolitaine rouennaise reste stable. Pas de perte mais pas de progrès non plus. On est loin du dynamisme démographique des métropoles régionales d’équilibre très attractives de l’Ouest et du Sud de la France.
La proximité avec la mégalopole parisienne n’explique pas tout et c’est un défi pour Rouen de stopper un déclin séculaire: seconde ville de France sous Louis XV, banlieue industrielle et portuaire à englober dans un Grand Paris étendu jusqu’au Havre en 1965. Après 40 années de déclin dans la division de l’espace régional normand, Rouen n’a pas pu développer la métropolisation régionale que l’on a vu se développer à partir des années 1980 ailleurs, sachant qu’il faudrait inventer avec Caen et Le Havre un modèle de métropolisation régionale en archipel qui n’existe pas en France.
Enfin, il faut compter avec les défauts structurels de l’agglomération de Rouen qui n’ont pas été effacés pour autant par la mise en place de la métropole qui a ajouté des hectares et des populations pas toujours très urbaines afin d’atteindre le seuil critique des 400000 habitants (dans une aire urbaine de plus de 650000 hab.) fixé par le législateur.
Ces fragilités structurelles sont les suivantes:
1) Le différentiel socio-économique et politique entre la rive gauche et la rive droite de la Seine: ce différentiel fondamental, qui a causé tant de difficultés politiques dans le passé, est en cours d’atténuation avec les projets de développement urbain prévu à Saint-Sever. Cette « réunification » urbaine essentielle est à la charge de la commune de Rouen qui est la seule commune de l’agglomération à s’étendre largement sur les deux rives du fleuve.
2) La métropole de Rouen Normandie, parmi les métropoles définies par la loi MATPAM de 2014, est celle qui dispose du plus grand nombre de communes membres. C’est aussi celle dont la commune centre et principale pèse le moins sur l’ensemble métropolitain: on notera, fort symboliquement, que le maire de Rouen n’est pas le président de la métropole de Rouen.
3) L’agglomération de Rouen reste relativement enclavée et coupée de son espace régional normand au profit d’une relation radiale dominante avec la mégalopole parisienne dans le cadre de l’Axe Seine: l’attractivité métropolitaine régionale que l’on voit à l’oeuvre dans les autres métropoles régionales françaises n’est pas encore à l’oeuvre à Rouen.
Les décideurs rouennais se sont laissés enfermés dans une relation de domination et de dépendance avec Paris qui est, somme toute, assez confortable à l’instar d’une banlieue et manquent d’initiatives et de réactivité quand il s’agit de défendre des projets qui pourraient favoriser le rayonnement métropolitain de Rouen (ex: échecs de la médiathèque Grammont et, plus récemment, du palais des congrès de la Matmut).
http://rouenbeforeafter.canalblog.com/archives/2010/11/28/6626322.html
Après la réunification de la Normandie et la réunification rouennaise entre la rive gauche et la rive droite, il reste le plus important à réussir: la réunification entre la métropole de Rouen avec le reste de la Normandie. Notamment pour que Rouen redevienne attractive dans l’espace normand. D’où l’urgence du désenclavement routier et ferroviaire rouennais pour constituer pleinement la TRIPOLITAINE normande avec Caen et Le Havre et construire l’attractivité d’un réseau régional urbain de plus d’un million d’habitants.
Rouen ne manque pas d’atouts bien au contraire:
1) un patrimoine culturel, historique et architectural exceptionnel
2) un grand port maritime international toujours actif
3) l’un des grands centres de la recherche-développement industrielle en France
4) un centre d’activités et de services « supérieurs » qui pourrait se développer dans une logique de déconcentration d’une matière grise toujours trop concentrée à Paris.
http://www.paris-normandie.fr/rouen/a-rouen-la-population-se-maintient-depuis-cinq-ans-AE8314046
A Rouen, la population se maintient depuis cinq ans
Céline BruetPublié 29/01/2017Mise à jour 29/01/2017En chiffres. Alors que la campagne de recensement bat son plein, l’Insee publie des données sur l’évolution
Démographie. En cinq ans, Rouen a augmenté sa population… de 0,0 % ! Décryptage.
Le chiffre est aussi incroyable qu’une moyenne de 20 au baccalauréat. Selon des données publiées par l’Insee en janvier 2017, la population municipale rouennaise aurait évolué, entre 2009 et 2014, de… 0,0 % ! Cela ne veut pas dire qu’il n’y a eu ni départs, ni emménagement, ni naissances, ni décès, mais que les différents flux se sont équilibrés. « La plupart des grandes villes en France perdent des habitants. Seulement quelques villes arrivent à se maintenir. C’est le cas de Rouen », analyse Jean-Christophe Fanouillet, chef d’établissement Insee Rouen. Ce résultat est d’autant plus remarquable que la Seine-Maritime est le département le moins attractif de la Normandie (avec l’Orne) alors qu’il affiche le solde naturel (différences entre les naissances et les décès) le plus élevé (+ 0,4 % par an). Mais les Seinomarins ont tendance à partir voir si l’herbe est plus verte – et surtout le temps moins pluvieux – ailleurs.« 350 textes de loi font référence à la population légale »
Au contraire, Rouen, et plus généralement son arrondissement, tire les chiffres vers le haut. « Il y a une population jeune à Rouen, ce qui veut dire beaucoup de naissances, explique Éric Laguerre, responsable du recensement à l’Insee. Et il y a eu beaucoup de constructions de logements ces dernières années. » Attention cependant : la plupart des appartements sortis de terre sont des petites surfaces, préférées donc par les étudiants, les couples avec un bébé ou les retraités. Mais dès que la famille s’agrandit, les Rouennais n’hésitent pas à traverser la Seine.
Certaines communes de la rive gauche ont enregistré, en cinq ans, une hausse significative de leur population. C’est le cas de Saint-Etienne-du-Rouvray (+ 0,3 %) ou Le Petit-Quevilly (+ 1 %). « On le constate au quotidien, affirme Charlotte Goujon, adjointe chargée des affaires scolaires et de la politique de la Ville, au Petit-Quevilly. Il y a eu trois ouvertures de classe rien que l’an dernier, le nombre de demandes de permis de construire pour des extensions est en augmentation, et on voit de nouveaux visages dans les manifestations. » C’est la situation géographique, bien sûr, qui est favorable au Petit-Quevilly : proche de Rouen, facile d’accès grâce au métro – et bientôt la ligne T4 – avec des prix du mètre carré en dessous du marché rouennais. Mais c’est, là aussi, la politique de construction qui est soulignée : « La ville se reconstruit sur elle-même, sur nos anciennes friches. D’ici 2018, 821 logements sont en projets. On a fait le choix aussi de ne pas construire que de l’habitat collectif, mais aussi des maisons, pour répondre aux attentes des familles. On a un projet de maisons aux Bruyères par exemple. »
Les communes mettent donc tout en œuvre pour accueillir les nouveaux venus. Mais pourquoi est-ce si important d’accroître la population ? « Cela démontre un certain dynamisme, résume Éric Laguerre. Du nombre d’habitants dépendent beaucoup de choses : la dotation globale de fonctionnement versée par l’État, le nombre d’élus dans un conseil municipal… Même le nombre de pharmacies dans une commune ! Au total, 350 textes de loi font référence à la population légale. »
Il faut enfin souligner que ce sont les plus petites communes qui gagnent le plus d’habitants, et que l’évolution est de moins en moins spectaculaire à mesure que la ville s’agrandit. Car ce que recherchent avant tout les familles, c’est un cadre de vie. « Notre ambition n’est pas d’augmenter la population de manière démesurée, assure Charlotte Goujon. Par exemple, le jardin du cloître est sur un terrain de 1 200 m². On aurait pu décider d’y construire des logements, mais on a préféré ce parc. Notre priorité, c’est d’offrir un cadre de vie agréable à nos habitants. »
Construire suffisamment sans saturer les rues de béton : il faut savoir trouver l’équilibre.
Le recensement, c’est maintenant !
Pour compter les habitants, l’Insee se base sur les campagnes de recensement. Celles de 2017 sont en cours et s’étaleront jusqu’au 18 février pour les communes de moins de 10 000 habitants, jusqu’au 25 février pour les villes de plus de 10 000. À Rouen, 33 agents recenseurs, recrutés parmi les agents municipaux de la ville, battent le pavé, soirs et week-ends, sur leur temps libre. « Ils possèdent une carte spécifique qu’ils doivent présenter à chaque fois qu’ils
toquent à la porte », souligne Pauline Fouquiet, chef du service accueil des publics.L’agent recenseur est présent pour remettre et récupérer le formulaire, pas pour le remplir. Ce sont aux habitants de s’y conformer « même si l’agent peut donner un coup de main, si la personne est très âgée ou illettrée. » Le citoyen a également la possibilité de remplir le formulaire en ligne, ce que l’Insee incite à faire, vigoureusement. « Les réponses sont souvent plus complètes sur Internet, les gens n’oublient pas de remplir des cases, estime Éric Laguerre. Et c’est plus écologique ! En 2016, nous avons ainsi économisé 30 tonnes de papier. »500 000 habitants seront cette année recensés en Normandie, dont 5 686 foyers à Rouen. Donc, si vous avez reçu le courrier vous informant du passage de l’agent recenseur mais que celui-ci ne s’est pas encore
présenté, soyez patient : chaque agent rouennais a en effet 172 logements à visiter.
PolitiqueCéline Bruet -
Hervé MORIN normand girondin à PARIS et à BRUXELLES
La question que pose le projet normand est la suivante et c’est une question essentielle:
Est-il possible de piloter depuis la province un enjeu national pour la France?Vendredi 27 janvier 2017 à Rouen, Hervé Morin recevait la presse régionale normande dans la perspective de la présentation du premier budget primitif normand de l’histoire contemporaine de notre région…Et il semble qu’Hervé Morin voudrait qu’il soit enfin possible de répondre positivement à cette question.
Lire ci-après, le compte-rendu de cette conférence de presse proposé par Normandie XXL:PolitiqueHervé Morin à bâtons rompus
En vue. Déjeuner de presse à Rouen, vendredi 27 janvier pour la préparation de la session du Conseil Régional qui se déroulera à Caen le 6 février avec comme objet central le budget primitif de 2017 dont on donne les grandes lignes ci-dessous. Autour de cela des points sur des sujets grands et petits à travers lesquels se dessine un portrait du président Morin.L’Européen
Une certitude, ce partisan de l’Union Européenne en connaît bien les rouages. De sa fréquentation régulière de Bruxelles, il retire la certitude que la France ne sait pas exploiter les ressources qui sont mises à la disposition des pays : « nos projets ne sont pas programmés pour être dans les schémas européens ». « Notre mode organisation n’arrive pas à bénéficier des appels à projet ». L’Europe est faite pour que les Régions puissent intervenir, problème en France, elles n’existent pas, elles n’ont pas d’autonomie. Il constate que : « la Bavière a pignon sur rue à Bruxelles avec plusieurs dizaines de lobbyistes alors que la Normandie n’a que deux personnes sur le terrain. » A son programme, non seulement de doubler les équipes (ce qui ne va pas bien loin) mais surtout d’inciter Medef, CCI, et les métropoles à former des équipes qui seront sur le terrain afin de promouvoir à Bruxelles les sujets qui intéressent les Normands et qui ont toute leur place dans les schémas européens. « Si Bruxelles finance le Canal Nord pourquoi pas la Vallée de la Seine, pourquoi pas la chatière ? » lance-t-il. Le haut niveau de recherche dans la région, tant à Rouen qu’à Caen concerne aussi l’Europe. Et de rappeler que la recherche sur l’hadronthérapie à Caen (nouvelle technique de traitement des cancers) est unique en Europe. « Que ne bénéficie-t-elle pas des crédits européens alors qu’il manque encore quelques millions pour boucler le dossier »
Girondin et insoumis
La structure jacobine de notre Etat freine considérablement les actions, tout passe par Paris ce qui constitue la certitude d’un ralentissement des dossiers quand ce n’est pas d’un enlisement. Haropa doit-il devenir un seul port tout le long de la Seine comme le propose Valérie Pécresse ? Hervé Morin n’en sait rien mais pose plutôt le problème de la gouvernance du port ; « il faut désormais un président de la République qui accepte la décentralisation et fasse confiance à l’autonomie. »
Il n’a de cesse d’obtenir des avenants au contrat de plan Etat-Région, ainsi lors de la venue de Bernard Cazeneuve à Bayeux et à Rouen le 3 février il compte bien obtenir 4 millions d’euros pour le contournement de Gournay (nécessité par la ligne Serqueux Gisors) 2,5 millions d’euros pour la barge-restaurant du Campus du Havre, 7 millions pour la reconversion de Petroplus. Le choix de Bayeux s’explique par l’investissement pour la transformation du musée de la Tapisserie en Centre de compréhension de l’Europe du Moyen-Age (un projet à 20 millions d’euros).
Social
Hervé Morin a affirmé sa volonté de sortir de la politique de la précarité qui a prévalu jusqu’à maintenant pour le personnel de la Région. Il a découvert que les précédents présidents faisaient un usage abusif des CDD qui concernaient plusieurs centaines de personnes alors qu’elles étaient sur des postes permanents qui ne nécessitaient pas le recours à un tel type d’embauche. Le record est un employé qui était depuis 15 ans en CDD en dépit de toutes les législations. Il a donc entrepris un travail de déprécarisation qui a concerné 107 personnes au début de l’année et sera poursuivi.
Premier aperçu sur budget primitif de 2017
Total : 2,74 milliards – 1,8 milliard hors opérations, un budget en progression de 11% car on a intégré les transports scolaires mais auquel il manque 32 millions d’euros qui résultent de la baisse des dotations de l’Etat.
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Quelques nouvelles du sénateur GARREC depuis la poubelle normande de l’Histoire
Nous avons évoqué le prochain arrasement du « château adultérin » des Le Vern, une clique qui a prospéré indument sur le dos d’une Normandie affaiblie et coupée en deux. Puisque l’actualité nous en parle à nouveau, fouillons dans les poubelles de l’histoire contemporaine de la Normandie et on y retrouve un nom aussi tristement attaché au déclin de la Normandie que celui des Le Vern…

Garrec, Le Vern, à la fin des années 1990 et au début des années 2000:
Alors que la CCI du Havre inaugurait le Pont de Normandie, la Normandie, coupée en deux et ayant deux Bretons à sa tête qui n’en avaient surtout rien à faire de son unité, était symboliquement et concrètement au fond du trou !
La Normandie méprisée et déclinante entre un breton Garrec de droite à deux doigts de faire de la Normandie basse, un finistère oriental d’un Grand ouest ligéro-breton piloté depuis Rennes ou Nantes (pour se raviser in extrémis peu avant sa défaite aux élections régionales de 2004) et un breton Le Vern de gauche à la tête de la Fabiusie Haut-normande, farouchement opposé à toute coopération avec une Normandie basse qui serait structurellement de droite depuis… Guillaume le Conquérant au point d’envisager le rattachement de la Haute-Normandie au Val d’Oise ou à la Picardie tout en accompagnant le déclin tranquille de Rouen, ancienne seconde ville de France jusqu’à ce qu’elle soit devenue une seconde Mantes la Jolie plus en aval sur la Seine.
Nous avons la mémoire longue. Nous n’avons rien oublié!
Alain Le Vern, en tant que président de région en Normandie, n’a pris qu’une seule décision qui soit à la hauteur de l’histoire normande: celle de démissionner définitivement de tous ses mandats la veille de la Saint Michel 2013 alors qu’était lancée la première fête des Normands.
Quant à René Garrec… J’ai beau cherché dans ma mémoire (essayez donc le moteur de recherche de ce site pour voir…) mais je ne trouve rien. Rien absolument rien.
C’est donc pour de mauvaises raisons qu’on vous parlera sur l’Etoile de Normandie du sénateur René Garrec et c’est la dernière fois qu’on vous en parlera car on ne va pas remuer les poubelles de l’Histoire tous les jours…
Détournements de fonds publics : l’ancien président de région, René Garrec, mis en examen
René Garrec à son domicile, dans le Calvados, en 2016. – Tendance Ouest
Le 26 janvier 2017 à 15:21Par Floriane BléasÀ 82 ans, René Garrec est mis en examen dans une enquête sur des soupçons de détournements de fonds publics. L’ancien président de région Basse-Normandie parle d’un système qui a « fonctionné à la vue et au su de tous ».
L’information a été confirmée par l’avocat de René Garrec jeudi 26 janvier 2017 à l’AFP. L’ancien sénateur UMP du Calvados, président de la région Basse-Normandie de 1986 à 2004, a été mis en examen dans une enquête sur des soupçons de détournements de fonds publics.
Un système qui a « fonctionné à la vue et au su de tous »
Au total, six personnes sont mises en examen dans ce dossier. Les juges s’intéressent à des sommes importantes remises à des sénateurs, en plus de leurs indemnités légales. « L’affaire met en cause une pratique ancienne, par laquelle le groupe versait des compléments d’Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) à ses membres pour les soutenir dans leurs actions politiques locales et nationales », a justifié René Garrec dans un communiqué transmis à l’AFP.
L’ancien élu, aujourd’hui âgé de 82 ans, a évoqué un « système (…) très ancien », qui a « fonctionné à la vue et au su de tous, au profit de plusieurs générations de sénateurs ».
Selon lui, « aucun détournement ne peut lui être reproché, les groupes parlementaires des Assemblées étant souverains et autonomes dans la détermination de l’usage des fonds qu’ils reçoivent pour exercer leurs activités politiques ».
Politique -
Politique professionnelle en famille: en Normandie, le cas emblématique de Marie LE VERN
Bernard PIVOT a eu l’idée de créer un nouveau verbe dans la langue française…
Pénéloper: être payé grassement pour un emploi inexistant sinon fictif.
Voici un archaïsme de la politique à la française placé violemment sous les feux de l’actualité depuis que le Canard Enchaîné a révélé, mercredi 25 janvier 2017, que l’épouse de François Fillon avait reçu 500000 euros pour des activités qui restent à démontrer en tant qu’attachée parlementaire du député qui a remplacé son mari appelé à de plus hautes fonctions sous les ors parisiens de la République que ses précédentes responsabilités sarthoises et ligériennes.
Le parquet financier de Paris a ouvert une enquête pour vérifier s’il y a bien eu abus de bien social dans le cas où il était avéré que les activités pour lesquelles Mme Pénélope Fillon avait été généreusement rémunérée, n’avaient eu quasiment aucune existence: ce sont aux magistrats d’enquêter et d’en juger et notre avis sur la suite à donner aux aventures politiques de Monsieur Fillon n’a aucun intérêt. L’Etoile de Normandie ayant pour objet de suivre, entre autres choses normandes, la vie politique de notre région.
Mais, alors qu’on apprend que près de 20% des députés et sénateurs du Parlement français font, en quelque sorte, de la politique en famille accréditant la thèse que la professionnalisation de la vie publique politique est avant tout la mise en place d’une caste sociale et familiale (une aristocratie en passe de devenir à nouveau héréditaire?), il n’est pas inutile de nous interroger sur ce qu’il pourrait en être avec nos élu(e)s normand(e)s.
La politique de père en fils, de tonton en neveu (le népotisme au sens strict du mot), mais aussi de mère en fille… voire de belle-mère en belle fille ça existe! En Normandie aussi. Et n’allez pas croire que ces archaïsmes sociaux ne concerneraient que les élus siégeant sous les couleurs de partis de droite conservateurs ou nationalistes…
Car nous avons avec le Parti socialiste en Normandie un cas assez emblématique avec celui d’une certaine… Marie LE VERN qui est bien la fille de son père qui fut, tour à tour, conseiller municipal, maire, député, sénateur et, bien entendu, président d’une demi région normande farouchement opposé à la belle idée d’unité normande.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Le_Vern
Marie LE VERN a donc été lancée en politique comme toutes les « filles de » et la chose ne fut d’ailleurs pas si facile que cela quand il s’est agi de lui trouver un siège au conseil général de la Seine Maritime voire un futur fauteuil de maire à Blangy sur Bresle où, lors des dernières municipales au printemps 2014, les électeurs refusèrent de faire de Blangy sur Bresle une commune en viager…
http://normandie.canalblog.com/archives/2014/03/12/29417439.html
A défaut de pouvoir être maire ou seulement conseillère générale de la Seine-maritime, il faut bien s’occuper: un bureau à la métropole de Rouen aura pu faire l’affaire quelques temps avec la rémunération afférente. On parle bien d’emploi de bureau… Non?
Chaque citoyen normand pourra juger de l’importance des activités de Marie Le Vern à la métropole de Rouen qui s’est dotée d’un ambitieux « pôle métropolitain » normand allant, non pas jusqu’à Caen ou au Havre, mais jusqu’à Elbeuf et Val-de-Reuil. La gestion de ce projet audacieux pour l’avenir de notre région méritait une rémunération qui est révélée dans la déclaration officielle de patrimoine de Marie Le Vern qu’on pourra trouver sur le site de la très officielle « Haute autorité pour la transparence de la vie publique » placée sous l’autorité du Premier ministre.
Voir le lien suivant (édifiant…):
http://www.hatvp.fr/livraison/dossiers/le-vern-marie-dia-depute-76.pdf
Mais l’essentiel, lorsqu’on veut faire prospérer une petite SARL familiale dans la vie politique publique, c’est de pénétrer le gros marché du parlement que cela soit du côté de l’Assemblée Nationale ou du Sénat et la porte d’entrée c’est que le fils, la fille, le neveu ou le cousin devienne l’attaché(e) parlementaire, voire le ou la suppléant(e) de papa, de maman, de la tata ou du tonton. Voire de la belle maman: ce qui fut le cas de Marie Le Vern de 2010 à 2014 avant d’obtenir enfin le Saint Graal de la députation en reprenant la suite du mandat de Mme Sandrine Hurel mise en disponibilité pour une sinécure demandée par la Mme la ministre de la Santé…Sous l’Ancien régime, dans la noblesse de robe, on appelait ça: « transmettre une charge ».
Et c’est ainsi que le candidat Manuel Valls aux primaires du PS s’est trouvé en Marie Le Vern une porte-parole emblématique de la très urgente et très nécessaire réforme de nos institutions démocratiques et républicaines:
Mais lorsque le vent de l’Histoire se déchaîne il fait tomber les dynasties comme les arbres: Alain 1er le satrape Le Vern aura régné de 1998 à 2013 sur la partie orientale de la Normandie. Mais l’année 2017 pourrait être la fin des Le Vern dans la vie politique normande et ce dès un dimanche de janvier.
Et personne en Normandie ne devrait garder une nostalgie particulière pour cette énième tentative de transformer une partie de la Normandie en… fief familial:
Guillaume Le Conquérant punissait sévèrement toute tentative d’édifier un « château aldultérin » sur le territoire de la duché de Normandie.
Le château adultérin des Le Vern devrait donc être arasé cette année. Définitivement.
Politique -
La preuve que la Normandie est une région INDUSTRIELLE: elle a perdu 11000 EMPLOIS entre 2003 et 2014 !
On peut parler de trahison idéologique de nos soi-disant « élites »: veut-on encore de l’industrie en France? Il faudrait peut-être, hélas, reformuler la question en reprenant le titre provocateur du dernier gros livre proposé par notre célèbre philosophe normand: oui ou non, êtes-vous d’accord pour accompagner la décadence de la civilisation avec, pour finir, le suicide collectif?
A force de demeurer dans leurs bulles (à l’instar de ces expériences actuellement menées aux USA de bulles pour survivre sur la planète Mars), à force de ne connaître que l’archipel métropolitain mondialisé où elles habitent masquées derrière leurs écrans idéologiques (exemple: l’idéologie individualiste relativiste libérale prônant l’absence des idéologies), nos élites politiques et médiatiques ne voient plus l’immense océan des réalités et des évidences. A commencer par celles-ci:
1) Pour goûter aux plaisirs subtils des emplois de services métropolitains supérieurs il faut, d’abord, une solide base concrète industrielle et technicienne.
2) Pour réussir la transition écologique face à la menace du changement climatique, il faut des ouvriers et des ingénieurs.
La Normandie n’est pas l’une des régions des empires et états de la Lune où le voyageur Cyrano, crevant de faim, devait se contenter d’un « festin de fumets » ou d’une cerise en l’absence du gâteau disparu. La Normandie n’est pas, non plus, un plan sur la comète que cela soit en 1066 ou en 2017: c’est une réalité concrète puissante avec une géographie, une histoire et des collectifs humains qui vivent et travaillent avec des savoir-faire qui vont se révéler précieux pour préparer l’avenir et ses urgences rappelées ci-dessus.
Le constat à lire ci-dessous est scandaleux.
C’est le constat clinique d’un sacrifice collectif où la négligence le dispute avec l’incompétence: la Normandie, région industrielle participe de tout ce grand angle Nord-Est français placé idéologiquement « dans le dos » de nos « élites » politico-médiatiques parisiennes qui regardent toutes vers l’Ouest et le Sud avec ce fameux modèle à la mode des « EMS »(emplois métropolitains supérieurs) qui font la clinquante réussite de certaines métropoles « attractives où il fait bon vivre ».
Un exemple, voire une caricature:
Les réalités maritimes dans les grands médias parisiens dominants ce sont, avant-tout, des skippers en solitaire qui arrivent à Brest ou aux Sables d’Olonne après avoir couru les plaines océanes du Monde en moins de 80 jours. L’arrivée d’un porte conteneur géant au Havre ou la mise au point des hydroliennes à Cherbourg c’est moins « sexy ».
A l’instar de la météo matinale sur les grandes radios: on donne les températures de ce qu’on s’autorise à voir plus ou moins consciemment. Ce qui se trouve sous le nez de Paris ou dans son dos n’existe pas.
Et pourtant, c’est dans ce grand quart Nord-Est industriel français et sur nos côtes, à commencer par celles où turbine l’économie maritime normande, que va se jouer l’avenir même de notre pays au XXIe siècle.
Il n’y a pas pire aveugles que ceux qui refusent de voir!
La Normandie, l’une des régions les plus durement frappées par la crise d’après l’INSEE
La Normandie est l’une des régions les plus touchées par la crise économique d’après l’INSEE. – DR
Le 17 novembre 2016 à 17:48Entre 2003 et 2014, 11 000 emplois ont disparu en Normandie. D’après une étude au long cours dont l’INSEE dévoile les résultats ce jeudi 17 novembre 2016, la région est l’une des plus touchées par la crise économique en termes d’emplois et celle qui remonte le plus doucement la pente depuis 2012.
De toutes les régions de France, la Normandie est l’une de celles qui a été le plus violemment frappée par la crise économique. L’INSEE, dans un rapport qu’il présentait ce jeudi 17 novembre 2016, souligne que le choc de 2008 a creusé les difficultés que connaissait déjà la région. Le taux de chômage, qui était de 6,9 % fin 2009 dépasse aujourd’hui les 10 %.
En moyenne, 4 000 emplois ont disparu dans l’industrie chaque année
En ligne de mire notamment, la désindustrialisation, l’effondrement de la construction et le manque de dynamisme du secteur des services. Si l’industrie souffre partout en France, ces difficultés frappent plus durement la Normandie où ce secteur représente une part importante des emplois, en particulier en vallée de Seine.
Globalement, la bonne santé de l’industrie agroalimentaire favorise l’ex-Basse-Normandie tandis que les difficultés des secteurs comme l’automobile ou la fabrication d’équipements pénalisent l’ex-Haute-Normandie, en particulier l’Eure qui perd plus de 23% des ses emplois industriels entre 2003 et 2014.
L’Orne et l’Eure accusent les plus grosses pertes d’emploi
Dans les départements plus ruraux, comme l’Orne (qui perd des habitants), c’est la question du secteur des services qui se pose plus particulièrement. Dans la plupart des régions de France, le tertiaire a largement compensé les effets de la crise. Cette variable d’ajustement ne fait pas recette en Normandie, principalement du fait de la faible croissance de sa population qui augmente deux fois moins vite que dans le reste de la France.
Les inégalités entre territoires se creusent. La Manche s’en sort le mieux en termes de chômage alors que l’Eure et l’Orne accusent les plus grosses parts de pertes d’emploi.
Les ménages les plus pauvres en difficulté
Du côté des ménages, les revenus augmentent moins vite qu’avant 2008. Les plus pauvres en particulier ont souffert durant la crise d’une baisse de revenus qui peine à s’inverser.
Parmi les premières victimes du chômage, on retrouve les jeunes mais aussi les seniors qui, s’ils s’en sortaient mieux côté normand avant la crise, sont plus touchés dans la région qu’ailleurs en France.
Politique -
ROUEN: Les 15 géographes universitaires normands renvoient les politiques à leurs responsabilités.
Comme nous vous l’avions déjà annoncé sur l’Etoile de Normandie, ce jeudi 26 janvier 2017 à la librairie l’Armitière de Rouen (à partir de 18h00), nos amis géographes universitaires normands nous proposent une causerie débat sur les questions régionales normandes à partir du livre qui vient de paraître aux éditions Hermann: « la région, de l’identité à la citoyenneté« .
On dira que certaines choses sont dites, sur le manque d’ambition régionale de nos élus, leur localisme, mais aussi le manque d’intérêt de l’Etat, sur le long terme, pour les enjeux normands qui sont des enjeux nationaux. Et même sur l’identité normande, qui ne doit pas être un romantisme chauvin de plus!
Lire l’article de Paris-Normandie:
Le groupe des géographes normands publie « La région, de l’identité à la citoyenneté »
Thierry RABILLERPublié 25/01/2017Mise à jour 25/01/2017
Yves Guermond, Gérard Granier et Arnaud Brennetot (de g. à d.)

Territoire. Le groupe des quinze géographes normands publie « La région, de l’identité à la citoyenneté ». Un an après la réunification, le débat est loin d’être clos. Il se poursuivra ce soir à Rouen.
En juin 2015, quinze géographes normands se retrouvaient dans un petit coin de la Normandie, à Cerisy-la-Salle, dans la Manche, afin de poursuivre leurs travaux sur une Normandie encore à l’époque bicéphale. Les travaux de ce colloque de Cerisy sont disponibles en librairie, regroupés dans un ouvrage intitulé La région, de l’identité à la citoyenneté. Pour Yves Guermond, Gérard Granier et Arnaud Brennetot, « la fusion n’était qu’un préalable, il reste à faire tout le reste ».
La réunification de la Normandie est-elle une réussite ?
Yves Guermond. « La Normandie s’est unifiée mais la position de Rouen et de la métropole rouennaise reste floue. Vue de la région, Rouen reste un cas à part. Et vue de Rouen, la Normandie n’a jamais suscité grand-chose ».
Arnaud Brennetot. « Sur le plan symbolique, le conseil régional s’efforce de s’appuyer sur les trois plus grandes villes en organisant par exemple ses sessions plénières alternativement à Caen, à Rouen et au Havre. La fréquence des trains entre Rouen et Caen a été augmentée. C’est modeste, mais c’est un signe positif. Cependant, on a créé un G6 avec les cinq départements et la Région. Pourquoi les grandes intercommunalités ne sont pas parties prenantes alors qu’elles sont plus pertinentes en termes de développement stratégique que les départements ? On peut déplorer le manque de concertation entre ces grandes intercommunalités et la Région ».
Gérard Granier. « Il y a deux ans, il n’y avait qu’un seul grand pôle métropolitain, à Rouen. Aujourd’hui, il y en a trois : au Havre et à Caen. On aurait souhaité un pôle métropolitain unique ».
Pourquoi militez-vous pour une concentration métropolitaine ?
Arnaud Brennetot. « Entre 2009 et 2014, l’aire urbaine du Havre a perdu des habitants. Les aires urbaines de Caen et de Rouen ont augmenté, respectivement trois fois et quatre fois moins vite que celle de Rennes. La responsabilité peut-être imputée en partie aux élus locaux. L’État est le principal responsable du déclassement de la Normandie. D’une part, à cause d’un sous-investissement dans les infrastructures, et, d’autre part, par l’absence d’une réflexion de la métropolisation dans le bassin parisien. On se retrouve dans une situation de marginalisation ».
« Il y a une coupure entre les élus et les citoyens »
Gérard Granier. « On peut craindre que la principale préoccupation des présidents de pôle, c’est d’installer leur pôle avant de penser à travailler avec les autres pôles. Et le travail entre les pôles dépend en réalité des relations personnelles qu’entretiennent les trois présidents ».
Quelle lecture avez-vous de la politique initiée par Hervé Morin ?
Gérard Granier. « Un an, c’est peu pour juger. Le souci premier d’Hervé Morin, c’est de prendre en charge les régions les plus marginales de la Normandie. Le 6 février, les conseillers régionaux devraient voter une délibération visant à aider les petites villes qui ont été reconstruites après-guerre et dont les centres-villes sont aujourd’hui obsolètes ».
Quand on entend Hervé Morin militer à chacune de ses sorties pour l’attractivité et l’identité normande, n’auriez-vous pas dû intituler votre livre, « La région, de la citoyenneté à l’identité » ?
Yves Guermond. « Il y a un aspect romantique dans les identités régionales. Quel est l’intérêt de mener une politique identitaire ? Dans le monde actuel, il y a une coupure entre les élus et les citoyens ».
Votre livre évoque les Zones à défendre (ZAD). Pourrait-on voir une ZAD s’installer dans le pays de Bray pour empêcher la modernisation de la ligne ferroviaire Serqueux-Gisors ?
Arnaud Brennetot. « C’est hautement improbable car pour qu’une ZAD se forme, il faut qu’il y ait matériellement quelque chose à défendre ».
Yves Guermond. « Qui sont les zaditstes ? Des gens venus d’autres régions qui se désintéressent des questions locales. L’axe Seine est un sujet abordé par de nombreux contributeurs. En revanche, le Canal Seine-Nord est peu traité. C’est pourtant une réelle menace pour l’économie normande ? »
« S’aligner sur le Massif Central »
Arnaud Brennetot. « Si on ne retient que l’histoire récente, en passant de Mendès France à Fabius hier, et aujourd’hui à Cazeneuve et Morin, nous avons des élus ayant un rayonnement national qui n’ont pas relayé les intérêts normands à la hauteur des enjeux. Au sujet du Canal Seine Nord, si l’objectif de la France c’est de développer l’axe Rotterdam-Paris, il faut le dire et dire à la Normandie qu’elle va s’aligner sur le Massif Central ».
Yves Guermond, Gérard Granier, Arnaud Brennetot, Bruno Lecoquierre et Anne-Marie Fixot débattront à la librairie l’Armitière à Rouen, ce jeudi 26 janvier à partir de 18 heures.
Thierry RABILLER
REPONSE de Florestan sur la question de l’identité normande:
L’identité normande, un romantisme? Non. Une lucidité!
Etant l’un des contributeurs de ce livre fort bien fait et exhaustif sur la question régionale en France au XXIe siècle je me permettrais de répondre à Yves Guermond qu’il faut ne pas avoir à l’esprit la seule conception romantique de l’identité car il y en a d’autres…
Puisque j’ai écrit le chapître sur l’identité régionale dans ce livre collectif, je dis précisément que l’identité normande est trop individualiste, lucide et existentialiste pour être romantiquement identitaire voire communautaire pour ne pas dire hélas plus!
Il ne s’agit pas d’être plus normand que les autres et d’ajouter une version normande au catalogue peu ragoûtant du chauvinisme. Inutile, par exemple, de singer l’identité régionale bretonne qui s’appuie sur une fondation ethno-linguistique où le romantisme, pour le coup, sert de ciment.
Rien de tel en Normandie: ceux qui ont voulu faire pareil avec les Vikngs (qui seraient nos Celtes) se sont plantés. L’évidence normande est monumentalement historique, politique, culturelle, juridique, littéraire… Rien à voir avec une prise de sang scandinave. On parle plutôt des éléments d’une véritable civilisation qui n’a fait qu’intégrer des éléments disparates et étrangers. (cf les Normands en Sicile aux XI et XIIe siècles).
Un communautarisme chauvin normand serait d’ailleurs absurde et contradictoire avec les valeurs normandes que l’on peut voir fondées dans les principes et les héritages du droit normand.
Pour résumer d’un mot ce que c’est qu’être normand:
1) être plus soi-même grâce à la richesse du bien public normand.
2) être « sire de sei », c’est à dire, être le seigneur de soi-même.
Je ne pourrai pas être présent ce soir à l’Armitière à Rouen mais il importe de ne pas traiter avec désinvolture la question identitaire ou de laisser le sujet de la montée d’une certaine insécurité culturelle aux charlatans de l’extrême droite: les héritages tout comme l’identité normande elle-même méritent bien mieux que cela!
On pourrait même ajouter que ces valeurs identitaires normandes peuvent être les précieux antidotes à une certaine banalité identitaire régionaliste ethno-communautaire qui font, parfois, que les nuits sont inutilement bleues…
Politique -
ON NOUS CACHE TOUT ON NOUS DIT RIEN: Le GANIL NORMAND placé sous la coupe du Plateau de SACLAY
La tête et sa matière grise sur un plateau… On a déjà vu ça!

La version caravagesque de la tête déposée et présentée sur un plateau: en l’occurence celle de Jean-Baptiste réclamée par Salomé qui a dansé devant son beau-père Hérode Antipas afin de l’obtenir…
Pour l’histoire qui va suivre, on se demandera qui est en train de danser comme une Salomé pour que la tête du GANIL caennais et normand soit définitivement déposée sur le Plateau de Saclay, au sud du futur Grand Paris où l’on prétend après plus de quarante années de décentralisation institutionnelle, académique et scientifique, concentrer l’essentiel de la recherche fondamentale française.
« On nous cache tout on nous dit rien »: d’un plateau à l’autre…
Le 27 novembre 2016, sur l’Etoile de Normandie, nous avions alerté dans une indifférence médiatique et politique quasi générale, de ce qui se trame en ce moment du côté du GANIL sur le plateau Nord de Caen: après la visite présidentielle de François Hollande, le 7 novembre 2016, nous apprenions, grâce à une source autorisée, le passage à Caen au GANIL, le 2 décembre dernier, de Raynald Pain, grand ponte national de la physique nucléaire et des particules, avec pour objet de présenter un projet de fusion du GANIL normand avec un laboratoire parisien…
Pour vous rafraîchir la mémoire, lire ci-après:
http://normandie.canalblog.com/archives/2016/11/27/34616877.html
Bien entendu, aucune réaction, aucune allusion, dans la presse régionale ou locale normande!
Cependant, les choses se précisent:
Selon nos informations, se précise le rapprochement entre le GANIL caennais et normand et l’Institut de Recherche Fondamentale sur les lois de l’Univers (IRFU) un institut dépendant du Commissariat de l’Energie Atomique (CEA) basé sur le Plateau de Saclay. S’il s’agissait d’une coopération scientifique renforcée, nous n’aurions rien à dire, bien au contraire, d’autant plus que nous ne sommes ni scientifique, ni expert sauf dans la nécessité d’exercer une vigilance citoyenne normande quant aux chances de préserver l’avenir de notre région.
Pour en savoir plus sur l’IRFU situé dans le futur… « Grand Paris »:
Pour aller sur sur le Plateau de Saclay qui reste, avant tout, un plateau agricole:
http://irfu.cea.fr/Phocea/Page/index.php?id=197
Pour trouver un hôtel sur le Plateau de Saclay entre deux champs de pommes de terre et un labour:
http://irfu.cea.fr/Phocea/Page/index.php?id=198
Mais le projet, selon nos informations, semble aller beaucoup plus loin puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, de la prise le contrôle du GANIL normand par le CEA, avant les élections présidentielles et un évident changement de majorité gouvernementale, dans le cadre d’une ancienne lutte d’influence contre le CNRS, avec pour conséquence, de faire du GANIL normand, jusque-là géré de façon autonome dans le cadre du GIE Cycéron, un simple département de province de l’IRFU:
Bien que tous les dirigeants de CEA soient rassurants, le risque est que le GANIL, devenant un département de L’IRFU, perde toutes ses marges de manoeuvres.
Il serait dommage, qu’après des années d’investissements des collectivités territoriales normandes sur le Plateau Nord de recherche fondamentale de Caen, (une bonne centaine de millions d’euros investis par l’ex région Basse-Normandie, l’agglomération Caen-La-Mer ou le département du Calvados), que la gouvernance de ce fleuron soit perdu pour la Normandie.
Bien entendu, inutile de tendre un micro à l’actuel directeur du GANIL: pour l’instant, personne n’ose évoquer ouvertement pour les assumer ces perspectives très inquiétantes pour l’idée même qu’il puisse exister une région normande suffisamment utile et autonome pour gérer l’avenir, à l’Ouest de la puissante région parisienne.
Commentaire de Florestan:
Il semble donc que les haut-fonctionnaires de l’Etat, ceux du CEA en l’occurence, mettent tout simplement en oeuvre le contenu et les objectifs du SCHEMA STRATEGIQUE de DEVELOPPEMENT de la VALLEE de la SEINE, préparé par la délégation interministérielle au développement de la vallée de la Seine placée sous la coupe du Premier ministre et présidée par le préfet François PHILIZOT: ce document, voté dans l’indifférence générale par les majorités régionales normandes sortantes au printemps 2015, est stratégique comme son nom l’indique puisqu’il s’agit de mettre sous tutelle de la Région parisienne la Normandie utile de la matière grise sous prétexte de renforcer les coopérations avec l’Ile de France et le Grand Paris au nom de la défense de l’intérêt national de l’AXE SEINE.
Vous pouvez consulter l’intégralité de ce « schéma stratégique » sur la page d’accueil de l’Etoile de Normandie.
Une dernière remarque pour finir:
Le CEA qui prétend gouverner la Normandie scientifique depuis son Plateau de Saclay oublie de nous préciser que ledit Plateau de Saclay est en… pleine cambrousse!
Doit-on parler du plateau de Saclay ou du plateau à … sarcler?
Politique -
En 2017 toujours le PASSIF LE VERN: le Serqueux-Gisors va-t-il devenir le NOTRE DAME des LANDES des Normands?
Preuve supplémentaire que la démocratie française ne fonctionne pas bien ou preuve que l’autoritarisme technocratique de la haute-fonction publique fait tout pour ne pas la faire fonctionner correctement.
Alors que Mme la Préfète de Normandie a déclaré la nouvelle ligne ferroviaire fret Serqueux-Gisors d’utilité publique, plusieurs communes du Pays de Bray déposent des recours contre la DUP. Faute de pouvoir mettre en oeuvre la maîtrise d’usage à côté de la maîtrise d’ouvrage, domaine réservé des ingénieurs et des technos, pour que les futurs riverains et usagers du projet aient réellement voix au chapître pour sa définition, une fois de plus en France, les citoyens doivent d’abord être des avocats avant que d’être citoyens.
La problématique posée par les communes brayonnes est importante et elle ne mérite pas d’être traitée par pertes et profits voire par le mépris de ces messieurs qui prétendent savoir tout mieux que tout le monde sous prétexte d’avoir réussi quand ils étaient plus jeunes un grand concours difficile et sélectif de notre République:
Pour ceux qui ont à vivre là où ils vivent, la nouvelle ligne de fret ferroviaire du Serqueux-Gisors que l’on présente, par ailleurs et à juste titre, comme une ligne de survie pour l’avenir du grand port maritime du Havre, impose en l’état actuel du projet deux contraintes importantes qui ont été sous-estimées par les ingénieurs de SNCF-Réseaux:
1) le bruit notamment nocturne lié au passage répété à vitesse soutenue des futurs trains de marchandises.
2) la suppression des passages à niveau pour d’évidentes raisons de sécurité avec leur remplacement insuffisant par des ponts (coûteux) et par des itinéraires de contournement beaucoup trop longs qui risquent de couper en deux le territoire de communes entières.
Il est évident que si l’enveloppe financière allouée au projet dans le cadre du fantômatique CPIER Vallée de la Seine signé en 2015 entre l’actuelle majorité gouvernementale socialiste et les anciennes majorités régionales socialistes de Haute et de Basse Normandie avait été plus importante, les travaux prévus pour réduire les nuisances du projet et pour assurer le confort des riverains auraient été plus ambitieux!
Lire l’article ci-dessous proposé par Paris Normandie: il est édifiant! Quand on pense gagner du temps en méprisant la démocratie de la maîtrise d’usage on risque d’en perdre beaucoup voire… définitivement quand il s’agit de mettre en oeuvre la maîtrise d’ouvrage.
Il est à craindre que le SERQUEUX-GISORS ne devienne le NOTRE DAME DES LANDES des NORMANDS!
Merci qui?
Merci Alain LE VERN!

Des recours déposés contre la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors
Franck WEBERPublié 20/01/2017Mise à jour 20/01/2017
Deux passages à niveau doivent être fermés entre Ferrières-en-Bray
et Gournay-en-Bray dans le cadre de la modernisation de la ligne
Yves Tagaux possède un corps de ferme à proximité de la voie ferréeTrains. Les recours contre la déclaration d’utilité publique de la ligne Serqueux-Gisors ont été déposés auprès de la préfète ou directement au tribunal administratif.
Ils avaient jusqu’au 18 janvier, dernier délai… Les recours administratifs contre la déclaration d’utilité publique ont été déposés, cette semaine, par les opposants à la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors.
Des particuliers ou des communes brayonnes ont saisi la préfète de Seine-Maritime à titre gracieux ou directement le tribunal administratif. C’est le cas de Forges-les-Eaux : « Notre avocat a saisi le tribunal lundi, pour contester la déclaration d’utilité publique, explique Michel Lejeune, le maire. De nombreux points sont litigieux, mais surtout, en tant qu’élu local, je ne peux pas laisser passer, sans rien faire, un projet qui menace la cohérence de la commune. »
Élus locaux contre élus régionaux
La commune de Serqueux s’est jointe à Forges pour mener cette action contentieuse. Le projet de modernisation, avec son lot de fermetures de passages à niveau, promet de bouleverser le paysage urbain de nombreuses villes et villages, à Forges, mais aussi à Gournay-en-Bray, Ferrières-en-Bray, Haussez… À Serqueux, le raccordement sud de la ligne entraînera également un profond remaniement de l’urbanisme local.
SNCF Réseau doit aussi faire face à la grogne des riverains qui, tout au long de la voie ferrée, redoutent les nuisances sonores. Les promoteurs du projet ne cachent pas leur volonté de faire de cette ligne, une fois électrifiée, un axe ferroviaire majeur pour convoyer les marchandises des ports du Havre, de Rouen et de Paris.
De leur côté, Ferrières-en-Bray et Gournay-en-Bray ont choisi la voie du recours gracieux auprès de la préfète, qui a signé la déclaration d’utilité publique, ce qui n’empêche pas, si celui-ci est rejeté, une saisie du tribunal administratif. « Les entreprises, les associations, les particuliers, qui sont touchés par ce projet, peuvent mener la même démarche que nous et venir en mairie retirer un modèle de recours », avait lancé, lors de ses vœux, Marie-France Devillerval, la maire de Ferrières-en-Bray.
Si localement le projet de modernisation est rejeté de toutes parts, il est en revanche approuvé par l’exécutif au niveau régional : « La déclaration d’utilité publique du projet de modernisation de la ligne Serqueux-Gisors, par l’État, constitue une avancée capitale pour les ambitions portuaires normandes. La Région Normandie, qui apporte un soutien de 100 M€ à ce chantier et qui s’était attachée au cours des derniers mois à renouer le dialogue avec les territoires normands impactés, se réjouit vivement de cette étape décisive », déclarait Hervé Morin, dans un communiqué, au lendemain de la signature de la DUP.
Pour calmer la fronde des élus locaux, la Région a promis de débloquer 4 M€ pour financer les études nécessaires et démarrer les travaux de réalisation d’un contournement de Gournay-en-Bray par le sud et « rechercher des solutions de circulation alternatives du fait de la fermeture programmée de deux passages à niveaux entre Gournay et Ferrières… »
« Jusqu’au Conseil d’État, s’il le faut »
Cependant, Hervé Morin n’a pas caché, dernièrement, son exaspération face au recours déposé par Forges-les-Eaux contre un projet soutenu par la Région : « J’en tirerai les conséquences », a glissé le président de Région lors de ses vœux. Et à propos de Michel Lejeune : « Je saurai m’en souvenir et Dieu sait que j’aime beaucoup Michel… »
Pas de quoi déstabiliser apparemment le maire de Forges-les-Eaux : « Si le projet avait concerné Épaignes (commune dont Hervé Morin a été maire, ndlr) je suis sûr qu’il aurait réagi comme moi », confie-t-il.
Pour la Région, le caractère stratégique de la modernisation de la ligne Serqueux-Gisors « pour la France et la Normandie commande de tenir le calendrier de sa réalisation qui prévoit une mise en service en 2020… » Mais pour le maire de Forges-les-Eaux, la bataille judiciaire ne fait que commencer : « Nous irons jusqu’au Conseil d’État s’il le faut ! »
L’inquiétude des riverains
Yves Tagaux est le propriétaire, avec ses frères, d’un corps de ferme à Haussez, à quelques pas de la voie ferrée. Il a rejoint l’association Voies et voix en pays de Bray qui réunit des riverains opposés au projet de modernisation de la ligne Serqueux-Gisors.
« L’enquête d’utilité publique est truffée d’erreurs techniques et géographiques. Malgré cela, un avis favorable a été émis par le commissaire enquêteur, dit-il. Par exemple, concernant mon corps de ferme, aucune étude acoustique n’est disponible, contrairement aux autres habitations du village… »
Anne-Laure Patris est, elle, la propriétaire d’une grange qui sert de lieu culturel à Ferrières-en-Bray. Elle a envoyé un recours gracieux à la préfète de Seine-Maritime, le 14 janvier, afin de contester la déclaration d’utilité publique. La déviation, créée dans le cadre de la fermeture d’un des passages à niveau de la commune, passerait tout près de sa propriété. Elle évoque dans son courrier des considérations environnementales : « La ligne traverse une mosaïque d’habitats différents, abritant de nombreuses espèces végétales patrimoniales et des espèces protégées en danger d’extinction. Certaines de ces zones sont classées Natura 2000 et d’autres font partie des Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique. »
Cependant, le principal argument qui sera développé par les avocats, des communes franciliennes notamment, devant le tribunal administratif, concerne ce qu’ils appellent le saucissonnage du projet : « L’étude d’impact est muette sur les effets du projet en Ile-de-France, notamment en amont et en aval de cette région. Cette découpe du projet en plusieurs sous-dossiers constitue un saucissonnage constamment censuré par les juridictions administratives… », explique, dans un mémorandum, l’association Voies et voix en Vexin.
PolitiqueFranck WEBER -
DIEPPE: Dieu-Merci! Il fait du bon pain…
Et tous les Normands du coin, à commencer par son patron, sont satisfaits de son travail. Sauf que Dieu-Merci, c’est son prénom, ne voudrait pas être définitivement remercié par la préfecture puisqu’il n’a aucun papier pour justifier son séjour en France.
Nicole KLEIN, la préfète de Normandie va devoir arbitrer entre, je cite, « la fermeté et l’humanité ».
Les valeurs normandes, si notre première Dame de Normandie en connait l’histoire, devraient l’aider à trancher!
Dieppe:que va devenir le jeune apprenti boulanger menacé d’expulsion ?
Originaire du Congo, seul et sans papiers, il donne satisfaction à son patron

VIDEO : le reportage France 3 Normandie de Grégory Archiapati et Judikaëlle Rousseau (montage : Laurent Firtion) avec les interviews de :
- Dieu-Merci Kasanda, apprenti boulanger
- Nicole Klein, préfète de Normandie et de Seine-Maritime
- Paul Debonne, boulanger-pâtissier
« ça fait au mal au cœur »
Le boulanger de Dieppe ne tarit pas d’éloge. Son jeune apprenti, Dieu-Merci, est sérieux, motivé et travailleur. Etre boulanger est le rêve depuis toujours de ce jeune garçon de 18 ans au parcours déjà mouvementé. Orphelin au Congo, enfant des rues menacé de mort par l’armée, il a fui son pays. Arrivé en France, il a connu à nouveau la vie dans la rue avant d’être pris en charge par des bénévoles de plusieurs associations (dont Médecins du monde).
Il s’est finalement retrouvé à Dieppe où il suit une formation en alternance dans un CFA. Puis un boulanger de Dieppe, qui cherchait un apprenti depuis 5 mois, l’a pris dans son fournil.
Une situation à régulariser
Mais faute de papiers (et notamment d’acte de naissance), et depuis qu’il a atteint l’âge de18 ans, il est sous la menace d’une expulsion. Une perspective qui le terrifie…
De son côté, la préfète de Normandie affirme que les services préfectoraux « examinent les situations avec fermeté et humanité, et dans les cas qui remontent, moi je les regarde, et j’essaie de les traiter au mieux ». Elle a aussi précisé, que les possibilités de travailler et de subvenir à ses besoins (ce qui est le cas du jeune apprenti de Dieppe) « sont évidemment des critères très favorables »
Beaucoup espèrent que la situation administrative de Dieu-Merci va s’arranger dans les prochaines semaines…
Politique -
DIEPPE: Dieu-Merci! Il fait du bon pain…
Et tous les Normands du coin, à commencer par son patron, sont satisfaits de son travail. Sauf que Dieu-Merci, c’est son prénom, ne voudrait pas être définitivement remercié par la préfecture puisqu’il n’a aucun papier pour justifier son séjour en France.
Nicole KLEIN, la préfète de Normandie va devoir arbitrer entre, je cite, « la fermeté et l’humanité ».
Les valeurs normandes, si notre première Dame de Normandie en connait l’histoire, devraient l’aider à trancher!
Dieppe:que va devenir le jeune apprenti boulanger menacé d’expulsion ?
Originaire du Congo, seul et sans papiers, il donne satisfaction à son patron

VIDEO : le reportage France 3 Normandie de Grégory Archiapati et Judikaëlle Rousseau (montage : Laurent Firtion) avec les interviews de :
- Dieu-Merci Kasanda, apprenti boulanger
- Nicole Klein, préfète de Normandie et de Seine-Maritime
- Paul Debonne, boulanger-pâtissier
« ça fait au mal au cœur »
Le boulanger de Dieppe ne tarit pas d’éloge. Son jeune apprenti, Dieu-Merci, est sérieux, motivé et travailleur. Etre boulanger est le rêve depuis toujours de ce jeune garçon de 18 ans au parcours déjà mouvementé. Orphelin au Congo, enfant des rues menacé de mort par l’armée, il a fui son pays. Arrivé en France, il a connu à nouveau la vie dans la rue avant d’être pris en charge par des bénévoles de plusieurs associations (dont Médecins du monde).
Il s’est finalement retrouvé à Dieppe où il suit une formation en alternance dans un CFA. Puis un boulanger de Dieppe, qui cherchait un apprenti depuis 5 mois, l’a pris dans son fournil.
Une situation à régulariser
Mais faute de papiers (et notamment d’acte de naissance), et depuis qu’il a atteint l’âge de18 ans, il est sous la menace d’une expulsion. Une perspective qui le terrifie…
De son côté, la préfète de Normandie affirme que les services préfectoraux « examinent les situations avec fermeté et humanité, et dans les cas qui remontent, moi je les regarde, et j’essaie de les traiter au mieux ». Elle a aussi précisé, que les possibilités de travailler et de subvenir à ses besoins (ce qui est le cas du jeune apprenti de Dieppe) « sont évidemment des critères très favorables »
Beaucoup espèrent que la situation administrative de Dieu-Merci va s’arranger dans les prochaines semaines…
Politique -
POILLEY: Des smartphones de seconde main moins chers grâce aux petites mains normandes
Voici une initiative normande parfaitement intelligente et certainement plus « smart » que les phones dont elle s’occupe (pour ne pas dire davantage des utilisateurs compulsifs desdits « smartphones »). En tout cas, en terme d’intelligence territoriale, voilà encore un secteur stratégique d’avenir discrètement et efficacement occupé par une entreprise normande qui se prépare, comme d’autres « pépites normandes » cachées dans nos bocages, à devenir leader mondial de son activité!
Poilley. Remade in France crée 150 nouveaux postes
Modifié le 24/01/2017 à 18:46 | Publié le 24/01/2017 à 18:46
La société de reconditionnement de smartphones et de tablettes, installée à Poilley, crée 150 emplois et recherche des candidats. | DR
par Maud LESCOFFIT.
La société de reconditionnement de smartphones et de tablettes, installée à Poilley, crée 150 emplois et recherche des candidats.
La société Remade in France, installée à Poilley et spécialisée dans la récupération et la réparation de matériel électronique, crée 150 nouveaux emplois. Cela portera ses effectifs à 450 salariés en 2017.
Le député de la Manche et ancien président de la communauté de communes, Guénhaël Huet s’est félicité de la nouvelle dans un communiqué transmis à la presse locale mardi 24 janvier.
Créée en 2014, Remade in France est devenue le leader français dans le recyclage en téléphonie et tablettes et ambitionne la place de numéro 1 en Europe dans son secteur. Son concept est simple : Remade in France propose des smartphones comme neufs, mais de 15 à 40 % moins chers. En 2015, l’entreprise a multiplié son chiffre d’affaires par trois (73 millions d’euros). Le chiffre d’affaires de 2016 est encore confidentiel.
Les postes sont à pourvoir dès à présent. Remade in france recherche notamment des soudeurs de précision, des personnes spécialisées dans la métallurgie, le ponçage, ainsi que des agents pour démonter et remonter leurs produits. Pour assurer une bonne formation des professionnels, l’entreprise a doublé les moyens de la Remade Academy. Les candidats sont invités à se présenter avec leur CV à l’agence Pôle emploi d’Avranches.
Agence Pôle emploi d’Avranches, 2, rue des sablonnières à Avranches.
Commentaire de Florestan:
Bravo! Sauf sur deux points…
1) L’entreprise normande conquérante sur ce secteur essentiel s’appelle « remade in France » au lieu de « remade in Normandy ».
2) Tout comme la « french tech » ou la « french touch » qui cause et chante en anglais ou, pire! en franglish, on regrettera là encore l’impérialisme linguistique mondial d’une langue dont 30% du vocabulaire provient du… NORMAND!
D’où cet appel à nos amis de l’Etoile de Normandie qui prèchent encore le loceis:
Trouvez- nous un vrai nom normand à cette jolie boîte normande qui embauche avec des salaires qui ne sont pas, nous l’espérons, de seconde main!
Politique







































































